Le Bancoulier
- Anne

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Autres noms : Aleurites moluccana - Bancoulier des colons -
Fruit : Noix de Bancoul - Noix de Saint-Domingue - Noix des Indes - Noix des Molluques -
Botanique :
Auguste Chevalier, dans un article intitulé "Les Aleurites d'Indochine producteurs d'huile de bois." (In : Revue de botanique appliquée et d'agriculture coloniale, 14ᵉ année, bulletin n°154, juin 1934. pp. 389-399) propose une description de cet arbre :
"Aleurites moluccana (L.) Willd. — Bancoulier des colons.
Le fruit se nomme encore Noix des Indes, Noix de Bancoul, Noix des Molluques, Noix de Saint-Domingue (aux Antilles). C'est le Dâu Lai des Annamites.
C'est un grand et bel arbre, pouvant atteindre jusqu'à 25 m. de haut, très commun dans les îles de la Sonde et en Polynésie, où il est spontané et d'où il a été répandu dans presque toutes les régions tropicales du globe.

L'espèce se caractérise surtout par un indumentum formé de poils étoiles recouvrant les inflorescences et les parties jeunes des rameaux, les feuilles grandes caduques ovales, acuminées, souvent 3-5 lobées, contemporaines des fleurs. Les fleurs sont monoïques, disposées en panicules, plus petites que dans les autres espèces. Elles ont, quand elles sont épanouies, une bonne odeur de fleur de Tilleul. Les femelles sont souvent peu nombreuses ; les mâles renferment 15 à 20 étamines insérées sup quatre rangs. L'ovaire n'a que deux loges et le fruit ovoïde charnu, de la taille d'une petite pomme renferme une ou deux graines huileuses, bosselées, de 3-4 cm. de diamètre, entourées d'un tégument épais très dur.
Les graines donnent une huile siccative qui jouit aussi de propriétés purgatives.
Cette espèce est aujourd'hui répandue dans presque tous les pays tropicaux du globe . Elle existe dans l'Herbier du Museum de Paris des régions suivantes où elle est spontanée : Nord de l'Australie (Forster), Queensland, Nouvelle-Calédonie, Amboine, Tahiti, Nouvelle-Zélande, Iles Sandwich, Archipel des Wallis, Iles Marquises, Iles des Amis et de la Société, Nouvelle-Guinée, Java, Philippines, etc. Elle a été portée en Amérique et en Afrique dès le XVIe ou le XVIIe siècle. Commerson l'observait déjà à la Réunion et à Maurice dès 1755.
Nous ne croyons pas que ce soit à cause de ses graines oléagineuses qu'elle ait été acclimatée dans un si grand nombre de pays.
C'est plutôt comme arbre d'ornement et comme arbre fruitier. Les graines conservent assez longtemps leur pouvoir germinatif et il était facile à l'époque des grandes navigations de les répandre dans les îles et de les porter d'un continent à l'autre.
Dominique Bourret, auteur de Bonnes plantes de Nouvelle-Calédonie et des Loyauté (Les Éditions du Lagon, 1981) propose une fiche présentant le Bancoulier :
"Aleurites moluccana (L.) Willdenow
Description, origine et culture : Originaires de l'Insulinde, communs vers 500 m d'altitude sur toute la côte ouest et passant au nord est le long des transversales, les Bancouliers par sèment en septembre les pentes néo-calédoniennes de leurs taches claires. Les jeunes feuilles de ce grand arbre de la famille des Euphorbiacées sont dècoupées en forme d'étoiles. En vieillissant les feuilles prennent une forme ovale. Il existe dans le nord une variété à feuilles étroites et longues qui porte par analogie avec l'aile effilée de l'hirondelle busière le même nom que cet oiseau.
A la base des feuilles, là où s'attache le pétiole, vous pouvez remarquer deux protubérances brunes qui sont des glandes caractéristiques des Euphorbiacées. Les Mélanésiens disent que ce sont les yeux de la feuille parce qu'elles ne se retrouvent jamais contre terre lorsque la feuille tombe au sol. Ainsi naissent les enfants, les yeux vers le ciel.
Au début de l'année le Bancoulier produit des noix portées par paires dans des coques vertes. L'apparence de ces noix justifie leur usage dans les magies de guerre. La suie noire qu'on en tirait et dont se teignaient les guerriers servait certes au camouflage mais surtout à donner aux hommes le sentiment de la force virile qui leur était nécessaire."
