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  • Anne

Le Dompte-venin


à 2'46.



Autres noms : Cynanchum vincetoxicum ; Vincetoxicum hirundinaria ; Asclépiade blanche ; Asclépiade dompte-venin ; Contre-poison ; Cornes de bœuf ; Dompte-venin officinale ; Flairon (Savoie) ; Herbe aux hirondelles ; Herbe de Saint-Laurent ;




Botanique :


D'après l'article intitulé "Psychanalyse de l'enfant et pédopsychiatrie en Russie, de Lénine à nos jours". (In : Histoire des sciences médicales, 2010, vol. 44, no 4, pp. 319) de Pavel V. Katchalov, Eugène V. Makouchkine, Victoria A. Potapova & M. Gourévitch :


Le dompte venin (Vincetoxicum hirundinaria et V. officinalis, Asclepias) appartient à la famille des Apocynacées. Ses tiges et racines renferment environ 5% de plusieurs glucosides, la vincetoxine ou asclepiadine qui est neuro et cardiotoxique, de type digitalique et curarisant. Son aglycone l’hirundigénine présente une structure proche des stéroïdes et de la dihydrocortisone C21H30O5. Cette plante est décrite dès le XVIème siècle par Bock, Lonicerus et Mathiole, donnée comme cicatrisante, active contre les morsures d’animaux, signalée par ailleurs dans les pharmacopées thibétaine et mongole (Hübotter, Berlin 1913). Considérée comme toxique après les expériences d’Orfila sur des chiens, la pharmacie allopathique moderne ne l’utilise pas, dans l’attente d’investigations plus précises. Approfondir son rôle dans le traitement du feu de saint Antoine permettrait de resituer la part symbolique et antidotaire qui lui est dévolue. L’homéopathie lui attribue des vertus préventives par immuno-stimulation, associée à la renoncule bulbeuse, commercialisée sous la marque Virexin Æ, vantée pour prévenir toute forme de grippe et affections virales.

 

Francis Trépardoux, auteur de "La flore médicinale des Alpes". (In Histoire des sciences médicales, vol. 47, no 3-2013, pp. 391.) présente l'asclépiade :


- L’asclépiade ou dompte-venin (Vincetoxicum Hirundinaria, Asclépiadacées), connu depuis le XVIème siècle en Europe, affectionne les lieux incultes et pierreux. Considérée comme suspecte, cette plante a été réinscrite à la Pharmacopée française en 1975. On l’a utilisée en infusion (racine) à la dose d’un à deux grammes, donnée comme alexitère, vomitive et sudorifique.

Tanret y a décrit un hétéroside, la vincétoxine, qui est cardiotoxique (Paris, 1885) ; cependant des investigations plus avancées, stimulées par la sagacité et la curiosité de nouveaux chimistes, pourraient révéler des potentialités ignorées.

 



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Usages traditionnels :


D'après le Traité des Asclépiades, particulièrement de l'asclépiade de Syrie, précédé de quelques observations sur la culture du coton en France. (chez F. Buisson Libraire, 1810) de Charles Nicolas Sigisbert Sonnini de Manoncourt :


Si l'asclépiade blanche ne possède pas des propriétés incontestables dans la pratique de la médecine, on ne peut douter qu'elle n'offre à l'économie rurale et domestique, des avantages réels, auxquels on n'a pas fait attention, parce que dans l'état de sauvage, la plante disséminée les indique plutôt qu'elle ne les présente, et que la difficulté de rassembler des produits épars a suffi pour les faire négliger. Mais une culture aussi facile qu'elle serait peu embarrassante, servirait à fertiliser des terrains ingrats, et à procurer des profits certains. En effet, le duvet soyeux , attaché en aigrettes aux graines de l'asclépiade blanche, est propre à remplir les coussins et les matelas, ainsi qu'à ouater, et ses tiges préparées comme celles du chanvre et du lin, donnent une filasse aussi bonne. Nulle plante n'est moins délicate ; les terres pierreuses et arides, les expositions les moins favorables lui conviennent ; l'humidité seule, lorsqu'elle est trop constante, rend sa végétation languissante et peut la faire périr.

 

Dans "Savoirs relationnels et" engagement" avec le vivant : les dimensions oubliées du métier d'éleveur ?." (in : Natures sciences sociétés, 2009, vol. 17, no 1, pp. 29-39) Julien Blanc précise que :


Le « dompte-venin », autrement dénommé « cornes de bœuf » (Vincetoxicum hirundinaria, Med.), [était] connu [par les anciens bergers] comme étant vénéneuse et refusée par les brebis au printemps, mais consommée sèche durant l’été.

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Vertus médicinales :


Charles Nicolas Sigisbert Sonnini de Manoncourt, auteur d'un ouvrage intitulé Traité des Asclépiades, particulièrement de l'asclépiade de Syrie, précédé de quelques observations sur la culture du coton en France. (chez F. Buisson Libraire, 1810) fait le point sur les croyances de son époque :


C'est la racine de cette asclépiade qui a été longtemps d'un fréquent usage dans les pharmacies, sous la dénomination de racine d'herbe aux hirondelles, ou de dompte-venin. Frédéric Hoffmann reconnaissait, dans cette racine, quelque vertu anodine, et il la croyait à lever les obstructions, à provoquer propre la sueur, les urines, les menstrues. Sa décoction provoque un léger vomissement, selon Burr et Geoffroy. Jean Bauhin assure que, bouillie dans du vin, et appliquée à la plante des pieds, elle fait sortir, par la sueur, l'eau qui s'amasse sous la peau. Burr regarde celle même décoction comme très utile aux hydropiques. Stahl faisait entrer la racine dans sa poudre anti-hydropique. L'infusion dans de l'eau a été vantée par Toursnefort, comme un bon emménagogue, et la poudre comme propre à déterger les ulcères. Plusieurs auteurs l'ont recommandée dans les fièvres malignes et même dans la peste, ce qui a fait appeler cette racine le contrayerva des Allemands. Par la même raison, elle a été mise en usage pour faire sortir les boutons de la petite vérole, etc. Elsner l'employait en décoction dans les écrouelles, etc. , etc.

