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  • Anne

Le Baumier de Giléad



Étymologie :

  • BAUMIER, subst. masc.

Étymol. et Hist. Ca 1200 « arbre à baume » (Antioche, I, 347 dans Gdf. Compl. : Et une boite plaine de basme de basmier) − xvie s., ibid. ; repris au xviiie s. (Trév. 1752 : Baumier). Dér. du rad. de baume* ; suff. -ier* ; dès 1165-70, balsamier « baumier » (Ben., Troie, 26792 dans Gdf. Compl.), dér. du rad. du lat. balsamum, v. baume ; suff. -ier*.

  • BAUME, subst. masc.

ÉTYMOL. ET HIST. − 1. Ca 1150 « onguent propre à guérir les blessures » (Thèbes, éd. L. Constans, 6236 dans T.-L. : La langue li oignent de basme ; O un coutel les denz desjoignent, La langue de basme li oignent, Iço le fist parler un poi) ; d'où 1532 fig. « chose agréable » (Bourdigné, Pierre Faifeu, ch. 36 dans Hug.) ; 1683 « ce qui calme, adoucit les peines » (Boss., Marie-Thérèse dans DG) ; 2. a) 1262-68 bot. « nom sous lequel on désigne un grand nombre de plantes odoriférantes » (Brunet Latin, Trésor, éd. Chabaille, 155 dans T.-L. : Ce [Judee] est une grant province, ou li baumes croist) en partic. 1680 « sorte de menthe » (Rich.) ; b) xiie-xiiie s. « substance résineuse et odorante qui coule de quelques végétaux » (Flore et Blancheflor, éd. I. Bekker, 625 dans T.-L. : d'autre part ot un cresmier Et a senestre un balsamier. N'ert en cest siecle tele odour Qui vausist cele de la flour : Car de l'un basmes decouroit, Et de l'autre cresmes cäoit). Du lat. balsamum, au sens 2 a (Pline, Nat., 12, 111 dans TLL s.v., 1710, 10) d'où « sorte de menthe » en lat. médiév. viiie-xie s. (Gloss. III, 281, 16 [éd. Steinmeyer et Sievers] dans Mittellat W. s.v., 1332, 61) ; au sens 2 b surtout au plur. (Virgile, Georg., 2, 119 dans TLL s.v., 1710, 34) ; le sens 1 en b. lat. et lat. médiév. viie s. (Aesculapius, 11, p. 15, 1 dans Mittellat. W. s.v., 1332, 21) ; d'où fig. « ce qui est agréable » [non daté] (Burch., Iud., 1 [éd. P. Lehmann, Erforsch. d. Mittelalt. II, p. 251], ibid., 1332, 57) lat. empr. au gr. β α ́ λ σ α μ ο ν lui-même d'orig. hébraïque : bęsęm « id. »


Lire également les définitions de baume et baumier pour amorcer la réflexion symbolique.


Appellations : Commiphora gileadensis ; Commiphora opobalsamum (Balsamodendron [Balsamea] gileadense [gileadensis] Kunth.) ; Amyride ; Balsamée ; Balsamier (balsamum) de Giléad (gileadense) ; Balsamier de la Mecque ; Balsamon ; Baumier blanc ; Baumier de Constantinople ; Baumier d'Égypte ; Baumier de Galaad ; Baumier de Giléad ; Baumier de Judée ; Baumier du Grand Caire ; Baumier faux-pistachier ; Térébenthier de Judée.


La résine est appelée : Baume de Galaad (Galaad est une région d'Israël riche en baumes, évoqués par la Bible, ainsi que les arbres eux-mêmes : Jérémie 8 : 22, 46 : 11 ; 2 Samuel 18 : 8) ; Baume de Giléad ; Baume de Judée ; Baume de la Mecque.

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Botanique :


Selon Wikipédia :


La cédronelle, Cedronella canariensis, porte également le nom de Baume de Galaad.

Le sapin baumier d’Amérique du Nord (Abies balsamea) fournit une résine utilisée en optique et en pharmacie. L’utilisation pharmaceutique est appelée baume du Canada ou baume de Gilead. Sous forme de térébenthine, son usage est surtout technique.

Une infusion de bourgeons de peuplier baumier utilisée en sirop pour la toux et présenté comme une panacée contre toutes sortes d’inflammations est appelée balm of Gilead.


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Symbolisme :


De la version du Roi Jacques de la Bible, on apprend que :


« Une compagnie d'Ismaélites venait de Galaad avec leurs chameaux portant des épices et du baume et de la myrrhe, faisant route vers l'Égypte. »

Genèse 37, 25.


« N’y a-t-il point de baume en Galaad ? N’y a-t-il point de médecin ? Pourquoi donc la guérison de la fille de mon peuple ne s’opère-t-elle pas ? »

Jérémie 8, 22.


