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L'Axolotl

Photo du rédacteur: Anne
Anne
10 janv. 2020
6 min de lecture

Dernière mise à jour : 30 août




Étymologie :


ÉTYMOL. ET HIST. − 1640 zool. « batracien américain » (de Laet, [Trad], l'Hist. du Nouveau Monde, p. 147 ds Arv., p. 70 : Ce lac [de Mexico] [comme dit François Ximenes] nourrit une sorte de poisson sans escaille couuert de cuir, ayans quatre piés à la façon des lezards ... les Sauuages les nomment Axolotl, et les Espagnols Iuguete de Agua). Mot aztèque; cf. le texte de Fr. Ximenes, Source de de Laet, 1615 (Cuatro Libros, 274-275, éd. 1888 ds Fried. 1960 s.v. axolote : De la « axolotl » ó juguete de agua); l'aztèque a été empr. par l'esp. ajolote (1880, Orozco y Berra, Hist. Antigua, L. 14, 320, ibid.).


Pour amorcer la réflexion symbolique, on peut également lire la définition proposée par le CNRTL

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Zoologie :


Dans son Atlas de zoologie poétique (Éditions Arthaud-Flammarion, 2018) Emmanuelle Pouydebat expose les caractéristiques de l'Axolotl (Ambystoma mexicanum), "le monstre d'eau qui fait repousser son corps :


"Comment faire du neuf avec du vieux ? L'axolotl a la solution ! Cet animal, appelé "monstre d'eau" par les Aztèques, fait partie des urodèles, comme les salamandres et les tritons. Il vit essentiellement dans des lacs, à 2000 mètres d'altitude, et évolue aussi dans des cratères volcaniques remplis d'eau. L'axolotl sauvage est généralement sombre, mais il peut également être dépigmenté avec des yeux noirs. Il a la capacité de passer toute sa vie à l'état larvaire, période pendant laquelle il peut se reproduire, respirer avec sa peau ainsi qu'avec ses poumons et ses branchies en forme de fougères autour de la tête. Cette espèce est donc néoténique et ne passe quasiment jamais au stade adulte, sauf en cas de baisse extrême du niveau des eaux accompagnée d'un fort réchauffement. Pour en avoir vu de près, l'axolotl est un animal très impressionnant. Mais le plus incroyable reste à venir.

Lézards, salamandres, crabes et poulpes ont la capacité de faire repousser un membre voire un organe lorsqu'ils sont gravement blessés ou amputés. Cette fascinante aptitude est particulièrement performante chez l'axolotl. Si un organe est endommagé ou détruit, une petite bosse, le blastène, se constitue. En trois semaines, un nouveau membre identique au précédent se reforme. L'axolotl est donc capable de reconstituer une patte, une queue, un œil, en quelques mois voire en quelques semaines. Mais il peut faire mieux encore : reconstituer certaines parties de son cerveau ! Sans compter que sa tolérance aux greffes est exceptionnelle, qu'il est extrêmement résistant au cancer et qu'il sait régénérer ses ovaires et produire des ovules toute sa vie !

Ses implications potentielles en médecine régénératrice et sur la fertilité expliquent pourquoi cet animal est très étudié. Il serait par exemple incroyable d'identifier les marqueurs biologiques qui déclenchent la régénération chez l'axolotl afin d'en faire bénéficier un jour l'espèce humaine. Or cet objectif n'est plus utopiste. En effet, les cellules du blastène ont longtemps été considérés comme pluripotentes, capables de se différencier en n'importe quel organe. On pensait donc que ces cellules étaient embryonnaires et que les adultes n'en possédaient plus. C'est faux. Les cellules ont en fait la mémoire de leur fonction, c'est-à-dire que seules les cellules d'anciens muscles peuvent conduire à de nouveaux muscles. Les cellules impliquées dans la régénération ne sont pas nécessairement embryonnaires et peuvent donc potentiellement se trouver chez les mammifères adultes. Mais le problème est évidemment loin d'être résolu car les mammifères ont davantage utilisé, pendant des millions d'années, la cicatrisation. On ne sait donc absolument pas comment ils réagiraient à une stratégie supplémentaire, la régénération, qui implique une prolifération cellulaire, synonyme de cancer lorsqu'elle est incontrôlée.

Quoi qu'il en soit des rêves humain issus de l'axolotl, nous devrions plus nous préoccuper de sa survie dans le lac de Xochimilco puisque cet animal est passé de six mille individus au kilomètre carré à cent en dix ans... Bien qu'il puisse pondre jusqu'à mille cinq cents œufs quatre fois par an, la pollution, la pêche, le commerce d'espèces exotiques ont raison de lui. Il est en danger critique d'extinction et pourrait bientôt disparaître."

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Emmanuelle Pouydebat, autrice également de Quand les animaux et les végétaux nous inspirent (Éditions Odile Jacob, 2019) s'intéresse toujours au potentiel inspirant des axolotl :


"Salamandres et autres axolotls pour une régénération des membres. Comment faire du neuf avec du vieux ? Les salamandres terrestres et l’axolotl (Ambystoma mexicanum) ont la solution ! Allons droit au but pour les salamandres qui font partie de la famille des urodèles, au même titre que les tritons et les axolotls justement. Ces urodèles (amphibiens), comme vous le savez sûrement, ont la capacité de faire repousser leurs membres une fois perdus, comme leur queue, leurs pattes et même leurs yeux, leurs organes internes, leur mâchoire ou leur moelle épinière ! La recherche se demande donc si cet exploit constitue ou non un espoir pour améliorer le traitement médical des blessures et des amputations.

