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  • Anne

Le Carvi




Étymologie :

  • CARVI, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1256 caroi (Aldebrandin de Sienne, Le Régime du corps, éd. L. Landouzy et R. Pépin, Paris, 1911, 52, 5 : polipode, racine de fenoul et de persin, aloisne, anisi, caroi, dauci ; ibid., 185, 2 caroi, var. careuin), attest. isolées ; 1360 carvi (L.-C. Douet d'Arcq, Comptes de l'argenterie des rois de France, Paris, 1851, p. 232 : Carvi, 3 livres, 12 d.). Empr. au lat. médiév. carvi « id. » (ca 1080, Constantin l'Africain ds Mittellat. W. s.v., 314, 63) qui est soit formé sur le b. lat. carvita « id. », soit empr. à l'ar. karāwiyā « id. » (Lok., n°1087 ; FEW t. 19, pp. 87-89) lui-même empr. par l'intermédiaire du syriaque au gr. καρον, καρω ́ (FEW, loc. cit.).


Lire également la définition du nom carvi pour amorcer l'interprétation symbolique.


Autres noms : Carum carvi ; Anis des Prés ; Anis des Vosges ; Charavi ; Corvi ; Cumin des montagnes ; Cumin des prés ; Faux anis ; Këmi ; Stéri.

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Botanique :


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Usages traditionnels :


Alfred Chabert, auteur de Plantes médicinales et plantes comestibles de Savoie (1897, Réédition Curandera, 1986) recense les différentes plantes alpines dignes d'intérêt :


Je ne saurais trop recommander le potage délicat et savoureux fait avec des feuilles du stéri, Carum carvi, cueillies avant la pousse des tiges.

[...]

Quelques racines pivotantes, certains rhizomes étaient extraits autrefois par eux [les anciens], la première ou la deuxième année de l'existence de la plante avant la fleuraison : le Carum carvi, [...] Leur âcreté plus ou moins forte suivant les localités diminue ou disparaît par la cuisson. Dans certaines parties de la Savoie, on prend ces dernières ombellifères pour la cigüe et on les croit vénéneuses. Cette opinion est fondée, à mon avis, sur la confusion qui a pu être faite, à l'état jeune, entre certaines d'entre elles et le Choerophyllum temulum qui possède, m'a-t-on assuré, des propriétés enivrantes et même toxiques.

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Symbolisme :


Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), le Carvi (Carum carvi) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Masculin

Planète : Mercure

Élément : Air

Pouvoirs : Protection (surtout contre les femmes) ; Puissance virile ; Créativité ; Stimulation mentale.


Utilisation magique : Autant le basilic est l'herbe des femmes, autant le Carvi est une plante d'hommes. Il est rare de trouver une tradition populaire qui ne l'associe pas au combat que mène un brave garçon, simple et droit, pour échapper aux charmes sulfureux d'une Messaline des campagnes qui le trouve à son goût. Dans l'île de Rügen, sur la Baltique, il y avait un bois sacré dédié à Hertha, déesse de la terre et des moissons. Celle-ci y vivait avec ses courtisanes et ses servantes, et n'en sortait qu'à certains jours déterminés, dans un char tiré par huit génisses blanches. Si l'homme qui voyait passer ce cortège avait sur lui des grains de Carvi, il ne lui arrivait rien. Sinon il disparaissait, enlevé par les femmes, et nul ne le revoyait jamais.

Les orgies de femmes ont toujours excité l'imagination, et l'on notera .qu'elles ont généralement lieu dans une tour. Les Allemands ont leur Marguerite de Bourgogne. Elle s'appelle la margrafine Wohlgemuth. Ses suivantes surveillaient les auberges, à l'affût d'un beau seigneur de passage. A l'aube, l'amant d'une nuit était précipité dans le lac du haut de la tour, une lourde chaîne enroulée autour des jambes. Jusqu'au soir où, pour son malheur, la margrafine introduisit dans son château maudit lé Karbenesser, le Mangeur de Carvi.

Quand l'homme est bien marié, au contraire, la plante entretient la fidélité conjugale. Non seulement l'heureux mari saupoudre généreusement ses aliments de graines, mais il en offre à sa compagne qui doit alors être prise de fou rire et faire semblant de refuser.

Dans la province d'Overijssel, aux Pays-Bas, un pied de Carvi dans le jardin jouait le rôle de cerbère : si la femme était allée retrouver un amant, la plante perdait d'un seul coup toutes ses ombelles fleuries, et ses tiges raidies pointaient ensemble, d'un seul élan, dans la direction du lieu où s'étaient déroulées les amours coupables.

On faisait manger beaucoup de Carvi aux écoliers qui se présentaient au certificat d'études : cela leur aiguisait la mémoire et ils passaient l'examen dans les meilleures conditions. Cette tradition se retrouve en Wallonie où l'on recommande aux artistes de manger ces graines pour trouver l'inspiration

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Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Cette plante, dite cumin de prés, qui produit des fruits aromatiques, sert souvent aux garçons ou aux hommes pour se protéger des femmes : "Il est rare de trouver une tradition populaire qui ne l'associe pas au combat que mène un brave garçon, simple et droit, pour échapper aux charmes sulfureux d'une Messaline des campagnes qui le trouve à son goût."

Dans un bois de l'île de Rügen, dans la mer Baltique, vivait la déesse de la Terre, Hertha. Parfois, elle sortait de l'enceinte sacrée, sur son char, entourée de ses courtisanes, et de ses servantes. On dit que celles-ci enlevaient pour toujours les hommes qu'elles rencontraient, sauf s'ils portaient des graines de carvi.

Au Pays-Bas, le cumin des prés veille aux bonnes mœurs de l'épouse. Si elle se rend à un rendez-vous galant, la plante en avertit l'infortuné époux en perdant ses ombelles fleuries et en se tournant dans la direction où la femme est partie.

Les graines de carvi mêlées aux aliments passent pour garantir la fidélité conjugale et fortifier la mémoire : "On faisait manger beaucoup de carvi aux écoliers qui se présentaient au certificat d'études." En Wallonie, ces graines favorisent l'inspiration des artistes.

La fumée que dégage du carvi brûlé "possède d'étranges propriétés magiques".

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