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Le Clémentinier





Étymologie :


Étymol. et Hist. 1. 1213 clemenz « indulgent » (L.-F. Flutre, Vocab. Faits des Romains, 560, 25 ds Romania, t. 65, p. 485) ; « ce mot vieillit un peu » d'apr. Rich. 1680 et Trév. 1704-52 ; 2. av. 1850 « doux (en parlant du temps, des éléments) » ici au fig. (Balzac, Lettres à l'Étrangère, t. 2, p. 6). Du lat. clemens « indulgent » (employé par les auteurs chrétiens), « doux », notamment en parlant du temps, de la température.


Étymol. et Hist. 1929 (Lar. 20e). Dér. avec suff. -ine* du nom du Père Clément qui obtint ce fruit, vers 1902, en Oranie, par croisement d'un mandarinier et d'un oranger amer (DEI).


Clémentinier, subst. masc. attest. 1947 (P. Robert, Les Agrumes, p. 25 ds Rob.) ; de clémentine, suff. -ier*.


Lire également la définition de l'adjectif clément et des noms clémentine et clémentinier afin d'amorcer la réflexion symbolique.

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Botanique :


François Luro, Gilles Costantino, Patrick Cliitrault et Franck Curk nous expliquent les différences existant entre les différents agrumes dans un fascicule intitulé "Origine et évolution de la diversité des agrumes" (Cirad, 2022) nous permettant ainsi de situer la clémentine parmi les fruits de son groupe :


diversité des agrumes
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Ce fascicule est tiré d'un article plus long des mêmes auteurs, intitulé "Agrumes" (Cirad, 2017) dans lequel l'histoire du clémentinier est résumée :


Origines et faits historiques :


La clémentine est un agrume relativement récent dans la longue histoire de l’évolution et de la diffusion des agrumes dans le monde ; née il y a moins de 150 ans, elle a été sélectionnée en Algérie, à Misserghin, un village à une vingtaine de kilomètres d’Oran, par un missionnaire, le Père Clément (Vincent Rodier) (Fig. 4.3). Elle fut décrite pour la première fois en 1902, dans un article écrit par le Professeur Louis Charles Trabut dans la Revue horticole française (n°10 du 16 mai 1902). Ce n’est qu’en 1925 que le premier clémentinier aurait été planté en Corse par Don Philippe Semidei à Figaretto (Jacquemond et al., 2013).

Aujourd’hui, la Clémentine de Corse, vendue à maturité avec sa feuille et non traitée après la récolte, est un extraordinaire exemple de réussite face au modèle de commercialisation exigeant une standardisation des fruits, sur toute l’année (Belmin, 2017). On a longtemps cru que le clémentinier était né d’une hybridation dirigée entre une fleur de mandarinier et du pollen de bigaradier de la variété Granito, mais l’on sait aujourd’hui que le premier clémentinier est né d’une hybridation naturelle entre une fleur de mandarinier et du pollen d’oranger (Wu et al., 2014). De ce premier arbre sélectionné par le Père Clément descendent, par greffages successifs, tous les clémentiniers cultivés aujourd’hui dans le monde. C’est par mutations, sélectionnées par l’homme, que le clémentinier s’est diversifié en différentes variétés. La collection du CRB Citrus INRAE-Cirad de San Giuliano en Corse compte près de 80 variétés de clémentiniers. Seules 5 de ces variétés entrent dans le cahier des charges de l’IGP « Clémentine de Corse ».

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Symbolisme :


Jean-Jacques Boutaud dans un aticle initutlé "Pulpe fiction". (2010, pp.128-134. ⟨halshs-01139520⟩) explore le symbolisme des agrumes en général, dans lequel s'inclue évidemment celui de la clémentine :


Déodorant menthe-bergamote ; brume d'oreiller verveine-mandarine ; nectar de citron vert ; savon kumquat bio… Quoi de commun entre tous ces produits ? La référence aux agrumes, bien sûr. Face à une telle créativité, nul doute qu’au rayon agrumes, notre traditionnel jus d’orange commence à faire pâle figure. Certes bien accroché à nos habitudes alimentaires, et très loin devant d’autres espèces, mais secoué par le vent d’exotisme qui porte, dans le panier à fruits, de nouveaux venus ou des variétés plus affichées au goût du jour, comme la tangérine ou le kumquat.

