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Dernière sortie avant confinement

  • Photo du rédacteur: Anne
    Anne
  • 16 mars 2020
  • 8 min de lecture

Dernière mise à jour : 18 janv.

L'Arbre des Ancêtres (2)


Étymologie :


Étymol. ET HIST. [Cas régime anceisor, mil. xie s. (Alexis, st. 1e, éd. G. Paris ds Gdf. : Ja mais n'iert tels com fut as anceisors) − fin xive s.-début xve s., J. Cuvelier, Du Guesclin, ibid.]. 1160-1174 cas sujet ancestre (Wace, Rou, éd. Andresen, II, 75 ds H.-E. Keller, Et. descriptive sur le vocab. de Wace, Paris, 1953, p. 159a) ; fin xiie s. ancestres « série des ascendants précédant le père » (Garin le Loh., I, 143 ds Gdf. Compl. : Prenez Sissons la grant cité de pris ; Moie doit estre, nos ancestres la tint). Du lat. antecĕssŏr (pour le cas sujet) antecessórem (pour le cas oblique), d'abord attesté comme terme milit. au sens de « éclaireur » dep. Bell. Afr., 12, 1 ds TLL. s.v., 146, 75 puis p. ext. au sens de « prédécesseur (dans un emploi) », Apulée, Flor., p. 38 et 61, ibid., 146, 80 au sens du fr. ancêtre, seulement en lat. médiév. : en gén. « ceux qui ont vécu avant les contemporains » plur., Capit. reg. Franc., 142, 10 ds Mittellat. W. s.v., 692, 36 ; au sens restreint « ascendants qui ont précédé le grand-père dans une même famille » plur., Lex Baiuv., 12, 8, ibid., 692, 48. Antecessor a donc assumé le sens du lat. majores. La forme a. fr. anceisor s'explique par l'influence de l'a. fr. anceis « auparavant », Thomas ds Romania, t. 14, p. 577.



Nouvelle visite à l'Arbre des Ancêtres pour une prière à nos Anciens qui s'offrent en sacrifice pour nous permettre de revenir à nous-mêmes et à l'essentiel. J'ai davantage remarqué la présence de tous ses habitants...





Symbolisme :


Angeles Arrien, autrice de Les Quatre Voies de l'initiation chamanique (© Angeles Arrien, 1993 ; Éditions Véga 2004 pour la traduction française) relie les Ancêtres à l'archétype de l'Enseignant (traduit maladroitement par maître) :


L'Esprit des Ancêtres : Certaines traditions locales considèrent que les esprits des ancêtres (les membres de la faille et les amis qui ont disparu) sont des guides importants du détachement puisqu'ils ont fait face au processus de lâcher prise et à l'expérience de l'ultime inconnu, la mort. Les peuples indigènes croient que ces esprits restent littéralement derrière nous pour nous aider dans nos rêves de vie et nos objectifs. La plupart des traditions chamaniques croient que les esprits masculins des ancêtres se tiennent derrière nous du côté droit et que les esprits féminins se tiennent derrière nous du côté gauche. Ils croient que les esprits des ancêtres ont le don de voir les générations en cours et les générations à venir accomplir leurs rêves de vie et leurs objectifs. Cette ancienne chanson de la vieille Europe, qui s'est perpétuée par la tradition orale, décrit clairement comment les ancêtres peuvent nous aider.

Oh, puisse-t-il être celui qui

fera prévaloir

Le bien, le vrai et le beau

dans notre lignée

Oh, puisse-t-il être celui qui

brisera les tendances mauvaises

De notre lignée, de notre nation.


Dans Le Sentiment tragique de la Vie, le philosophe basque Miguel de Unamuno nous rappelle l'importance des relations avec les ancêtres et de l'aide profondément enracinée en nous : « Tous mes ancêtres sont toujours aussi présents en moi et continueront ainsi à vivre, unis à moi et à mes descendants. » Les sociétés indigènes d'Amérique du Nord, dans beaucoup de leurs prières, nous rappellent cette relation passée et présente lorsqu'elles disent : « Pour les générations passées et les sept générations à venir, je prie. » Beaucoup de cultures indigènes estiment que chacun est un porteur de traditions des générations passées et pour les générations à venir. Il est important de réfléchir à la façon dont nous pouvons promouvoir le « bien, le vrai et le beau » que comporte notre héritage, et de savoir que la qualité de notre vie contribue aux chances et aux défis des générations futures. Lorsque nous pensons à nos tantes ou grands-mères bien aimées qui sont décédées, nous pouvons évoquer le bien, le vrai, le beau dans notre propre nature.

