Huathe
- Anne

- 31 déc. 2018
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Dernière mise à jour : il y a 4 jours
Symbolisme :
Selon Robert Graves, auteur de Les Mythes celtes, La Déesse blanche (Éditions Faber and Faber, 1948 ; traduction française : Éditions du Rocher 1979 et 2007) :
"C'est dans l'Ogygie de Roderick O' Flaherty que j'ai trouvé mention, pour la première fois, de Beth-Luis-Nion, comme une authentique relique du Druidisme transmise oralement jusqu'à nous à travers les siècles. On s'en serait servi jusqu'à une époque récente, uniquement pour des usages divinatoires. Il consiste en cinq voyelles et treize consonnes. Chaque lettre tire son nom de l'arbre ou de l'arbuste dont elle est l'initiale.
Dans l'alphabet irlandais moderne les noms des lettres sont également des noms d'arbres et la plupart d'entre eux correspondent à la liste d'O' Flaherty excepté le T qui est devenu l'Ajonc, l'O le genêt et l'A l'orme.
[...]
H pour Uath
Le sixième arbre est l'aubépin ou épine blanche de mai qui emprunte une partie de son nom au mois de mai. On le considère en général comme un arbre maléfique et le nom sous lequel il apparaît dans les lois irlandaises de Brehon, sceith, semble appartenir à la même famille que la racine indo-germanique sceath ou sceth signifiant « nuisance » dont provient l'anglais scathe et le grec a-scethe « sans dommage, sain et sauf ». Dans l'ancienne Grèce, comme en Grande-Bretagne, pendant ce mois, les gens se promenaient en vieux vêtements (coutume à laquelle fait allusion le proverbe « en avril, ne te découvre pas d'un fil » signifiant : « ne porte pas de vêtements nouveaux tant que le mois maléfique n'est pas terminé » ; et il ne faut pas croire que cela fasse référence au climat variable anglais car le proverbe a cours également dans le Nord de l'Espagne où, généralement, Pâques amène le beau temps. On doit également s'abstenir de rapports sexuels, coutume justifiant que mai passe pour ne pas porter chance aux mariages. En Grèce et à Rome, c'était en mai que l'on nettoyait les temples et qu'on lavait les images des dieux : c'était le mois de préparation à la fête solsticiale. Bien que la poésie anglaise la décrive comme toujours jeune et belle, la déesse grecque Maïa tirait son nom de maia, « grand-mère ». Il s'agissait d'une vieille malfaisante dont le fils Hermès conduisait les âmes aux Enfers. C'était bien la Déesse Blanche qui, sous le nom de Cardéa, comme il a été expliqué, jetait des charmes par le truchement de l'aubépin. Avant que ne commence ce mois malchanceux, les Grecs allumaient cinq torches d'aubépin et de fleurs d'aubépine pour se la rendre propice lors des mariages célébrés à ce moment de l'année car on pensait qu'ils déplaisaient à la déesse.

Dans ses Questions romaines, Plutarque pose la question : « Pourquoi les Romains ne se marient-ils pas au mois de mai ? » et il propose la réponse correcte : « La raison n'en serait-elle pas qu'on célèbre en ce mois les plus grandes cérémonies de purification ? » Il explique que c'était le mois au cours duquel on lançait au fleuve des mannequins appelés argeioi, « les hommes blancs » comme s'il s'agissait d'une offrande à Saturne. Dans ses Fastes, Ovide parle d'un oracle que lui avait donné une prêtresse de Jupiter au sujet du mariage de sa fille : « jusqu'aux ides de juin (milieu du mois), il n'y aura pas de chance pour les épousées ni pour leurs maris. Jusqu'à ce que les ordures du temple de Vesta aient été charriées à la mer par le Tibre jaune, je ne dois pas peigner mes boucles, que j'ai d'ailleurs coupées en signe d'affliction, ni tailler mes ongles, ni cohabiter avec mon mari bien qu'il soit le prêtre de Jupiter. Ne sois donc pas pressé. Ta fille rencontrera une meilleure chance en mariage quand le feu de Vesta brûlera dans un foyer purifié ». Les jours malchanceux se terminaient le 15 juin. En Grèce, le mois malheureux commençait et finissait un petit peu plus tôt. D'après Sozomen de Gaza, un historien ecclésiastique du Ve siècle, la fête du térébinthe à Hébron était célébrée à la même époque et avec les mêmes tabous sur les vêtements neufs et la sexualité et dans le même but : le nettoyage et la purification des images saintes.
