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Le Polypore larmoyant




Étymologie :


Wikipédia nous apprend que :


Étymologiquement, le terme « Inonotus » est construit à partir du grec ancien ἴνος, inos, gérondif de ἴς, is (« fibre ») et de οὖς, ὠτός, oûs, ôtós (« oreille ») à cause de sa consistance fibreuse et de son aspect similaire à une oreille.

=> Oreille de dryade ;


Autres noms : Inonotus dryadeus ; Agaric du chêne ; Inonotus du chêne ; Polypore du chêne ; Polypore radié ;

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Mycologie :

Inonotus Dryadeus
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Download • 201KB

Le site Hainaut Développement propose une fiche signalétique :

=>


Inonotus dryadeus
.pdf
Download PDF • 532KB

Fiche que l'on peut compléter par celle proposée par la Société mycologique du Dauphiné :<=


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Usages traditionnels :


Charles Richon, auteur d'un Atlas des champignons comestibles et vénéneux de la France et des pays circonvoisins. (Doin Éditeurs, 1888) rend compte des descriptions de Pline :


L'Agaric dont parle Pline dans ce même livre XVI, $ 13, ne peut être évidemment rapporté à celui du Mélèze, appelé dans les pharmacies « Agaric officinal » (Polyporus officinalis de Fries), puisqu'il s'agit dans les lignes suivantes d'un Polypore du chêne.

"L'Agaric, dit Pline, se trouve principalement sur les arbres à glands de la Gaule”. C'est un Champignon blanc, odorant, efficace comme antidote ; il se développe au sommet des arbres et il est luisant pendant la nuit. Grâce à cette propriété, on profite des ténèbres pour le récolter ...) Il est encore question de cet Agaric (ou de celui du Mélèze) et de ses propriétés médicinales dans plusieurs paragraphes du livre XXVI. Mais nous croyons superflu de nous arrêter plus longtemps sur ce sujet.

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Symbolisme :


Antoine Alexandre Gosse, auteur d'une Histoire de l'abbaye et de l'ancienne congrégation des chanoines réguliers d'Arrouaise : avec des notes critiques, historiques & diplomatiques. (L. Danel, 1786) signale un sens peu connu de Dryade :


Enfin il n'est pas inutile de remarquer ici qu'il y avoit parmi les Gaulois des Prophétesses ou Devineresses que l'on appeloit indifféremment Druïdes & Dryades, & qui n'étoient sans doute rien autre chose que les femmes des Druïdes, lesquelles, ainsi que leurs maris, se mêloient de prédire l'avenir.

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Dans une thèse intitulée Arbres : du Thème au Symbole - Etude de Poétique Générale et Comparée. (Littératures. Sorbonne Nouvelle - Paris 3, 1996. Français.) Anne van Kakerken fait le point sur la notion de dryade :


Dans la pensée antique, l’arbre par qui se manifeste ou se révèle la divinité, la présence dans l’arbre d’une nymphe qui le protège ou partage sa vie, et les métamorphoses, qu’Ovide n’a fait que compiler et offrir sans crédulité à la panoplie des thèmes littéraires, sont des motifs proches et apparentés. La dryade est une nymphe qui vit en forêt, dans les arbres, les chênes en particulier, et les protège ; l'hamadryade correspond au même type de divinité, mais elle fait corps avec l’arbre, naît et meurt avec lui, quand la dryade peut en sortir et ne lie pas directement son destin à la vie d’un arbre. Pour Frazer, l’hamadryade serait ainsi une forme plus ancienne du dieu vivant dans l’arbre; en effet, dans Le Rameau d’or, Frazer entend comme un progrès dans la pensée religieuse, le passage d’un arbre-corps de la divinité à un arbredemeure, passage qui implique que l’être surnaturel n’est plus âme de l’arbre, qu’il ne lui confère plus un statut d’être vivant et conscient, mais qu’il l’abandonne comme une masse inerte qu’il ne fait qu’habiter temporairement, prenant forme humaine, quittant ou retournant dans l’arbre à son gré - l’homme pourra alors abattre le végétal avec moins de scrupule. Mais Frazer précise que dans les rites liés à l’arbre, rites appelant la fertilité sur les êtres et sur la terre - il en cite de nombreux exemples dans toute l’Europe et au-delà - il n’est pas toujours aisé de différencier l’arbre comme demeure, de l’arbre comme corps de la divinité, et que souvent même les deux formes cohabitent. Pour Eliade, le phénomène, de façon générale, des arbres désignés pour le culte d’un dieu, d’une déesse ou d’un simple esprit des bois, résulte de ce qu’il appelle « la chute progressive du sacré dans le concret », cette tendance des dieux de lointaines sphères célestes à se spécialiser dans certains aspects de l’univers quotidien de l’homme, pour se rapprocher de lui. Ainsi Zeus investit-il Dodone et ses chênes frappés par la foudre, des prestiges de sa voix oraculaire. Pour Jean-Paul Roux, ceci dans son livre Faune et flore sacrées dans les sociétés altaïques, c’est du thème de la naissance dans l’arbre, d’un arbre de vie portant descendance humaine, que découle celui de l’arbre-femme, modalité féminine présente dans l’arbre et qui se personnifie jusqu’à s’en extraire sous une forme humaine indépendante de la matrice de l’arbre. Mais il nous importe peu de trancher entre ces différentes théories qui cherchent à cerner l’évolution de la pensée religieuse, car dans tous les cas l’arbre comme corps d’un dieu ou d’un demi-dieu, d’une nymphe ou d’un simple mortel, comme le motif des esprits, la plupart du temps féminins, demeurant dans les arbres, ont nourri pour longtemps l’imaginaire des poètes.

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André Lannoy, dans un essai intitulé "Un élément essentiel de la maîtrise des risques : la confiance" (ImdR, 10/11/2015) nous rappelle en quoi la dryade est liée au chêne :


Dans la mythologie grecque, les Dryades sont des nymphes liées aux chênes. Le mot « Dryades » est issu du grec ancien Δρυάδες, de δρῦς qui signifie « chêne ». Selon le linguiste Emile Benveniste (2013), les racines indoeuropéennes drew et grecque δρῦς , sont équivalentes à l'allemand treu (fidèle, loyal) et signifiaient à l'origine « ce qui est solide ou ferme » et furent ensuite utilisées pour désigner l'arbre et en particulier le chêne. Cette racine a donné naissance au mot « Dryades », mais aussi à une série de termes exprimant la confiance et la fidélité comme trauen et trust (wikipedia, 2014). Reposer sur un bois solide comme le bois de chêne inspire bien évidemment la confiance.

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