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  • Anne

Le Sîmorgh



Symbolisme :


Dans le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, on peut lire que :


"Le sîmorgh est d'un symbolisme très riche chez les mystiques et dans la littérature persane. C'est le nom donné à une catégorie d'oiseaux mythiques. Dans l'Avesta, c'est l'oiseau cité sous le nom de saéna.

Le saéna rappelle les caractéristiques de l'aigle. Le nid su sîmorgh dans le Shâhnâma est placé au sommet du mont Alburz, ce qui correspond dans l'Avesta à Hara-barazaiti (Yasnâ, 10, 10). Mais dans la littérature islamique persane, c'est la montagne fabuleuse de qâf, qui est le lieu où demeure le sîmorgh, avec les péris et les démons. Sa'di, célébrant les louanges de Dieu, dit que même le sîmorgh sur le mont de qâf a sa part des libéralités divines.

Il possède un langage humain, il sert de messager et de confident ; il transporte les héros à de grandes distances et leur laisse quelques unes de ses plumes, grâce auxquelles on pourra, en les faisant brûler, le convoquer s'il est au loin. Ce thème est très fréquent ; on le trouve, non seulement à propos du sîmorgh, mais aussi des autres oiseaux merveilleux, le homâ et le rokh.

La plume du sîmorgh est réputée guérir les blessures, et le sîmorgh lui-même est considéré comme un sage guérisseur (hakîm). On trouve notamment ce thème dans le Shâhnâma de Firdûsi lorsque le sîmorgh se sépare du héros Zâl, qu'il a élevé ; il lui remet quelques-unes de ses plumes, en lui disant que, s'il a besoin de lui, Zâl n'aura qu'à en brûler une, et il apparaîtra. Ce dernier est fait de multiples usages ; ansi il en frotte la blessure faite au flanc de sa femme, Rûdâba, et la guérit. Il es fait de même pour son fils Rostam.

A l'époque islamique, le sîmorgh symbolise non seulement le maître mystique et la manifestation de la Divinité, mais aussi il est le symbole du moi caché. C'est ainsi que Farîdun-Din 'Attar, dans son Colloque des oiseaux (Mantiq-ut-tayr) parle de cet oiseau fabuleux comme d'un symbole de la recherche de soi. Un jeu de mots s'est opéré entre le nom de cet oiseau et les trente oiseaux (sî morgh), qui partent à la recherche d'un but transcendant, et à la fin découvrent que le sîmorgh était eux-mêmes, les sî morgh (les trente oiseaux)."

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Lire aussi l'article de Amélie Neuve-Eglise, "Sîmorgh : de l’oiseau légendaire du Shâhnâmeh au guide intérieur de la mystique persane", La Revue de Téhéran n°19, juin 2007.

Selon le site http://www.simorg.net/textographie/00-indextexto.html :


"De grande taille, puisqu'il pouvait transporter un chameau ou un éléphant, l'oiseau mythique Simurgh fait montre d'une grande animosité envers les serpents. Son habitat naturel est un lieu où l'eau se trouve en abondance. Dans un récit iranien antique, il est dit que le Simurgh vit 1700 ans avant de plonger de lui-même dans les flammes, et dans d'autres récits plus tardifs, il est dit qu'il est immortel et possède un nid dans l'Arbre du Savoir. D'après la légende iranienne, il est dit que cet oiseau est si vieux qu'il a déjà vu trois fois la destruction du monde. Pendant tout ce temps, Simurgh a tellement appris qu'on pense qu'il possède le savoir de tous les âges. Les Perses Sassanides croyaient que Simurgh amènerait la fertilité sur la terre et scellerait l'union de la terre et du ciel. Il nichait dans l'Arbre de vie, Gaokerena, et vivait dans la terre de la plante sacrée Haoma, dont les graines pouvait guérir de tout mal. Dans les croyances iraniennes ultérieures, le Simurgh est devenu un symbole de divinité. Sên-Murv/Simurgh est aussi identifié dans la littérature persane par le nom de Homa et présenté en Arabe sous le nom de Rukh. Quand le Simurgh s'envolait, les feuilles de l'arbre du savoir tremblaient, causant la chute des graines de toute les plantes. Ces graines se répandirent dans le monde, prenant racine pour devenir chaque espèce de plante ayant jamais vécu, et guérissant toutes les souffrances de l'humanité. On dit que ses plumes étaient couleur de cuivre, et bien qu'il soit initialement décrit comme un chien-oiseau, il a ensuite été connu soit avec une tête d'homme soit avec une tête de chien. Il est naturellement bon et le contact avec ses ailes peut guérir toute maladie ou blessure."

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