Pour le savoir, il faut d’abord comprendre les mécanismes en jeu, et ce n’est pas simple. En fait, quand une salamandre perd une patte, un amas cellulaire se constitue sur la zone de l’amputation. Toutes les cellules situées à proximité de cette zone, aidées des cellules immunitaires nommées macrophages, reconstruisent le membre, et un processus nommé Extracellular Signal-Regulated Kinases (ERK) s’amorce. Quel est ce phénomène étrange ? Un phénomène qui détermine si une cellule adulte est capable d’être reprogrammée et d’aider au processus de régénération. Ainsi, à la base, les cellules sont différenciées et sont musculaires, articulaires, hépatiques… Au moment de la régénérescence, le processus ERK permet aux cellules de revenir à l’état embryonnaire et ainsi de perdre leur spécificité (musculaire, articulaire…), tout en gardant en mémoire ce qu’elles étaient. Magique ! Ainsi, lorsque ces cellules se multiplient, elles reconstruisent lentement (environ une année) le membre amputé puis retrouvent leur identité. Incroyable ! Quant à nous, pauvres humains, en cas de blessures graves ou, pire, d’amputation, nous devons nous contenter, au mieux, d’une matière solide composée de protéines qui recouvre la peau et forme une cicatrice. Dommage… Trouver le moyen d’utiliser ce phénomène extraordinaire pour accélérer la guérison humaine sans laisser de cicatrice sera déjà une belle découverte ! Nous ne sommes pas de taille pour copier la salamandre et régénérer spontanément nos membres…

Évoquons maintenant le cas de l’axolotl, qui évolue essentiellement dans des lacs, à 2 000 m d’altitude, ainsi que dans des cratères volcaniques remplis d’eau. L’axolotl sauvage est généralement sombre, mais il peut aussi être dépigmenté avec des yeux noirs. Il a la capacité de passer toute sa vie à l’état larvaire, période pendant laquelle il peut se reproduire, respirer avec sa peau ainsi qu’avec ses poumons et ses branchies en forme de fougères autour de la tête. Cette espèce est donc néoténique et elle ne passe quasiment jamais au stade adulte, sauf en cas de baisse extrême du niveau des eaux accompagnée d’un fort réchauffement. Pour en avoir vu de près, l’axolotl est un animal très impressionnant. Mais le plus incroyable reste à venir. Nous savons que les salamandres, mais aussi les lézards, des crabes, des vers, certains poissons et des poulpes, ont la capacité de faire repousser un membre, voire un organe, lorsqu’ils sont gravement blessés ou amputés. Mais cette fascinante aptitude est particulièrement performante chez l’axolotl, une salamandre aquatique. Si un membre est endommagé ou détruit, un nouveau, identique au précédent, se reforme en seulement trois semaines. L’axolotl est même capable de reconstituer une queue ou un œil en quelques mois, voire en quelques semaines seulement. Il fait mieux encore puisqu’il peut reconstituer certaines parties de son cerveau ! Sans compter que sa tolérance aux greffes est exceptionnelle, qu’il est extrêmement résistant au cancer et qu’il sait régénérer ses ovaires et produire des ovules toute sa vie ! Un dernier exemple pour vous convaincre que cette espèce est exceptionnelle ? Une greffe de membre chez un mammifère conduit habituellement à un rejet plus ou moins précoce. Or les axolotls sont désormais connus pour leur capacité à greffer un membre à un stade de développement précoce, mais aussi pour greffer leurs tissus (peau, cartilage) à tous les stades du cycle de vie : larvaire, juvénile et adulte80. Il ne semble pas y avoir de rejet des greffes d’un individu à l’autre. De plus, une greffe de membre d’un axolotl embryonnaire sur un autre est le plus souvent acceptée et le membre devient qui plus est fonctionnel !

Les implications potentielles en médecine régénérative et dans le domaine de la fertilité expliquent pourquoi les animaux capables de régénération sont étudiés, et tout particulièrement l’axolotl. Il serait incroyable de percer tous les processus déclencheurs de cette régénération afin d’en faire bénéficier un jour l’espèce humaine. Or cet objectif n’est peut-être plus utopiste. En effet, les chercheurs espèrent réellement pouvoir s’inspirer des mécanismes utilisés par ces animaux pour aider à la régénération des moelles épinières altérées, à la cicatrisation après des opérations chirurgicales lourdes, au traitement de lésions cérébrales ou encore de maladies cardiaques. Mais le problème est évidemment loin d’être résolu, car les mammifères ont davantage utilisé, pendant des millions d’années, la cicatrisation. On ne sait donc absolument pas comment ils réagiraient à une stratégie supplémentaire, la régénération, qui implique une prolifération cellulaire, synonyme de cancer lorsqu’elle est incontrôlée."

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Symbolisme :


Selon Georges Posener, cité dans son Atlas de zoologie poétique (Éditions Arthaud-Flammarion, 2018) par Emmanuelle Pouydebat : Les axolotls symbolisent une forme de vie élémentaire et primitive, présente dès l'apparition de la vie. Comme la grenouille dans l’Égypte ancienne, ils symbolisent les "forces obscures d'un monde encore inorganique [...], créatures spontanées des eaux primordiales."

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