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  • Anne

L'Agripaume




Étymologie :

  • AGRIPAUME, subst. fém.

Étymol. ET HIST. − 1549 bot. « plante de la famille des labiées (R. Estienne, Dict. françois-lat. : Agripaulme. Nom d'herbe). Lat. sc. du xvie s. agria palma (anc. nomenclature de Fuchsius, 1546 ds Roll. Flore, t. 9, p. 2, et FEW t. 7 p. 516, s.v. palma), composé du lat. agrius « sauvage » (Scribonius Largus, 243 ds TLL s.v. agrios, 1429, 17 : staphis agria), lui-même emprunté au gr. α ́ γ ρ ι ο ς de même sens, et de palma (palme*).


Lire également la définition du nom agripaume afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Leonurus cardiaca ; Agripaume cardiaque ; Cardiaire ; Cardiaque ; Cheneuse ; Creneuse ; Herbe aux tonneliers ; Mélisse sauvage ; Patte-de-sorcier ; Queue de lion ;




Botanique :


Dans son Calendrier de Flore, ou Etudes de fleurs d'après nature, Volume 3 (an IX, 1805) Victorine de Chastenay décrit l'environnement de l'Agripaume d'une manière qui ouvre les perspectives symboliques :


L’Agripaume croît surtout dans les pierres et les décombres. La main libérale qui jette les semences, n'a pas donné à tous les sols la faculté de les faire toutes germer. Elle a voulu cependant que les lieux les plus abandonnés fussent susceptibles d'en recevoir quelques unes, et elle les a coordonnés à ce genre de destination. Sans cette bienfaisante précaution, l'humeur inconstante de l'homme feroit de vrais déserts au milieu d'un pays civilisé. Livré à ses seules forces, ses travaux ne sauroient recréer un sol végétal, là où ses mains en ont enlevé le moindre vestige. Enfin, ces plantes bonnes et salutaires, servent dans ces coins négligés, à absorber le méphitisme de l'air, à en maintenir l'essentielle salubrité, sur laquelle personne ne veille. Si leur extérieur est moins riant ; si tout en elles est un peu âpre, c'est leur séjour qu'il en faut accuser.












Usage médicinal :


Dans un article intitulé "L’agripaume cardiaque Leonurus cardiaca L., une plante rudérale et médicinale menacée en Franche-Comté." (in : Les Nouvelles Archives de la Flore jurassienne et du nord-est de la France, 15, 2017) François Dehondt nous rappelle les vertus de l'Agripaume :


L’agripaume cardiaque contient de nombreux composés actifs et aromatiques : des iridoïdes (léonurides...), des diterpènes labdanes (léocardine), des flavonoïdes (apigénine, kaempférol, quercétine), de l’acide caféïque, des alcaloïdes (tachydrine, betonicine, turicine, léonurine), des tannins et des huiles volatiles. Elle est de ce fait utilisée en médecine, pour réguler les menstruations, l’anxiété, le stress avec palpitations, la tension, la digestion et, comme l’indique son nom vernaculaire, le rythme cardiaque (Bernard, 2017). Ces vertus sont connues depuis très longtemps ; on peut penser que sa présence dans la pharmacopée traditionnelle a entraîné sa culture parmi les « simples » du jardin pendant des siècles.




Symbolisme :


Dans Le Journal Terre de Vie (Volume 10, Numéro 2, Printemps 2012) Danièle Laberge nous propose cette notice sur l'Agripaume :


[...] Le feu du cœur et l’homme-cœur

Mentionnons de plus que le cœur est le centre de l’organisme de chaleur, dont il assure la régulation grâce au système circulatoire au grand complet. Notre Moi, notre Je, ne pourrait se manifester sans notre organisme chaleur. Le cœur, tout comme le Moi, est du domaine de l’élément feu. La chaleur générée n’est pas seulement celle du sang, notre température, notre chaleur physique, mais aussi notre chaleur humaine caractérisée par les qualités suivantes : ardeur, enthousiasme, courage, générosité, don de soi, amour...

L’homme-cœur, à dominance cœur, aura donc un Moi très fort, une personnalité puissante, une volonté d’arriver au but qui peut virer à l’acharnement et à l’excès de travail. Il oscillera entre une extrême générosité et une tendance à imposer sa volonté à l’autre par n’importe quel moyen. Il sera l’hôte d’une pensée fulgurante, rapide,créative, mais aussi d’un sang bouillonnant pouvant mener à la colère, à l’impatience devant l’obstacle, à la témérité dangereuse, à l’autodestruction même. L’homme-cœur, c’est au fond le colérique typique.


