La Margose
- Anne

- il y a 4 heures
- 12 min de lecture
Étymologie :
Étymol. et Hist. 1555 momordique (B. Aneau, Tresor de Evonime, p.218 ds Fonds Barbier : Brasavol l'appelle [l'huile de balsamine] huyle de coches, et l'herbe qui porte ces fruits en une cosse espineuse il appelle coche ou momordique); 1763 momordica (Adanson, Famille des plantes, 2e part., p. 138 : les bayes [...] du Momordica). Empr. au lat. bot. momordica (1536, Brassavola, Examen simplicium medicamentorum, Rome, fo118 ro ; 1602, C. Durante [botaniste ital.], Herb nov., p. 59 ds NED, s.v. momordicin), formé d'apr. le lat. momordi, 1repers. du sing. de l'ind. parfait de mordere (mordre*) (« parce que la semence est rugueuse et comme mordillée » Lar. 19e). Cf. déjà l'ital. momordica (1499, F. Colonna, Hypnerotomachia Poliphili, 286 ds Batt.).
Lire également la définition de momordique afin d'amorcer la réflexion symbolique.
Autres noms : Momordica charantia - Concombre amer - Gourde amère - Habirou - Karela - Margose - Maroka - Melon amer - Momordique amer - Pomme de coolie -
*
*
Botanique :
Manuela Mekoudjou, autrice d'un mémoire de fin d’études intitulé Détermination du profil en acides gras de l'huile des graines de Momordica charantia par chromatographie UPC² (Université catholique de Louvain, 2018) commence par décrire la plante :
Au sein de la famille des Cucurbitaceae, le genre Momordica retrouvé dans les régions tropicales comprend plus de 600 espèces, très utiles pour leurs propriétés nutritionnelles et médicinales. Momordica balsamina et Momordica cochinchinensis en sont des espèces, mais la plus répandue et la plus cultivée de ce genre est Momordica charantia (Singh et al., 2018).

1- Description générale : Momordica charantia est une plante de la famille des Cucurbitaceae, originaire des régions tropicales du monde. Elle est connue sous de nombreux noms vernaculaires parmi lesquels : Margose (à la Réunion), Pomme de coolie (aux Antilles), Concombre amer (en France), Habirou (au Cameroun) ou Karela (en Inde). L’espèce Momordica charantia aurait d’abord été domestiquée en Inde et dans le sud de la Chine. Autrefois retrouvée à l’état sauvage, elle est aujourd’hui largement cultivée dans plusieurs parties du monde, notamment en Afrique, en Asie, aux Caraïbes et en Amérique du Sud (Armougom, 1998)
[...]
3- Descriptions botaniques : La margose est une plante annuelle grimpante monoïque, dont la hauteur peut atteindre 5 m. Les tiges sont délicates et munies de vrilles simples, tandis que les feuilles alternes sont de forme comparable à celle des feuilles de vignes. Les limbes ont quant à eux 3, 5 ou 7 lobes. Les fleurs petites et jaunâtres, sont portées par des pédoncules frêles. Les fleurs mâles ont trois étamines et les fleurs femelles ont un stigmate à trois lobes et un ovaire infère (Anilakumar et al., 2015).
Les fruits sont des baies pendantes, largement ovoïdes et munies d’un bec, ou en ellipse atténuée, d’environ 11 cm × 4 cm, mais pouvant aller jusqu’à 45 cm × 9 cm. Leur couleur est orange rougeâtre à maturité, avec un apex plus pâle. Les fruits sont ornés d’environ 8 rangées longitudinales de tubercules subconiques et de nombreux tubercules plus petits dans les intervalles. Ils s’ouvriront en 3 valves dévoilant les graines entourées d’une pulpe rouge visqueuse. Les fruits cultivés ont une surface lisse ou épineuse, souvent munie de protubérances arrondies, en rangées formant 8 à 10 côtes longitudinales, mais quelques cultivars sont complètement épineux sans côtes.
Les graines sont quant à elles oblongues, d’environ 10 mm × 5 mm, aplaties, blanches ou brunes, à tégument sculpté, à bords cannelés.
Certaines variétés de la plante peuvent être différenciées en fonction de la morphologie ou des caractéristiques des fruits. Toutefois, les données génétiques sont rares, ce qui rend difficile l’estimation correcte de la diversité génétique (Singh et al., 2018). Des regroupements en fonction des distances génétiques et des caractéristiques des fruits ont tout de même été effectués, permettant de classer certaines plantes au sein d’une même variété (Singh et al., 2018). C’est ainsi qu’on retrouve des variétés aux fruits de forme elliptique, oblongue ou ovoïde. On peut également retrouver des variétés aux fruits lisses ou rugueux. La productivité et la longueur des fruits sont également des facteurs d’identification des variétés (Singh et al., 2018).
