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  • Anne

Le Ginseng



Étymologie :

  • GINSENG, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1663 (Rel. de la Cour du Mogol, p. 11 ds König). Empr. au chinois jên shên (composé de jên « homme » et shên « plante » en raison d'une certaine ressemblance de cette racine avec le corps humain), v. König et FEW t. 20, p. 97a.


Lire aussi la définition pour amorcer la réflexion symbolique.

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Botanique :


Pierre Jolivet, auteur d'un article intitulé « Les Chrysomèles des Araliacées (Coleoptera). » (In : Bulletin mensuel de la Société linnéenne de Lyon, 43ᵉ année, n°4, avril 1974. pp. 113-120) :


Certaines espèces d'Araliacées ont une importance économique (Tetrapanax, Panax), parfois quasi-mystique comme les vertus jamais chimiquement vérifiées, des ginseng. Huit espèces tropicales, nordaméricaines et est-asiatiques (Corée et Mandchourie) de Panax ont été décrites.

Seulement Panax shinseng Nees et P. quinquefolius L., font l'objet de commerce et d'exportation. La curieuse forme des racines, la longévité de la plante a donné naissance à toute une mythologie sino-coréenne du ginseng, mais curieusement cette plante pourtant largement cultivée en Corée du Nord et en Corée du Sud, dans sa partie septentrionale, semble indemne de parasites phytophages. Il est vrai que les pesticides agricoles sont largement utilisés dans les cultures et que la plante sauvage, hôte des forêts froides et élevées, est, à présent quasi introuvable. Sa découverte, rarissime de nos jours, s'entoure de tout un rituel shamaniste et lorsque les oracle sont favorables, la plante est immédiatement arrachée et vendue un prix très élevé x. Aucun coléoptériste ne peut donc se vanter d'avoir observé un ginseng sauvage... et encore moins sa faune entomologique !























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Symbolisme :


Jacques Brosse dans La Magie des plantes (Éditions Hachette, 1979) consacre dans sa "Flore magique" un article au Ginseng :


Si les hommes ont toujours été en quête de la panacée (du grec pan « tout » et akos « remède »)., les Chinois estiment, eux, qu'ils l'ont trouvée depuis près de 4 000 ans, et Linné, le législateur de la botanique, semble bien confirmer cette réputation, puisqu'il a baptisé le ginseng Panax quiquefolia.

En Chine, où la médecine traditionnelle considère la racine de ginseng comme « l'essence souveraine », on lui reconnaît toutes sortes de propriétés qui peuvent paraître hétéroclites, mais qui, en fait, n'en font qu'une : le ginseng est un reconstituant énergétique puissant ; à ce titre, il est tonicardiaque, restaure les forces intellectuelles et physiques, et de ce fait passe pour aphrodisiaque : enfin, il accroit la résistance aux germes morbides. Il est donc tout particulièrement recommandé pour combattre les effets du vieillissement et passe ainsi pour prolonger la vie.

Si le ginseng reste suspect à la médecine occidentale, c'est sans doute, en grande partie, parce que la croyance en ses vertus se réfère à un mode de pensée tout autre que le sien. Les pouvoirs du ginseng lui viennent en effet de la forme de sa racine qui, pour les Chinois, ressemble à un petit homme filiforme, avec une tête , un tronc et quatre membres, prolongés par des radicelles très fines qu s'enfoncent profondément dans la terre. Ginseng, qui est son nom cantonais, corresponde en chinois classique à jen-chen, qui veut dire « le corps de l'homme ». La racine de ginseng tient son efficacité du fait qu'elle est une sorte d'homoncule, de gnome captateur des énergies telluriques, - donc elle ressemble à la mandragore - ce qui fait intervenir tout un système de correspondances et de signes que la science occidentale a depuis longtemps rejeté. Mais quelques phytobiologistes, ayant été à maintes reprises obligés de constater la réelle efficacité biochimique de certaines plantes utilisées jadis en référence à cette « théorie des signatures », se demandent aujourd'hui s'il n'existerait pas effectivement une correspondance entre la forme et les propriétés des êtes vivants, conclusion à quoi sont parvenus de leur côté les physiciens les plus orthodoxes.

Le ginseng est originaire de Mandchourie et surtout de Corée. C'est une plante d'une trentaine de centimètres de haut, dont la tige droite porte trois grandes feuilles composées chacune de cinq folioles lancéolées, pointues et dentées ; aux fleurs insignifiantes succèdent des baies rouge vif en grappes. La récolte des racines demandait, autrefois du moins, beaucoup de peine. Il était interdit en effet de toucher la plante avec du fer.

Le Panax n'est pas exclusivement extrême-oriental ; il croît également dans la forêt canadienne où le découvrit vers 1715 un jésuite français, le père Lafitau, mais, bien que botaniquement identique, il ne semble pas que la variété canadienne possède les propriétés de sa sœur asiatique, laquelle fut décrite pour la première fois, dès 1711 par un autre jésuite en résidence à Pékin, le père Jartoux.

