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Le Faucheux

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    Anne
  • il y a 3 heures
  • 3 min de lecture



Étymologie :


Étymol. et Hist. 1690 faucheux « araignée » (Fur.) ; 1756 faucheur (Geoffroy, Matière médicale ds Fr. mod. t. 14, p. 298, s.v. faucheux). Même mot que faucheur peut-être d'apr. le sens de faucher* (terme de man.); pour la chute du r, v. Fouché, p. 669. Cf. aussi ca 1535 faucheux au sens de « personne qui fauche » (Nicolas de Troyes, le Grand Parangon, 54 ds Hug.).


Lire également la définition du nom faucheux afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Opiliones - Faucheur - Faucheuse - Opilion-




Zoologie :


William Shear, dans un article intitulé "Les faucheux." (In : Pour la science (Imprimé), 2010, no 393, pp. 28-32) propose une étude sérieuse des caractéristiques des faucheux :





Croyances populaires :


Selon Alfred Harou, auteur de Le folklore de Godarville (Hainaut). (J. Vancaneghem, 1893) :

"Les Faucheux (araignée, leu en wallon). Les enfants s'amusent à arracher les longues pattes des faucheux et interrogent ensuite ces membres palpitants. Ils leur demandent par exemple l'endroit où se trouve le garde-champêtre. Suivant que les pattes se meuvent à droite ou à gauche, ils concluent que le garde-champêtre doit se trouver à droite ou à gauche."

Jean Baucomont, dans un article intitulé "Les formulettes enfantines d'indication" corrigé en ""Les formulettes enfantines d'incantation" (In : Arts et traditions populaires, 1965, vol. 13, no 3/4, pp. 243-255) rapporte une formule qui concerne le faucheux :


[Sa] rencontre fournit des prédictions oraculaires :

[...]

Pute, pute, versipute

Du côté que ton cul

Se tournera, le galant de (X)

Se trouvera. (Charente)


La pute est le nom charentais du faucheux, araignée à longue pattes. On arrache toutes les pattes et l'on fait sauter le corps entre les deux mains fermées en chantant l'incantation.

Dans le Dictionnaire de la France mystérieuse - Croyances populaires, superstitions, sorcellerie, rites magiques (Editions Omnibus, 2016) Marie-Charlotte Delmas consacre quelques lignes au faucheux dans l'article sur l'araignée :


Divination : le faucheux

L’araignée aux longues pattes, connue sous le nom populaire de « faucheux », sert essentiellement de support divinatoire. Pour savoir d’où viendra la personne que l’on va épouser, il faut emprisonner l’insecte dans ses mains et le secouer en disant : « Du côté que le cul de la pute [nom du faucheux] se trouvera / La gouyate [fille] s’y mariera. » (Gironde, F. Daleau, 1887, cité par P. Sébillot, 1901.) Dans les Vosges, on le tient par une ou deux pattes et on lui demande : « Chance, dis-moi où est le loup, ou je le tue ! » La première patte de devant levée par l’araignée donne la direction (X. Thiriat, 1878).

On interroge également le faucheux en lui coupant les pattes. On les pose dans la main et, si elles remuent toujours, la chance sera au rendez-vous (Ille-et-Vilaine, Eure-et-Loir). La même opération s’effectue pour savoir dans quel lieu une fille se mariera (Cher), ou si l’on est aimé (Pas-de-Calais). En fait, on peut poser aux pattes du faucheux diverses questions, y compris leur demander combien de temps il reste à vivre. Dans ce cas, le nombre d’années correspond au nombre de leurs mouvements (Deux-Sèvres, Charente-Maritime).

Lorsqu’un faucheux se pose sur une personne, c’est un signe de chance dans les Vosges. En revanche, en Ille-et-Vilaine, celui qui grimpe sur l’épaule d’une personne signifie qu’elle mourra prochainement.

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Mythologie :


Dans l'article "araignée" leur Dictionnaire critique de mythologie (CNRS Éditions, 2017) Jean-Loïc Le Quellec et Bernard Sergent évoquent rapidement le faucheux :


En Grèce, Arakhnê, fille d’un teinturier, tenait son art d’Athèna la déesse des brodeuses et fileuses, qu’elle eut l’outrecuidance de défier ; son travail — parfait — déplut à la déesse, qui, dépitée, le déchira ; de désespoir, Arakhnê se pendit, mais Athèna, ne lui permettant pas de mourir, la transforma en l’araignée qui, depuis, se pend au bout du fil qu’elle a elle-même tissé. Quant à Phalanx, le frère d’Arakhnê, il avait appris d’Athèna le maniement des armes mais, pour avoir commis l’inceste avec sa sœur, il fut changé en une autre araignée : la phalange ou faucheux.

[...]

L’espèce populairement appelée « faucheux » donnait lieu à des pratiques divinatoires attestées il y a peu encore en Saintonge, dans le Cher et la Nièvre, en Poitou, en Wallonie et à Guernesey : on lui arrachait les pattes, et l’observation de leurs soubresauts renseignait sur le domicile de la future épouse, ou le nombre d’années restant à vivre.

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