*
*
Propriétés médicinales :
Selon N. Ahmad, N. Hasan, Z. Ahmad, M. Zishan et S. Zohrameena, auteurs d'un article intitulé "Momordica charantia : for traditional uses and pharmacological actions", (In : Journal of Drug Delivery & Therapeutics. 2016 ; 6(2) : pp. 40-44, traduction en français DeepL) :
Utilisation traditionnelle : Momordica charantia est utilisé depuis longtemps dans divers systèmes de médecine traditionnelle asiatique, où il est considéré comme utile pour prévenir et traiter diverses maladies.
Fruits : Momordica charantia est utilisé dans le traitement de l'asthme, des sensations de brûlure, de la constipation, des coliques, du diabète, de la toux, de la fièvre (paludisme), de la goutte, des helminthiases, de la lèpre, des inflammations, des maladies de la peau, des ulcères et des plaies. Il a également été démontré qu'il possède des propriétés hypoglycémiques (antidiabétiques) dans des études menées sur des animaux et des humains. Le jus des feuilles de Momordica charantia est utilisé pour traiter complètement les hémorroïdes. Momordica charantia est utilisé comme purificateur du sang en raison de ses propriétés toniques amères. Il peut guérir les furoncles et autres problèmes sanguins qui se manifestent sur la peau. Le jus de Momordica charantia est également bénéfique pour traiter et prévenir les lésions hépatiques.
Feuilles : Momordica charantia est utilisé dans le traitement des troubles menstruels, des sensations de brûlure, de la constipation, de la fièvre (paludisme), des coliques, des infections, des vers et des parasites, comme emménagogue, contre la rougeole, l'hépatite et les helminthiases. Dans la médecine traditionnelle guyanaise, le thé à base de feuilles est utilisé pour dimuner le diabète, pour expulser les gaz intestinaux, pour favoriser les menstruations et comme antiviral pour la rougeole, l'hépatite et les états fébriles. Les feuilles sont utilisées en application locale pour les plaies, les blessures, les infections et en usage interne et externe pour les vers et les parasites.
Graines : Momordica charantia est utilisé dans le traitement des ulcères, des problèmes hépatiques et spléniques, du diabète, de l'hypercholestérolémie, des parasites intestinaux et des gaz intestinaux, pour soigner les blessures et les maux d'estomac, etc.
Racines : Momordica charantia est utilisé dans le traitement de la syphilis, des rhumatismes, des ulcères, des furoncles, des gonflements septiques, de l'ophtalmie et du prolapsus vaginal. Le jus de Momordica charantia aide à réduire le problème de pyorrhée (saignement des gencives). Les gélules et teintures de Momordica charantia sont largement disponibles aux États-Unis pour le traitement du diabète, du rhume, de la grippe, des virus, des tumeurs, du cancer, de l'hypercholestérolémie et du psoriasis.
Usages ethnomédicaux : En Inde, Momordica charantia est utilisé par les populations tribales pour provoquer des avortements, contrôler les naissances, augmenter la production de lait, traiter les pertes vaginales, les troubles menstruels, la constipation, l'hyperglycémie, le diabète, la jaunisse, les calculs, les problèmes rénaux, hépatiques, la fièvre (paludisme), l'eczéma, la goutte, la perte de graisse, les hémorroïdes, l'hydrophobie, les parasites intestinaux, la peau, la pneumonie, la lèpre, le psoriasis, les rhumatismes, la gale, les morsures de serpent. Il est considéré comme anthelminthique et purgatif.
[...]
Conclusion : Momordica charantia est une plante de la famille des Cucurbitaceae connue sous les noms de melon amer, karela et pare. Momordica charantia a fourni de nombreux remèdes pour traiter différentes maladies depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours. Elle a été utilisée dans diverses médecines traditionnelles asiatiques pour le traitement du choléra, de l'anémie, des ulcères, de la diarrhée, des maladies du sang, de la bronchite, de la goutte, de la dysenterie, des vers, de la gonorrhée, des rhumatismes, des coliques, des maladies du foie et de la rate, du cancer et du diabète, etc.
