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  • Anne

L'Araucaria




Étymologie :

  • ARAUCARIA, subst. masc.

ÉTYMOL. ET HIST. − 1823 (Boiste : Araucaire. Pain [sic] du Chili) ; 1859 (Bouillet : Araucaria). Dér. de Arauco (province du Chili) ; 1 suff. -aire* ; 2 suff. lat. sc.-aria.


Lire également la définition du nom araucaria pour amorcer la réflexion symbolique.

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Histoires d'arbres :


Un épisode de la magistrale série d'Arte est consacré à un vénérable araucaria du Chili.




Symbolisme :


Selon le site du Jardin des Oules :


"Ce conifère au nom d’araucaria est originaire de la Cordillère des Andes ; son surnom “désespoir des singes” s’explique par ses feuilles en écailles acérées et son tronc ridé, résineux, rugueux qui empêchent son escalade par les singes. Espèce protégée.

Arbre national du Chili, il est arbre de vie, nourricier (ses pignons se mangent grillés) et symbole de la liberté d’un peuple, de la résistance à l’oppression comme l’a chanté le poète Pablo Neruda dans son Ode à l’araucaria."

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Littérature :


Ode à l'Araucaria

Tout l'hiver, toute la bataille,

tous les nids du fer mouillé,

dans ta fermeté traversée d'air,

dans ta ville sylvestre s’élèvent.

La prison reniée des pierres,

les fils submergés de l'épine,

font de ta chevelure barbelée

un pavillon d'ombres minérales.

Pleur hérissé, éternité de l'eau,

montagne d' écailles, foudre de fers,

ta maison tourmentée se construit

avec des pétales de pure géologie.

Le haut hiver embrasse ton armure

et te couvre de lèvres détruites :

le printemps de violent arôme brise

sa soif dans ton implacable statue :

et le grave automne attend inutilement

de verser de l'or dans ta stature verte.

Pablo Neruda, "Ode à l'araucaria" in , traduction : Manu Riska

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Yves Paccalet, dans son magnifique "Journal de nature" intitulé L'Odeur du soleil dans l'herbe (Éditions Robert Laffont S. A., 1992) évoque cet arbre étonnant :

20 décembre

(Bruxelles)


Un araucaria dans un jardin... Ses ancêtres vivaient de l'autre côté de la Terre. L'espèce nous arrive des antipodes de la logique. Elle ressemble à un conifère normal, mais avec ce décalage, ce décentrement d'où procède le fantastique. On dirait un épicéa aux rameaux reptiliens, dont les écailles auraient été peintes en vert sombre par un fou.

Ma rêverie se structure. Les maisons de Woluwé-Saint-Pierre se muent en falaises de granite noir sur le canal Messier. Je suis le dernier des Qawashqar. Sur mon canot d'écorces, je sillonne le labyrinthe de chenaux de brume de l'archipel Magellanique. Je salue le lion de mer et la baleine franche noire. Les albatros crient mon requiem dans le vent. Les pétrels géants viennent, depuis l'Antarctique, poser dans le ciel gris la croix grise de leurs ailes.

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