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La Fleur chauve-souris

Photo du rédacteur: Anne
Anne
il y a 20 heures
4 min de lecture


Étymologie :


  • FLEUR, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1. Ca 1100 bot. flor (Roland, éd. J. Bédier, 2871) ; 2. ca 1100 flur « élite, le meilleur de quelque chose » (ibid., 2431) ; 3. 1121-34 « fine farine » (Ph. Thaon, Bestiaire, 983 ds T.-L.) ; 4. xive s. a la fleur de l'iaue (Modus et Ratio, 80, 69, ibid.). Du lat. flos, floris « fleur ; partie la plus fine de quelque chose » au fig. « élite » ; le sens 4 peut-être p. réf. à l'idée de « partie la meilleure de quelque chose » d'où « partie supérieure » et « surface de quelque chose » ou bien d'apr. les emplois agric. fleur de vin « moisissures à la surface » et surtout fleur de lait « crème », la loc. paraissant s'être formée en Normandie (cf. affleurer).


  • CHAUVE-SOURIS, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1. xie s. (Gloses de Raschi, éd. A. Darmesteter, Paris, 1909, p. 28 : Kalve soriç) ; 1180 (M. de France, Fables, 23, 9 ds T.-L. : La chalve suriz) ; fin xiie s. (Audigier, 23, 9, ibid. : Chauves soriz) ; 2. 1831 p. anal. de forme, mar. (Will.). Orig. discutée. Prob. composé de chauve* et de souris* (REW3, n°8101 ; FEW t. 12, p. 114 ; cf. calves sorices viiie s., Klein-Labhardt, I, p. 196, 1640), bien que cette hyp. fasse difficulté du point de vue sém. ; le wallon chawe-sori (Grandg.) et cauwesoris (fin xiiie s. Sone ds Gdf. Compl.) est prob. formé à partir de cawa (chouette*) sōrice peut-être sur le modèle de chauve souris, les 2 types s'étant ultérieurement rencontrés, cf. chauve « choucas », Gloss. Abavus, éd. Roques, 5401 ; il est d'autre part peu probable que calves sorices soit dès le viiie s. une altération du type *cawa sorice (Dauzat ds Fr. mod., t. 19, 1951, pp. 23-24 ; v. aussi Séguy, ibid., t. 18, 1950, pp. 273-276).


Lire aussi la définition des noms fleur et chauve-souris pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Tacca chantrieri - Fleur du diable -

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Botanique :




Vertus thérapeutiques :


Selon Mamy Tiana Rajaonah, autrice d'un mémoire de M2 intitulé Inventaire eet caractérisation thnobotanique, biologique et écologique des espèces de Tacca (Dioscoreaceae) des régions du Menabe et de Sofia (Université d'Antananarivo, 2019) :


"Sur le plan thérapeutique, plusieurs espèces de Tacca ont une importante valeur médicinale au niveau mondial. C’est le cas de Tacca chantrieri (André) qui a des propriétés anti-inflammatoires (Keardrit et al., 2010) et anti-cancéreuses (Jiang, 2014). Dans le domaine ethnobotanique, l’utilisation des espèces de Tacca est encore méconnue car les tubercules qu’elles possèdent sont qualifiés comme des tubercules oubliés par les populations.

[...]

 Il est aussi utilisé par les Chinois pour traiter l’hypertension, l’entérite et l’hépatite (Tiamjan et al., 2007). Il en est de même au nord de Nigeria où les villageois utilisent les tubercules de Tacca pour traiter la diarrhée et les maux d’estomac (Borokini et al., 2014).

[...]

En Inde Tacca chantrieri est utilisé comme une espèce ornementale (Baruah et al., 2015) par contre ce type d’utilisation ne se rencontre pas dans nos zones d’étude."

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Symbolisme :


Liz Marvin, autrice de Les Sagesses des Fleurs - Petites leçons de vie inspirées du monde végétal (LOM ART 2023 ; Éditions Rustica, 2025) nous propose le message suivant :


"Fleur chauve-souris (Tacca chantrieri) - Il est bon d'assumer sa singularité

Dans le monde végétal, les teintes pastel et les couleurs éclatantes sont monnaie courante. Mais la fleur chauve-souris se distingue - elle refuse de se plier aux conventions. Avec ses ailes noires ou pourpres et ses longues moustaches, elle affiche un style bien à elle. Cette fleur revendique fièrement sa singularité et s'assure que personne ne la confondra avec un géranium.

Son message ? Assumez votre originalité et laissez s'exprimer pleinement ce qui vous rend unique."

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Littérature :


Silvia Aymerich et Hélène Beaulieu, autrices de "Peau de lune (Encore une fable de lézards et salamandres)." (In : The Goose, vol. 18 , no. 2 , article 21, 2020) proposent un texte :


"[...] Tout à coup, Hans se rendit compte qu’il n’avait apporté aucune couleur au groupe. Il s’arrêta un instant et, après s’être exclamé Minze ! en souriant, il proposa de revenir jusqu’au jardin du consulat allemand pour y cueillir quelques feuilles odorantes de menthe fraîche.

Ils avaient déjà recueilli toutes les couleurs dont ils avaient besoin : les pétales blancs de Naoko, les bleus de Sam, les jaunes de Bonki, les rouges de Marie, les verts de Hans. Kris en profita alors pour lever le doigt et faire découvrir à ses amis une fleur qu’ils n’auraient jamais imaginée.

— T’as donc une chauve-souris dans ton jardin !

— Approchez-vous, elle mord seulement les mauvais garnements, commenta Kris en souriant.

Les cinq enfants la suivirent, se cachant plus ou moins ouvertement derrière la fille du consul suisse.

— Wow ! C’est incroyable ! s’exclama Hans, qui s’était placé à côté de son amie pour qu’elle ne s’aperçût pas qu’il était aussi effrayé que le reste du groupe.

C’est un Tacca chantrieri. Sa fleur est noire comme le charbon et a la forme d’une chauve-souris. C’est une plante tropicale originaire d’Asie que le consul des Pays-Bas s’était fait livrer à Barcelone.

— Tacca ? répéta Hans d’un ton railleur. T’as qu’à nous la donner, hein, Kris !

[...]

L’idée, c’est Marie qui l’avait eue, se rappelant les petites fleurs qui se collaient à ses doigts mouillés quand elle aidait sa mère à arroser les platebandes. Le petit lézard se laissait faire, certain que rien de mauvais ne pouvait surgir de cette gentille petite clique.

Le rôle de maître de cérémonie revint à Bonki. Il avait déjà vu à plusieurs reprises les caméléons multicolores de Madagascar et il eut l’idée que s’ils s’en inspiraient, le résultat produirait davantage d’effet. Mais ce fut Sam qui eut l’idée de découper les pétales en petits morceaux pour les distribuer avec plus de précision. C’est ainsi qu’à tour de rôle, chacun éparpilla les petits morceaux de sa propre fleur sur le corps menu de l’animal.

Quant au petit lézard, cette pluie lui sembla la plus délicieuse qu’il n’ait jamais sentie sur la peau : les bleus relaxants sur le dos, les jaunes et les oranges chauds sur les flancs, les noirs intenses sur les paupières closes, les blancs lumineux sur le museau et sur les ongles, les verts rafraîchissants sur les pattes et une petite touche de surcroît à la bouche. [...]"

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