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  • Anne

La Clavaire lumineuse

Confusions possibles :



Étymologie :

  • CLAVAIRE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1778 (Lamarck, Flore, Paris, t. 1, n°1288). Empr. au lat. des botanistes clavaria « id. » terme créé en 1697 par P. Bocco, Museum, Venise, I, t. 307 ds Linné, Species plantarum, Vindobonae, 1764, t. 2, p. 1651) à partir du lat. clava « massue »; cf. lat. clavaria, xixe s. ds DEI.


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Clavulinopsis helvola ; Ramariopsis helvola ; Bâton jaune des fées ; Clavaire blonde ; Clavaire dorée ; Clavaire jaunâtre.

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Mycologie :


Lire la fiche extraite du site http://www.champyves.fr/ ainsi que celle du site http://www.mycodb.fr/












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Symbolisme :


On peut faire l'hypothèse qu'il est intimement lié à ses noms vernaculaires, en particulier à celui qu'on lui donne en anglais : Le Bâton jaune des Fées (Yellow Fairy Club).


Symbolisme du bâton :


Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, dans le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982),


"Le bâton apparaît dans la symbolique sous divers aspects, mais essentiellement comme arme, et surtout comme arme magique ; comme soutien de la marche du pasteur et du pèlerin ; comme axe du monde.

Il revêt tous ces sens dans l'iconographie hindoue : arme entre les mains de plusieurs divinités, mais surtout de Yama, gardien du sud et du royaume des morts ; son danda joue un rôle de contrainte et de punition. En revanche, entre les mains de Vâmana, le Nain, avâtara de Vichnu, le danda est un bâton de pèlerin ; nous dirons qu'il est axe entre celles du brahmane. Les bâtons de Nînurta frappent le monde et s'apparentent à la foudre.

La canne du pasteur se retrouve dans la crosse de l'évêque, dont Segalen souligne que le balancé de sa marche rituelle est la transcription splendide et périmée e celle des princes pasteurs, dans les pâturages anciens. Appui pour la marche, mais signe d'autorité : la houlette du berger et le bâton du commandement.

(à suivre)


Symbolisme de la fée : voir la page qui lui est consacrée.


Symbolisme de la couleur dorée : voir la page qui lui est consacrée.

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Dans les traditions populaires, la dénomination des champignons est moins précise qu'en mycologie. En ce qui concerne ce champignon, on comprend bien l'impact de sa couleur et de sa forme sur le nom qui lui a été choisi. On peut donc faire l'hypothèse que d'autres clavaires, morphologiquement semblables obéissent au même symbolisme.

Quant à leur lien avec les fées, Carole Chauvin-Payan, dans le préprint de son article intitulé "Les noms populaires des champignons dans les populations européennes mycophobes", (Quaderni di Semantica, 2018, Perspectives de la sémantique, pp.159-189) propose une explication :


Si aujourd’hui, le phénomène des ronds de champignons, ronds de sorcières, cercles de fées, corros de hadas, corros de brujas s'explique par le fait que lorsqu’un mycélium s'installe dans la prairie, il fructifie là où il est, et qu’une fois le sol épuisé, il s'étendra et ainsi de suite tous les ans, pendant très longtemps les ronds de sorcières ou cercles des fées ont donné lieu à toutes sortes de croyances et de superstitions. Les ronds de champignons ont souvent été considérés comme des lieux de rassemblements des danses des fées ou des lieux de sabbats des sorciers et du diable.

Selon G. Kastner [1858 :106] “Les traditions celtiques nous représentent les Fées comme également adonnées à la danse. La place où elles ont dansé est aisément reconnaissable ; elle est circulaire, et l’herbe y est comme brûlée. C’est ce que le peuple appelle cercle de fées. […]” Selon E. Rolland “Les cercles mystérieux que forment les pas de fées, dans leurs rondes nocturnes, passent, en beaucoup d'endroits, pour des asiles inviolables, toutes les fois que, sous le coup d'un danger quelconque, tel que poursuites de bêtes malfaisantes, embûches et attaques de Georgeon (le diable) et de ses suppôts, on est à portée de s'y réfugier. (Croyances du Centre) [1967: 179] ” En Aveyron, et dans d’autres nombre de régions, il est dit que l’herbe ne croît plus où les fées ont dansé, ces lieux s'appellent les bals des fées [1904-1907, réed. 1968: 201-203]. Mais près de Mont-Fol, il est aussi dit qu’une partie de prairie où les sorcières tiennent leur sabbat est sans herbe. Au revers du Puy de Pège, entre la chapelle et la bastide, le chemin du Diable est une sorte de cercle où l'herbe ne peut pousser; les gens du pays disent que c'est autour de ce cercle que Satan et ses adeptes viennent danser chaque nuit.