Dans la mythologie galloise, l'aubépin apparaît comme le chef malfaisant des géants. C'est Yspaddaden Penkawr, le père d'Olwen (« Celle à la Trace Blanche »), autre nom de la Déesse Blanche. Dans l'Histoire de Kilhwych et Olwen (Kilhwych avait été ainsi appelé parce qu'il avait été trouvé dans la soue d'un pourceau), le géant Aubépin dispose tous les obstacles possibles à la réalisation du mariage de Kilhwych avec Olwen et exige une dot de treize trésors, tous apparemment impossibles à se procurer. Le géant vivait dans un château gardé par neuf portiers et neuf chiens de garde, preuve de la force du tabou contre le mariage pendant le mois de l'aubépin.
En Irlande, la destruction d'un aubépin vénérable s'accompagnait des plus grands dangers. Deux exemples du XIXe siècle sont cités dans le Folklore des îles britanniques de E. M. Hull. L'effet en est la mort du troupeau du coupable, celle de ses enfants et la perte de tout son argent. Dans son étude bien documentée, Les Arbres épineux historiques des îles britanniques, M. Vaughan Cornish parle d'aubépins sacrés poussant au-dessus du puits dans les provinces gaéliques. Il cite le cas de « l'aubépin de saint Patrick » à Tin'ahely, dans le comté de Wicklow : « Les fidèles s'assemblèrent le 4 mai, des cercles furent dûment exécutés tout autour du puits et l'on arracha des lambeaux aux vêtements pour les suspendre à l'épineux. » Il ajoute : « ceci se passa le jour de la sainte Monique, mais je ne sais pas s'il faut y voir une relation ». Certainement si : puisque la sainte Monique, nouveau calendrier, correspond au 15 mai, ancien calendrier, et qu'il s'agissait d'une cérémonie en l'honneur du mois de l'aubépin qui venait juste de commencer. Les morceaux étaient arrachés des vêtements en signe de deuil et offerts en gages de propitiation.
L'aubépin est donc l'arbre de la chasteté exagérée. Le mois commence le 13 mai, quand fleurit la première aubépine, et finit le 9 juin. La référence à l'épine blanche en matière d'ascèse, correspondant au culte de la déesse Cardéa, doit cependant être distinguée de son usage orgiaque plus récent correspondant au culte de la déesse Flora et en rapport avec la coutume anglaise médiévale de sortir à cheval au matin du 1er mai pour cueillir des branches d'aubépine en fleurs et pour aller danser autour des arbres de mai. Pour beaucoup d'hommes, la fleur d'aubépin exhale un fort parfum de sexe féminin ce pourquoi les Turcs utilisent les branches d'aubépines en fleurs comme symboles érotiques. M. Cornish démontre que ce culte de Flora fut introduit dans les îles britanniques à la fin du 1er siècle av. J.-C. par les seconds envahisseurs belges et, qu'en outre, l'aubépin de Glastonbury, qui fleurissait l'ancien jour de Noël (5 janvier du nouveau calendrier) et qui fut coupé par les Puritains à la Révolution, était un sport d'aubépin commun. Les moines de Glastonbury l'avaient choyé et lui avaient octroyé la sainteté en improvisant un conte sur le bâton de Joseph d'Arimathie et la couronne d'épines en vue de décourager l'usage orgiaque de l'aubépine qui n'apparaît pas normalement avant le 1er mai de l'ancien calendrier.
Il est vraisemblable que l'antique buisson qui avait poussé là où fut élevée ensuite la cathédrale de Saint-David était un aubépin orgiaque car cela correspondait à la légende de la mystérieuse naissance de saint David."
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Laura Tuan, autrice d'un livret d'accompagnement intitulé Les Tarots celtiques (Éditions De Vecchi S.A., 1998) propose un article sur l'ogam Hualt :
"Aubépine - Hualt
Le temps : 13 mai - 9 juin.
Divinité : Ossian.
L'aubépine est la plante du mois de mai, le buisson odoriférant et gracieux emblème de la fécondité et du sens artistique.
Imprévisibles, changeants, prompts à concevoir mais beaucoup plus lents à agir, les natifs de l'aubépine sont d'irréductibles créatifs qui, parfois, n'hésitent pas à détruire leur oeuvre pour la reconstruire en l'améliorant.
Ils axent volontiers leur infatigable volonté sur l'éducation des plus jeunes, en se présentant plus comme un modèle amical que comme une autorité à respecter. Vifs et curieux, ils restent d'ailleurs longtemps jeunes et conservent une âme d'adolescent toujours prêt à s'émerveiller et à s'étonner.