Pendant fort longtemps - les premières mentions de son utilisation remontent pour la Corée à près de deux mille ans - on n'utilisa que le ginseng sauvage, dont la racine se vendait, à poids égal, plus cher que l'or. Aussi, depuis plusieurs siècles, le cultive-t-on dans le sud-ouest de la Corée. Mais cette culture, bien différente de celle des autres plantes, demande énormément de soin et surtout de patience. Plante délicate, attaquée par de nombreux parasites, le ginseng doit être protégé tout au long de sa croissance qui est fort lente. On doit préalablement labourer la terre jusqu'à quinze fois, afin de l'assouplir et d'amener au jour les larves que le soleil seul doit faire périr ; tout emploi d'insecticide ferait en effet perdre à la racine toutes ses qualités. Il faut aussi disposer des abris au-dessus des plantes, de telle façon qu'elles ne reçoivent qu'une lumière irradiante. Au bout de trois ans, les plantes doivent être pincées à la main pour éliminer les bourgeons superflus. Et ce n'est qu'après six ans, lorsqu'elles auront atteint une taille suffisante, que les racines pourront être arrachées, avec toute sorte de précautions, afin de ne pas endommager les très nombreuses radicelles. Ajoutons enfin que le champ utilisé ne pourra plus l'être pendant dix ans. L'on ne s'étonnera donc pas que le ginseng demeure un produit rare et cher.

Notons d'ailleurs que, quel que soit le scepticisme habituellement affiché en Occident à son égard, le ginseng n'en fut pas moins incorporé au ravitaillement des cosmonautes lancés dans l'espace ; mais ajoutons également que sa commercialisation, entraînant des essais de simplification de sa culture, ne manquerait pas de lui faire perdre une partie au moins de ses incontestables vertus.

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D'après le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"Le ginseng est la drogue la plus fameuse de la pharmacopée extrême-orientale. Sa valeur se réfère à une double propriété : la forme humaine de sa racine, qui n'est pas sans rappeler celle de la mandragore ; son pouvoir thérapeutique équilibrant ; c'est pourquoi son effet sur l'organisme est comparé à l'activité céleste, ou royale. Le ginseng est néanmoins surtout une nourriture du yang, et en conséquence un symbole de virilité et d'immortalité. Il est herbe divine, mais aussi racine de vie."

Dans Le Livre des superstitions, Mythes, légendes et croyances (Éditions Robert Laffont, S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Le ginseng, dont la racine de forme humaine rappelle celle de la mandragore, est réputé pour ses remarquables propriétés toniques, "c'est pourquoi son effet sur l'organisme est comparé à l'activité céleste, ou royale". Cette "herbe divine" est surtout "une nourriture du yang, et en conséquence un symbole de virilité et d'immortalité". Les Chinois font traditionnellement cadeau de ginseng à leurs hôtes étrangers : Mao Tsé-toung, croyant à sa vertu de procurer la longévité, offrit une "racine de vie" à Maurice Thorez qui, raconte Philippe Robrieux (Maurice Thorez, vie secrète et publique, Fayard, 1975, p. 491), la montrait souvent à ses intimes.

La racine de ginseng, portée sur soi, renforce la virilité, attire l'amour, l'argent, donne une bonne santé et même la beauté. On sait par ailleurs que le thé au ginseng est réputé pour ses propriétés aphrodisiaques. Elle sert également à la réalisation des désirs : "Prenez une racine de ginseng dans la main, visualisez votre vœu à travers elle puis jetez-la dans une rivière. ou encore, gravez vos vœux sur la racine et jetez-la dans une rivière.

Brûler la racine de la plante met à l'abri des envoûtements et des malédictions."

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Éditions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le Ginseng (Patrax quinquefolius) :


"Cette petite plante vivace pousse dans l'atmosphère humide des sous-bois de la Mandchourie et de la Corée. Sa racine peut atteindre centimètres de profondeur, avant de se diviser. Le fruit de cette plante est rouge et comestible.


Propriétés médicinales : C'est un tonique et un stimulant très apprécié en Aise. Il gagne en popularité en Europe et en Amérique. Les Chinois considèrent le ginseng comme une panacée que peut traiter presque toues les maladies et guérir tous les maux. C'est un remède efficace dans les cas d'inflammation et de fièvre. c'est aussi un aphrodisiaque reconnu.


Genre : Masculin.


Déités : Yhi.


Propriétés magiques : Amour - Souhaits - Guérison - Beauté - Protection - Aphrodisiaque.


Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS :

  • On porte la racine sur soi pour attirer l'amour, maintenir sa santé, attirer de l'argent et assurer sa puissance sexuelle.

  • Les Chinois affirment que quiconque porte du ginseng sur soi sera embelli de ce fait.

RITUEL POUR EXAUCER UN SOUHAIT :

Tenez une racine de ginseng dans vos mains, visualisez votre souhait et imaginez que vous le faites pénétrer dans le cœur de la racine. Lancez ensuite la racine dans un cours d'eau : votre souhait devrait être exaucé dans les trois jours suivants."

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