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  • Anne

Le Rouge-gorge messager


Un joli rouge-gorge est entré aujourd'hui par la porte-fenêtre de la cuisine pour venir avec insistance dans ma chambre sans pouvoir ressortir sans notre aide : merci de ce petit message d'espoir et de flamboyance timide.

Étymologie :

  • ROUGE-GORGE, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1464 (J. Lagadeuc, Cathol. ds Gdf. Compl.). Composé de rouge* et de gorge*.

Voir aussi la définition détaillée du nom "rouge-gorge"


Zoologie :

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Croyances populaires :

Selon Ignace Mariétan, auteur d'un article intitulé "Légendes et erreurs se rapportant aux animaux" paru dans le Bulletin de la Murithienne, 1940, n°58, pp. 27-62 :


Dans l'Allemagne du sud : si on fait du mal à un Rouge-Gorge les vaches donnent du lait rouge.




Symbolisme :

Gilbert Durand dans Les Structures anthropologiques de l'imaginaire, nous apprend p. 198 que :


"l'isomorphisme [de la pureté ignée] se renforce encore du fait que pour de nombreuses peuplades le feu est isomorphe de l'oiseau. Non seulement la colombe de la Pentecôte, mais encore le corbeau ignifère des anciens Celtes, des Indiens et des Australiens actuels, le faucon ou le roitelet, sont des oiseaux essentiellement pyrogènes. Souvent c'est la coloration d'un bec, d'une crête, d'un plumage qui décide du choix de l'oiseau de feu, et c'est probablement pour ces raisons qu'en Europe le pic noir à jabot rouge et le rouge-gorge sont mêlés aux légendes du feu".

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Symbolisme celte :


Selon Divi Kervella dans Emblèmes et symboles des Bretons et des Celtes, "c'est l'emblème des jardiniers et des agriculteurs. on le surnomme evnig al labourer (le petit oiseau du laboureur). C'est lui qui a sauvé les Bretons de la famine peu après leur installation en Petite Bretagne. En effet, leurs semailles étaient constamment dévastées par des animaux de toutes sortes. Après avoir prié le ciel de tout leur cœur ils virent venir le petit oiseau qui laissa tomber de son bec un grain de blé et s'envola. On planta cette semence et, en quelques heures, le sol fut couvert d'une moisson dorée. La Bretagne est depuis une terre à blé. Le rouge-gorge habitera la Bretagne jusqu'à la fin du monde, et personne ne se risquerait à en tuer un, ou alors ce sera le châtiment proclamé dans le proverbe : An neb a lazh ar bruched ruz / A gouezh en tan pe el ludu (quiconque tue le rouge-gorge tombe dans le feu ou dans la cendre).

En Écosse, il est le symbole de la résurrection. Il fut ressuscité par saint Serf et est devenu l'emblème de la ville de Glasgow.

Le rouge-gorge va souvent de pair avec le troglodyte (régulièrement confondu avec le "roitelet"), celui-ci n'étant, dans les croyances populaires, su'un petit rouge-gorge sans tache rouge."

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Selon Gilles Wurtz auteur de Chamanisme celtique, Animaux de pouvoir sauvages et mythiques de nos terres (Éditions Véga, 2014) :


"Le rouge-gorge est très familier et peut facilement et rapidement venir vous manger dans la main. Le chant doux et mélodieux du rouge-gorge retentit toute l'année, même la nuit (sauf en été, car le rouge-gorge migre le plus souvent) : c'est grâce à son charmant gazouillis que ce petit oiseau délimite son territoire et le protège de congénères trop intrusifs...

Le rouge-gorge peut avoir deux couvées successives ; si c'est le cas, le mâle se charge d'alimenter les petits de la première couvée.