Très sensibles à la grâce et à la beauté, ils se laissent aisément prendre dans les filets de l'amour, qu'ils fuient ensuite avec la légèreté d'un papillon en quête d'une autre fleur. Mais l'amour des enfants et le désir d'élever les leurs jouent quelquefois un rôle décisif, en devenant le ressort qui les pousse à franchir le pas fatidique du mariage.
[...]
En anglais, aubépine se dit également may (mai), mais la traduction irlandaise scheit sonne comme « dommage », d'où sa réputation de plante de mauvais augure. Dans le mythe gallois, l'aubépine apparaît sous les traits du perfide chef des géants (le père d'Olwen) à la tresse blanche, qui empêche les noces de sa fille et exige en dot treize introuvables trésors. Le géant vit barricadé dans un château défendu par neuf chiens de garde et neuf serviteurs (autre allusion à l'interdiction de célébrer des mariages en mai, mois de l'aubépine). De la même manière la femme du héros gallois Lleu, la belle Blodeuwedd créée par magie à partir d'une aubépine suite à un geis (interdiction) infligé au héros dès sa naissance, finit par le trahir en allant jusqu'à tenter de le tuer.
Buisson odoriférant, l'aubépine est le gracieux emblème de la fécondité et du sens artistique, messager du printemps. Elle ne manque cependant pas d'épines qui constituent non seulement une barrière physique, mais aussi un bouclier protecteur contre la négativité. Ce n'est pas pour rien que la tradition préconise son emploi comme enceinte pour les lieux sacrés. Selon la légende celtique, quiconque s'assoit au pied d'une aubépine le 1er mai, au solstice d'été (21-22 juin) et durant la fête de la Toussaint (1er novembre) risque d'être victime d'un enchantement et enlevé par les fées.
Ses branches font office de porte-bonheur, à condition de ne pas être récoltées par la personne à laquelle elles sont destinées.
Divinité : Ossian ou Oisin.
Les cartes : La jeune fille aux tresses blondes qui apparaît dans le feuillage sur toutes les cartes est presque certainement la fée que le voyageur, endormi (dans la version estivale) l'une des nuits magiques de l'année, réussit à apercevoir avec les yeux de l'âme. L'arcane du printemps souligne en revanche la fonction protectrice de la plante, comme en témoignent les palissades et les grilles dressées par les sylphides pour défendre les hommes les plus réceptifs et les plus vulnérables.
A noter le coffre plein de trésors de la version automnale : identique à celui que le méchant géant, qui retient prisonnière la belle à la longue natte, exige en dot pour les noces de sa fille, rendues jusqu'alors impossibles.
La carte de l'hiver présente au premier plan une ondine : la cruche à ses pieds contient la boisson sacrificielle composée avec les baies de la plante plongées dans l'eau.
Mots clés : Fertilité - Mutabilité - Imprévisibilité - Inquiétude.
Printemps : A l'endroit : Mobilité - Éclectisme - Faculté d'adaptation - Imagination - Nombreux voyages d'affaires - Propension à l'expansivité et au changement - Capacité de persuader et d'ensorceler.
A l'envers : Profession précaire - Agitation - Inquiétude - Déplacements fatigants et peu rentables - Collègues sur lesquels on ne peut pas compter et enclins aux commérages - Pièges.
Été : A l'endroit : Surprises - Imprévus - Éclaircissements - Brusque renversement d'une situation - Déclaration inattendue - Trouble - Divertissement - Satisfaction.
A l'envers : Trahison - Fausseté - Tromperie - Mélancolie - Instabilité affective - Inquiétude - Besoin d'avoir confirmation pr des relations multiples - Une personne à laquelle il ne faut pas confier son cœur.
Automne : A l'endroit : Situation financière instable mais pas alarmante - Beaucoup de gains avec quelques pertes - Dépenses pour des voyages et des divertissements - Incapacité d'économiser - Joyeux comportement de cigale.
A l'envers : Fluctuations - Pertes - Tromperies - Chèques sans provision - Emprunts difficiles à obtenir - Traites à payer - Dommages et dépenses imprévus - Inquiétude - Incapacité d'économiser.
Hiver : A l'endroit : Constitution délicate seulement en apparence - Bonne énergie nerveuse - Sensibilité aux médecines énergétiques et aux traitements herboristes - Calme - Détente.
