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  • Anne

Le Génépi





Étymologie :

  • GÉNÉPI, GÉNIPI, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1733 (Lémery, Dict. universel des drogues simples, p. 4). Mot savoyard, prob. empr. au lat. *Dianae spicum (littéralement « épi de Diane »), transposition du gr. α ̓ ρ τ ε μ ι σ ι ́ α (lat. artemisia, v. armoise) « plante d'Artémis [déesse identifiée à Diane chez les Romains]; cf. Dianaria radix, Dianaria herba (TLL s.v. Diana, 136, 74 à 77) attesté en b. lat. comme synon. de artemisia (v. FEW t. 12, p. 174b et 175a).


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.


Botanique :


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Utilisation et bienfaits :


Selon Jacques Brosse dans La Magie des plantes (1990),


"On ne rencontre guère que sur les pentes des plus hautes montagnes ces plantes qui sont des Artemisia au même titre que l'armoise et l'absinthe, mais adaptée à la vie en altitude, ce qui se manifeste à leur taille trapue, ramassée, ainsi qu'aux poils soyeux qui les protègent contre les grands froids. Il en existe plusieurs espèces que l'on confond souvent entre elles.

Artemisia genepi ou Artemisia spicata, le vrai génépi, est une petite plante entièrement blanchâtre et soyeuse qui répand une vive odeur aromatique ressemblant à celle de l'absinthe, et porte en juillet-août des capitules globuleux, dressés et noirâtres, de fleurs jaunes. Le vrai génépi croît dans les rocailles entre 2000 et 3800 mètres dans les Alpes et les Pyrénées.

Artemisia mutellina ou Artemisia laxa est le génépi jaune ou génépi blanc. Bien qu'il monte tout aussi haut que le précédent, on le trouve aussi à une altitude inférieure - entre 1300 et 3700 m - dans les Alpes et les Pyrénées. Plus répandu que le vrai génépi, il lui ressemble beaucoup, mais ses feuilles sont plus divisées encore et ses fleurs jaunâtres forment des épis allongés et lâches.

Artemisia glacialis est une petite plante très aromatique et gazonnante des éboulis et des moraines. Elle ne se trouve que dans les Alpes occidentales, et y est très rare. Ses feuilles sont blanches sur les deux faces et ses fleurs jaunes forment de petites inflorescences très compactes au bout des tiges dressées. A ces génépis proprement dits, on adjoint souvent une espèce qui, bien que rattachée à un autre genre, fait partie de la même famille, Achillea moschata. Le millefeuille musquée croît, lui aussi, dans les éboulis alpestres en altitude, entre 1450 et 3400 mètres. Ses feuilles aromatiques sont d'un vert vif et ses fleurs forment de nombreux et vigoureux capitules aux ligules blanches.

Dans les régions de haute montagne où ils croissent, et surtout en Savoie et en Suisse, les génépis, très appréciés des chamois qui les broutent, passent pour guérir toutes sortes de maux, car les vertus des armoises seraient en eux particulièrement concentrées. Stimulants énergiques, fébrifuges et aussi emménagogues, les génépis entrent également dans la composition de vulnéraires et d’antiseptiques efficaces. En infusion, ils seraient souverains contre le mal de montagne. Autrement dit, voilà des plantes qui correspondraient très précisément aux besoins des hommes (et des bêtes) qui habitent le milieu où elles croissent, et c'est là une de ces "coïncidences" qu'avaient si bien remarquées nos "anciens" et qu'ils avaient si souvent mises à profit dans ces remèdes populaires tant décriés.

Quels que soient leurs usages thérapeutiques locaux, les génépis doivent leur réputation étendue surtout aux liqueurs que l'on en extrait, ils entrent également dans la composition de plusieurs macérations savantes qu'inventèrent autrefois des moines jardiniers, la Chartreuse et la Bénédictine par exemple, qui ne sont point seulement savoureuses, mais parfois salutaires. C'est leur histoire qu'illustre de manière si amusante l'un des plus célèbres contes des Lettres de mon moulin, "L'élixir du révérend père Gaucher".

Recette de la liqueur.


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