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  • Anne

Le Kaori



à 46'03, on retrouve le Kaori, l'arbre millénaire qui symbolise la hiérarchie.



Autres noms : Agathis ; Kauri ;




Botanique :


Jean-Tenahe Faatau, dans un article intitulé "Biodiversité : Le Kaori, arbre menacé de Nouvelle-Calédonie l’honneur aux floralies de Nantes" (publié le 2 mai 2019 sur le site outremers 360°) alerte sur la situation de l'Agathis montana :


Le kaori du mont Panié (Dayu Biik en langue Kanak Némi) est un arbre conifère qui peut vivre plus de 1 000 ans et qui revêt une importance culturelle majeure en Nouvelle-Calédonie. Endémique des plus hautes altitudes du massif du Panié, son aire de répartition mondiale est restreinte à une forêt de nuage qui s’étend sur moins de 5000 hectares ; c’est une espèce socle structurant l’ensemble de l’écosystème. Cet arbre remarquable est menacé par le changement climatique et l’érosion des sols due à l’activité fouisseuse des cochons envahissants. Plusieurs partenariats techniques et scientifiques, dont Conservation International, soutiennent par ailleurs Dayu Biik dans ce programme de conservation.

 

Sur le site Futura sciences, Céline Deluzarches signe un article intitulé "Cet arbre en apparence mort vampirise les ressources de ses voisins" (publié le 29 juillet 2019) :


Une souche de kaori apparemment morte parvient pourtant à produire du tissu calleux en suçant la sève, durant la nuit, des arbres vivant alentour. Cette étrange symbiose racinaire pourrait amener à reconsidérer notre définition même de l’arbre.

C'est un arbre mort au milieu d'une forêt en Nouvelle-Zélande. Il n'a plus de branches, plus de feuilles, et ne produit plus aucune photosynthèse. Cette souche de kaori (Agathis australis), un conifère géant pouvant mesurer jusqu'à 60 mètres de haut, continue cependant à avoir une activité en « vampirisant » les ressources de ses voisins grâce à ses racines.

Une souche vampire qui suce la sève des arbres durant la nuit : Cette souche zombie a attiré l'attention de deux chercheurs de l'université d'Auckland, qui ont constaté qu'elle continuait à suinter de la résine et présentait une excroissance de tissu calleux, laissant entendre que l'arbre n'était pas si mort que ça. Ils ont alors équipé la souche de capteurs pour mesurer le flux d'eau circulant dans le tronc, et ont découvert une drôle d'activité souterraine : durant la journée, lorsque les arbres alentour transpirent, la souche est totalement inerte. Mais la nuit venue, ou lors de jours très pluvieux, elle se réveille et la sève circule dans ses vaisseaux.

N'ayant plus d'activité photosynthétique, la souche est normalement incapable de produire du carbone par elle-même. Mais elle a trouvé une astuce : greffer ses racines sur celles de ses voisins afin de pomper l'eau et les nutriments que ces derniers absorbent durant la journée. Ce genre de greffe est possible lorsque l'arbre détecte des racines biocompatibles à proximité, expliquent les chercheurs. Dans ce cas, ils estiment que la greffe est survenue avant la mort de l'arbre, mais ce n'est pas certain.


Un réseau racinaire symbiotique : De précédents cas d'interactions entre arbres vivants avaient déjà été rapportés. Mais c'est la première fois que l'on découvre un tel arbre « vampire ». Ce phénomène ressemble malgré tout à une véritable symbiose, ou des organismes différents s'associent au profit de chacun. Pour l'arbre mort, l'avantage est évident : il continue à bénéficier des ressources de ses voisins sans être capable de les fabriquer lui-même. Mais les arbres vivants pourraient eux tirer quelques avantages d'un tel réseau racinaire. En partageant les ressources à plusieurs, ils ont accès à plus d'eau et de nutriments. D'autre part, une plus grande surface des racines permet d'augmenter la stabilité du sol, ce qui freine l'érosion. À l'inverse, ce partage pourrait faciliter la propagation des pathogènes comme le Phytophthora agathidicida, un champignon tellurique qui ravage les kaoris.


Souche de Kaori
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La forêt est-elle un unique superorganisme ? « Avec une unique observation de ce type, il est difficile de tirer des conclusions générales », admettent les chercheurs dans leur étude publiée le 25 juillet dans le journal iScience. « Mais si le partage entre les arbres est un phénomène commun, nous aurons à redéfinir la notion même de ce qu'est un arbre, avancent-ils. La forêt pourrait ainsi être considérée comme un "superorganisme" qui redistribue les ressources entre des individus génétiquement différents. »

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Vertus médicinales :


Selon R. Virot, auteur d'un article intitulé "XII. Les plantes indigènes utiles de la Nouvelle-Calédonie". (In : Journal d'agriculture traditionnelle et de botanique appliquée, 1951, vol. 31, no 339, pp. 120-131) :


Agathis spec, plurib. (Pinacées-Araucariées) Kaoris. . — La résine fraîche des trois espèces endémiques (Agathis moorei Masters, Agathis lanceolata Warb. et Agathis ouata Warb.) est utilisée pour la confection d'emplâtres cicatrisants.