*
*
Manuela Mekoudjou, autrice d'un mémoire de fin d’études intitulé Détermination du profil en acides gras de l'huile des graines de Momordica charantia par chromatographie UPC² (Université catholique de Louvain, 2018) confirme les usages traditionnels concernant les vertus thérapeutiques du concombre amer :
4- Origine et usages : L’Asie, l’Afrique, les Caraïbes et l’Amérique du Sud sont des régions du globe où on retrouve fréquemment la margose. Elle y est utilisée pour l’alimentation ou la pharmacopée traditionnelle. La plante qui est originaire des tropiques a été domestiquée en Inde et dans le sud de la Chine. Aujourd’hui, elle est retrouvée dans toutes les régions tropicales et subtropicales du globe. Des variétés originaires d’Asie sont cultivées en Amérique tropicale et dans le sud des Etats-Unis. La plante est parfois cultivée en Afrique de l’Est par des asiatiques, qui utilisent des variétés qui viennent d’Asie (www.prota4u.org).
[...]
Dans les pays où pousse cette plante, les traditions médicinales lui attribuent de nombreuses vertus. Les feuilles écrasées sont utilisées contre les dermatoses et les brûlures. Leurs décoctions sont utilisées comme antibactérien, anti-diarrhéique, pour lutter contre les troubles gastrointestinaux, ainsi que pour traiter les problèmes menstruels et cardiaques (Armougom, 1998).
Les fruits peuvent servir de purgatif et de vermifuge. Toutefois, ce qui a le plus retenu l’attention des chercheurs est leur utilisation traditionnelle pour contribuer à réguler les taux de glucose sanguin chez les personnes diabétiques. Les racines aident à lutter contre la syphilis, les rhumatismes, mais provoquent également des avortements (Gupta et al., 2011). En ce qui concerne les graines, elles sont utilisées comme anti-inflammatoire, anti-helminthique et antidiabétique. Dans le passé, toutes les parties de la plante ont été utilisées à des fins médicinales, mais il semblerait que ce soient le fruit et les graines qui renferment les plus importantes quantités de substances actives.
Gupta et al. (2011) ont sommairement résumé les activités pharmacologiques de Momordica charantia comme suit :
Activité antioxydante assurée par des extraits de graines ;
Activité antidiabétique ;
Activité anticancéreuse et antitumorale, par exemple dans des cas de leucémie, du cancer de la prostate, du sein, du foie… etc. ;
Activité antimicrobienne (large spectre d’action in vitro d’un extrait de feuilles dans de l’eau et de l’éthanol contre plusieurs bactéries) ;
Activité anti fertilité démontrée in vivo sur des animaux femelles, en utilisant des fruits et des feuilles ;
Activité antivirale démontrée in vivo et in vitro ;
Activité anti-helminthique, notamment contre Ascaridia galii, en consommant un extrait du jus de fruit dans de l’éthanol ou alors contre Haemonchus contorcus en consommant un extrait de graines concentré ;
Activité anti-malariale assurée en consommant une infusion de feuilles ;
Activité antinéoplasique grâce aux extraits aqueux du fruit
Activité anti-ulcère et immunomodulatrice grâce à la poudre de fruits séchés.
De nombreux composés biochimiques de la plante sont responsables des activités pharmacologiques citées ci-dessus. Nous pouvons par exemple citer la charantine, la momordicine, la momordine, les momordicosides G, F1, F2, I, K, L, les momorcharines, le momordenol, la momordiciline, le momordolol, les acides éléostéariques, la cucurbitine, la cucurbitacine, la cucurbitane… etc (Anilakumar et al., 2015 ; Desai and Tatke, 2015).
Marc-Alexandre Tareau et Guillaume Odonne, auteurs d'un article intitulé "Médecines créoles guyanaise et haïtienne face au Covid-19. Adaptation des phytothérapies et rejet de la vaccination." (In : Revue d’ethnoécologie, 2023, no 24) essaient d'analyser l'usage du momordique amère lors de la pandémie du Covid-19 :
Depuis plusieurs décennies maintenant, les études d’anthropologie au sujet des médecines créoles ont essayé de rendre plus intelligible l’intrication des maladies (et la prise en charge thérapeutique qui en découle) dans ces systèmes de pensée (Benoist 1996, Bougerol 1978, Grenand et al. 2004, Peeters 1979, Vilayleck 2002), restituant leur dignité à des perceptions émiques et à des pratiques médicinales issues de systèmes classificatoires largement différents des catégories biomédicales conventionnelles (Staub et al. 2015). Ainsi, la question de l’adaptation de systèmes médicinaux locaux à une pathologie émergente comme l’est le Covid-19 peut s’avérer particulièrement éclairante pour comprendre les aspects dynamiques et innovants de ces systèmes sujets à des mutations constantes (Ladio & Albuquerque 2014, Tareau et al. 2021). La littérature en ethnobiologie a d’ailleurs clairement révélé que les populations du monde entier se sont majoritairement tournées vers les phytothérapies et les remèdes locaux comme première solution contre le Covid-19 (Pieroni et al. 2020, Vandebroek et al. 2020).
