Gort
- Anne

- 1 janv. 2019
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Dernière mise à jour : il y a 2 jours
Symbolisme :
Robert Graves, auteur de Les Mythes celtes, La Déesse blanche (Éditions Faber and Faber, 1948 ; traduction française : Éditions du Rocher 1979 et 2007) évoque l'ogam et en particulier la lettre G :

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Laura Tuan, autrice d'un livret d'accompagnement intitulé Les Tarots celtiques (Éditions De Vecchi S.A., 1998) propose un article sur l'ogam Gort :
"Lierre - Gort
Le temps : 30 septembre - 27 octobre.
Divinité : Pwyll.
Symboliquement associé à l'étouffement et au poison, le lierre revêt chez les Celtes une signification de mort-renaissance, de passage, nécessairement douloureux, vers une forme de vie supérieure.
Qu'il s'agisse d'étude, de travail ou d'amour, tout ce qui est mystérieux et insolite attire ces natifs si attentifs au côté le plus secret des choses.
Dans les relations sociales, on les apprécie pour leur élégance sobre, à condition de tolérer leur possessivité, et pour leur coeur, rustique mais fidèle, capable de sentiments inaltérables.
Bien que le rapport de couple figure parmi leurs objectifs les plus convoités, il est rare qu'ils rencontrent l'âme soeur avec laquelle instaurer cette affinité élective qu'il souhaitent tant, au-delà de la dimension la plus physique de l'amour. Quand par ailleurs ils ne se sentent pas payés de retour, ils supplient, insistent et s'attachent comme leur plante-guide. Ou bien ils se replient sur eux-mêmes et recouvrent leur indépendance qui les conduit vers la recherche ésotérique, la littérature ou l'art.
[...]
La fausse conviction selon laquelle le lierre étoufferait les autres plantes se trouve à l'origine de la connotation funéraire qu'il revêt dans le monde celtique. D'où, aussi, son lien symbolique avec Noël et le solstice d'hiver, phase la plus sombre de l'année où le Soleil voit son intensité réduite au minimum pour reprendre ensuite de la force, en faisant l'expérience initiatique de la mort et de la renaissance.
En grimpant sur les murs extérieurs, le lierre protège magiquement la maison et ses habitants.
Il symbolise la femme jalouse, acariâtre, mais profondément attachée.
Divinité : Pwyll.
Les cartes : Outre l'esprit de la nature associé au lierre, chacune des versions comporte un symbole de danger et de poison qui accentue sa signification initiatique de mort et de transformation. Sur la carte du printemps le sylphe accroupi dont le tambour s'orne du signe celtique du Soleil s'accompagne d'une araignée aux longues pattes, qui devient un serpent sur celle de l'été (emblème classique de la transformation à travers sa peau qui se renouvelle cycliquement) et un énorme insecte avec un sanglier dans le fond sur celle de l'hiver. Le méchant petit gnome de la version automnale prépare une mixture probablement hallucinogène, à base d'amanites, l'un des champignons les plus vénéneux.
Mots clés : Poison - Rudesse - Attachement morbide - Autorité.
Printemps : A l'endroit : Réussite professionnelle stable - Buts atteints - Avancement de la carrière - Autorité - Charisme - Rôles de direction.
A l'envers : Envies professionnelles - Espionnage industriel - Rôle professionnel inadapté - Attachement - Forme mentale incompatible avec la situation - Rendement insatisfaisant - Commérages - Vengeances - Antipathies.
Été : A l'endroit : Affection solide mais peu romantique - Rudesse dans l'expression des sentiments - Mariage durable - Profonde implication derrière une façade d'indifférence.
A l'envers : Relation menacée par la possessivité - Jalousie obsessionnelle - Angoisses et inquiétudes injustifiées- Rancunes - Désir de vengeance- Grosses souffrances liées au retour d'une personne du passé.
Automne : A l'endroit : Épargne - Investissements solides mais peu rentables - Attachement à l'argent.
A l'envers : Avarice - Mesquinerie - Refus d'accorder des prêts - Renoncement à tout plaisir par peur de dépenser- Rigidité - Querelles et peines pour cause d'argent- Rapports intéressés.
Hiver : A l'endroit : Stabilité émotionnelle - Routine rassurante - Peu d'émotions, mais également peu d'inquiétudes.
A l'envers : Peurs- Cauchemars - Obsessions - Gaspillage d'énergie - Maladie grave - Intoxications - Réactions allergiques - Dysfonctions glandulaires - Douleurs - Dépression.
Le temps : 30 septembre - 27 octobre.
