Le Figuier de Barbarie
- Anne

- 6 févr. 2018
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Étymologie :
OPONCE, OPUNTIA, subst. masc.
Étymol. et Hist. 1. a) 1561 opuntia [sans précision de genre] (Du Pinet, trad. de Pline Commentaire de M. P. A. Matthioli, livre 3, chapitre 22, p. 241) ; b) 1694 subst. fém. (Corneille) −1834, Boiste ; c) 1845 subst. masc. (Besch.) ; 2.1903 oponce (Nouv. Lar. ill.). Opuntia, mot du lat. des botanistes du xvie s., fém. subst. du lat. class. Opuntius « d'Oponte » (dér. de Opus, Opuntis, gr. ο π ο υ ̃ ς, ο ̓ π ο υ ν τ ο ς « Oponte, capitale de la Locride, pays de la Grèce ancienne »), littéral « plante d'Oponte », ce nom ayant été donné à cette plante, parce que, selon Pline, elle poussait près de cette ville (v. Pline, Historia naturalis, éd. J. André, livre 21, §104) ; oponce forme francisée.
Lire également la définition du nom oponce pour amorcer la réflexion symbolique.
Autres noms : Opuntia ficus indica - Cardasse - Figuier des Indes - Nopal - Oponce à raquettes - Raquette - Semelle du pape -
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Botanique :
D'après Lionel Hignard et Alain Pontoppidan, auteurs de Les Plantes qui puent, qui pètent, qui piquent (Gulf Stream Éditeur, 2008) :
"Les feuilles du figuier de Barbarie ressemblent à des raquettes de tennis sans manche. Aussi la plante fait-elle penser à un amas de raquettes posées les unes sur les autres. Mais impossible de jouer au tennis avec, car elles sont tapissées d'aiguillons. Ceux-ci sont de deux sortes : les uns longs de quelques centimètres, bien visibles, les autres, beaucoup plus courts et recourbés, terriblement difficiles à extirper de la chair.

Pourquoi fait-il ça ? Les aiguillons qui recouvrent la plante empêchent les différents prédateurs de croquer les feuilles très charnues, et les figues, gavées de pulpe sucrée. Les raquettes sont en réalité les tiges du figuier de Barbarie qui contiennent beaucoup d'eau et de réserves nutritives pour lui permettre de résister à la sécheresse. Quant aux feuilles, elles se sont transformées en aiguilles, et protègent les réserves contre la voracité des animaux.
Attention, dégustation périlleuse ! A la floraison, le sommet de chaque feuille, ou cladode, se couvre de plusieurs grosses fleurs jaunes qui deviendront des fruits rouges de la grosseur d'un citron. Eux aussi sont parsemés de petits aiguillons. Prudence donc avant de s'en délecter.
Le Dieu médecin : Selon la légende, le roi Charles V d'Espagne fut guéri en quelques semaines d'une grave maladie en utilisant le suc de figuier de Barbarie sur des ulcères. Il a appelé cette plante « le Dieu médecin »."
Dans Aimez vos plantes invasives : mangez-les ! (Éditions Quæ, 2015) François Couplan détaille les caractéristiques du Figuier de barbarie :
"Opuntia ficus-indica
Noms vernaculaires : figuier de barbarie, oponce, cactus raquette
Famille : Cactaceae
Type biologique : plante succulente vivace
Origine géographique : Amérique centrale
Introduction : en Espagne vers 1550, et disséminé par les marins, qui en consommaient les fruits pour éviter le scorbut
Habitat : rochers, talus, bords des chemins, friches
Répartition géographique : région méditerranéenne, surtout sur le littoral
Fréquence : localement abondant
Risque d’invasion : ce figuier et quelques espèces voisines ont envahi la région méditerranéenne et une bonne partie des zones chaudes du globe, à tel point qu’ils y sont souvent considérés comme indigènes par les populations locales. En Australie, il a fallu introduire un insecte américain qui se nourrit de ces cactus car ils avaient pris une expansion absolument incontrôlable par des moyens classiques
Parties utilisées : jeunes tiges, fruits
Période de récolte – Jeunes tiges : mars-avril ; fruits : automne-hiver
Étymologie : Kaktos était le nom d’une plante épineuse, probablement un chardon, dans les écrits de l’auteur grec Théophraste.
