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  • Anne

La Psathyrelle




Étymologie :


Issu du grec psathuros, qui signifie "friable".




Mycologie :


Guillaume Eyssartier et Leif Örstadius, auteurs d'un article intitulé "Psathyrella scanica, nouvelle description d’une espèce rare." (In : Bulletin de la Société mycologique de France, 2017, vol. 133, no 3-4, pp. 309-314) offrent le résultat de leur identification :

Psathyrella scanica-
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Vertus thérapeutiques :


Pierre Malzy, auteur d'un article intitulé "Quelques plantes du Nord Cameroun et leurs utilisations". (In : Journal d'agriculture tropicale et de botanique appliquée, vol. 1, n°5-6, Mai-juin 1954. pp. 148-179) a exploré les connaissances de trois ethnies du Cameroun :


La majorité des champignons médicinaux recensés sont aussi comestibles. Ainsi les populations Nagot surtout les Holli utilisent certaines espèces de champignons sauvages pour guérir des maladies. [...] Par ailleurs, l’espèce Psathyrella tuberculata est utilisée pour guérir une infection au niveau de la paume des pieds appelée localement « Itankpa », elle se manifeste par la perte douloureuse de l’épiderme au niveau de la paume des pieds.. Il est important de souligner que les Fon ne détiennent aucune connaissance des champignons sur le plan médicinal, seul les Nagot et les Holli mais c’est surtout les Holli qui sont les vrais détenteurs du savoir des champignons utilisés en médecine. Les valeurs d’usages calculées nous confirment que les champignons médicinaux sont plus connus et plus utilisés par les Holli comparé autres ethnies (Nagot, Fon).

[...]

Processus d’usage médicinal :

  • « Itankpa » : L’espèce Psathyrella tuberculata est celle utilisée pour guérir cette maladie. On met ladite espèce fraiche ensemble avec du Sodabi et les feuilles du « Kpokpo ». Le mélange ainsi obtenu sera bu par le malade chaque matin.

N.B. : en 2020, ce champignon change de nom Candolleomyces tuberculatus car on le classe désormais dans le genre Candolleomyces, mais il reste dans la famille des Psathyrellaceae.

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Intérêt culinaire :


Selon Jean Després, auteur de L'univers des champignons. (Les Presses de l'Université de Montréal, 2012) :


Le Djon-Djon : en Haïti, une psathyrelle, cueillie en bordure des chemins, fait partie d'un plat national à base de riz et sert d'épice à de nombreux autres plats (Paul et Akers, 2000). Il s'agit d'un petit champignon, proche de la Psathyrelle de De Candolle (Psathyrella candolleana) et qui porte le nom de Djon-Djon. C'est une exception, car en raison de leur petite taille, les psathyrelles ne présentent généralement aucun intérêt pour la table et peuvent en plus être confondues avec de nombreux champignons toxiques et hallucinogènes.

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Symbolisme :


Dans son article intitulé "Quelques plantes du Nord Cameroun et leurs utilisations". (In : Journal d'agriculture tropicale et de botanique appliquée, vol. 1, n°5-6, Mai-juin 1954. pp. 148-179) Pierre Malzy aborde également les aspects magiques relatifs à l'usage de ce champignon :


Utilisation des champignons sauvages sur le plan magico-religieux : Les populations Nagot surtout les Holli détiennent des connaissances concernant l’usage magico-religieux des champignons sauvages, ce qui n’est pas le cas chez les Fon. Ce qui a été vérifié en calculant les valeurs d’usages ethnobotaniques qui ont différé d’une ethnie à une autre. Toutes les espèces n’interviennent pas ici, il y a des espèces appropriées à l’usage magico-religieux. Ce sont des espèces comestibles comme médicinales. Il s’agit des espèces telles que : Collybia sp., Marasmius sp., « oludèrè » ; Psathyrella tuberculata.

[...]

Les espèces « oludèrè », Marasmius sp, Collybia sp. et Psathyrella tuberculata sont utilisées pour amener quelqu’un à aimer un autre contre son gré comme on l’a affirmé plus haut. Sur ce plan d’autres utilisent l’espèce « oludèrè » pendant que d’autres utilisent Marasmius sp. ou Collybia sp. ou Psathyrella tuberculata. Le processus consiste à associer une des espèces avec les grains de Aframomum melegueta « atayéré : » puis on brûle l’ensemble et on obtient de la cendre noire qu’on met dans du miel sur lequel on prononce le nom de la personne qu’on aimerait attirer puis on prend quelques gouttes de cuillerée. [...] Ce (...) processus permet d’amener quelqu’un à aimer un autre sans sa volonté. Notons que ces pratiques sont exécutées par les hommes afin d’attirer les femmes vers eux.

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