Mais ne cherchez plus seulement les agrumes dans la corbeille à fruits ou le frigo. Ouvrez les placards à balai, les armoires à pharmacie, les tiroirs de la salle de bain. Regardez autour de vous, du sol au plafond, des lieux les plus intimes aux pièces les plus vivantes : ils sont partout, ces agrumes. En flacon, en stick, en spray ou bombe aérosol, en gel ou en bloc. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse des arômes conjuguée à l’évocation des saveurs, ce qui fait le caractère des produits composant avec cette image de l’agrume.

Une présence rassurante, récurrente, mais qui tient à quoi, finalement. A la familiarité du produit, ou son exotisme, au contraire ? A l'esthétique des formes, des couleurs, des matières, si franches et si éclatantes dans la palette des agrumes ? Aux vertus réelles ou supposées de produits naturels dont les Anciens cultivaient déjà les bienfaits ? Et pourquoi pas mettre en avant les saveurs et les arômes qui donnent aux agrumes ce caractère si présent et tranché, dans notre alimentation de base, au point de colorer, dès l'enfance, notre imaginaire sensible.

Toujours en avance d'une arrière-pensée, le marketing ne pouvait manquer de jouer avec des notes aussi savoureuses pour donner une réalité augmentée, comme l'on dit aujourd'hui, aux produits. Un gain d'image et une caution qui débordent de très loin le périmètre de l'alimentaire, quand on regarde le rayon d'action des agrumes sur des territoires multiples : la beauté, la santé, la forme, l'hygiène ...

Mais, en toute logique, c’est d’abord dans l’alimentaire qu’il nous faut chercher la force du symbole qui nous fait aimer les agrumes pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire pour ce qu’ils nous font, dans la trajectoire symbolique entre saveur et valeur.


La saveur du symbole : La pensée magique transcende toujours la physique du produit. On ne quête pus seulement le peps dans le pulpe, mais la quintessence du pur et du premium. D’un geste, le zeste doit déclencher la sensation, révéler le goût dans sa vraie nature ou son caractère unique.

Conjuguer, par exemple, l’aromatique et le romantique, le pouvoir des odeurs et l’odyssée de la rêverie, éveillée par les senteurs propres aux agrumes. Avec toute la force requise par le symbole, l’image du fruit se joue des forces contraires et dépasse les contradictions. Tonic, light, soft (ça sonne toujours mieux en anglais), la note agrumes compose entre force vitale et relaxation totale. Ça décoiffe ou désoiffe, pétille ou apaise, de l’imaginaire ado aux papilles de papy.

Ainsi fonctionne le processus d’incorporation que vient déjà illustrer cette vieille sagesse ou antienne selon laquelle « on est ce que l’on mange ». Ce que rend mieux encore la langue de Goethe : « Man ist was man isst ». Fameux principe d’incorporation qui établit une correspondance directe, une relation de cause à effet, entre ce que nous avalons et ce que nous révélons de nous-mêmes.

Les fruits ont cette vertu de stimuler l’imaginaire. Si les agrumes occupent une place si importante, au niveau des images et des symboles, cela tient, pour beaucoup, à la nature qui se forge un caractère, à travers l’écorce, la pulpe, les saveurs douces et amères, sucrées et acides, jouant sur des notes à la fois subtiles et entières. A consommer telles quelles ou à intégrer à des recettes, histoire de typer le plat, d’exciter le goût ou de réveiller le palais, pendant que les parfums et les arômes travaillent de concert.

De l ‘apéritif au dessert, toute la syntaxe du repas peut s’accommoder de l’agrume, ou en faire un adjuvant essentiel du goût, qu’il s’agisse de rehausser une viande, un poisson, un légume. Il faut se faire violence pour ne pas citer, ici, des plats et des recettes inscrivant les agrumes dans la cuisine familiale comme dans les arts culinaires, si nous voulons garder le cap sur le symbolique et comprendre comment l’image des agrumes laisse son empreinte.