Usages traditionnels :


Jean-Marie Tremblay et Charles Macdonald, auteurs d'Une société simple. Parenté et Résidence chez les Palawan (Philippines). (Paris: Institut d'ethnologie, Musée de l'Homme, 1977, 285 pp.) rendent compte de l'importance de la résine issue d'un Amalthis :


La culture matérielle des Palawan de la montagne se résume donc à un ensemble restreint de techniques simples. Le transfert des biens matériels de son côté ne donne pas lieu à de nombreux échanges collectifs, seuls le mariage et une cérémonie comme le tambiläw (cf. Ch. II et III) offrent l’occasion de prestations collectives. Les autres échanges sont individuels et prennent la forme du prêt et du troc.

L’économie marchande et l’économie monétaire ont fortement touché l’économie palawan. Cela se voit à l’influx de biens manufacturés et de billets de banque mais aussi à des signes plus profonds : l’inflation de la prestation matrimoniale par exemple (cf. Ch. II). fl existe d’autre part une institution traditionnelle qui mettait l’économie palawan en contact avec l’extérieur : le tabuq ou marché local. À cet endroit et à intervalles réguliers, principalement au moment de la récolte de riz dans les champs de montagne, les marchands musulmans (Jama Mapun notamment, cf. Casino, E., 1967 et 1971) venaient vendre ou troquer des marchandises contre du riz. Cette institution existe encore mais la vente et l’achat ont remplacé le troc. Toutefois on peut encore parler d’une complémentarité entre la plaine et la montagne dans la mesure où les Palawan dépendent pour leur approvisionnement en métaux, grès, porcelaines ou tissus, du marché extérieur.

Or, s’ils peuvent acquérir ces biens, c’est grâce, non plus seulement au riz, à la cire ou à d’autres produits de la forêt traditionnellement demandés, mais à la résine d’almacega. Cet arbre (Agathis philippinensis Warb. ; bäktik en palawan) donne en effet une résine qui a de nombreux usages industriels, en particulier des laques et ce qu’on appelle le « copal de Manille ». Les Palawan se chargent de la récolte et du transport de la résine ainsi que de l’entretien de ces arbres. Amenée aux points de transit la résine est achetée au kilo par ceux qui détiennent une licence ou patente pour ce commerce et qui également possèdent des droits exclusifs, loués par le gouvernement, sur une certaine étendue de [28] forêt. Par ce moyen le transport et la vente d’almacega procurent un bénéfice monétaire aux Palawan, bénéfice cependant injustement limité par le système qui vient d’être décrit et qui n’est qu’un autre aspect de la spoliation dont sont victimes les Palawan lorsque des entrepreneurs s’arrogent des droits sur un territoire que ceux-là occupent depuis toujours.

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Symbolisme :


Liz Marvin, autrice de Grand Sage comme un Arbre (Michael O’Mara Books Ltd, 2019 ; First Éditions, 2021 pour la traduction française) transmet les messages qu’elle a pu capter en se reconnectant aux arbres :

Apprends l’indépendance : le Kaori

Savoir qu’on possède la force intérieure nécessaire pour affronter tout ce qui peut arriver est important pour la confiance en soi. Le majestueux Kaori, natif de Nouvelle-Zélande, a tout compris. Il peut vivre 1 000 ans, tout seul ou au sein d’une forêt. Il est indépendant et détient d’impressionnants pouvoirs d’autosuffisance. Et heureusement, car avec son tour de taille imposant, il faudrait sept personnes se tenant par la main pour lui faire un câlin.

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Mythologie :


Le site Kaoridesign rapporte une légende mythologique relative au Kaori :


Tane Mahuta : Veut dire « le Seigneur de la forêt » en maori. Il s’agit du plus grand kauri au monde.

  • Taille totale : 51, 2 m

  • Hauteur du tronc : 17, 68 m

  • Circonférence du tronc : 13, 77 m

  • Volume du tronc : 244, 5 m³

  • Âge : plus de 1 200 ans

Les arbres kauris les plus anciens font figure de divinité et sont sacrés pour les tribus maories. Ainsi, Tāne Mahuta, le seigneur de la forêt serait l’enfant de Papatuanuku, la Mère Terre, et de Ranginui, le Père Ciel. L’amour entre ces deux entités était si fort que l’univers étouffait dans leur étreinte. C’est donc Tane Mahuta, le fruit de leur passion, qui sépara la terre du ciel afin de faire jaillir la lumière et donc la vie. Cette légende est celle de la création pour les maoris.

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Claire Bisson, autrice d'un article intitulé "À la rencontre des kauris, les géants de la forêt de Waipoua" (publié le 13 mars 2018 sur le site du petitjournal.com) donne d'autres détails sur ce mythe :


Dans la mythologie Maori les arbres sont à l’origine de la création du monde. Tane Mahuta, le dieu de la forêt a séparé ses parents, Ranguinui (le père-ciel) et Papatuanuku (la mère-ciel) pour laisser jaillir la lumière et faire naître le monde. Les habitants de la forêt sont pour les maoris, les enfants de Tane Mahuta, le dieu de la forêt. La nature a donc une importance cruciale pour les maoris qui lui portent un profond respect.


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