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  • Anne

L'Hydne hérisson




Étymologie :

  • HYDNE, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1783 (Bulliard, Dict. élém. de bot. s.v. chapeau). Du lat. bot. hydnum (Linné), gr. υ ́ δ ν ο ν « sorte de tubercule ».


Lire également la définition du nom hydne afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Hericium erinaceus ; Barbe des arbres ; Barbe-de-capucin ; Barbe de satyre ; Crinière de lion ; Érinace ; Hérisson ; Houppe des arbres ; Houtou ("tête-de-singe") ; Hydne tête de méduse ; Penchenillat ("peigne") ; Pompon blanc ; Pom-pom blanc ; Urchin ; Yamabushitaké ("champignon de l'ermite").

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Mycologie :


Bernard Dangien, auteur de l'article intitulé "Les genres HERICIUM et CREOLOPHUS en Europe occidentale" (Société mycologique du Haut-Rhin, 1997) fait le point sur le genre Hericium :


Ce genre compte, en Europe occidentale, trois espèces, agents de pourriture blanche : l'une, Hericium erinaceus, porte sur un tronc caverneux des aiguillons longs de 2 à 4 cm en épaulette tandis que les deux autres présentent un tronc rameux coralloïde terminés par des aiguillons courts d'environ un centimètre de longueur ; Hericium coralloides vit en saprophyte sur des feuillus alors que son sosie Hericium flagellum se développe sur des conifères.

Bien que le mycologue américain BANKER ait distingué coralloides et flagellum dès 1906, ces deux espèces furent confondues en Europe jusque dans une période très récente sous l'épithète coralloides (HEE et WALTER, 1950 ; MAAS GEESTERANUS, 1959 ; JAFN, 1979 ; JILICH, 1984 ; BREITENBACH et KRANLN, 1986). Ce problème nomenclatural maintenant bien résolu (BON, 1988 ; KRIEGELSTEINER, 1991 ; COURTECUISSE et DUFŒM, 1994 ; ARNOLDS et coll., 1995) ne facilite pas la lisibilité des observations anciennes à moins qu'elles ne soient bien étayées par la mention rigoureuse du support ligneux. Nos conclusions reposent en partie sur la banque de données réalisée par VUILLAUME (1994) et remaniée en conséquence. [...]


Hericium erinaceus (Bull. : Fr.) Pers. [ = Dryodon e. (Bull. : Fr.) Quélet = H. stalactitum Fr.] se comporte comme un parasite de blessure nécrotrophe sur des troncs de vieux feuillus (hêtres, chênes, fruitiers à noyaux) développant souvent ses basidiomes à plusieurs mètres au-dessus du sol. Cet aéromycophyte survit pendant quelques années en saprotrophe attaquant même le bois de cœur. L'Hydne hérisson est connu des zones tempérées d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Nord (MARCHAND, 1976). Sa répartition dans le Nord-Est de la France correspond à l'étage bioclimatique collinéen. Il fut trouvé en Côte d'Or [Gémeaux, Mont-Affique, Perrigny-lès-Dijon et Cîteaux], en Haute-Marne [Ninville, leg. ANTOINE et leg. MAURICE], en Meurthe-et-Moselle [Pont-à-Mousson et Parroy], dans la Marne [St-Armand, Bassu et Bassuet], en Moselle [Sierck et Queleu], en Haute-Sâone [Gray], dans les Vosges [Châtel] et dans le Haut-Rhin [Habsheim et Blodelsheim par RASTETER (1995).


Hericium coralloides (Scop. : Fr.) Pers. [=H. clathroides (Pallas : Fr.) Pers. = H. ranosum (Bull.) Letellier = Dryodon coralloides (Scop.) Quélet p.p.] croît en saprotrophe sur le bois pourrissant de gros troncs de feuillus (hêtres surtout, rarement chênes, ormes, noyers, peupliers et bouleaux). L'Hydne corail est répandu en Europe, en Asie, en Océanie et en Amérique du Nord-Est. Il est présent, dans I'Est de la France, à l'étage collinéen ainsi que dans le montagnard inférieur (jusqu'à environ 600 m d'altitude). Il fut récolté dans la Marne [Saint-Quentin-les-Marais], dans les Ardennes [Les Hazelles, Signy l'Abbaye], en Côte d'Or [Dijon], au territoire de Belfort [Essert] et en Alsace [dans le Sundgau et à Guebwiller, Munster et Schirmeck (HERTZOG, 1981)].


Hericium flagellum (Scop.) Pers. [= H. alpestre Pers.] colonise en saprophyte des troncs abattus de conifères (sapin surtout) ; c'est pourquoi il est répandu dans les Alpes et les montagnes moyennes d'Europe centrale et occidentale, ne dépassant pas le 50ème degré de latitude Nord. Son aire macro-régionale est exclusivement montagnarde et dispersée en flots : montagnarde vosgienne [Hohneck (RASTETTER, 1995), lac du Ballon et lac de la Lauch (HEE et WALTER, 1950), Ban de sapt, Hermanpaire, Petit-Rombach et Medermorschwihr], Ardenne [Chevrière et Neufinanil] et Forêt Noire [stations de l'Atlas cartographique de KRIEGLSTEINER (1991)].


