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  • Anne

L'Axolotl





Étymologie :

ÉTYMOL. ET HIST. − 1640 zool. « batracien américain » (de Laet, [Trad], l'Hist. du Nouveau Monde, p. 147 ds Arv., p. 70 : Ce lac [de Mexico] [comme dit François Ximenes] nourrit une sorte de poisson sans escaille couuert de cuir, ayans quatre piés à la façon des lezards ... les Sauuages les nomment Axolotl, et les Espagnols Iuguete de Agua). Mot aztèque; cf. le texte de Fr. Ximenes, Source de de Laet, 1615 (Cuatro Libros, 274-275, éd. 1888 ds Fried. 1960 s.v. axolote : De la « axolotl » ó juguete de agua); l'aztèque a été empr. par l'esp. ajolote (1880, Orozco y Berra, Hist. Antigua, L. 14, 320, ibid.).


Pour amorcer la réflexion symbolique, on peut également lire la définition proposée par le CNRTL

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Zoologie :


Dans son Atlas de zoologie poétique (Éditions Arthaud-Flammarion, 2018) Emmanuelle Pouydebat expose les caractéristiques de l'Axolotl (Ambystoma mexicanum), "le monstre d'eau qui fait repousser son corps :


Comment faire du neuf avec du vieux ? L'axolotl a la solution ! Cet animal, appelé "monstre d'eau" par les Aztèques, fait partie des urodèles, comme les salamandres et les tritons. Il vit essentiellement dans des lacs, à 2000 mètres d'altitude, et évolue aussi dans des cratères volcaniques remplis d'eau. L'axolotl sauvage est généralement sombre, mais il peut également être dépigmenté avec des yeux noirs. Il a la capacité de passer toute sa vie à l'état larvaire, période pendant laquelle il peut se reproduire, respirer avec sa peau ainsi qu'avec ses poumons et ses branchies en forme de fougères autour de la tête. Cette espèce est donc néoténique et ne passe quasiment jamais au stade adulte, sauf en cas de baisse extrême du niveau des eaux accompagnée d'un fort réchauffement. Pour en avoir vu de près, l'axolotl est un animal très impressionnant. Mais le plus incroyable reste à venir.

Lézards, salamandres, crabes et poulpes ont la capacité de faire repousser un membre voire un organe lorsqu'ils sont gravement blessés ou amputés. Cette fascinante aptitude est particulièrement performante chez l'axolotl. Si un organe est endommagé ou détruit, une petite bosse le blastène, se constitue. En trois semaines, un nouveau membre identique au précédent se reforme. L'axolotl est donc capable de reconstituer une patte, une queue, un œil, en quelques mois voire en quelques semaines. Mais il peut faire mieux encore : reconstituer certaines parties de son cerveau ! Sans compter que sa tolérance aux greffes est exceptionnelle, qu'il est extrêmement résistant au cancer et qu'il sait régénérer ses ovaires et produire des ovules toute sa vie !

Ses implications potentielles en médecine régénératrice et sur la fertilité expliquent pourquoi cet animal est très étudié. Il serait par exemple incroyable d'identifier les marqueurs biologiques qui déclenchent la régénération chez l'axolotl afin d'en faire bénéficier un jour l'espèce humaine. Or cet objectif n'est plus utopiste. En effet, les cellules du blastène ont longtemps été considérés comme pluripotentes, capables de se différencier en n'importe quel organe. On pensait donc que ces cellules étaient embryonnaires et que les adultes n'en possédaient plus. C'est faux. Les cellules ont en fait la mémoire de leur fonction, c'est-à-dire que seules les cellules d'anciens muscles peuvent conduire à de nouveaux muscles. Les cellules impliquées dans la régénération ne sont pas nécessairement embryonnaires et peuvent donc potentiellement se trouver chez les mammifères adultes. Mais le problème est évidemment loin d'être résolu car les mammifères ont davantage utilisé, pendant des millions d'années, la cicatrisation. On ne sait donc absolument pas comment ils réagiraient à une stratégie supplémentaire, la régénération, qui implique une prolifération cellulaire, synonyme de cancer lorsqu'elle est incontrôlée.

Quoi qu'il en soit des rêves humain issus de l'axolotl, nous devrions plus nous préoccuper de sa survie dans le lac de Xochimilco puisque cet animal est passé de six mille individus au kilomètre carré à cent en dix ans... Bien qu'il puisse pondre jusqu'à mille cinq cents œufs quatre fois par an, la pollution, la pêche, le commerce d'espèces exotiques ont raison de lui. Il est en danger critique d'extinction et pourrait bientôt disparaître.

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Symbolisme :


Selon Georges Posener, cité dans son Atlas de zoologie poétique (Éditions Arthaud-Flammarion, 2018) par Emmanuelle Pouydebat : Les axolotls symbolisent une forme de vie élémentaire et primitive, présente dès l'apparition de la vie. Comme la grenouille dans l’Égypte ancienne, ils symbolisent les "forces obscures d'un monde encore inorganique [...], créatures spontanées des eaux primordiales."

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