Beaucoup de sociétés indigènes croient que les esprits des ancêtres sont présents pour nous aider à franchir la dernière porte et à passer par la voie de la mort. Parce qu'ils nous enseignent le lâcher prise et le détachement, ils deviennent nos Instructeurs (i.e nos Enseignants], qui nous aident à nous préparer à l'inconnu et aux expériences non familières, dont la plus grande est la mort.

[...]

Si nous invoquons les esprits des ancêtres pour nous aider à faire face à des situations inconnues, nous pouvons aussi faire appel à eux pour nous aider à réaliser nos rêves. John Milton nous remet en mémoire, dans Paradis perdu, les ressources illimitées de notre héritage et de notre lignage, honorées par les esprits des ancêtres :  « Des millions de créatures spirituelles arpentent la Terre / Invisibles, quand nous sommes éveillés et que nous dormons. » Beaucoup de traditions chamaniques classent les « créatures spirituelles » ou les esprits des ancêtres en trois catégories : les ancêtres, qui sont notre famille biologique ; la famille élargie et les amis qui ne sont pas liés par le sang ; des personnages historiques sources d'inspiration. Ces sociétés considèrent les ancêtres de notre lignée comme les ancêtres les plus efficaces, pour nous aider à briser les mauvaises attitudes de la famille, afin que nous puissions conserver le bien, le vrai, le beau.

Alberto Villoldo, Colette Baron-Reid et Marcela Lobos ont imaginé un jeu de cartes intitulé L'Oracle du chaman mystique (Éditions Véga, 2019) dans lequel une carte concerne Les Anciens :


La signification : Les Anciens sont les chamans d'antan qui ont vaincu la mort et ont échappé à la tyrannie du temps. Ils ont autrefois marché sur la Terre comme nous, avec un corps fait de chair et d'os. Les Anciens résident maintenant dans l'infini et peuvent nous conseiller après avoir répondu à notre appel. Ils ont à notre disposition pour nous aider à nous réaliser pleinement.


L'interprétation : Les Anciens vous invitent vous transporter dans le futur pour participer à la création d'une nouvelle destinée pour la Terre. Allez de l'avant et découvrez la personne que vous serez dans 10 000 ans. Si vous acceptez l'invitation, un grand pouvoir et des bienfaits jalonneront votre chemin et vous permettront de façonner un nouveau destin pour vous-même. N'hésitez pas à en vouloir plus vous ne pouvez en absorber, car vous disposez, en ce moment, de ressources spirituelles illimitées.


La stratégie : Les Anciens vous supplient d'examiner vos attitudes et vs actions, et de vous assurer qu'elles sont de la plus haute intégrité. Ne pa pardonner à un ancêtre (ou à vous-même) vous empêche de trouver la liberté à laquelle vous aspirez. Rappelez-vous que ce n'est plus votre karma. Vous pouvez briser les chaines qui vous ont lié au drame familial et vous libérer de vos malédictions générationels. Pardonnez à ceux que vosu devez libérer. Honorez vos ancêtres biologiques en allumant une bougie pour eux ce soir.

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Mythologie :


Dans leur Dictionnaire critique de mythologie (CNRS Éditions, 2017) Jean-Loïc Le Quellec et Bernard Sergent s'intéressent naturellement aux Ancêtres :


ANCESTRALISATION : Processus progressif qui fait d’un mort ordinaire un ancêtre, grâce à une suite de rituels appropriés. Ainsi, « dans la société Dagāba, au Burkina Faso tout individu adulte qui meurt a droit à un rite d’ancestralisation », dont le premier acte incombe au premier fils et consiste à faire sculpter la statue, image du défunt, qui sera installée sur l’autel des ancêtres. En Afrique comme en Europe (Grèce ancienne), le mort qui, pour une raison ou une autre (suicide, foudroiement, décès en cours d’initiation), n’a pas eu droit aux rituels d’ancestralisation, est repoussé par les autres morts et revient se venger sur les vivants.


ANCESTRISME : Ensemble des représentations et valeurs partagées par une communauté à propos des ancêtres. Cette appellation est préférable à l’ancestrolâtrie évoquée par H. Junod (1936) à propos des Bantu, terme qui fait trop songer à une « idolâtrie » et qui, de toute manière, ne pourrait concerner qu’un cas particulier de l’ancestrisme, celui où l’ancêtre finit par se confondre avec un dieu. En effet, sans se limiter audit « culte des ancêtres », ce que l’on appelle ancestrisme dépasse largement leur divinisation et englobe également toutes les pratiques liées à l’ancestralisation.