Le genre Creolopus (P. Karsten 1839) ne comporte qu'une seule espèce parfois confondue avec celles du genre Hericium mais à la différence avec ces dernières, sa chair n'est pas amyloïde.

Creolophus cirrhatus (Pers. : Fr.) P. Karst. [= Dryodon cirrhatum (Pers. Fr.) Quélet] provoque une pourriture blanche sur les troncs couchés et les souches pourrissantes de divers feuillus (principalement hêtres, mais aussi charmes, peupliers, érables, chênes, saules, marronniers, bouleaux et Prunus) tant en milieu sylvatique qu'en milieu semi ouvert. Il peut aussi se comporter en parasite nécrotrophe attaquant des arbres affaiblis. Ses aiguillons sont initialement blancs puis jaunes et enfin presque orangés. Il est assez répandu en Europe ; il semble absent de la montagne vosgienne et de la Forêt Noire. Il a été observé à Dijon, en Argonne [La Chalade], en Moselle [Rémilly, Haute-Parthe, Cattenom, Réchicourt-le-Château, Fénétrange, Puttelange, Berviller, Creutwald, Porcelette, Juville, Varsberg], en Meurthe-et-Moselle [Villers-lès-Nancy], dans les basses Vosges [Girancourt, Moyenmoutier, Hurbache, Brû, Darney] dans le Bas-Rhin [Niederbronn] et dans le Haut-Rhin par RASTETTER (1995) au Kastenwald et au Tannenwald (leg. MAURER), par BANNWARTH (1993) à Riedisheim et par le collectif de la SMHR à Ammertzwiller.

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Symbolisme :

Selon Jean-Baptiste de Panafieu, auteur de Champignons (collection Terra curiosa, Éditions Plume de carottes, 2013), il faut savoir qu'un "critique gastronomique l'a comparé à un croisement de houppette et de mozarella !


Un hérisson au goût de homard : Ce champignon peu courant pousse sur les vieux arbres, surtout les chênes et les hêtres. Son chapeau est constitué de longs aiguillons blancs, orientés vers le bas. Cette forme très particulière est à l'origine de ses noms populaires qui rappellent le hérisson (érinace, urchin). Son goût est parfois comparé à celui du homard ou du crabe avec une consistance proche de celle du calmar ou du tofu ! Pour d'autres, il rappelle plutôt l'aubergine, l'asperge, l'artichaut ou les noisettes. Quand il vieillit, il jaunit et devient immangeable. Contrairement à la girolle, qui n'intéresse que les gastronomes, ou au ganoderme, exclusivement médicinal, ce hérisson blanc est vendu dans certains restaurants comme dans les boutiques de phytothérapie. Il est en effet utilisé depuis longtemps par la médecine chinoise traditionnelle pour stimuler l'énergie des patients. On en faisait aussi des pilules ou des infusions contre les ulcères et autres maladies du système digestif. Comme il est trop rare pour que la cueillette suffise à satisfaire les consommateurs, il est cultivé en Asie et en Europe.


Le troisième nom : On le connaît dans le monde entier sous ses noms japonais, Yamabushitaké, "champignon de l'ermite", et chinois, Houtou, "tête-de-singe". Mais un troisième nom est apparu sur le marché. On raconte que cette nouvelle appellation lui aurait été donnée par le chef français Jacky Robert qui officiait au début des années 1980 dans un restaurant de San Francisco. Voyant le champignon pour la première fois, il se serait exclamé "Oh, un pompon blanc !", en faisant référence au célèbre couvre-chef des marins. En fait, pour les Américains, ce champignon évoque plutôt l'accessoire des pom-pom girls, les jeunes filles mi-majorettes, mi-danseuses qui encouragent les sportifs sur les terrains de sport avant les matchs (et qu'on appelle cheerleaders aux États-Unis). En 1983, on trouve ce champignon dans le catalogue des vendeur sous le nom de "Pom pom blanc". L'une de ces compagnies a d'ailleurs officiellement déposé le nom Pom Pon Blanc™ ! Par la suite, ce surnom franco-américain s'est imposé en Europe et c'est ainsi qu'on le nomme à Rungis.


Bon pour le cerveau ? Même s'il est apprécié de certains chefs, le pom pom blanc est surtout commercialisé pour ses propriétés médicinales. Les tests réalisés au laboratoire ont montré que, grâce aux nombreux composés différents qu'il produit, il agit sur le système immunitaire et sur le système nerveux. Il semble notamment activer la production d'un facteur de croissance des neurones, nos cellules nerveuses. Des essais sur des souris ont aussi montré une action in vivo, sur leurs capacités cognitives. Des extraits de ce champignon sont intégrés à des préparations vendues pour agir sur l'attention et la mémoire, même si certains vendeurs préconisent en parallèle de diminuer la consommation d'alcool, de mieux dormir et de jouer au Scrabble..."

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