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L'Oronge blanche




Étymologie :


  • AMANITE, subst. fém.

Étymol. ET HIST. − 1611 bot. (Cotgr. : Amanite. The name of a wholesome toadstoole). Empr. au gr. α ̓ μ α ν ι ́ τ η ς « sorte de champignon », Galien, 6, 370 ds Bailly. − Amanitine, 1838 chim. (Ac. Compl. 1842).


  • ORONGE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1753 (Encyclop. t. 3, p. 84a : de celle [espece de champignon] qu'on nomme oronge en Guienne) ; 1768 (Valm.). Empr. au rouergat ourounjo « id. » (cf. Vayssier, Dict. patois-fr. de l'Aveyron ; v. aussi dans le domaine fr.-prov. Mistral : ourounjo, Dhér. : oroungeo, Palay : ourounge), proprement « orange », ainsi nommé à cause de sa couleur, de même orig. que le fr. orange*.


  • OVOÏDE, adj.

Étymol. et Hist. 1758 adj. feuilles ovoïdes (Duhamel du Monceau, La Physique des arbres, t. 1, p.109) ; 1868 subst. (Littré). Formé de l'élém. ov(o)-, de ovum (v. -ove) et du suff. -oïde, v. -ide. [en forme d'œuf]


Lire également les définitions de amanite ; ovoïde et oronge afin d'amorcer la réflexion symbolique.

Autres noms : Amanita ovoïda - Amanite ovoïde - Boulé - Boulet blanc - Champignon blanc - Coquemelle -Coucoumèle - Coucoumèle blanche - Coucoumèle fine - Coucoumelle - Coucoumelle blanche - Coucoumelle fine - Lera blanca - Lou boulé - Mujulo blanco - Oriol cougoumèle -

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Mycologie :


La description que propose Jean-Baptiste Barla, auteur d'un ouvrage intitulé Les Champignons de la province de Nice (Imprimerie Canis frères, 1859) est particulièrement précise :


Cet Agaric est d'abord renfermé dans une volve très épaisse, blanche, lisse, ovoide et persistante. Dans son état de parfait développement, le chapeau est arrondi, convexe, blanc, légèrement jaunâtre au centre, lisse, comme satiné et un peu humide ; son épiderme peut se détacher assez facilement ; ses bords sont unis, très lisses et dépassent sensiblement l'extrémité des lamelles. Il s'élargit ensuite, devient même plane dans l'âge avancé, et prend alors des teintes fauves ou jaunâtres.


Les lamelles sont assez larges, finement dentelées ou frangées à leur bord, et alternées avec de petites lamelles peu nombreuses ; elles sont blanches, deviennent jaunâtres à la vétusté de la plante et émettent une grande quantité de sporules blanchâtres. A Le pédicule est parfois un peu aplati, élargi à son point d'attache au chapeau, blanc, plutôt court, charnu et plein, même dans l'âge avancé ; sa surface est squamuleuse ou couverte de peluchures floconneuses blanches provenant des débris du collier qui est très friable et fugace. La volve est grande, lâche, charnue, persistante ; sa substance est continue avec celle du pédicule.

La chair est très blanche, tendre et aqueuse ; celle du pédicule est plus fibreuse et n'est point continue avec la substance du chapeau.

Ce champignon croit solitaire ou quelquefois par groupes de deux ou trois individus. Il est assez commun aux environs de Nice, sur les collines : à Montgros, sous les pins, derrière la chapelle Saint-Aubert, dans le vallon Saint-Isidore et dans les bois montueux, après les pluies prolongées de la fin de l'automne.

En Toscane, l'Agaric ovoide est appelé Farinaccio, à cause de la friabilité de son anneau, ce qui fait paraître le pédicule comme farineux ou couvert de molécules blanches.


Explication des Figures.

1) Coupe d'un très jeune individu encore renfermé dans sa volve.

2) Champignon encore jeune.

3) Coupe d'un jeune individu. 3a) Coupe du chapeau d'un jeune individu.

4) Champignon dans son état de parfait développement.

5) Coupe laissant voir le bord des lamelles finement crénelé et l'épi derme que l'on peut facilement détacher du chapeau.

6) Deux individus adultes réunis par la base de leur pédicule.