Soit que la médecine ait découvert des remèdes plus énergiques contre les maladies dans lesquelles on sait qu'elle a prescrit la racine de l'asclépiade blanche, soit que la mode qui, ne s'attachant pas exclusivement aux choses frivoles, étend sa volage autorité sur les matières les plus graves, la racine et les autres parties de l'asclépiade blanche sont à peu près abandonnées. Cependant on ne peut disconvenir que ces substances n'aient des vertus médicinales bien constatées. Un savant professeur de Lyon, le docteur Gilibert, donne souvent avec succès la décoction de la racine récente pour guérir les dartres, l'hydropisie, les écrouelles et la suppression des menstrues. Dans le pays de Liège, dit Willemet, on fait fréquemment usage des feuilles de cette asclépiąde, à la dose de trente à quarante grains, infusés dans un verre d'eau, comme d'un vomitif doux. Voilà donc un excellent substitut de l'ipecacuanha.

L'usage intérieur des différentes parties de cette plante me parait néanmoins ne devoir se faire qu'avec circonspection ; car on ne peut dissimuler que ce ne soit une plante suspecte, à en juger par l'odeur nauséabonde et la saveur âcre de ses racines, ainsi que par le lait corrosif qui découle de ses tiges ; tous les animaux la rebutent, à l'exception des chèvres, qui broutent l'extrémité de ses tiges. Les chevaux ne la mangent qu'à défaut d'autre nourriture, et seulement quand, atteinte par la gelée, elle a perdu la plus grande partie de son âcreté.

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Selon Alfred Chabert, auteur de Plantes médicinales et plantes comestibles de Savoie (1897, Réédition Curandera, 1986) :


Les feuilles du flairon, Cynanchum vincetoxicum, servent à panser les panaris ;

 

Marie Percheron nous en apprend davantage :


Propriétés : L'asclépiade blanche possède des propriétés émétiques qui provoquent des vomissements susceptibles de libérer le corps des poisons ingérés par voie orale. Elle est caractérisée par des vertus sudorifiques qui favorisent la sudation, contribuant à l'élimination des toxines du corps et efficace pour faire baisser la fièvre.

Dépurative, l'asclépiade blanche contribue à l'élimination des déchets accumulés dans le corps. Diurétique, elle accroît le volume de l'urine et accélère l'épuration de l'organisme. Avec ses propriétés emménagogues, elle facilite la régularisation des menstrues. L'asclépiade blanche resserre les tissus grâce à ses propriétés astringents. Elle se distingue aussi par des activités résolutives qui permettent d'éradiquer les engorgements ou les inflammations sans suppuration tout en assurant le retour des tissus à leur état normal.

L'asclépiade blanche est utilisée pour soigner les affections vénériennes, les pustules, les abcès, les œdèmes, les inflammations des ganglions et des articulations, les inflammations du canal urinaire. Aussi, elle permet de soigner les engorgements du foie, des mamelles, de la matrice, des testicules et des articulations. Elle s'avère utile en présence de la lèpre, de la gale de l'eczéma, d'une suppression des menstrues, de la goutte, d'une paralysie, des tumeurs. Elle est utilisée dans le cadre du traitement des diarrhées, des céphalées.


Préparations : En usage interne, on a recours à une décoction de 15 à 30 grammes des racines pour un litre d'eau, à raison de 2 à 3 tasses par jour. Pour un usage externe, les feuilles peuvent être appliquées sous la forme d'un cataplasme contre les abcès froids. On administre 20 à 50 grammes des racines en vue de l'utiliser sous forme de gargarisme. Aussi, on peut laisser bouillir une petite quantité des racines et l'appliquer sous forme de compresse. La racine de l'asclépiade blanche contenant une substance toxique, il convient d'utiliser cette plante avec prudence, en évitant, par ailleurs, les fortes doses.


Source : Se soigner avec l'asclépiade blanche (Vincetoxicum hirundinaria) – Renseigner-Point-Com 📚

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Mythologie :


Charles Nicolas Sigisbert Sonnini de Manoncourt, auteur d'un ouvrage intitulé Traité des Asclépiades, particulièrement de l'asclépiade de Syrie, précédé de quelques observations sur la culture du coton en France. (chez F. Buisson Libraire, 1810) relie le Dompte-venin à Asclépios :


Si l'on recherche l'étymologie du nom d'asclépiade (en grec et en latin asclepias) donné à un genre nombreux de plantes de la famille des apocinées, il faut remonter aux anciens auteurs grecs et latins, qui ont écrit sur la botanique et la médecine, et encore sortira-t-on peu satisfait de cette recherche. Asclepias est le nom le plus ancien d'une plante médicinale, connue des Grecs et des Romains. Esculape, qu'en Grèce on appelait Asclepios, a découvert le premier, disait-on, les vertus de celle plante, et c'est au dieu de la médecine qu'elle doit vraisemblablement le nom sous lequel les anciens l'ont désignée.

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