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La Picride





Autres noms : Picris hieracioides - Herbe à la crôpe - Grimpole branchue - Malentourné - Picride - Picride fausse épervière - Picridie fausse épervière - Picris fausse épervière -

Picris echinoides - Helminthotheca echioides - Cochet marocain - Picride fausse vipérine -




Botanique :


D'après Lionel Hignard et Alain Pontoppidan, auteurs de Les Plantes qui puent, qui pètent, qui piquent (Gulf Stream Éditeur, 2008) :


"On rencontre la grimpole branchue un peu partout, au jardin ou dans les talus. De ses feuilles, étalées au sol en étoile, partent une ou plusieurs tiges cannelées se terminant par une fleur semblable au pissenlit. Le nom de la picride vient du grec pycros, qui veut dire "amer" ou "rude". Elle partage cette étymologie avec le picrate ou l'acide picrique.


Pourquoi fait-elle ça ? Si l'on observe la plante à la loupe, on découvre que la grimpole est entièrement garnie de poils blancs, équipés de minuscules crochets.

Les limaces, les chenilles et les petits insectes rampants ont fort à faire pour l'escalader. quant à dévorer cette plante, c'est presque mission impossible !


Soupe d'épervière : Lorsqu'elle est très jeune, l'épervière est encore assez tendre pour être consommée. On la mangeait surtout en soupes pendant les famines, quand on n'avait rien d'autre à se mettre sous la dent. Dès qu'elle grandit et devient rugueuse, on ne peut plus la manger, même lorsque l'on a très faim !


Défilé militaire ! Comme les feuilles et les fleurs de l'épervière sont velues, elles adhèrent facilement aux vêtements. Parfaites pour un déguisement improvisé, en épaulettes ou en blason sur une casquette, la picride, c'est du dernier chic ! "


N.B. Il semblerait que cet article fasse une confusion entre l'épervière et la picride.

 

Maria Luisa Pignoli, autrice d'une thèse intitulée Les désignations des plantes sauvages dans les variétés arbëreshe (albanais d'Italie) : étude sémantique et motivationnelle. (Linguistique. COMUE Université Côte d'Azur (2015 - 2019) ; Università degli studi della Calabria, 2017. Français) consacre une courte section à la description de la Picride fausse-épervière :


Nom scientifique : Le nom lat. PICRIS « herbe amère » < gr. pikrÒj « qui pique, qui perce » (DELG : 900) se référant à la sensation piquante, amère de cette plante, et l’adjectif lat. HIERACIOIDES signifie « en forme de chicorée » < lat. HIERĀCION « espèce de chicorée » (OLD : 796).


Description botanique : La picride est une plante hispide et rude dont les tiges dressées atteignent jusqu’à 80 cm ; les feuilles inférieures sont entières et à bords flexueux tandis que celles supérieures sont lancéolées. Les fleurs sont jaunes et sont disposées en capitules corymbeuses ; la période de la floraison va de juillet à septembre (Pignatti, 1982, III : 248).











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Croyances populaires :


Dans Le Folk-Lore de la France, tome troisième, la Faune et la Flore (E. Guilmoto Éditeur, 1906) Paul Sébillot recense nombre de légendes populaires :


Dans la Gironde, pour guérir la piqûre de la Berloque, (picris echinoides) il faut, en se levant, couper un pied de cette plante et le jeter derrière soi sans regarder.

[...] Dans la Gironde, pour guérir la piqûre de la Berloque, (picris echinoides) il faut, en se levant, arracher la plante et la poser sur aubépine.

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Symbolisme :


Emma Faucon, autrice d'un ouvrage intitulé Le langage des fleurs. (Théodore Lefèvre Éditeur, 1860) rapporte les équivalences de l'Horloge de Flore :


Il est des fleurs qui s'ouvrent invariablement à la même heure ; les horticulteurs profitent de cette horloge naturelle pour régler leur temps, et les amoureux emploient ce moyen pour indiquer le moment où ils passeront sous les fenêtres de celle à qui ils offrent leurs vœux.


Trois heures du matin = La grande picridie

 

Maria Luisa Pignoli, autrice d'une thèse intitulée Les désignations des plantes sauvages dans les variétés arbëreshe (albanais d’Italie) : étude sémantique et motivationnelle. (Linguistique. Université Côte d’Azur ; Università degli studi della Calabria, 2017) se penche sur les croyances liées aux différents noms arbëreshe de la Picride fausse-épervière :


Analyse lexico-sémantique des désignations :

1- [ɟaʃtaɟˈiʃteʎ] gjashtagjishtel est un nom composé de l’adjectif arb. gjasht « six » et du nom dérivé arb. gjishtel « petit doigt » dont arb. gjisht- « doigt » + le suffixe diminutif -el (Xhuvani et al., 1962 : 221). Comme on peut le voir sur l’image de la plante, cette dénomination est motivée par la forme et l’aspect des feuilles renvoyant à une plante à « plusieurs feuilles divisées », qui ressemblent aux doigts de la main.


2- [brˈɛz], [brˈɛz i ˈɛɡr] et [brˈɛs e ˈɛɡɛr] forment un groupe de dénominations ayant en commun un même élément brez qui résulte être un nom polysémique qui désigne aussi bien en arbëresh la « picride » et la « ceinture de la robe de mariée » qu’en albanais une « ceinture, une bande ou raie », un « lien », une « bande de terre » en géographie , la « descendance » et entre dans la formation du syntagme désignant l’arc en ciel (alb. brezi i qellit « ceinture du ciel ») (FGjSh : consultation en ligne). Tous ces signifiés désignent des référents de forme allongée et fine, utilisés parfois pour « lier » et, au sens figuré, la descendance représente les « liens » du sang entre les membres d’une même famille. Çabej propose, comme confirmation de cette interprétation, une dérivation de l’alb. brez du verbe alb. mbrej « atteler », ce dernier ayant eu auparavant une forme m-ber-enj à partir de laquelle a été ensuite formé le nom déverbal bre-z par dérivation moyennant le suffixe diminutif alb. -z (SE, II : 317-320) ; ce dernier morphème étant très productif pour la formation des noms de plantes. En ce qui concerne le phytonyme tout court, l’association se produit entre le signifié « lien, ceinture, bande » et la morphologie des tiges de la picride qui résultent comme étant fines, dressées et à rameaux étalés, comme un ensemble de plusieurs liens terminant avec les fleurs. En outre, l’un de nos informateurs nous a avoué que les tiges de cette plante étaient aussi utilisées, à cause de leur résistance, pour lier ensemble les gerbes de blé.

Les deux dernières dénominations de ce groupe résultent être des syntagmes composés de la base alb. brez + l’adjectif alb. i egër « sauvage m. » et e eger « sauvage f. ».


3- [aʃprˈɛle] est un nom dérivé par suffixation qui peut s’analyser comme étant composé d’une base ashpre- < lat. ASPER « rugueux, hispide » (OLD : 182) + le suffixe diminutif alb. -l- (Xhuvani et al., 1962 : 253) auquel s’ajoute la désinence -e pour la formation du singulier féminin indéterminé. Cette dénomination est motivée par l’aspect entièrement hispide et rugueux au toucher dont est caractérisée cette plante.


4- [ŋɟˈiʦ] est un nom dérivé par suffixation qui peut s’analyser comme ngji- < alb. ngjit « coller » + le suffixe alb. -c (Xhuvani et al., 1962 : 214) pour la formation de noms déverbaux. Ngjic « (ce) qui colle » est motivé par la sensation « hispide, rugueuse » que la plante transmet au toucher et qui la fait paraître collante.

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