En Guyane française, société caractérisée par une importante diversité culturelle, formée de communautés amérindiennes, noires-maronnes, créoles et migrantes plus récentes (Piantoni 2011), et où existent des pratiques de phytothérapies très diversifiées et dynamiques (Tareauet al.2020), peu de données sont pourtant disponibles à ce sujet. Dans ce département d’outre-mer, le groupe culturel des « Créoles guyanais » est un groupe cosmopolite issu d’un « syncrétisme originel » entre des apports culturels européens, africains et amérindiens (Whittaker 2002) qui lui a donné naissance durant la période coloniale. Entre lexviieet lexixesiècle, l’administration coloniale, les plantations esclavagistes et les missions religieuses intègrent en effet peu à peu, dans l’objectif de les « assimiler », des peuples autochtones et des marrons que le projet colonial rejette pourtant en tant que membres à part entière de la société guyanaise (Mam Lam Fouck & Anakesa 2013). Le monde créole n’a cessé d’« absorber » ensuite d’autres populations migrantes, en particulier celles en provenance des Petites Antilles dont la venue avait pour moteur principal l’exploitation aurifère (Stroebel 1999). Aujourd’hui, les Créoles guyanais constituent, d’un point de vue politique et socio-économique, un groupe dominant dans la société guyanaise, fortement présent dans les sphères politique et économique (Hidair 2008). Au contraire, les migrants originaires d’Haïti dont l’importance numérique n’a cessé de croitre ces dernières années en Guyane1, sont pour leur part largement confrontés à des problèmes d’intégration importants (Calmont 2021, Laëthier 2011), à des conditions de vie souvent précaires (Auburtin 2006), ainsi qu’à des difficultés d’accès aux soins récurrents (Carde 2016).
[...]
Le Covid-19, une « maladie à fièvre » : L’une des premières observations qui se dégage de l’enquête est que dans les nosologies créoles le Covid-19 semble s’inscrire dans la macro-catégorie des « maladies à fièvre ». En effet, sur la base d’une analogie symptomatologique, avec comme symptôme majeur la fièvre, cette maladie a rapidement été assimilée dans ces systèmes de représentations médicales à d’autres pathologies provoquant de fortes fièvres telles que le paludisme, la dengue, le zika ou encore le chikungunya, regroupées dans la même catégorie de lafyèv (krg/krh) qui, dans les représentations médicales populaires, est considérée comme une maladie à part entière, bien plus que comme un simple symptôme. Ainsi, tant dans la conception ethnomédicinale créole guyanaise qu'haïtienne, le Covid-19 ne semble pas être perçu comme une entité absolument nouvelle et les personnes interrogées ne semblent pas très inquiets au sujet d’une maladie qui leur paraît déjà appréhendée, du moins du point de vue des symptômes
[...]
Concernant les remèdes domestiques employés contre le Covid-19 – comprenant des plantes cultivées, cueillies ou achetées par les usagers eux-mêmes – 62 espèces ont été citées comme ayant été consommées [...].
Des préférences communautaires peuvent néanmoins être dégagées. En effet, chez les Créoles guyanais, Quassia amara (krg : kwachi) est de loin l’espèce qui revient le plus fréquemment, tandis que chez les Créoles haïtiens c’est l’espèce Momordica charantia (krh : asosi ; krg : sorosi) qui est la plus couramment citée.
[...]
L’omniprésence des plantes et préparations amères : En réponse à l’inscription du Covid-19 dans la catégorie nosologique des maladies à fièvre, les plantes et les arrangements amers sont largement mobilisés dans la lutte – préventive ou curative – domestique contre le Covid-19. En effet, la fièvre est considérée dans les schèmes de représentations médicaux de ces deux ethnomédecines créoles (Grenand et al. 2004, Tareau et al. 2021) comme le résultat d’un « sang sale » (krg : disan sal ; potentiellement souillé par un virus, par exemple) que seule l’absorption de plantes amères peut permettre de « nettoyer » (Tareau 2019, Vilayleck 2002).