Applications chamaniques celtiques de jadis

Les Celtes considéraient le rouge-gorge comme un petit ami bien sympathique avec qui le contact était facile, et avec lequel il était intéressant de développer sa propre sympathie. Nos ancêtres aimaient entretenir une relation régulière et familière, à travers leur pratique chamanique, avec l'esprit du rouge-gorge pour nourrir leur propre capacité de sympathie. Toute personne qui se sentait trop encline à la colère, qui avait du mal à s'ouvrir aux autres ou qui affichait une certaine sévérité, était encouragée de demander l'aide de l'esprit du rouge-gorge pour développer sa sympathie, envers elle-même et envers son entourage. Souvent, la première étape pour trouver la sympathie en soi consistait à aller nouer un contact bien réel avec un rouge-gorge, dans la nature, et à l'inviter à venir manger dans sa main puis permettre à une relation personnelle de se créer. Inévitablement, cette approche suscitait d'emblée un sentiment de sympathie envers ce petit oiseau au fier plastron rouge qui, malgré sa vulnérabilité, prenait le parti de faire confiance à la main tendue plutôt que de laisser la peur le dominer et empêcher ces beaux moments. Lorsque la personne arrivait à créer ce contact réel avec un rouge-gorge, elle prenait alors très souvent conscience que la sympathie ouvrait à la joie et au bonheur en soi et autour de soi.

L'élément-clef de ce travail de développement de la sympathie en soi était que celui qui le faisait constatait tout naturellement tous les bienfaits que cela engendrait dans un premier temps dans son quotidien, et ensuite dans sa vie. La sympathie était le premier remède contre la dépression et beaucoup d'autres troubles émotionnel ou mental.

Les parents encourageaient très tôt leurs enfants à prendre contact avec l'esprit du rouge-gorge dans leur pratique chamanique pour découvrir son enseignement sur la sympathie dans la vie.

Les seigneurs, les druides et autres personnages investis de fonctions très importantes, et qui les amenaient à côtoyer un grand nombre de personnes, avaient coutume d'interagir avec l'esprit du rouge-gorge pour favoriser leur propre sympathie envers tous ceux qui dépendaient d'eux, ce qui les rendait simples et accessibles aux yeux des gens.


Applications chamaniques celtiques de nos jours

A notre ère, la sympathie est toujours aussi importante, tout aussi bienfaisante.

On ne peut qu'encourager un praticien en chamanisme celtique à aller rencontrer l'esprit du rouge-gorge à travers les voyages chamaniques pour se faire initier à la sympathie en soi et pour autrui permet d'avancer plus aisément, sur son chemin spirituel car cela favorise la joie.

De même, comme à l'époque des Celtes, c'est une excellente méthode qui contribue à résorber des problèmes de dépression, des colères, peurs, tristesses, états de mal-être... Un travail ciblé avec l'esprit du rouge-gorge permettait de débloquer, de dénouer en douceur bon nombre d'entraves, il pourrait aussi favoriser des prises de conscience salutaires.

Et si l'enseignement de l'esprit du rouge-gorge retrouvait sa place dans notre vie quotidienne - dans tous les domaines : familial, professionnel, scolaire, social, politique... -, nous pourrions tous, ainsi que la Terre, bénéficier du rayonnement bienfaisant de cette vertu indispensable à la vie qu'est la sympathie.


Mot-clef : La sympathie."

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Lecture personnelle du 24 avril 2005 :


