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La Spinelle




Étymologie :


  • SPINELLE, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1533 (doc. 23 juin ds Nouv. Arch. de l'art fr., 1888, p. 23). Empr. à l'ital. spinello « aluminate de magnésium utilisé en joaillerie » (dep. le xive s. d'apr. DEI), att. aussi dep. le xvie s. (B. Cellini ds Tomm.-Bell.) sous la forme fém. spinella.


Lire également la définition du nom spinelle afin d'amorcer la réflexion symbolique.




Gemmologie :


Selon Marie-Laure Cassius-Duranton, autrice de « La nomenclature des gemmes entre science et histoire, de Marbode de Rennes (vers 1080) à Pouget fils (1762) : le cas exemplaire du rubis », (In : Technè, 54 | 2022, pp. 70-81) :


Les grands rubis historiques ne sont pas des « rubis » d’un point de vue gemmologique. La littérature gemmologique récente présente celui qui est serti sur la couronne de saint Venceslas1 comme le plus gros rubis de qualité gemme. Cette couronne appartient aux Regalia des rois de Bohême conservés dans la chambre du Trésor de la cathédrale Saint-Guy, Saint-Venceslas et Saint-Adalbert de Prague. Son existence est mentionnée pour la première fois dans la bulle du pape Clément VI en 1346. Elle est utilisée en 1347 lors du couronnement comme roi de Bohême de l’empereur romain germanique Charles IV. C’est lui qui aurait commandité cette couronne et en aurait réuni la collection de gemmes extraordinaires, pour la plupart des réemplois romains ou byzantins, dont certaines d’une dimension exceptionnelle. La partie frontale de l’objet est dominée par les gemmes rouges qui sont toutes des spinelles à l’exception de la plus grande, supposée être un rubis, dont la masse est estimée à 250 carats. En 1998, lors des célébrations du 80e anniversaire de la fondation de la République tchèque, le président Vaclav Havel a invité plusieurs équipes de gemmologues et de minéralogistes européens à étudier les Regalia. L’un d’entre eux, Jaroslav Hyrsl, menant l’analyse avec le matériel usuel de la gemmologie pratique, a démontré que le fameux rubis est en fait… une rubellite, la variété rouge de la tourmaline. D’autres exemples comme les célèbres « Rubis du Prince Noir » (170 carats) et « Rubis de Tamerlan » (361 carats), des joyaux de la Couronne britannique, sont en fait des spinelles rouges.

Une semblable découverte de la nature minéralogique des grands « rubis » historiques grâce à la gemmologie est essentielle pour écrire l’histoire des gemmes, mais ne suffit pas pour comprendre celle-ci. En effet, la minéralogie, et la gemmologie montrent que, si les gemmes sont des minéraux, tous les minéraux ne sont pas des gemmes. Celles-ci, dont la désignation est issue du latin gemma, supposent beauté, préciosité et ornement4. Pour être considéré comme tel, un minéral doit être à la fois beau et durable. Si la notion de beauté est relative et varie en fonction des époques et des cultures, celle de durabilité est mesurable et renvoie à la possibilité d’une portabilité5. La gemmologie est donc une science paradoxale qui se caractérise à certains égards par une dimension à la fois esthétique et culturelle. Retracer l’histoire des gemmes n’est ainsi pas chose aisée, car certains termes employés par les auteurs anciens, pour familier qu’on en soit, ne se rapportent pas nécessairement à une même réalité en fonction des époques.

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Dans les textes anciens, l’escarboucle est d’abord définie en termes d’éclat, de lumière. Elle est rouge par analogie avec le feu ; et dans les lapidaires, elle est considérée comme une gemme admirable grâce à sa capacité de générer sa propre lumière et d’éclairer dans la nuit. Les différentes catégories d’escarboucles sont ensuite distinguées notamment en fonction de leur origine, mais surtout de leur couleur, laquelle constitue, jusqu’à l’avènement de la minéralogie, le principal critère de classification des gemmes. Ainsi, des gemmes appartenant à la même espèce minérale ont été distinguées, comme le rubis et le saphir, alors que des gemmes de même couleur qui n’ont pourtant rien à voir d’un point de vue minéralogique se sont trouvées confondues. Comme le rouge est rare dans le monde minéral, il ne permet de repérer qu’un nombre limité d’espèces. En dehors du corindon, il y aura essentiellement le spinelle, ainsi que plusieurs espèces de grenats et de tourmalines, quelquefois la topaze et le zircon, exceptionnellement le diamant et le béryl. Certains rubis et spinelles rouges, quand ils sont très chromifères et contiennent peu de fer, peuvent être fluorescents et produire une couleur rouge d’émission s’ils sont exposés au rayonnement ultraviolet.