Le conseil : Prenez garde à la jalousie et à la possession, qui n'ont rien à voir avec l'amour : les sentiments rudes sont toujours les plus sincères."
Selon Gwyddhyon, auteur de Ogham, Le Yi-King celtique des arbres (Éditions Chariot d'Or, 1999), le lierre est associé à diverses caractéristiques :

"Nom : Gort
Lettre : G
Monde végétal : Lierre (Hedera helix)
Signification : L'immortalité
Symbole : Le contentement - l'ambition - l'esprit.
Couleur : Transparence
Direction cardinale : Sud
Triades celtiques : Les trois bonheurs du ciel sont :
la victoire sur le mal
la vie éternelle
la béatitude sans fin.
Monde de l'épreuve de l'Abred : La spirale du lierre est chère aux Anciens. Ils y déchiffrent l'évolution, la force de la vitalité et la pérennité de la conscience. Les druides mêlaient certaines parties du lierre à l'hydromel pour confectionner une sorte de nectar, une "bière" magique. Symboliquement le lierre nous apporte la conscience de la trame secrète des énergies cachées de notre propre vitalité.
Monde des âmes de Kenmill : Prendre conscience de l'infini de notre conscience, c'est aussi envisager notre propre situation dans ce monde et notre rôle. Si cette vision est dénuée de générosité, elle peut rapidement devenir égocentrique et ambitieuse. La frustration remplacera alors le contentement et la paix intérieure.
Monde ultime de Keugant : Envisager l'infini, boire le nectar des Dieux, c'est goûter au fruit secret. Prenons garde de ne pas enfreindre les règles de bienséance du monde spirituel, ou de confondre les deux mondes. La seule immortalité possible est celle de la conscience. La seule spirale durable est celle de l'éternel retour.
Images : "Plus doux que l'herbe."
J'ai le pouvoir féroce du chef : celui du sanglier."
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Dans Le Tarot Celte des arbres (Édition originale, 1998 ; Traduction française Le Courrier du Livre, 2001) Liz et Colin Murray associent Gort à :
"Couleur : Bleu ciel.
Chiffre : 11 qui symbolise la Maternité et la Fécondité.

Le Lierre pousse, se répand et prospère dans beaucoup de conditions - terres cultivées et friches, à la lumière et dans une quasi-obscurité, sur des sols fertiles ou dans des terrains pierreux. Il arrivera à pousser dans des fissures, et il est fort et difficile à détruire. Cela fait très longtemps que Vigne et Lierre sont considérés comme des ennemis. Si la Vigne, par l'ivresse, libère les pouvoirs prophétiques, le Lierre, en revanche, vous met en contact avec vos ressources intérieures, vous donnant la capacité de voir avec l’œil de l'âme au-delà du monde quotidien. La couleur associée avec le Lierre de l'Ogham est gorm, "bleu ciel". Gardez une vision du ciel clair et bleu auquel vous aspirez, dans l'œil de votre mental - ne soyez pas sans "gorm".
Si elle est choisie, cette carte représente la spirale du soi et la quête du soi. Le labyrinthe est aussi lié au Lierre, étant donné qu'il symbolise aussi l'errance de l'âme, circulant vers l'intérieur et vers l'extérieur, à la recherche de nourriture te d'expérience à l'extérieur et à l'intérieur, pour parvenir enfin à l'illumination.
L'esprit se tourne vers l'intérieur, comme Thésée, suivant son fil dans le labyrinthe. L'acte de Thésée peur avoir symbolisé son exploration dans le but de trouver le centre secret de son propre être, qui peut apparaître sous une forme monstrueuse, caché comme il l'est la plupart du temps. Cette exploration, ou recherche de l'âme, est nécessaire, révélant une force et une profondeur spirituelles dans lesquelles vous n'avez peut-être jamais préalablement puisé, ou que vous avez ignorées. Votre danse en spirale à travers la vie vous tourne aussi vers l'extérieur, vous liant avec les autres au moyen de l'âme du groupe, ou de l'inconscient collectif, qui pénètre et embrasse toute la vie. Vous avez un rôle à jouer - aider au voyage spirituel des autres, comme ils aident au vôtre.
Si la carte est tirée à l'envers, ayez à l'esprit que le Lierre peut aussi lier, et nuire aussi à ceux parmi lesquels il pousse. Voyez si vos intentions sont dirigées seulement vers la croissance spirituelle, afin qu'elles ne prennent pas au piège ceux qui vous entourent. Agissez-vous simplement par altruisme ? Oubliez un moment le monde extérieur et regardez-vous d'un œil neuf ; décrivez encore des spirales, vers l'intérieur et l'extérieur, dansant librement dans le labyrinthe de la vie.