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Dans son Atlas des champignons comestibles et vénéneux de la France et des pays circonvoisins. (Doin Éditeurs, 1888) Charles Richon nous propose une description de cette Amanite :


Champignon blanc dans toutes ses parties. Chapeau de forme arrondie, hémisphérique, à bord courbé en dessous, dépassant les lamelles, sans stries, plus ou moins frangé ; stipe épais, solide, flocculeux - aranéeux dans toute sa longueur, peu renflé à la base où il reste entouré d'un volva très ample, persistant ; voile large, retombant, entier, frangé ; lamelles épaisses, élargies, libres, à tranchant presque lisse ; spores irrégulièrement sphériques, spiculées, blanches.

Odeur faible, saveur agréable.

Été et automne. Dans les taillis, les bois découverts, les forêts peu ombragées. Plus commune dans le midi que dans le nord de la France.

Espèce comestible, recherchée.

 

La fiche proposée par l'Université de Rouen propose les traits distinctifs suivants :


Chapeau : 10-30 cm de diam., charnu, blanc tirant vers l'ivoire avec souvent des lambeaux crémeux à la marge

Stipe : 10-15 cm de long, blanc orné de flocons Un anneau crémeux restant collé sur les doigts Une volve membraneuse, en sac, crème évoluant vers l'ochracé surtout à la manipulation

Hyménophore : lames blanches libres, à arêtes floconneuses

Chair : blanche


Odeur : typique de marée (iodée) évoluant vers le fromage fort

Saveur : douce

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Usages traditionnels :


Jean-Baptiste Barla, dans son ouvrage intitulé Les Champignons de la province de Nice (Imprimerie Canis frères, 1859) fait le point sur la comestibilité de ce champignon :


Il n'est point d'usage ici de le récolter comme espèce alimentaire, quoiqu'il soit très estimé dans plusieurs pays.

Persoon dit que ce champignon est rangé parmi les espèces les plus délicates. M. Vittadini fait la même observation et ajoute que la chair de cet Agaric a un goût agréable, qu'elle est assez mucilagineuse et d'une odeur à peine sensible (1). Les individus que j'ai plusieurs fois observés avaient cependant une odeur assez forte et désagréable, ce qui s'accorderait plutôt avec la phrase caractéristique de Micheli : Fungus esculentus magnus et volva erumpens, totus albus , graviter odoratus, lamellis crebris et creberrime denticulatis , pediculo obeso annulato. (2)


Notes : 1) Vittadini, Fung. mang., p. 12 -

(2) Micheli, Gen. Plant., p. 184.. [Traduction possible : Un gros champignon comestible et une volve éclatante, toute blanche, très parfumée, aux lamelles fréquentes et densément dentées, entourées d'un pédoncule épais.]

 

Charles Richon, auteur d'un Atlas des champignons comestibles et vénéneux de la France et des pays circonvoisins. (Doin Éditeurs, 1888) rend compte des qualités alimentaires de l'Oronge blanche :


Vittadini dit que ce Champignon doit être placé à bon droit parmi les espèces comestibles les plus délicates, mais qu'il est inférieur à l'Oronge. On l'apprête d'ailleurs de la même façon. M. Barla lui trouve une odeur assez forte et désagréable, ce qui était du reste l'opinion de Micheli, et dit qu'il n'est pas d'usage aux environs de Nice de le récolter comme espèce alimentaire. M. Quélet le qualifie de très délicat. M. Louis Planchon dit l'avoir vu apporter sur le marché de Montpellier par grandes corbeilles : il le déclare très bon, n'ayant pas l'odeur forte et désagréable que lui attribue M. Barla, mais manquant un peu de parfum.

Nous engagerons à ne pas consommer ce champignon sans avoir la certitude qu'il n'a aucun des caractères de l'Oronge vireuse, espèce dont on ne saurait trop se méfier, et qui se présente quelque fois avec des formes similaires à celles des petits individus de l'Oronge blanche.