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Selon le Littré, ce terme vient du bas latin balascius et fait référence à une origine géographique, le Badakhchan, une région qui s’étend aujourd’hui au nord-est de l’Afghanistan et au sud-est du Tadjikistan, source de spinelles rouges connue au moins depuis le Moyen Âge. Marco Polo signalait déjà cette région comme source importante de gemmes de grand prix qui tenaient leur nom de la province même. Ce rubis balais se trouve dans les veines du saphir et naît dans les mêmes régions que l’escarboucle et le vrai rubis. Il s’en distingue par la couleur, plus claire. Le chapitre XXI [extrait de Boèce de Boodt, Gemmarum et lapidum historia, 1609] est dédié au rubis spinelle. « Ceste sorte de rubis rougist plus que le balais, neanmoins le spinelle n’a pas la splendeur du vray rubis. Peut estre que c’en est la femelle selon Pline. Il se trouve dans les mesmes lieux que les autres rubis. […] L’on establit quelques genres de spinelles. Car il y en a quelques-uns qui sont tellement parfaicts qu’ils peuvent estre comparés aux rubis. […] quelques-uns ont la couleur des rubasses. Quelqu’autres tirent sur la couleur de l’hyacinthe […]. »

[...]

Après avoir mentionné le fameux rubis de Rodolphe II de la taille d’un œuf de poule, ainsi que celui, mythique, du roi de Ceylan, il [Robert de Berquen, Merveilles des Indes orientales et occidentales] décrit les trois grands rubis des joyaux de la Couronne de France, représentés sur une planche gravée dans Les six voyages de Jean-Baptiste Tavernier en 1676 (fig. 5). Nous sommes en mesure d’identifier l’un d’entre eux : la « Côte de Bretagne ». Comme d’autres grands « rubis » historiques, il ne s’agit pas d’un rubis, mais d’un spinelle rouge ayant appartenu à Anne de Bretagne, d’où son nom, puis à sa fille Claude de France qui le légua à son époux François Ier. Cette gemme est à l’origine de la collection des joyaux de la Couronne de France, instituée par le roi dans une lettre patente du 15 juin 1530. Elle pesait originellement dans les 210 carats et devait son nom à sa forme irrégulière, comme on peut le voir sur la gravure du livre de Tavernier.

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Lithothérapie :


Judy Hall, dans La Bible des cristaux (volume 1, Guy Trédaniel Éditeur, 2011) nous donne les caractéristiques des différentes spinelles en fonction de leur couleur :


Couleur : Incolore - blanc - rouge - bleu - violet - noir - vert - jaune - orange - brun.

Aspect : Petit, cristallin avec des pointes ou cailloux roulés

Disponibilité : Facile à trouver

Source : Inde - Canada - Sri Lanka - Myanmar.


CARACTÉRISTIQUES. Beau cristal lié au renouvellement de l'énergie, au soutien lors des circonstances difficiles et au rajeunissement. Ouvre les chakras et facilite la montée de la kundalini le long de la colonne vertébrale. Les différentes couleurs du spinelle se rapportent à toute la gamme des chakras. Sur le plan psychologique, accroît les aspects positifs de la personnalité. Aide à achever la réussite et l'accepter avec modestie.


POSITION. À disposer sur les chakras ou à porter selon les besoins.


COULEURS SPÉCIFIQUES. En plus des caractéristiques génériques, les couleurs spécifiques ont des propriétés supplémentaires :

  • Le spinelle noir montre des aperçus des problèmes matériels et confère la vigueur nécessaire pour continuer. Couleur protectrice, ancre l'énergie pour équilibrer la montée de la kundalini.

  • Le spinelle bleu stimule la communication et le channeling. Apaise le désir sexuel, ouvre et aligne le chakra de la gorge.

  • Le spinelle brun purifie l'aura et établit des connexions avec le corps physique. Ouvre le chakra de la Terre et ancre l'individu.

  • Le spinelle incolore stimule le mysticisme et la communication supérieure. Liant les chakras du corps physique au chakra couronne du corps éthérique, facilite les visions et l'illumination.

  • Le spinelle vert stimule l'amour, la compassion et la gentillesse. Ouvre et aligne le chakra du cœur.

  • Le spinelle orange stimule la créativité et l'intuition, équilibre les émotions et traite la stérilité. Ouvre et aligne le chakra du nombril.

  • Le spinelle rouge stimule la vitalité et la force physiques. Éveille la kundalini, ouvre et aligne le chakra racine.

  • Le spinelle violet stimule le développement spirituel et le voyage astral. Ouvre et aligne le chakra couronne.

  • Le spinelle jaune stimule l'intellect et le pouvoir personnel. Ouvre et aligne le chakra du plexus solaire.

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Symbolisme :

 

Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont, 1995 et 2019), Éloïse Mozzani nous propose la notice suivante :


Pierre associée à Raziel, ange de la Proclamation qui révéla les mystères divins à Adam, le spinelle renforce la vitalité, incite à renouveler une tentative, redonne espoir et suscite l'aide d'autrui. On prétend encore qu'il « élève les pensées [et] purifie l'imagination ».

Rêver que vous possédez un spinelle rouge doit inciter à examiner soigneusement toutes les propositions qui vous seront faites au cours du mois. Qui, en songe toujours, échange un objet contre un spinelle bleu sera récompensé pour son honnêteté dans une entreprise et qui reçoit cette pierre devra s'adapter à une nouvelle situation.

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