Présentation générale : Cette curieuse plante grasse atteint 1,50 m de hauteur ou parfois davantage. Elle ne possède pas de feuilles développées, mais ses tiges sont formées d’articles aplatis et charnus de forme ovale, souvent surnommés « raquettes ». Il arrive qu’on les prenne pour des feuilles car ils sont verts et effectuent la photosynthèse. Ces articles sont régulièrement parsemés de groupes d’épines acérées occupant la place des véritables feuilles qui apparaissent parfois sur les jeunes tiges sous forme de petites languettes charnues. Les fleurs, jaunes ou rougeâtres, ont un diamètre de 5 à 6 cm lorsqu’elles sont épanouies, de mai à juillet. Elles sont portées directement sur les tiges et donnent naissance à des fruits charnus, globu leux ou allongés portant çà et là des groupes de minuscules épines barbelées, nommées « glochides ». Ces derniers sont terminés par des barbes, comme autant de micro-harpons, et peuvent ainsi pénétrer profondément dans la chair, d’où il est extrêmement difficile de les retirer.
Espèces voisines : Le genre Opuntia comporte au moins une centaine d’espèces, mais les botanistes débattent encore de leur nombre exact. Plusieurs espèces sont cultivées dans la région méditerranéenne et quelques-unes sont naturalisées. O. engelmannii, O. monacantha et O. stricta sont également réputées envahissantes.
Confusions possibles : Avec d’autres oponces, généralement de plus petite taille."
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Bienfaits thérapeutiques :
Dans le magazine de Weleda, on trouve un article sur le Figuier de barbarie qui explique les qualités de cette cactée :
Usages traditionnels :
François Couplan, auteur de Aimez vos plantes invasives : mangez-les ! (Éditions Quæ, 2015) relève les usages suivants :
"Utilisations et vertus culinaires : Les très jeunes « raquettes » de ce cactus ne portent pas encore d’épines. On les consomme couramment au Mexique, où elles sont vendues sur les marchés sous le nom de nopales. Très tendres et d’un goût agréable, elles possèdent malheureusement à un degré élevé cette texture mucilagineuse caractéristique du cactus (les mucilages retiennent l’eau et permettent à ces plantes de survivre dans des conditions extrêmement sèches). Bien préparées, elles forment toutefois un bon légume.
Ce « figuier » est ainsi nommé car ses fruits sont comestibles. Ils constituaient autrefois une partie très importante de la nourriture des populations indiennes du Mexique et du sud-ouest des États-Unis, où de nombreuses espèces voisines étaient employées. Mûres, les fi gues de barbarie sont d’un beau violet-pourpre, à l’intérieur comme à l’extérieur. Elles sont sucrées, mucilagineuses, aromatiques et remplies de graines. Certaines variétés ont des fruits jaune orangé, ou rouges, à saveur de pastèque ou de mangue…
Vu leur protection épineuse, il faut cependant user de précautions pour ramasser ces « fi gues » redoutables. La méthode traditionnelle consiste à coincer chaque fruit dans l’extrémité trifi de d’un bâton et à le détacher en tournant d’un coup sec. Puis les fruits seront versés dans un évier et brossés sous un fort jet d’eau afi n d’enlever soigneusement tous les désagréables glochides. Ils peuvent alors être mangés frais, séchés au soleil et au four, ou préparés de diverses manières. Les Mexicains en extrayaient du jus, en faisaient des pâtes de fruit, du vin, etc. Le jus de figues de Barbarie peut être réduit à feu très doux dans une casserole en ajoutant un tiers de son poids de sucre pour obtenir une excellente gelée de cactus.
Autres utilisations : Les oponces hébergent des cochenilles utilisées pour produire une teinture violette jadis très appréciée.
Nopales :
Ingrédients pour 4 personnes :
Une dizaine de jeunes raquettes d’Opuntia ficus-indica,
eau,
sel,
3 c. à s. d’huile d’olive,
5 tomates,
3 gousses d’ail
Préparation :
Grattez soigneusement les raquettes pour les débarrasser de leurs épines et lavez-les à l’eau courante.
Coupez-les en morceaux d’environ 2 cm de large et faites-les bouillir à l’eau salée.
Égouttez-les puis faites-les cuire à feu vif dans l’huile avec la chair des tomates épépinées et coupées en morceaux.
Ajoutez l’ail écrasé, salez et servez chaud.
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Symbolisme :
Louise Cortambert et Louis-Aimé. Martin, auteurs de Le langage des fleurs. (Société belge de librairie, 1842) évoquent rapidement le symbolisme de la raquette :
RAQUETTE - JE BRÛLE.
Cette plante singulière, originaire de l'Amérique équatoriale, semble reverdir sous les rayons du plus ardent soleil. Ses feuilles, larges et épaisses, sont couvertes de faisceaux d'épines très piquantes qui semblent brûler la main qui les touche.
Dans Les Fleurs naturelles : traité sur l'art de composer les couronnes, les parures, les bouquets, etc., de tous genres pour bals et soirées suivi du langage des fleurs (Auto-édition, Paris, 1847) Jules Lachaume établit les correspondances entre les fleurs et les sentiments humains :
Raquette ou Figuier d’Inde - Passion. A cause de la couleur rouge de flamme de sa fleur.
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