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Le Rétam




Autres noms : Retama monosperma ; Genêt blanc ; Rétam blanc ;

Retama raetam ; Retama sphaerocarpa ;




Botanique :

Rétame
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Monographie sur le rétame, proposée par Meryem El Fennouni dans sa thèse intitulée Les plantes réputées abortives dans les pratiques traditionnelles d’avortement au Maroc. (Université Mohammed V, faculté de médecine et de pharmacie - Rabat, 2012).





Usages traditionnels :


Selon D. Champault, auteur d'un article intitulé « Arbres sacrés », (in : Encyclopédie berbère [En ligne], n°6, 1989, document A259) :


L’usage le plus fréquent qui perdure depuis des décennies et sans doute des siècles, est celui des ex-voto de chiffons. A l’occasion d’une visite pieuse, les femmes effrangent leur voile ou leur vêtement drapé pour en nouer un lambeau aux branches de l’arbre sacré. Elles matérialisent ainsi leur prière, ou leur vœu, et prolongent leur présence physique auprès du saint. Bientôt les modestes ex-voto seront dilacérés par le vent, décolorés par le soleil. Mais nul ne s’y trompe et ne s’aventurerait à dépouiller l’arbre de ses tristes haillons. C’est que, support de prière, le chiffon est aussi un nœud qui enferme le mal dont on veut se débarrasser.

Dans les zones sablonneuses où se trouvent en abondance des rétama (Genista R.), ce sont leurs longs rameaux que l’on peut voir noués à proximité d’une tombe réputée abriter la dépouille d’un saint.

De telles pratiques ne sont pas une spécificité du Maghreb : on les observe en bien d’autres points du globe sous des formes comparables ou voisines. Mais on ne saurait en aucun cas parler de « dendrolâtrie » : l’arbre n’est pas une divinité en lui-même, il n’est que le vecteur d’une force sacrée, depuis toujours sous-jacente, aujourd’hui véhiculée par les santons de l’Islam.

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Soulef Boussahel, dans une Étude biochimique et histologique de l’effet de quelques extraits des plantes toxiques dans la région de Sétif. (2018. Thèse de doctorat) recense les divers usages du rétam :


En Algérie, Retama sphaerocarpa est utilisée comme drogue nommée "chemma" préparée à partir des rameaux de l'espèce. Selon Bellakhdar, (1997) l'espèce est utilisée traditionnellement sous des formes différentes :

  • Les tiges et les feuilles, pillées avec du miel, absorbées par voie orale, sont utilisées comme vomitif. En lavements rectaux, la décoction des feuilles est administrée comme purgatif et vermifuge ;

  • La poudre des feuilles et des fleurs séchées de l'espèce est utilisée comme cicatrisant dans les circoncisions, comme vulnéraire, antiseptique et sédatif dans les soins locaux des plaies, blessures, ulcérations de la peau et boutons purulents ;

  • La plante, broyée dans du lait ou du beurre, est utilisée pour les mêmes indications et la décoction s'emploie, en frictions, contre le prurit et la gale humaine et animale ;

  • Les racines de cette espèce sont très utilisées, comme abortif, en fumigations ou en lavements vaginaux ;

  • L'infusé des feuilles et des fleurs peut être bu mais en raison des risques d'intoxication, qui sont connues de tous, cette forme d’utilisation est plutôt rare ;

  • La plante a été utilisée pour empoisonner les puits, pendant la guerre des tribus au Maroc ;

  • Au Sahara, les tiges de Retama sont employées pour faire des pointes de feu contre diverses algies dans la sciatique ;

  • La flagellation à l'aide des tiges de Retama intervient dans le traitement des enflures et de la folie pour chasser les mauvais esprits, responsables, d'après les croyances traditionnelles de la perte de raison.

En Algérie on prépare le pain à manger avec la tisane des branches de Retama sphaerocarpa pour guérir de la rage chez l'homme. Ces branche sont données à manger telles quelles aux animaux atteints de rage.


Données toxicologiques : Les Rétames ont provoquées des intoxications humaines, dont quelques unes mortelles, par suite de leur emploi, par voie interne, comme abortif (Bellakhdar, 1997). C'est un pâturage généralement évité par les animaux. En dehors des fleurs que le chameau apprécie beaucoup, le bétail trouve les rameaux de Retama sphaerocarpa difficiles à ingérer (Martin et al., 1993). L'ingestion excessive de cette plante cause, chez le chameau, la maladie dite mahsûr ou tahsîr qui se manifeste par une rétention urinaire grave suite à l'obstruction de l'urètre (Mullero, 1945 ; Bellakhdar, 1978). Cette maladie est identique à celle provoquée par Genista saharae. Si aucun traitement n'est mis en œuvre pour soulager l'animal, la mort survient en quelques jours. Quand elles viennent à être broutées, en période de sécheresse, ces espèces provoquent des avortements chez les chamelles, les brebis et les chèvres. De plus elles communiquent au lait une saveur très amère et une odeur désagréable. La partie de la plante la plus toxique est le fruit (Bellakhdar, 1997)/

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Chemissa Berrabah et Meriem Saloua, autrices de Aperçu ethnobotanique et chimique des Fabacées. (2017. Thèse de doctorat. Université de M'sila) ajoutent les usages suivants :


Retama monosperma (L.) Boiss. Le décocté de la tige est utilisé pour traiter les maladies de la gencive. (Bouayyadi et al., 2015).

Retama retam Webb. La partie aérienne est utilisée sous forme d'infusion contre rhumatisme, sous forme de poudre contre la piqûre de scorpion, sous forme de tisane compressée contre les blessures (Ould el Hadj et al., 2003)

Retama sphaerocarpa (L.) Boiss. L'ingestion des fruits fraiches traiter la diarrhée, l'infusion de la partie fleurie traiter la maladie du foie, la partie aérienne est utilisée sous forme d'infusion ou décoction contre la fièvre et sous forme de cataplasme contre les contusions et les douleurs (Benitez et al., 2010). La poudre des feuilles est employée pour traiter les maux gastriques (Ghourri et al., 2012).

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