A l'envers : Agitation - Insomnie - Troubles d'origine psychosomatique - Asthme - Toux - Fatigue - Problèmes rénaux - Faible résistance et manque de réaction - Indifférence aux soins - propension à la dépression et au laisser-aller.
Le temps : 13 mai - 9 juin.
Le conseil : Le changement est un don dont il ne faut pas abuser : mettez-le en oeuvre quand la qualité du temps et le cours des événements le requièrent à grand cri, mais opposez-vous à lui lorsqu'il est le fruit de l'inconstance et contraire à l'engagement."
Selon Gwyddhyon, auteur de Ogham, Le Yi-King celtique des arbres (Éditions Chariot d'Or, 1999), l'Aubépine est associée à diverses caractéristiques :

"Nom : Haute
Lettre : H
Monde végétal : Aubépine (Crataegus spp.)
Signification : Le chaos - le tournoi - la passion
Symbole : Le rêve
Couleur : Bleu outremer - Pourpre
Direction cardinale : Est.
Triades celtiques : Il y a trois choses qui doivent disparaître jour après jour : la haine - l'injustice - l'ignorance.
Monde de l'épreuve de l'Abred : L'Aubépine apporte la paix au corps et au cœur, ses propriétés sédatives sont bien connues. Face au chaos et à la compétition du monde de l'Abred, l'Aubépine nous montre l'attitude à adopter : le calme, la pureté, le respect de soi et de son corps, la purification.
Monde des âmes de Kenmill : Pour les Anciens, l'aubépine était l'une des portes vers l'Autre Monde. Elle nous montre la manière de nous ouvrir aux visions correctes tout en préservant la pureté. L'Aubépine porte en elle à la fois l'épreuve et la consolation, le défi et la paix, l'ombre et la lumière.
Monde ultime de Keugant : Le monde ultime n'est accessible qu'aux cœurs purs. Les épines ont nourries par la chaleur du cœur et la pureté de l'intention.
Images : Une meute de loups.
"L'aubépine, le mal aimé est un chef solide qui porte les mêmes habits que le prunellier."
J'ai l'adresse du navigateur."
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Dans Le Tarot Celte des arbres (Édition originale, 1998 ; Traduction française Le Courrier du Livre, 2001) Liz et Colin Murray associent Huathe à :
"Couleur : Violet.
Chiffre : 6 qui symbolise le Temps.

Selon le calendrier oghamique, avril, le mois de l'Aubépine, féminine, même au mois du Chêne central et fertile, le mois de mai, qui commence le 1er mai (Mayday ), la fête de Beltane. C'est la Fête du Feu vernale de la fertilité, de la croissance et de la force renouvelées. Les Celtes marquaient le passage du temps par des périodes sombres suivies par la lumière, et ils divisaient l'année en une moitié sombre et une moitié claire. Ainsi, la nouvelle année, le 1er novembre, introduisait la première moitié sombre hivernale du cycle, et Mayday commençait la portion claire estivale. Les mariages ne pouvaient avoir lieu que pendant la moitié claire de l'année, mais ils étaient souvent précédés d'un mariage à l'essai d'un an et un jour.
L'Aubépine est un petit arbre qui pousse avec une profusion de branches. A cause de son enchevêtrement, on en fait surtout des haies. On l'appelle aussi l'épine blanche, pour le contraste que présente son écorce lisse grise avec l'écorce poudreuse noire de l'épine noire. L'Aubépine fleurit en mai, et on fait des guirlandes avec ses fleurs pour les maisons et des bâtons de mai pour le 1er mai. Elle a aussi des épines comme défense.
Le choix de la carte Aubépine représente la purification et la chasteté apportant la protection des mondes magiques intérieurs, - en d'autres termes, une période de restriction, d'attente, ou de consécration de soi à soi. Concentrez-vous sur le mental plutôt que sur l'activité physique, comme prélude à la fertilisation, la croissance et à la moisson spirituelles qui suivront, en veillant à ce que cette préparation sot correctement faite, comme les pures fleurs blanches de l'Aubépine deviennent les rouges cenelles de l'automne.
Mots-clefs : Purification et Chasteté - Protection.
Sixième mois : Avril."
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Selon Alain Gesbert, auteur de B. A. - BA Oghams divinatoires (Éditions Pardès, 2002), l'ogham Huathe est associé à :

"Arbre : Aubépine.
Mot clé : Restriction.
Association complémentaire : Réflexion et Prudence.
Lettre : H.
Couleur : Violet.