Car la gamme des saveurs alimentaires compose, avec les agrumes, tout un système de valeurs qui se déploie sur des axes particulièrement productifs, en termes de signification. Un axe vertical, du sensoriel au spirituel, de la physique des agrumes, à la chair si pulpeuse, juteuse, à la métaphysique du fruit chargé de symboles, des « pommes d’or » de la mythologie au fruit porte-bonheur de l’Asie. Un axe horizontal, de la fraicheur et du rafraîchissant, communément associés aux agrumes, avec une dimension solaire à l’autre pôle, dans l’association non moins automatique entre les agrumes et les fruits gorgés de soleil.

Un véritable condensé polysensoriel dont on va chercher à sublimer le capital gustatif et olfactif, mais aussi l’imaginaire tactile d’une matière en puissance, au-delà du visible et de la séduction du produit.


Des agrumes au pouvoir d’incorporation : Rappelons-nous le mot de Lévi-Strauss, une nourriture n’est pas seulement bonne à manger mais « bonne à penser » : dans sa composition, sa préparation, sa place dans l’organisation ou la hiérarchie sociale, son pouvoir dans l’ordre symbolique. Sous ce registre, les agrumes occupent une place privilégiée dans la condensation entre savoir et saveur (sapere). Ils illustrent combien la naissance d’une impression olfactive, gustative, procède ou conduit toujours à une connaissance. En régime solaire, ils concentrent des saveurs, une puissance aromatique, et, par leur composition même, de l’énergie, des forces vitales, des pouvoirs naturels, voire surnaturels, quand la pensée magique s’en mêle. Autant de qualités et de vertus incorporées à l’image des agrumes et possibles à réinvestir en dehors du monde alimentaire proprement dit.

Le glissement métonymique le plus naturel s’opère du monde alimentaire à celui de la santé. Comment se priver de tels bienfaits naturels et ne pas en extraire le meilleur, la quintessence ? Du goût, du corps, de l’écorce, que demander de mieux ? La santé, la pulpe pour palper le bien-être, le mieux-être. Le sens commun est familiarisé, de longue date, avec cette idée que les agrumes possèdent des vertus thérapeutiques. On quitte dès lors le terrain de l’agrumiculture pour celui de la culture savante, donnant une place de choix aux agrumes dans les encyclopédies de la phytothérapie, de l’aroma ou de l’olfactothérapie.

Cela commence tout simplement avec le bon produit vitaminé à l’orange, la reine des agrumes, dont tout le monde connaît ou imagine le profit quasi immédiat. Les bienfaits multiples de la vitamine C qui stimule et rééquilibre, favorise les réactions de défense de l’organisme et, s’il fallait chercher encore une justification, calme le stress. Avec ce bon goût en prime, qui nous fait avaler la pilule ou tolérer la poudre.

Mais la fibre médicinale se confirme avec les autres agrumes, ne serait-ce que le citron, réservoir lui aussi de vitamine C, ou la clémentine qui regorge, nous dit-on, de vitamines A, E, B, de potassium, de polyphénols, aux puissants effets antioxydants. Des noms certes indigestes mais ô combien rassurants.

A suivre toutes les recommandations, on voit donc que, par essence, les agrumes ne cultivent pas que la vitalité, mais jouent sur tous les registres du bien-être, entre temporalités relax et besoin de stimulation.


Au-delà de l’alimentaire : Parée de toutes les vertus, de la gamme étendue des saveurs, aux bienfaits multiples sur la santé, l’image des agrumes prolonge sa trajectoire symbolique dans un domaine particulièrement riche en sensations, en émotions, non plus par incorporation mais par attention au corps, à soi : les cosmétiques et, plus largement, les soins du corps.