[...]
Par ailleurs, l’autre caractéristique importante de ces plantes amères, et qui explique également l’importance de leur utilisation, c’est que non seulement elles sont considérées comme curatives (donc elles ont été employées par les personnes qui ont été atteintes par la maladie) mais elles sont également perçues comme préventives, ce qui pousse de nombreuses personnes à les consommer de façon prophylactique.
[...]
les Créoles haïtiens, eux, emploient surtout l’espèce subspontanée Momordica charantia (krh : asosi, yesken) qui constitue par ailleurs un véritable marqueur identitaire au sein de la communauté diasporique haïtienne (Tareau et al. 2022, 2021). En outre, il est intéressant de noter également qu’au contraire de ce qui est observé chez les usagers haïtiens cette espèce n’est quasiment jamais consommée par voie interne chez les Créoles guyanais qui l’utilisent exclusivement en usage externe sous la forme de bain végétaux (Grenand et al. 2004).
[...]
Cet attrait pour l’amertume s’inscrit dans une perspective dualiste ou le « chaud » s’oppose au « froid »4, liée à la nature humorale des médecines créoles (Moretti 1991, Peeters 1982, Tareau 2019) : l’amer est froid, contrairement au salé ou au piquant qui sont chaud, et le remède doit être de nature opposé à la nature perçue de la maladie. Ici, la fièvre (symptôme chaud par excellence) semble l’emporter sur les symptômes respiratoires qui peuvent être ambigus dans leur acception humorale.
*
*
Usages traditionnels :
Manuela Mekoudjou, autrice d'un mémoire de fin d’études intitulé Détermination du profil en acides gras de l'huile des graines de Momordica charantia par chromatographie UPC² (Université catholique de Louvain, 2018) propose un état des lieux des vertus nutritionnelles de la margose :
4- Origine et usages : [...] Les fruits immatures sont considérés comme un légume commercialement important, très prisé pour sa saveur amère. Cette saveur amère peut être atténuée par plusieurs procédés culinaires dont le blanchiment ou le trempage. Le fruit est alors consommé en salade.
En Asie, les feuilles sont très appréciées en tant que légume.
[...]
5- Valeurs nutritionnelles : Une étude publiée en 2017 par l’USDA (United States Department of Agriculture) a déterminé les valeurs nutritionnelles pour 100 g de fruit du melon amer (Tableau 1).

Une analyse des feuilles récoltées au Cameroun (Tchiégang and Aissatou, 2004) a donné la composition résumée dans le Tableau 2 :

Les graines, sont surtout prisées pour leur huile riche en acides gras polyinsaturés. Leurs valeurs nutritionnelles en fonction de la matière sèche sont données dans le Tableau 3. La variété analysée était Goj karela, cultivée au Bangladesh, caractérisée par un fruit long, vert, recouvert de sortes d’épines triangulaires et au goût amer. Les graines ont été prélevées de fruits matures.

*
*
Symbolisme :
Madame Goyet, autrice d'un ouvrage intitulé Le bouquet du sentiment, ou, Allégorie des plantes et des couleurs. (Chez F.B. Goyet, 1816) présente ainsi le message de la momordique piquante :
"MOMORDIQUE piquante. - Colère, emportement.
Les fruits de la momordique piquante renferment une humeur visqueuse, qu'ils lancent avec leur semence lorsqu'ils sont mûrs, et qu'en les touchant ils se sont détachés de leur pédoncule, ce qui la fait cultiver par curiosité. Cette plante se trouve dans les parties méridionales de la France, et fleurit en juin et juillet."
Louise Cortambert et Louis-Aimé. Martin, auteurs de Le langage des fleurs. (Société belge de librairie, 1842) évoquent rapidement le symbolisme de la momordique :
"MOMORDIQUE PIQUANTE - CRITIQUE.
Son nom dérive du latin mordeo, je mords."
Dans Les Fleurs naturelles : traité sur l'art de composer les couronnes, les parures, les bouquets, etc., de tous genres pour bals et soirées suivi du langage des fleurs (Auto-édition, Paris, 1847) Jules Lachaume établit les correspondances entre les fleurs et les sentiments humains :
"Momordique piquante - Critique et Mystification.
Cette plante vient du latin mordio, je mords; elle a des épines qui représentent la critique, et des graines qui sont lancées sur la personne qui presse leur enveloppe."
*
*
*
*








