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  • Anne

Le Mûrier




Étymologie :

  • MÛRIER, subst. masc.

Étymol. et Hist. Fin xie s. judéo-fr. morier « mûrier » (Raschi Gl., éd. A. Darmesteter et S. Blondheim, n°721, p. 99) ; 1. 1re moitié xiie s. morier « arbre de la famille des morées » (Psautier d'Oxford, éd. F. Michel, 77, 52 : Et ocist en grisille les lur vignes, e les moriers d'els en gelada [moros eorum in pruina ; Psautier de Cambridge, même éd., 77, 47 : e lur muriers trenchad en freit]) ; ca 1180 morier (Fierabras, 171 ds T.-L.) ; 2. 1303 mourier « ronce » (doc. ds L. Delisle, Ét. sur la condition de la classe agric. en Normandie, p. 358, note 135 : super la haize du mourier) − cf. 1372 Propriétés des choses II, 29, 9 ds T.-L. : Mourier est double : l'un sauvage ; Li pastourel leur pasture En font...; Privé est dit l'autre mourier. Dér. de more, meure, mûre*; suff. -ier*; -eu-, -o- prétonique s'étant fermé en -ü- (Pope, § 543 ; Fouché, p. 429).


Lire aussi la définition pour amorcer la réflexion symbolique.




Botanique :


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Symbolisme :


Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982),


"Le mûrier est dans la Chine ancienne, l'arbre du levant. Il est la résidence de la Mère des soleils et l'arbre par où s'élève le soleil levant. Lorsque Houang-ti part de K'ong-sang, le mûrier creux, pour s'élever à la souveraineté, il suit manifestement la marche ascendante du soleil. Cette même marche est rythmée en battant une caisse de résonance faite de bois de mûrier (ou de paulownia). Une forêt de mûriers (sang-lin) est plantée à la porte orientale de la capitale ; le même mot désigne une danse qui semble en rapport avec l'équinoxe de printemps.

Toutefois, c'est aussi d'un mûrier que la fille de Yen-ti, transformée en pie, s'élève vers le ciel.

L'arc de mûrier - comme l'arc de pêcher - sert à tirer des flèches, qui éliminent aux quatre orients les influences mauvaises.

On peut, en conséquence, s'étonner que l'apparition de mûriers miraculeux, en rapport avec les événements dynastiques, soit considérée comme néfaste : c'est sans doute que la montée du soleil est annonciatrice de sécheresse, laquelle apparaît de toute évidence comme une malédiction céleste.

Ses fleurs rouges, lumineuses la nuit, seraient comparées dans les légendes à des étoiles. Ovide raconte que les fruits du mûrier étaient primitivement blancs, mais qu'ils seraient devenus rouges à la suite du suicide de deux amants, Pyrame et Thisbé, qui se donnaient rendez-vous à l'ombre d'un mûrier près d'une source."

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Croyances populaires :


D'après Véronique Barrau, auteure de Plantes porte-bonheur (Éditions Plume de carotte, 2012) : "Si vous trouvez une mûre double un beau jour d'été, refrénez votre gourmandise. Partagez-la plutôt en deux et offrez une moitié à un être cher. Selon les Bretons, vous serez récompensé par un afflux de chance dans votre vie. Pour attirer le bonheur sur votre maison et ses habitants durant toute une année, vous pouvez, comme le faisaient les Italiens de Messine, garder à l'intérieur un rameau de mûrier noir qui a été béni à la Saint-Nicolas. Mais si c'est de chance durable dont vous rêvez, envisagez plutôt la plantation de ce même arbre près de votre logis. Si l'on en croit les on-dit, tant que le mûrier sera debout, la félicité sera de mise au sein du foyer, ça vaut le coup d'essayer ! En Chine ancienne, seuls les nouveau-nés de sexe masculin bénéficiaient d'un rituel vidant à les placer sous de bons auspices...

A leur naissance, on utilisait un arc de mûrier pour tirer six flèches de roseau vers le ciel la terre et les quatre points cardinaux représentant les quatre régions du pays. Grâce à ce rituel, l'enfant était protégé des malheurs susceptibles de provenir de tous ces espaces et pouvait prétendre à un grand avenir.


Ça coupe l'appétit : Les parents de la Haute-Garonne, souhaitant dissuader leurs petits de manger des mûres, ne lésinaient pas pour inventer de terribles mises en garde ! AU mieux, cet acte de gourmandise vaudrait aux bambins d'avoir des poux sur la tête. Au pire, les morts ne feraient qu'une bouchée de leur petite personne durant leur somme...


Le mûrier garde du corps : Pour déjouer les manœuvres de brigands, les sorciers de la Chine ancienne détachaient leurs cheveux en pleine nuit et brandissaient, face à la Grande Ourse, un instrument conjuratoire fabriqué à partir d'une branche de mûrier. En France, la plupart des paysans cherchaient plutôt à se protéger des ensorceleurs. C'est dans ce but que les Languedociens donnaient à manger des feuilles de mûrier noir mélangées à du foin à leur chevaux.


Rêve augural : La vision d'un mûrier noir apparaissent dans les songes prédit à la fois un succès professionnel et la mise au monde de plusieurs enfants."

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