L’image médicinale et le pouvoir de soigner font place à l’image du soin et de la séduction. Là encore, le pouvoir des agrumes est de soutenir le discours entre science et croyances. Des éléments nutritifs et des propriétés naturelles que personne ne conteste, mais la propension à nourrir aussi l’imaginaire, par le charme des arômes, des couleurs, des textures. Un monde de sensations pénétrantes, voire envoûtantes, si on se laisse bercer ou entraîner par le discours publicitaire qui en cultive l’enchantement. Rappelons qu’il se définit, dans sa vision romantique, comme la suspension de l’incrédulité, le désir de s’en laisser conter. Le capital sensoriel des agrumes, toutes sensations confondues, joue de cette synesthésie qui enrichit toujours plus notre imaginaire, bien au-delà de la simple représentation des fruits d’origine.

Au pays des agrumes, et du geste rituel, combien de baumes miracles, d’huiles rédemptrices, de crèmes régénérantes, pour pommader ou parfumer le quotidien ? Selon vos envies, un lait corporel aux zestes d’agrumes vous séduit par sa texture onctueuse et ses effluves discrètes. A moins de vous laisser tenter par la mandarine du Japon et son action éclaircissante, de nature à faire rayonner les traits de votre visage.

C’est fou, d’ailleurs, comme le marketing fouille dans l’imaginaire des saveurs et des arômes pour redonner, à nos produits, du pouvoir et de la magie. Sorti du frigo et du besoin alimentaire, la tentation du fruit est permanente, mais s’il est un domaine où l’imagination va bon train, sous le charme ou l’évocation des agrumes, c’est bien celui des produits ménagers. Des sensations possibles à vivre jusqu’au fond de l’évier, lorsque l’agrume combat la graisse mais préserve l’état de grâce de vos mains délicates. Dans ce registre le citron est exemplaire, mais l’évocation des senteurs du verger devient plus parlante, et si l’origine géographique nous est donnée, alors le produit à tout pour nous rassurer, dans l’accomplissement idéal des tâches ménagères.

Les nouvelles générations de produits ne se contentent plus de parfumer ou de désodoriser, mais rêvent de créer des atmosphères et d’agir sur nos sens tout en donnant une épaisseur de sens aux émotions ressenties. Par ses notes aromatiques, olfactives, l’agrume colore notre univers, lui ouvre un champ d’expansion imaginaire en même temps qu’il procure une sensation familière, fraîche ou chaleureuse. Certes, il y a encore du travail pour recréer la nature, mais les agrumes ont de quoi nourrir à plein cette sémiurgie. A jamais attachés au Jardin des Hespérides, ils ont ce pouvoir unique de réveiller nos croyances et de sublimer notre quotidien, ce qui tient, avouons-le, des travaux d’Hercule.

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Symbolisme onirique :


Sur le site Psychologie.com on trouve cette notice succincte :


Clémentine : De même symbolisme que l’orange (énergie sexuelle), il s’y ajoute un prénom féminin qui renvoie à une identité féminine clémente, et créatrice de cette énergie.

 



Symbolisme alimentaire :


Pour Christiane Beerlandt, auteure de La Symbolique des aliments, la corne d'abondance (Éditions Beerlandt Publications, 2005, 2014), nos choix alimentaires reflètent notre état psychique :


Le caractère des petites clémentines est comme suit : accepter (avant tout s'accepter soi-même, assimiler, avaler, digérer et lâcher prise... avec facilité. Tu ne t'opposes pas aux choses nouvelles qui entrent, à ce qui vient à toi dans a vie. Tu démantèles toute résistance. Il s'agit aussi, et en premier lieu, de la résistance à ton propre "devenir", à ton propre "être"..., à ta manière d' "être, à ton corps, à ta nature...

Tu te donnes toute la place dans la vie ! Par conséquent, tu donnes aisément "de la place" dans la vie à quelqu'un ou à quelque chose... Est-ce que tu ne tolères personne autour de toi, ou est-ce que tu lui donnes une place ? Est-ce que tu le repousses ? Alors pose-toi la question suivante : "Dans quelle mesure est-ce que je me repousse encore moi-même ? Est-ce que je m'aime suffisamment ou est-ce que je trouve qu'il y a en moi un aspect mauvais, pourri, vilain ?" Il s'agit ici de la mise en question fondamentale de la bonté, de la beauté du JE dans sa totalité ; l'être humain DOUTE qu'il ait droit à l'existence "tel qu'il EST"... il doute qu'il soit bien ainsi, qu'il puisse exister en tant que JE, avec les caractères qui lui sont propres.

