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A propos de la transe...

  • Photo du rédacteur: Anne
    Anne
  • 16 mai
  • 3 min de lecture

Considérée avec méfiance dans nos sociétés, la pratique de la transe (induite ou non par des psychotropes) intéresse les chercheurs pour ses effets spectaculaires sur le cerveau. Tour d’horizon de ses passionnantes promesses thérapeutiques.

La transe est une pratique qui se retrouve dans toutes les sociétés humaines et à toutes les époques, depuis des millénaires. Pourtant, l’Occident regarde avec méfiance cet état temporaire et intense de modification de la conscience, associé dans nos cultures modernes aux mystiques, aux chamanes, aux artistes ou aux fous. Depuis les années 1970, les substances psychédéliques susceptibles de l’induire (DMT, LSD, psilocybine, kétamine…) sont classées comme stupéfiants et interdites dans la plupart des pays. La recherche en la matière connaît un nouveau rebond et les chercheurs en neurosciences commencent à en mesurer le potentiel pour notre santé mentale.L’imagerie cérébrale a ainsi révélé que la transe permet de mobiliser et de reconfigurer des circuits associés à certaines pathologies. En transe, le cerveau fonctionne différemment, multipliant les connexions neuronales de manière chaotique, mais novatrice : cette plasticité cérébrale permet aux malades souffrant de dépression, de syndromes post-traumatiques ou d’addictions – troubles caractérisés par des schémas mentaux rigides – un changement de perspective sur eux-mêmes, qui se révèle remarquablement efficace en contexte thérapeutique, etdont les effets restent mesurables bien après la séance de transe.

Avec ce passionnant état des lieux de la recherche, Cécile Denjean (Les pouvoirs du cerveau, Black Far West) contribue à démystifier un sujet rendu inflammable par son association à des pratiques illicites. Revisitant l’histoire des recherches sur les usages thérapeutiques des psychotropes, lancées dès les années 1950 autour du LSD puis brutalement stoppées, le film nous emmène auprès de chercheurs et de patients au cœur d’essais cliniques aujourd’hui pionniers. Le Brésil, où la consommation d’ayahuasca est autorisée dans un cadre religieux (y compris dans certaines églises chrétiennes), est à la pointe de la recherche sur les états de transe. À Berlin, on teste avec succès la "psychothérapie augmentée par la transe" induite par la kétamine. En France, Corine Sombrun, spécialiste du chamanisme mongol, forme des volontaires à la "transe cognitive auto-induite", qui ne nécessite aucune substance pour être déclenchée… et pour être efficace. Observée sans préjugés, la transe prend un nouveau visage : celui d’une expérience pour laquelle nos cerveaux sont parfaitement câblés, et qui gagnerait à être mieux comprise pour entrer dans notre arsenal thérapeutique.


Se soigner autrement : la voie de la transe Documentaire de Cécile Denjean (France, 2025, 54mn)






Présente dans de nombreuses cultures traditionnelles, la transe reste un état de conscience singulier et difficile à définir. Longtemps associée au chamanisme ou à l’ésotérisme, elle attire aujourd’hui l’attention des neurosciences et de la médecine clinique.

🧠 Comment explorer scientifiquement la transe cognitive ?


Avec :

🎙️ Céline Loozen, journaliste scientifique

🎙️ Antoine Bioy, docteur en psychologie clinique, responsable scientifique de l’Institut Français d’Hypnose

🎙️ Audrey Breton, chercheuse en neurosciences cognitives et directrice de l’Institut de recherche TranceScience.





Lors de ce colloque, les intervenants font un état des lieux de la recherche dans le domaine de la transe ; en particulier, ils présentent les résultats des toutes premières études sur des cas individuels et ils évoquent ensuite certains changements comportementaux induits par la transe, centrés sur la perception de soi et des autres. Les travaux menés sur les autres états modifiés de conscience permettent également de formuler des hypothèses sur de potentiels effets thérapeutiques de la transe et le rôle de la cognition sociale. Enfin, les autres applications thérapeutiques potentielles ainsi que les études cliniques et protocoles de recherche, en cours et à venir, sont discutés.


Événement organisé le 14 janvier 2022 par la Faculté de médecine de l'Université de Genève et les Hôpitaux universitaires de Genève.




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