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Usages traditionnels :
Auguste Chevalier, auteur de "Les Aleurites d'Indochine producteurs d'huile de bois." (In : Revue de botanique appliquée et d'agriculture coloniale, 14ᵉ année, bulletin n°154, juin 1934. pp. 389-399) mentionne :
"Les graines grillées sont réellement comestibles et elles ont un agréable goût de noisette ou de noix, d'où le nom de Noyer Bancoul ou Noyer des îles que porte parfois l'arbre dans nos colonies.
Ces graines mangées en quantité peuvent être purgatives ; cependant d'après Duchesne si on en retire le germe elles peuvent être impunément consommées et elles constituent un agréable dessert. [...]
Nous l'avons rencontré avec l'apparence d'une plante spontanée dans certaines forêts secondaires du Tonkin. Il est parfois coupé comme bois de feu ou pour faire des caisses, des barriques à ciment, des allumettes.
Ordinairement les fruits ne sont pas récolés. Les graines sont utilisées pour faire de l'huile seulement aux Philippines. Au Tonkin, on les mélange parfois à celles de A. montana."
Dans Bonnes plantes de Nouvelle-Calédonie et des Loyauté (Les Éditions du Lagon, 1981) Dominique Bourret recense les différents usages du Bancoulier :
"Usage alimentaire : Les noix de Bancoul se mangent crues ou légèrement grillées. Mais vous ne devez pas en abuser car elles sont fortement purgatives et vous risquez d'en être sévèrement indisposés ; le Bancoulier est une des trois espèces d'Aleurites qui fournissent les huiles siccatives industrielles.
Une curiosité gastronomique dérivée du Bancoulier est le Ver de Bancoul. C'est une grosse larve de Coléoptère qui prospère à l'intérieur des vieilles souches de Bancoulier pourrissantes. Vous pouvez les gober crus en laissant de côté la tête, un peu dure, que vous tiendrez délicatement entre deux doigts. Vous pouvez aussi les faire rissoler à la poêle. C'est une délicatesse du terroir néo-calédonien.
Usage médicinal :
Noix : Vous pouvez évidemment utiliser à bon escient les propriétés émétiques et purgatives des noix mais c'est un procédé thérapeutique assez désagréable.
Ecorce : L'écorce du Bancoulier est diurétique et a des effets drainants. Mais le diagnostic justifiant cet emploi est délicat. Aussi est-il plus intéressant et plus sûr d'employer cette écorce par voie externe selon les recettes polynésiennes :
en cas de blessures par le corail, râpez cette écorce et appliquez-la sur la plaie. Si la plaie est infectée, malaxez l'écorce de Bancoulier râpée avec du lait de coco jusqu'à obtenir une sorte de crème de couleur rosée et faites-en des compresses. Cette pommade est bonne aussi pour l'eczéma et les dermatoses surinfectées (gale) ;
en bains de bouche le filtrat d'écorce de Bancoulier râpée dans de l'eau tiède cicatrise les aphtes.
Autres usages : Vous pouvez enduire vos cheveux grisonnants de la suie de noix de Bancoul et retrouver par cet artifice l'apparence de la jeunesse ; il vous suffit de faire griller les amandes dans une vieille poêle et de les broyer pour obtenir un cosmétique naturel.
Les noix de Bancoul enfilées en chapelet font des quinquets.
Autres Euphorbiacées utiles : Les Euphorbiacées sont très bien représentées en Nouvelle-Calédonie. Parmi elles, une plante alimentaire originaire d'Amérique du Sud, introduite vers 1860, le Manioc, Manihot utilissima Pohl, dont la culture prend de plus en plus d'importance, mais aussi un certain nombre de plantes ornementales bien connues comme les Acalypha, Acalypha sp, les Crotons, Codiaeum variegatum Blume, et les Poinsettia, Euphorbia pulcherrima Willdenow.
Cette famille comprend aussi des plantes toxiques, comme le Ricin, Ricinus communis L., ou le Palétuvier aveuglant, Excoecaria agaIlocha L., que nous verrons en compagnie d'Euphorbiacées plus bénignes, l'Herbe à verrue et la Rougette."
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