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  • Anne

Le Pâturin


Reconnaissance des pâturins à 8'26




Étymologie :

  • PÂTURIN, subst. masc.


Étymol. et Hist. 1752 (P. Restaut, éd. de Le Roy, Traité de l'orthographe fr. d'apr. Boiste 1812). Dér. de pâture*, cette graminée fournissant un foin excellent; suff. -in*.


Lire également la définition du nom pâturin afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Poa ;




Botanique :


Sur le site Herbacées.fr, on peut découvrir les caractéristiques suivantes du pâturin :


Le pâturin est parfois considéré comme de la mauvaise herbe, dans le sens où son aspect rustique n’en fait pas un gazon esthétique. Pourtant, il peut être assez fin, notamment pour le pâturin des prés.

Attention, cette espèce est assez sensible aux maladies. Mais les recherches ont beaucoup évolué dans le domaine, et les espèces plus récentes sont désormais moins sensibles aux maladies des herbes, comme la rouille.

Le pâturin a aussi de gros besoins en éléments nutritifs, il faudra donc régulièrement fertiliser sa pelouse pour lui apporter de la nourriture. Le pâturin peut aussi souffrir du manque d’eau, il faudra donc penser aussi à arroser son gazon.

Cependant, le pâturin a un avantage de taille comparé aux autres espèces : il est très résistant à l’arrachement. En effet, non seulement les racines de l’herbe lui permettent de rester bien ancrée dans le sol lorsqu’on la piétine. Mais en plus, les racines forment des rhizomes qui permettent de multiplier l’herbe. Ainsi, si le pâturin est tout de même arraché par endroit, le pâturin aux alentours va repeupler le trou visible dans le gazon.

Un autre avantage : le pâturin arbore une belle couleur verte toute l’année. C’est très intéressant comparé à d’autres espèces qui jaunissent vite.

Il existe principalement deux types de pâturins utilisés dans les mélanges : le pâturin des prés et le pâturin commun.

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Mythes et légendes :


D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


KUÇA, l’herbe sacrée védique, espèce de verveine, qui, dans les rituels indiens, joue un rôle semblable à celui de la durvâ et de la tulasî (cf. ces deux noms). Parmi les synonymes du kuça, on distingue spécialement darbha, barhis (herbe par excellence), sûc’yagra « dont la pointe purifie », yagn’abhûshana « ornement du sacrifice », dîrghapattra « aux longues feuilles », yâgn’iyapatraka « dont les feuilles sont destinées au sacrifice », vagra « foudre », tîkshno yagn’asya bhûsana « ornement aigu du sacrifice », sûc’imukha « dont la bouche purifie » (c’est-à-dire, dont la pointe est employée pour nettoyer, purifier le beurre, l’ambroisie, etc.), punyatrina « herbe pure », etc. Cette plante est la poa cynosuroides, dont les feuilles aiguës servaient effectivement pour purifier les breuvages sacrés, et dont on faisait une espèce de tapis, sur lequel se plaçait le sacrificateur. On en couvrait aussi l’autel. Tels étaient les offices de la verveine dans les sacrifices romains. Dans les Vedâs, l’herbe kuça ou darbha est souvent invoquée comme un dieu. D’après l’Atharvaveda, elle est immortelle ; elle ne vieillit pas ; elle détruit les ennemis ; Indra, le dieu de la foudre, en fait son arme.

Les rituels védiques nous fournissent des instructions sur ses divers emplois. Açvalâyana nous apprend que pour nettoyer le beurre on employait deux petites tiges de kuça, sans nœuds. De chaque main on en tenait une, avec le bout du pouce et du quatrième doigt, les second et troisième doigts tendus en haut. On se tournait vers l’Orient et on invoquait Savitar, Vasu et les rayons du soleil. Dans le novilunium et dans le plenilunium, on jeûnait et on liait ensemble le kuça et le bois combustible. Lorsque, dans la troisième année, on coupait les cheveux à l’enfant, le père, placé au sud de la mère, tenait à la main 21 tiges de kuça ; ces 21 tiges me semblent représenter les 21 Maruts ou vents ; en effet, bientôt après suit une invocation au dieu du vent Vâyu. Le père, et, en son absence, un brahmane prend trois tiges à la fois et les fourre dans les cheveux de l’enfant sept fois, la pointe tournée vers le corps de l’enfant, en murmurant : « Herbe, protège-le ! »

La maison védique devait être bâtie dans les endroits où le kuça, avec le vîrina, abonde ; on parsemait de cette herbe toutes les fondations, en ayant soin d’extirper les plantes épineuses, telles que l’apâmârga (achyrantes aspera), le çaka (acacia Sirîsha), le tilvaka (symplocos racemosa Roxb), le parivyâdha (calamus fasciculatus, pterospermum acerifolium).