Période : 13 mai - 9 juin.
Pour les Celtes, l'Aubépine était supposée donner la malchance à celui qui la coupe.
Huathe indique une idée de restriction mais qui sait se transformer à votre avantage, si vous avez la sagesse de lâcher prise ou si vous faites du temps votre allié en mettant en place une stratégie.
Huathe évoque une période de patience avec une croissance lente ou ralentie. Soyez comme la fourmi qui, pas à pas, construit son édifice. Profitez-en pour réfléchir avant d'agir.
Si vous aviez un souhait à faire, qui a une forte probabilité d'être exaucé mais qui n'est pas encore suffisamment clair actuellement : est-ce que "cela ne vaut pas le coup" d'y réfléchir sérieusement avant de le formuler ?
Le défi de Huathe ? Être patient et construire avec se propres plans avant d'agir.
Comme le dit si bien le dicton : "Doucement, doucement, je suis pressé."
Imaginez (mais sans souffrance !) les épines de l'Aubépine qui retiennent les vêtements, pensez à la rose du Petit Prince qui n'a que ses maigres épines pour se défendre. Puis associez-y un sage vénérable et prudent."
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D'après Julie Conton auteur d'un essai sur L'ogham celtique ou le symbolisme des arbres, l'oracle des druides (Éditions Mémoires du Monde, 2014) :


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Dans La Voix des Arbres (Édition originale, 2019 ; Tana Éditions, 2023 pour la traduction française) Diana Beresford-Kroeger transmet à son tour sa vision de l'ogham des Celtes :
"Huath - L'Aubépine
Les anciens Celtes voyaient dans l’aubépine un vecteur de pouvoir. Ils croyaient que cet arbre ouvrait sur le monde des síogaithe, les fées, le bon peuple, ou na daoine maithe.
Les druides érudits connaissaient le ciel nocturne et le système solaire, dont ils décrivaient toutes les particularités en termes mathématiques. Ils ont développé le calendrier de Coligny. Ils ont repris à leur compte le fer et l’agriculture durable. Ils ont inventé et réinventé une démocratie aux lois justes qu’ils ont baptisées lois des brehons. Ils ont consigné leur culture orale sous une forme écrite grâce à l’alphabet oghamique, et les druides scolarisaient hommes et femmes sans distinction.
Leur système de croyance était gouverné par le concept d’âme, anam, et la direction spirituelle, anamchara, qui émane de partout. Ils croyaient que le monde du vivant était pétri d’âme, de l’eau aux montagnes en passant par l’herbe, les animaux sauvages et les insectes. Toute vie était reliée par cette âme et, pour cette raison, la vie sous toutes ses formes devait être protégée.
L’anam était aussi présente dans l’au-delà, comme une forme de continuité de la conscience. Les fées vivaient dans ce monde parallèle et pouvaient aller et venir à leur guise. Elles annonçaient aux vivants la mort prochaine de tous les membres des vieilles familles celtes dont le nom commençait par Mac ou par Ó. Ces familles royales recevaient la visite de la beansí, ou banshee, une créature surnaturelle capable de produire une musique enchanteresse, ceolsí, ou des lumières dites solassí en guise d’avertissement.
L’aubépine appartient à la famille des Rosaceae, les roses. Son nom scientifique est Crataegus monogyna Cet arbrisseau épineux peut atteindre dix mètres de haut, et son bois rosâtre est extrêmement dur et dense. En mai, il se pare d’un halo de fleurs blanches à l’odeur amère qui poussent en grappes. Celles-ci sont suivies de fruits ovoïdes rouge vif, techniquement de petites pommes, ou faux fruits, qu’on appelle « cenelles » et qui deviennent sucrés après une gelée. C’étaient les en-cas de la communauté agricole celtique en automne, particulièrement bons pour le cœur.
La magie de l’aubépine réside dans un vieux remède encore utilisé dans les blocs opératoires aujourd’hui. On le trouve sous différents noms déposés : Curtacrat, Crataegus-Krussler et Esbericard. Ces médicaments sont des tonicardiaques à l’action vasodilatatrice. Ils ciblent une région inhabituelle du cœur humain, l’artère coronaire gauche ascendante, qui vascularise et nourrit le muscle cardiaque. L’extrait d’aubépine ouvre cette artère coronaire, permettant un meilleur afflux sanguin et donc une meilleure oxygénation de cette pompe musculaire vitale.