Mots-clefs : La spirale du soi - la quête de soi.
Onzième mois : Septembre."
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Selon Alain Gesbert, auteur de B. A. - BA Oghams divinatoires (Éditions Pardès, 2002), l'ogham Gort est associé à :
"Arbre : Lierre.
Mots clés : Progrès et Ténacité.
Association complémentaire : Renouvellement par l'enthousiasme.
Lettre : G.
Couleur : Bleu ciel.
Période : 28 octobre - 24 novembre.
L'ogham Gort représente le progrès avec une idée de ténacité ou de persévérance.
Ce symbole est, en général, lié au travail. Les choses, les événements ne répètent pas : ils évoluent, ainsi que vous-même, en une spirale ascendante, si vous savez y mettre une dose d'optimisme ou d'enthousiasme. Gort évoque les opportunités pour celui qui travaille, qui sait se fixer des objectifs, mais pas pour l'opportuniste. Les autres risquent d'envier vos succès. Le défi de Gort est que vous évitiez de vous "encroûter" ou de rentrer dans une routine qui vous sera préjudiciable.
Visualisez ou imaginez du lierre : il grimpe, il s'accroche et s'agrippe... Associez-y votre propre symbole indiquant le progrès et la ténacité."
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D'après Julie Conton auteur d'un essai sur L'ogham celtique ou le symbolisme des arbres, l'oracle des druides (Éditions Mémoires du Monde, 2014) :


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Dans La Voix des Arbres (Édition originale, 2019 ; Tana Éditions, 2023 pour la traduction française) Diana Beresford-Kroeger transmet à son tour sa vision de l'ogham des Celtes :
"Gort - Le Lierre
Dans les anciens bois, le lierre est un grimpeur silencieux qui s’accroche au tronc des arbres pour atteindre le soleil. Le gort, de son nom gaélique, est une plante ligneuse vivace qui entame sa vie sous la forme d’une graine noire, brillante, tombée au pied d’un chêne. Le temps passe, et au bout de cinq cents ans la plante née de cette graine atteint la cime de l’arbre. Le monde celte considérait le lierre, Hedera helix, comme une plante magique qui protégeait des esprits malins. Quand le soleil était au plus bas sur l’horizon en décembre, Mi na Nollag, chaque famille accrochait des festons de lierre sur le manteau de la cheminée pour qu’il apporte sa protection à la maison, une coutume qui persiste aujourd’hui.
Fin décembre, ceux qu’on appelait « hommes de paille », ou cleamaír, à cause du chapeau de paille pointu qui masquait leurs traits intégraient du lierre à leur déguisement tandis qu’ils allaient de maison en maison pour jouer des saynètes, chanter et réciter de la poésie pour leurs voisins. Comme nous, les Celtes voulaient commencer l’année sur une page vierge. Chez les cleamaír, les hommes s’habillaient en femme et les femmes en homme, et s’ils réussissaient à cacher leur identité à leurs amis et à leurs parents, ils parviendraient à faire de même face aux esprits. Si toutefois l’un d’eux était reconnu, il était condamné à répéter les erreurs de l’année passée.
Pour les Grecs, le lierre était l’attribut de Bacchus, le dieu du vin, car c’était un remède à leurs excès. Bien que toxiques, ses feuilles servaient en traitement préventif de l’ivresse : on les faisait infuser dans le vin. Ces velléités de fausse sobriété se sont transmises aux Anglais, qui peignaient des profusions de lierre au-dessus des portes et du nom de leurs tavernes favorites.
On voit encore de grands chênes et leur corset de lierre vieux de cinq cents ans montant vers les cimes dans le bois de Raheen, en Irlande, minuscule vestige d’une vieille forêt datant des parties de chasse du dernier haut roi, ou ard-rí Il s’agit du seul endroit sur l’île qui nous éclaire sur l’environnement dans lequel évoluaient les druides et sur les plantes qui nourrissaient leurs efforts médicinaux. De loin, les tiges du lierre qui escalade ces vieux arbres ressemblent à des muscles. Chaque arbre se consacre à grandir, en aucun cas diminué par la liane qui s’enroule autour de lui. Peut-être celle-ci lui est-elle même bénéfique en lui fournissant de l’auxine, une phytohormone de croissance, le maintenant ainsi en bonne santé.
Tandis que l’œil grimpe le long du tronc en suivant le lierre, on voit que la forme des feuilles change à mesure que la plante s’élève et s’agrippe à l’arbre grâce à des racines aériennes qui agissent comme des crampons. Les feuilles les plus proches du sol comptent plusieurs lobes ; plus haut, elles perdent ces indentations. Les feuilles juvéniles, au sommet, portent à la fin de l’automne des grappes de fleurs verdâtres qui, une fois fertilisées, produiront des fruits noirs charnus aussi toxiques que les feuilles.