Pour la lecture des livres sacrés, on devait aussi s’asseoir sur un terrain ou plancher jonché d’herbe kuça, qui donne refuge à Brahman lui-même. Enfin, lorsque l’on quittait l’école védique, on emportait, entre autres choses, comme souvenir et bon présage, des tiges de kuça. Dans la période brahmanique, on employait le kuça, invoquant le dieu Vishnu. Les anachorètes couvraient avec cette herbe, ou avec des peaux d’animaux, ou avec l’écorce de certains arbres, leur nudité. Ce purifiant était aussi employé dans les rites funéraires. (Cf. pour la description de l’emploi du kuça dans les sacrifices indiens les Essays de Colebrooke.)

Dans une légende du Mahâbhârata, livre I, de deux feuilles de kuça appliquées à deux fourmilières, tombe du sang. La jeune princesse Sukanyâ les tenait à la main. En voyant le corps d’un pénitent couvert de nids de fourmis blanches, elle crut qu’on pouvait en tirer du feu. Dès qu’elle vit le sang, elle s’effraya et accourut à son père, le roi Saryâti, lequel, pour éloigner la malédiction du sage aux fourmis, décide de lui donner sa fille en mariage.

M. Sénart, après avoir comparé le bereçman iranien avec le kuça védique, nous explique le rôle de ce dernier dans la légende du Buddha. « Sous le nom de barhis et par là aussi lié étymologiquement au bereçman, le kuça sert à former pour le védi un tapis sacré sur lequel viennent s’asseoir Agni et tous les dieux ; et l’importance rituelle en est si grande que le nom de barhis arrive parfois à désigner, d’une façon générale, le sacrifice. Est-il besoin d’ajouter que le kuça, le kuçastarana, ne doit ce rôle important qu’au symbolisme même du Soma, de tous les arbres du feu et du suc célestes, du kushtha de l’Atharvaveda ? Le kushtha est voisin de l’arbre qui sert de siège et de demeure aux dieux ; de même, sous l’arbre buddhique, le kuça sert de siège à Çâkya. On se rappelle le récit : Çâkya, au moment de s’approcher de l’arbre, rencontre un moissonneur qui porte des bottes de kuça ; il en obtient aisément une poignée, et la dispose au pied de l’arbre pour s’en servir comme de tapis. Le Bodhisattva prend, à vrai dire, la peine d’expliquer que cette poignée d’herbe ne suffirait pas, à défaut d’un long exercice de toutes les perfections, pour lui assurer l’intelligence parfaite. D’après le récit singhalais, plus ingénu, le Bodhisattva savait que le kuça serait nécessaire, qu’il serait d’une grande utilité. » Dans certains récits (par exemple, Foe-Koue-Ki) ce sont les dieux en personne qui apportent le kuça au Bodhisattva. Il est curieux que dans plusieurs sources bouddhiques, la poignée de kuça subisse une métamorphose qui la rapproche d’un pas de la légende brahmanique. Nous y voyons que, dès que le Bodhisattva eut étendu son gazon sur la terre, instantanément cette herbe fut transformée en un trône de quatorze coudées de hauteur. Cette invention nouvelle peut, du reste, avoir été inspirée par le mur et la terrasse dont fut entouré l’arbre de Buddha-Gayâ après que la légende se fut localisée en cet endroit. — Une analogie frappante avec ce siège de kuça nous conduit à une description légendaire qui, dans son ensemble, a pour nous ici un haut intérêt. Je veux parler du premier adhyâya de la Kaushitaki-brâhmana-Upanishad. Nous y retrouvons un trône appelé « l’Intelligence (vic’akshanâ) », où est assis Brahmâ sur un paryan’ka appelé « la splendeur infinie (amitaugas). » Or, le siège en est fait de somân’çavas, dit le texte, c’est-à-dire, suivant Çañkara, des rayons de la lune (somakiranaih) ; mais M. Weber a déjà proposé hypothétiquement cette autre traduction « tiges de soma », qui, sérieusement appuyée par tout le symbolisme des autres parties, me paraît garantie d’une façon décisive par l’analogie du siège de Buddha. L’analogie ne réside pas seulement dans la dénomination comparable et en elle-même suffisamment caractéristique des deux trônes. Celui de Brahmâ est, comme le Bodhimanda, voisin d’un arbre fabuleux nommé Ilya (c’est l’orthographe que préfère M. Cowell, au lieu d’Ilpa). M. Weber l’assimile à Yggdrasill. Nous n’hésiterons pas davantage à lui comparer notre « arbre de Bodhi ».

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