« Monte en Galaad, prends du baume, Vierge, fille de l’Égypte ! En vain tu multiplies les remèdes, il n’y a point de guérison pour toi. »

Jérémie 46, 11.

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Louise Cortambert et Louis-Aimé. Martin, auteurs de Le langage des fleurs. (Société belge de librairie, 1842) évoquent rapidement le symbolisme du Baume de Judée :


BAUME DE JUDÉE - GUÉRISON.

Ce baume exquis , si justement estimé des anciens, semble avoir été préparé par la nature pour adoucir nos maux : ainsi nous employons bien souvent le mot baume dans un sens moral et figuré pour exprimer ce qui tempère et adoucit nos chagrins. La vertu bienfaisante et la tendre amitié sont de véritables baumes qui guérissent les plaies du cœur, plus insupportables mille fois que les maux physiques .

 

Dans Les Fleurs naturelles : traité sur l'art de composer les couronnes, les parures, les bouquets, etc., de tous genres pour bals et soirées suivi du langage des fleurs (Auto-édition, Paris, 1847) Jules Lachaume établit les correspondances entre les fleurs et les sentiments humains :


Baume - Guérison.

Plante d’un grand emploi en médecine.

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Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), la Balsamée (Commiphora opobalsamum) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Féminin

Planète : Vénus

Élément : Eau

Pouvoirs : Invocation des Esprits ; Protection


Cet arbrisseau était connu aux temps bibliques ; il est cité dans les Écritures saintes où l'on dit que le Baumier de Judée fournit de précieux baumes et aromates. C'est le Balsamon de Dioscoride et des herboristes grecs. Théophraste l'appelle Balsamon dendron. En rituel magique, le Baumier de Judée peut être remplacé par le térébinthe (Pistacia terebenthus) qui a les mêmes propriétés. Cette variété de pistachier donne la térébenthine de Chio, peu usitée aujourd'hui mais qui jouissait autrefois d'une grande réputation. Actuellement, beaucoup d'Iraniens mâchent sa pistache qui procure des somnolences euphoriques.


Utilisation magique : Il faut distinguer les rites qui emploient :

a. les boutons tendres, quand ceux-ci commencent tout juste à se former ;

b. le fruit mûr, très semblable à une pistache ;

c. la résine tirée de l'arbre.

Les boutons tendres protègent et guérissent. Ils entrent dans la composition d'amulettes ; on en répand autour de la maison ; on en fait des bouquets offerts aux divinités. La pistache, longuement mastiquée et absorbée en assez grandes quantités, met le sujet dans un état second où il a fréquemment des visions. Les anciens Crétois en pilaient dans leurs vins noirs, déjà épais et capiteux. L'effet était, dit-on, détonant. Un soupirant éconduit essayait de glisser six pistaches de térébinthe dans le panier de celle qui l'avait rejeté, le jour où elle se rendait au marché. Si le refus de la femme était fondé, s'il pouvait se justifier par des mobiles honorables, rien ne se passait. Mais si elle avait eu une conduite d'allumeuse, si elle s'était jouée du garçon, un incident fâcheux lui arrivait à coup sûr, soit sur la route en se rendant au marché, soit pendant le marché, soit sur le chemin du retour.

La résine est brûlée avec divers encens pour invoquer les esprits.

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Editions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le Baume de Giléad (Commiphora opobalsamum) :


"Il s'agit d'un arbre pouvant atteindre plus de 30 mètres de hauteur et dont les parties utilisées sont l'écorce et les bourgeons. Notons que cette herbe est mentionnée à plusieurs reprises dans la Bible.


Propriétés médicinales : On se sert des bourgeons dans la préparation de pastilles contre la toux. L'écorce est utilisée pour soulager les maux de tête et la douleur. On peut également en faire une infusion avec de l'écorce de saule et du romarin, ce qui soulage les douleurs arthritiques et rhumatismales.


Genre : Féminin.


Déités : Vénus ; Aphrodite ; Hécate.


Propriétés magiques : Protection et guérison d'un cœur brisé.


Applications :

POUR GUÉRIR UNE PEINE D'AMOUR :

Ce dont vous avez besoin : quelques bourgeons de ce baume


Rituel : Gardez les bourgeons de ce baume dans vos poches (ou votre sa c à main) pendant une semaine, puis enterrez-les en disant :

Amours mortes, je vous enterre

Vous êtes décédées et je vivrai sans vous

Je donne mes larmes en sacrifice aux dieux

Afin qu'ils soulagent mon tourment.


POUR ATTIRER UN NOUVEL AMOUR :

Ce dont vous avez besoin :

  • quelques bourgeons ou morceaux d'écorce de ce baume.

  • un verre de vin rouge

Rituel : Faites macérer pendant quelques heures quelques bourgeons ou morceaux d'écorce dans un verre de vin rouge que vous boirez doucement avant d'aller dormir."

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