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  • Anne

L'Asphodèle


Étymologie :

  • ASPHODÈLE, subst. masc.

ÉTYMOL. ET HIST. − 1553 (Rabelais, I, 13 ds Rob. : Et ne pensez pas que la béatitude des héros et semi-dieux, qui sont par les champs Élyséens, soit en leurs asphodèle, ou ambroisie ou nectar, comme disent ces vieilles ici). Empr. au lat. asphodelus (gr. α ̓ σ φ ο ́ δ ε λ ο ς), (Pline, Nat., 21, 109 ds TLL s.v., 829, 18 : Theophrastus et... Pythagoras caulem eius... anthericum vocavere, radicem vero, id est bulbos, asphodelum nostri illud albucum vocant et asphodelum hastulam regiam) ; cf. xv-xvie s. forme affrodille, aphrodile (Gdf. ; Hug.) ; v. André Bot. 1956, s.v.


Lire aussi la définition.




Symbolisme :


Selon le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"Pour les Grecs et les Romains, les asphodèles, liliacées aux fleurs régulières et hermaphrodites, sont toujours liées à la mort. Fleurs des prairies infernales, ils sont consacrés à Hadès et Perséphone. Les Anciens eux-mêmes ne savaient guère pourquoi il en était ainsi et cherchaient à couper ou même à corriger ce nom pour lui faire signifier champ de cendres ou les décapités, c'est-à-dire, mystiquement, ceux dont la tête ne commande plus aux membres, ne dicte plus de volontés.

On en tire aussi de l'alcool. L'asphodèle symboliserait a perte du sens et des sens, caractéristique de la mort. Bien que les Anciens lu aient prêté une odeur pestilentielle - sous l'influence peut-être d'une association avec l'idée de mort - le parfum de l'asphodèle s'apparente à celui du jasmin. Victor Hugo l'évoque dans "Booz endormi", au milieu d'une ombre nuptiale, Elle à demi-vivante et moi mort à demi, où la vieillesse, le doute, l'affaiblissement des sens contrastent avec l'attente de l'amour :


Un frais parfum sortait des souffles d'asphodèles ;

Les soufflets de la nuit flottaient sur Galgala...

Ruth songeait et Booz dormait ; l'herbe était noire..."

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