Comme bon nombre d’autres plantes vénéneuses, le lierre est précieux au plan médical. Il s’agit d’un membre de la famille du ginseng dont les composés énigmatiques sont difficiles à comprendre, car ils agissent au niveau cellulaire. Les druides se servaient des feuilles de lierre cordées qui poussent près de la cime des chênes pour traiter diverses douleurs, mais les recettes exactes des remèdes ont été perdues. La feuille de lierre était aussi utilisée en cataplasme contre les rhumatismes, en décoction dans du vinaigre comme bain de bouche pour apaiser les rages de dents, et l’extrait de sa résine noire, dans les soins dentaires.
Le ginseng des Celtes avait sa place dans l’alphabet oghamique même s’il s’agissait d’une liane vivace plutôt que d’un arbre, et il correspond à la lettre G, pour gort Ce mot a un sens complexe, puisqu’il signifie aussi « champ » et, sous la forme gorta, « famine ». Leur vie reposait sur l’équilibre fragile entre ce qu’on pouvait cultiver au champ et le fléau de la famine.
Dans l’alphabet oghamique, le G est représenté par une ligne verticale que croisent deux lignes parallèles inclinées vers la droite. Sa consonne gutturale pimente les poèmes et les chants en langue irlandaise. Le gort était sacré aux yeux des druides pour ses propriétés médicinales et en tant que protecteur des forêts : une plante de soixante mètres de long qui s’élevait vers le soleil, la lune et les étoiles. Les anciennes forêts de la zone tempérée sont les seuls lieux où l’on peut trouver ce lierre précis, mais les tronçonneuses continuent de ronronner."
Pandora Hearts, autrice, et Lydie Bossuet, illustratrice proposent un Oracle des arbres & des oghams (Éditions Secret d'étoiles, 2022) que je trouve particulièrement beau :

" Paroles de Gort : Je suis Gort, l'arbre de l'Union et de la Fidélité. Mon corps grimpant s'accroche avec loyauté aux troncs de mes frères. Mes branches s'étendent dans une étreinte engagée, pour atteindre le but de vos quêtes. Mon enlacement indestructible suit le chemin ondoyant de l'initiation avec dévotion. Je suis Gort, l'arbre du Développement et de la Quête.
Signification de la carte : Dans un tirage, Gort est le symbole de l'attachement amical et amoureux, de l'union, de la fidélité, de la sincérité, de l'engagement et de l'initiation. Il indique une relation solide et constante,. Il peut s'agir d'une concrétisation amoureuse, d'une association solidaire ou encore d'un partage mutuel spirituel . Gort indique une fidélité à toute épreuve : vous pouvez avancer avec confiance.
Gort exprime une notion de loyauté dans votre situation. Il indique ainsi que vous pouvez être adoré et admiré par l'autre. Il peut également exprimer la manière dont vous idolâtrez l'autre, parfois jusqu'à la dévotion. Quel que soit le domaine de tirage, il évoque ainsi un engagement ou un contrat durable. Gort peut également évoquer parfois l'importance de trouver un allié de confiance.
Dans un tirage spirituel, Gort annonce une période d'initiation, une avancée vers votre quête. Il exprime parfois que toutes les expériences, bonnes ou mauvaises, sont la source d'enseignements puissants qui vous mènent vers l'accomplissement spirituel. Gort indique la présence d'un enseignement dévoué et généreux.
Carte renversée : Lorsque la carte apparaît à l'envers Gort dénonce un attachement abusif et étouffant, qui frôle le harcèlement. Il exprime également votre sentiment d'être « pieds et poings liés ». Cela peut être dû à une relation qui vous enchaîne à la mauvaise personne ou à une situation emprisonnante. Gort vous conseille de vous dégager de cette captivité pour votre équilibre. Il renseigne parfois sur une paralysie d'action et vous engage à sortir de votre torpeur.
Gort désigne également votre incapacité à trouver votre voie. Il explique que vous vous sentez désemparé par votre situation. Dans ce cas, il vous engage à ne plus faire de compromis et à retrouver vos points de repère. Gort peut également vous annoncer une période de chamboulement, des événements qui vous feront osciller de part et d'autre de vos habitudes. Gort vous engage à tirer des enseignements de ce ballottement perturbant : c'est le prix d'une initiation enrichissante.
Mots clés : Attachement - Union - Amour - Sexualité - Relation durable - Amitié sincère - Engagement - Quête intérieure - Initiation."
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