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Frédéric Duhart, auteur d'un article intitulé « Contribution à l’anthropologie de la consommation de champignons à partir du cas du sud-ouest de la France (XVIe-XXIe siècles) », (Revue d’ethnoécologie [En ligne], 2 | 2012) confirme l'usage alimentaire de l'oronge blanche :


Il y eut précocement des déclassements alimentaires motivés par l’évitement d’un risque de confusion avec des espèces vénéneuses. À l’aube du XIXe siècle, les habitants des contrées landaises familières à Jean Thore considéraient ainsi l’amanite solitaire (Amanita strobiliformis) comme un « poison » (1803 : 477). Cependant, un tel principe de précaution n’avait rien de systématique. Quelques décennies plus tard, ledit champignon était recherché et apporté sur les marchés dans la région de Bazas. De même, l’intérêt accordé à l’oronge blanche (Amanita ovoidea) dans certaines contrées, ainsi les environs de Montpellier, et les empoisonnements faisant suite à l’ingestion d’amanite printanière (Amanita verna) signalés dans la banlieue bordelaise ou sur l’île d’Oléron rappellent que tous les cueilleurs ne se détournaient pas des champignons blancs (Planchon 1883 : 49 ; Laterrade 1837 : 162-164 ; Bernard 1882 : 23).

 

Actuellement la plupart des guides la donnent comme comestible médiocre, donc sans intérêt, voire à éviter en raison de sa ressemblance, lorsqu'elle est encore jeune et petite, avec d'autres amanites blanches, notamment Amanita proxima (Amanite à volve rousse ou amanite proche) qui est elle, mortelle.

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Symbolisme :


Une des plus grandes amanites : on dit d'elle, à cause de sa taille massive, qu'elle est capable de soulever les cailloux.

En effet, comme le soulignent Y. Sellier, V. Dupont et al., auteurs d'un article intitulé "Prise en compte de la fonge dans les espaces naturels. Biologie, ressources documentaires, inventaires, suivis, analyses des données, bioindication, évaluation des impacts de gestion, intégration dans les plans de gestion". (Cahier Technique des Réserves Naturelles de France. Édité par Réserves Naturelles de France, Dijon, 2021, 295 p.) :


L’Amanite ovoïde (Amanita ovoidea (Bull.) Link) (Figure 157) peut également avoir une belle taille. Dans la région d’Avignon, en 1988, un spécimen de 4,6 kg avait un chapeau d’un diamètre atteignant le mètre de circonférence.

 

Selon Philippe Mariaud, auteur de vidéos diffusées sur Youtube, dont l'une s'intitule "Les 12 fondamentaux (11 /12) : L'Œuf, du chaos à la naissance" :


Dans toutes les traditions, l'œuf est un symbole de fertilité, de renaissance. Avec lui, on touche aux mystères de la création et de la vie. il est la manifestation de cet espace universel et intemporel à travers lequel l'existence naît du chaos.

Il est cet espace propice et protégé dans lequel le germe va prendre forme. Il reflète cette réalité primordiale et originelle qui contient en germe la multiplicité des êtres qui vont en sortir.

L'œuf évoque la gestation, période durant laquelle le chaos et naissance se succèdent. Cela le place donc à l'origine de toute cette réalité terrestre. Symbole de cette unité primordiale, il est à l'image du vivant achevé qui naître ici bas par l'intermédiaire de cette trinité, à savoir :

  • le noyau jaune qui est la matière originelle

  • le blanc qui l'entoure qui est le substrat nourricier

  • la coquille avec sa membrane intérieure qui servent de contenant et de limite afin d'assurer la cohérence et la garantie que ce processus ira à son terme.


En ce sens, c'est le premier principe d'organisation qui permet au vivant de se renouveler sans cesse et de prendre une nouvelle forme dans la matière.

Avec sa forme ovoïde, vient tout naturellement le zéro. Celui-ci symbolise toutes les potentialités en devenir, ce qui est en latence et qui demeure encore dans le monde divin non manifesté. Le zéro exprime la volonté créatrice qui n'attend plus qu'une intervention divine la fasse sortir du néant pour devenir une création unique et incarnée par le 1.

L'œuf est donc la matrice qui permet au néant de prendre forme dans la matière pour devenir unique et singulier. Dans de nombreuses cosmogonies mythologiques, l'œuf est reconnu comme le premier principe d'organisation de la création. Il apparaît comme le symbole du renouveau périodique de la nature et de la fertilité créatrice. Il est le contenant idéal et propice à toutes formes de création, y compris pour l'être humain.

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