L'Alouette / Rouge-gorge / Rossignol

Je suis l'alouette le jour, le rossignol la nuit et au milieu de la journée, le rouge-gorge. Je suis triple. J'ai une forme acérée, aérienne évidemment. L'avantage d'être triple, c'est que jamais je ne m'arrête de voler, de piquer vers le ciel, soleil, lune. En étant triple, jamais je ne me repose. Le double de ma partie concernée se repose et je prends une autre apparence pour continuer à agir, à vibrer dans l'énergie de l'air, de l'éther. Je suis blanc, rouge et noir, sombre en tous cas. C'est l'avantage aussi d'être trois. Trois couleurs très significatives et porteuses de sens : - le blanc de la lumière, de la pureté - le rouge de la chair, de la vie incarnée, du sang qui bat aux tempes, la pompe du cœur - et le noir, le moment de repos, de ressourcement, de retour vers la terre qui nourrit, qui informe, qui informe. Voilà. Je vais parler de la médecine des petits oiseaux car ce serait trop long de parler de chacune des médecines. Les petits oiseaux semblent fragiles ; ils sont légers, c'est différent. Ils ont la légèreté qui leur permet de voler ; des os creux, pour ne pas dire vides, des os pleins d'air. Ils sont donc dans un élément qui leur est à la fois extérieur et intérieur, comme l'eau pour les hommes. Pour les oiseaux, c'est l'air. La mission de ces oiseaux, c'est de devenir eux-mêmes air ; d'être si bien porté par les courants, les vents, qu'ils en deviennent eux-mêmes des courants. Et bien sûr, la médecine, c'est d'enseigner cette légèreté, cette légèreté physique mais surtout cette légèreté mentale de ne rien prendre au sérieux, au tragique, de savoir pimenter la vie de plaisirs aériens, non pas ces plaisirs factices qui alourdissent les estomacs mais des plaisirs aériens qui élèvent, et de toujours savoir rire, rire sincèrement, un rire amusé, un rire complice, un rire d'enfant qui s'émerveille, pas un rire moqueur qui cloue au pilori. Voilà notre médecine. Je les aiguillonne avec mon petit bec, très fin comme une petite aiguille. Je ne leur fais pas de mal mais je les aiguillonne pour qu'ils lèvent un peu la tête, qu'ils ne soient pas toujours concentrés sur leur travail ou leurs pattes. Il ne faut pas oublier les cieux et toujours penser à continuer le chemin ascensionnel, même si l'horizontale est importante pour l'incarnation, pour l'âme il ne faut pas oublier la verticale. Et on avance comme ça, en fait, sur une oblique, tracée entre la verticale et l'horizontale. Ça c'est le bon chemin, la rectitude, cette oblique qui est montante. Il ne faut pas s'alourdir, s'aplatir sur le sol, s'allonger sans cesse. Même s'il est nécessaire de se ressourcer à la terre, il ne faut pas non plus être sans cesse rigide, droit comme un piquet, tendu vers je ne sais quel idéal factice... Non, le chemin que je montre, c'est l'oblique, l'oblique ascendante. C'est moi qui leur montre ce chemin puisque je suis dans les airs. Chacun peut me transporter avec lui tellement je suis petit et donc je, caracole n'est pas le mot, je virevolte de l'un à l'autre sans cesse. Jamais je ne me repose donc je peux même me détripler et être avec trois animaux en même temps et ainsi je mets de l'air dans leur médecine. Je brasse l'air et j'aère, j'aère chacune des médecines des autres animaux. Je les rends plus légères et mouvantes. Ils m'acceptent sans sourciller même si je les oblige à lever le menton. Ils s'amusent de mes piques. Ils ne s'en offusquent jamais. Ils savent que je mets de la légèreté et ils s'efforcent, de quelque manière que ce soit, ils s'efforcent de me répondre et de s'alléger. Une forme unique semblerait peut-être plus adéquate mais, troisième chakra forme triple, c'est une nécessité dans ce chakra. Le soleil le gouverne. Soleil, lune, terre, ils sont tous les trois liés. Ce n'est pas toujours simple à gérer mais c'est nécessaire pour le travail que j'ai à faire. L'avantage aussi de cette forme triple : elle montre qu'on passe du rire aux larmes en passant par un état plus neutre mais que chacun n'est qu'un état justement, que rien ne doit s'installer dans la durée ; que nous sommes, les oiseaux comme les humains, mouvants, changeants, quelquefois d'une minute à l'autre et qu'il faut l'accepter, que la vie n'est pas figée, que ces changements, même s'ils fatiguent, l'entourage peut-être, ou même soi-même ; ce miroitement incessant est riche et nécessaire parce qu'il reflète la vie. Voilà."

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Littérature :