En Côtes d’Or, fées, sorciers, lutines et diable se retrouvent ensembles dans ces cercles. “C'est là disent les vieillards, que se tient le sabbat, où lutins et sorciers, fées et diables, se réunissent au clair de lune et dansent des rondes qui forment des cercles magiques où l'herbe se dessèche sous leurs pieds. Cette croyance s'appliquait tout particulièrement à l'un des plus réguliers, que l'on voyait au Vic du Chastenay, non loin d'une voie romaine appelée Chemin des fées, d'un arbre légendaire, et d'un lieu dit la Grosse-Borne, ce qui semble indiquer la présence, au temps jadis d'un menhir […]. [Sébillot, 1904-1907, réed. 1968: 202-204] ”

Pour certains, les danses des fées ou les sabbats de sorcières que nous avons présentées ci-dessus sont d’anciens vestiges de cérémonies païennes. Pour Kastner [1858: 109] :


“Tout ce qu’au moyen-âge on a raconté des danses et des sabbats de sorcières a très probablement son origine dans les mythes dont nous avons parlé sur la danse des Elfes, des Fées et des Nains. D’anciens contes qui remontent au XIVe siècle, mettent en scène des femmes nocturnes Nachtfrauen, qui sont au service de dame Holda, et qui, pendant certaines nuits, traversent les airs, montées sur des animaux. […] Holda présidait les danses. On entendait près des montagnes l’orchestre du bal mystérieux exécutant l’air favori de la déesse, le merveilleux chant d’Holda. Personne n’ignore le rôle que jouait la danse dans certaines cérémonies religieuses du paganisme. […] C’est dans ces danses païennes, dans les danses aériennes des Elfes, et peut-être dans le sautillement des feux follets que l’idée des rondes de sorcières a pris naissance.”


Pour cet auteur, les esprits enchanteurs des peuples du Nord : fées, lutins, elfes et nains ainsi que les cérémonies et fêtes qui leur étaient associées sont devenus avec le christianisme des objets malfaisants. Il écrit :


“L’endroit où se tenaient les rondes infernales était presque toujours un de ces lieux maudits où le christianisme avait eu à détrôner quelques divinités des anciens cultes. […]. Le Venusberg, d’où s’échappent les accords d’une musique mystérieuse, est le séjour enchanté d’une Vénus germanique présidant aux joies impures de l’amour des sens. Ceux qui s’abandonnent aux séductions de dame Vénus, qui se rendent aux fêtes célébrées en ce lieu, et qui prennent part aux rondes des esprits diaboliques dont cette reine reçoit les hommages, sont à leur tour frappés de réprobation. [1858: 38]» Cette réprobation de la religion chrétienne a fait que les danses des fées sont devenues pour la population des sabbats de sorcières. ”


Selon Kastner ces mythes et croyances expriment en général l’horreur qu’inspirent les croyances et pratiques du paganisme aux prêtres chrétiens. Ils vont de pair avec cette autre série de mythes qui transforment en une chasse éternelle la procession d’Odin ou Wuotan, disant que ce dernier était maudit pour avoir assuré qu’il donnerait sa part au paradis s’il pouvait être éternellement à la chasse. “Voilà comment la superstition chrétienne arriva peu à peu à confondre de simples mortels avec des êtres qui autrefois étaient considérés comme des êtres immatériels et comme des divinités d’un ordre inférieur. Bientôt, on compta même parmi cette troupe d’esprits, les enchanteresses ou sorcières humaines, désignant par ce terme certaines vieilles femmes de mauvaise réputation restées plus ou moins attachées à des cérémonies, à des pratiques toutes païennes. [1858 :111] ”

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Calocère visqueuse

Clavaire rugueuse Clavaire fusiforme

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