ANCÊTRE : Géniteur disparu — réel ou mythique — dont la mémoire est conservée et honorée par un groupe (famille, clan, ethnie) ou un individu, et qui est supposé pouvoir intervenir dans le monde des vivants, où il représente l’autorité tout en veillant invisiblement sur la prospérité de son lignage. Tous les défunts ne sont pas des ancêtres  ; seuls le deviennent ceux qui, morts dans des conditions normales, sont progressivement installés dans ce rôle par une série de rites appropriés qui peuvent conduire à une véritable déification. Au XIXe s., sous l’influence de Tylor et H. Spencer, se développa une « ghost theory » qui considérait le « culte des ancêtres » comme un stade UNIVERSEL de l’évolution religieuse de l’humanité : c’est l’expérience primordiale du RÊVE qui aurait suggéré les concepts d’âme et d’esprit, puis leur persistance après la mort, impliquant elle-même l’obligation de rituels destinés aux ancêtres. Un tel évolutionnisme, qui s’appuyait sur une série de postulats, n’est plus de mise aujourd’hui, mais il a jeté un certain discrédit sur la notion même de « culte des ancêtres ». L’expression continue toutefois d’être employée, mais en se gardant de croire qu’elle désignerait un phénomène unique, répandu dans le monde entier, puisqu’au contraire elle recouvre des formes très diverses.

Les mythes d’origine de certaines populations ou de lignages particuliers établissent volontiers des généalogies mythiques remontant jusqu’à des ancêtres surnaturels, ou des personnages naturels divinisés ; c’est notamment le cas en Grèce, chez les Germains, les Celtes et les Polynésiens. En Australie et Amérique, les ancêtres mythiques peuvent être identifiés à des animaux, ce qui était aussi le cas à Sumer. Plusieurs peuples sibériens (Ostiak, Nanaï, Oro¡, Giliak, Yakut, ¿avaš, Mari), et aussi les Ossètes, composent une image des vieillards au moment de leur mort ou pendant leurs funérailles. Cela se retrouve en Chine, mais en Chine ancienne, le culte des ancêtres s’est d’abord adressé uniquement aux ancêtres maternels, alors que dans la Chine classique il ne concerne plus les femmes et qu’au sein d’une famille on révère plusieurs générations d’ancêtres patrilinéaires qui se réincarnent selon un rythme précis : l’âme du père du trisaïeul s’incarne dans le fils de l’arrière-arrière-petit-fils du chef de culte. Au Japon, le shintoïsme comporte le culte des kami ou esprits ancêtres de la famille, du clan, du village, de la nation, qui peuplent certains objets naturels (ciel, arbres, pierres) ou culturels (ustensiles aratoires et de cuisine), et qui peuvent accéder au rang de divinité. En Indonésie, le culte des ancêtres joue un grand rôle, et chez beaucoup de peuples d’Australie, de Nouvelle-Guinée, de l’Insulinde, les Ancêtres sont les héros culturels qui ont apporté les lois et la civilisation. Dans l’île Manus (des Amirauté), ce culte ne concerne que le dernier mort de la maisonnée. Pour les Trobriandais, tout enfant naît grâce à l’intervention d’un ancêtre de la mère. En Afrique, les ancêtres lointains peuvent être évoqués collectivement et anonymement, mais les plus proches peuvent être nommés, de même que les ancêtres mythiques (premier homme, démiurge) : soit l’évocation vise alors directement l’ancêtre lui-même (Kabiye, Zulu et autres Bantu), soit elle vise en réalité un génie (Jola) ou une divinité (Kongo, Bwaba, Serer) pour lesquels l’ancêtre sert d’intermédiaire. Dans le Chaco, la rupture entre le TEMPS primordial et le temps actuel est réalisée parfois par les ancêtres, responsables d’une infraction. Chez les Ayore, le cycle légendaire concernant les ancêtres se termine généralement pour chacun par sa transformation violente en objet, animal, plante, etc., accompagnée de l’établissement par les autres de règles pour traiter ce nouvel être, et des punitions pour qui les enfreint. Dans tous les cas, le culte des ancêtres, en multipliant les contacts entre les vivants et les morts tout en assurant la continuité du phylum social, est associé à l’idée que la mort n’est pas une annihilation de l’être.

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