Les druides-médecins de l’Antiquité faisaient bon usage des remèdes à base d’aubépine pour différentes faiblesses. Aujourd’hui, elle est prescrite dans le traitement de l’hypertension associée à une faiblesse cardiaque, de l’athérosclérose, de la tachycardie et de certains problèmes associés avec l’angine de poitrine.
Les feuilles adultes de l’aubépine contiennent une autre substance puissante, une hormone de croissance pour papillons (un composé qui énergise les chenilles). Elle fortifie les populations de papillons et renforce leur capacité à polliniser les plantes.
L’observation était capitale chez les druides-médecins. Ce qu’ils n’arrivaient pas à expliquer, ils le qualifiaient de magie. Leurs observations ont résisté à l’épreuve du temps. Ils sont avec nous, aujourd’hui encore, au fondement de la biochimie.
L’aubépine a reçu un nom digne de son statut sacré, huath, qui est devenu la lettre H de l’alphabet oghamique. Celle-ci est représentée par une ligne verticale contre laquelle vient buter une unique ligne horizontale du côté gauche.
Il y a deux ans, il m’est arrivé une chose extraordinaire dans un aéroport international. J’attendais tranquillement mon vol quand j’ai remarqué une Chinoise très agitée debout près de moi. Elle avait sa carte d’embarquement dans une main et son passeport dans l’autre. On appelait son vol, et je me suis rendu compte qu’elle ne parlait pas anglais et qu’elle commençait à paniquer. Je suis donc allée la voir et, à grand renfort de gestes, j’ai réussi à la diriger vers la porte mentionnée sur sa carte d’embarquement. Elle m’a remerciée en mandarin et a tiré de son bagage à main cinq bâtonnets roses qu’elle m’a offerts. Plus tard ce jour-là, j’ai demandé à un ami de traduire pour moi les caractères qui y figuraient. Il se trouve qu’il s’agissait d’aubépine chinoise, une espèce différente de l’européenne, qui fournissait un remède de voyage pour le contrôle de la pression artérielle.
À cette époque, je travaillais moi-même sur l’aubépine et l’hémodilution. Était-ce une coïncidence ?"
Pandora Hearts, autrice, et Lydie Bossuet, illustratrice proposent un Oracle des arbres & des oghams (Éditions Secret d'étoiles, 2022) que je trouve particulièrement beau :

"Paroles de Huathe : Je suis Huathe, l'arbre de la Pureté et de la Vertu. Mes branches épineuses protègent la candeur sacralisée des innocents. La chaste blancheur de mes fleurs appelle à la spiritualité et au mysticisme. Tout mon corps de bois vibre de mon dévouement pour vous apporter l'épuration de la chair et de l'âme. Je pique parfois pour discipliner et perfectionner l'apprentissage. Je suis Huathe, l'arbre de la Purification et de la Sacralité.
Signification de la carte : Dans un tirage, Huathe indique parfois une relation platonique, chaste. La pureté de l'engagement favorise une union ou une collaboration sincère. Selon la question posée, Huathe peut vous conseiller de prendre un temps d'introspection : battre en retraite est parfois salvateur et il vaut parfois mieux réfléchir que d'agir. Elle peut également exprimer des intentions sincères, sans rien attendre en retour.
Huathe suggère également une période d'assainissement de votre situation. Dans ce cas, elle peut vous conseiller de purifier votre vie ou votre environnement : se délester d'éléments qui ne vous correspondent plus rendra votre situation plus saine. Dans un tirage spirituel, Huathe vous engage à effectuer une retraite spirituelle ou encore à méditer sur votre évolution et vos apprentissages. Cette exploration intérieure vous ouvre des portes vers l'élévation mystique.
Carte renversée : Lorsque la carte apparaît à l'envers, Huathe peut révéler un isolement, un éloignement ou une séparation mal vécue. Au contraire, dans certains tirages, elle peut renseigner sur une période ou un comportement hyperactif qui vos épuise. Ainsi, elle vous exhorte à un recentrage sur vous-même afin d'équilibrer vos énergies.
Huathe dénonce également parfois le fait que vous êtes victime d'une discipline trop stricte, visant à soumettre votre volonté contre votre gré. Au contraire, elle peut vous prévenir que vos actions semblent plier autrui à votre volonté, sans respect de ses besoins. Dans une même énergie, elle informe d'une limitation d'action ou encore de la réduction des privilèges, contre lesquelles vous n'avez aucun moyen de remédier.
Mots clés : Purification - Assainissement - Innocence - Pureté - Introspection - Dévouement - Discipline."
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