[...] Mes plantes du cœur

« Les plantes sont ce que la nature a créé de plus proche et de plus merveilleux pour la santé de l'homme. Elles sont porteuses de « messages thérapeutiques », de « mémoires matricielles » de la nature ; les plantes ont toujours été au côté de l'homme pour le soutenir, l'aider à se tenir debout, l'empêcher d'oublier les rythmes des saisons de la vie, ainsi que garder en son cœur le sentiment noble du don de soi, le sens originel du sacrifice, mot qui signifie « faire le sacré ». Les plantes portent en elles la croissance verticale, la relation aux forces solaires et aux rythmes planétaires, le lien entre l'aspect minéral de ses racines et l'aspect animal, animé, de ses fleurs et de ses graines, le tout en une parfaite alchimie. Les énergies vitales des plantes ont été pendant longtemps la seule médication des hommes, et il est toujours bon d'y revenir car la nature respectée ne décevra jamais l'homme qui souffre tant et inutilement aujourd'hui. » (Toni Ceron)

Parmi les changements proposés par les cris du cœur, les plantes médicinales sont évidemment demeurées mes alliées les plus sûres. Parmi ces plantes qui auront toujours une place importante dans ma vie, dont je ne saurais plus me passer, qui chaque année deviendront des concentrés liquides de ma pharmacopée personnelle, j’affectionne particulièrement pour s’occuper de mon cœur : la Cayenne, l’agripaume, l’aubépine et l’ortie. Ce sont d’abord et avant tout des plantes du sang, de celles-là qui facilitent son transit en le rendant plus fluide, en le réchauffant, en régulant son mouvement et la force de sa pression sur les parois des veines et des artères, de celles qui apaisent son parcours quand il s’agite sous l’influence des intensités et des émotions, des extrêmes mal vécus. Des plantes qui confirment la rigueur du système vasculaire alors qu’il se sert du cœur pour se ramener à la forme et à l’ordre.


Agripaume (Leonurus cardiaca)

J’aime beaucoup l’agripaume. Elle fait partie de mon parcours depuis plus de 30 ans. Cette grande plante forte, résistante, sachant protéger ses atouts des intempéries les plus extrêmes, invite à croire en sa propre capacité de re-trouver la santé et de rectifier ce qui a été un peu trop sollicité par les grands vents et les grandes marées de la vie. Les superbes lobes triangulaires artistement ciselés de ses feuilles n’ont d’égale que la douceur tendre de ses fleurs, issues systématiquement à chaque jonction sur sa tige. Elle est plutôt amère, mais l’organisme la perçoit comme une douceur, un cadeau à s’offrir, un modèle que le corps ne tarde pas à imiter, et tout particulièrement le système cardiovasculaire, qui en retrouve son rythme et son efficacité. Cette labiacée du calorifique met de l’ordre dans les désordres corporels, souvent sous-jacents aux désordres émotifs. Elle prévient et corrige toutes les fautes de rythme : aménorrhée comme dysménorrhée, tranchées après les accouchements, symptômes dérangeants de la ménopause, mais surtout arythmies et palpitations du cœur, dyspnée, faiblesse comme angoisse cardiaques, angine de poitrine, etc. Elle peut s’utiliser en prévention comme en correctif devenu nécessaire. Son action est rapide et elle est merveilleusement sans danger.


[...] Pour finir... le cœur éthérique

Le cœur éthérique, qui contient une impression de tout le cosmos spirituel duquel notre âme et notre esprit descendirent à notre naissance, intègre, pendant notre vie, notre cœur astral, contenant pour sa part toutes nos expériences humaines de la naissance à la mort. Le cœur éthérique, cet extrait cosmique, est donc ainsi imbibé de nos apprentissages sur terre ainsi que de nos pensées, sentiments et intentions. Lorsque nous mourons, ce cœur éthérique est reconduit dans l’éther cosmique, porteur de l’expérience humaine dans le cosmos et formant la base de notre karma futur (soutiré de la conférence unique qu’a prononcée Steiner sur le cœur humain).

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Sur le site de l'Association Kokopelli on peut lire les précisions suivantes :


Selon Culpepper, c’est une plante Vénusienne sous l’égide de la Constellation du Lion. Dans la mythologie Nordique, Leonurus cardiaca est associé avec la Dame, Freyja, la déesse Vénusienne de l’amour et l’un des visages de la Mère Planétaire. Selon certaines sorcières, Leonurus cardiaca entre dans la composition de philtres d’amour – pour attirer les hommes… D’ailleurs, aujourd’hui, que sont devenus les Hommes – les Mâles ? Que sont devenus les Guerriers dont la mission est de protéger les Peuples contre les prédateurs biophobes qui persécutent, perpétuellement, l’Humanité ?

[...] Selon Nicholas Culpeper (1616-1654), dans son ouvrage “The English Physician”, Leonurus cardiaca élimine les vapeurs de mélancolie du cœur, accroît la joie de vivre et soigne la matrice des mères.

[...] Dans son ouvrage de 1971, “A Modern Herbal”, Maude Grieve précise qu’au 15ème siècle, Leonurus cardiaca était utilisé pour éloigner les mauvais esprits. Cette protection est évoquée, également, dans l’ouvrage “De viribus herbarum”, de l’herbaliste Floridus Macer – qui date d’un millénaire. C’est, en effet, une plante shamanique utilisée pour se protéger des envoûtements.

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Selon Marie Pénélope Pérès et Sarah-Maria LeBlanc, auteures de Sagesses et pouvoirs du cycle féminin (Éditions Le Souffle d'or, 2017) :


L'agripaume est une plante qui pacifie le chemin entre le cœur et l'utérus.

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