La Clémentine indique que de nouvelles sortes d'énergies sont facilement assimilées dans son propre système, de manière que la nouvelle information et les nouvelles données ne restent pas sur l'estomac. Elle symbolise la facilité à intégrer, à accepter, à absorber, à s'élargir.

L'acceptation inconditionnelle et totale de soi-même, de sa propre individualité, de son corps,. L'être humain s'autorise à devenir plus "large" (au sens figuré, mais aussi au sens propre s'il est bon pour lui d'avoir des formes plus larges).


Celui qui désire goûter l(atmosphère de la petite Clémentine a besoin d'accélérer un peu ses processus d'assimilation, de digestion et d'évacuation ("lâcher prise") d'expériences, d'événements, d'informations et d'émotions ; il a surtout besoin de laisser tout cela s'intégrer dans sa personnalité totale, d'une manière souple et acceptable. Ici, il faut vaincre parfois son refus, sa résistance et ses doutes !

Il est possible qu'il reste d'abord récalcitrant à certaines choses, qu'il soit sceptique, hésitant ou méfiant ; dans une deuxième phase, il digère difficilement parce qu'il ne cesse de peser le pour et le contre, de réfléchir et d'avoir des doutes que le pas qu'il a fait ; troisièmement, il lâche difficilement prise par rapport à ce qu'il a digéré parce que l'aspect émotionnel qui s'y rattache peut encore subsister.

Dans ce contexte, le message fondamental de la Clémentine est celui-ci : "Ne doute pas de toi ! Accepte en premier lieu la grandeur, la beauté, l'ampleur et la force de ta propre personne Ne sois pas récalcitrant contre les trésors d'orque ton âme renferme ; ce n'est qu'ainsi, en te sentant plus à l'aise en et avec toi-même, que ton attitude envers le monde extérieur sera moins défensive, moins réticente, moins méfiante et soupçonneuse, et que tu auras moins de doutes à son égard. Ta certitude te permettra de sentir immédiatement : "Oui, je peux accepter cela, je dois l'absorber et l'intégrer", ou bien le contraire : "Je n'accepter pas cela, ici je pose mes limites." La petite Clémentine demande que se développe une Confiance en Soi solide, un sentiment de bien être dans sa Peau, pour pouvoir, sans la moindre hésitation, refuser ou accepter selon ce que tu sens devoir faire à partir de cette certitude intime.

Ce fruit demande que l'homme occupe entièrement son vaste espace, non seulement son corps, mais également son potentiel psycho-émotionnel. Qu'en quelque sorte il ne joue pas à cache-cache avec lui-même... Qu'il ne soit pas méfiant envers son propre Contenu, qu'il ne se considère pas avec des doutes. Est-ce qu'il se sent encore mal à l'aise dans on propre corps ? Est-ce qu'(il doute de son droit d'être qui il EST en son âme et en son corps... ? A-t-il peur de ne pas être assez bien ? De cette façon il est impossible pour lui de se mouvoir dans le monde extérieur de manière spontanée et détendue. Dans des cas extrêmes, on ne vit qu'à partir d'une base incertaine, en hésitant, en se repoussant soi-même, en étant trop timide parfois. On s'attarde trop longtemps à des choses vis-à-vis desquelles il vaudrait mieux lâcher prise directement, et par contre on continue à avoir des doutes quant aux éléments qu'on ferait bien d'intégrer entièrement...


Cet être humain peut certes faire des compliments, exprimer des louanges à son propre égard ! Il devra occuper son espace vaste et détendu ! La Clémentine lui dit également qu'il ne se rend pas compte de, ou qu'il ne reconnait pas encore, toute la portée et toutes les possibilités de son être vaste.

"Laisse venir ! Ne résiste pas aux nouvelles énergies, tout en abandonnant les choses vieilles, de sorte que le merveilleux renouveau puisse éclore en toi, puisse se manifester à toi ! Ne sois pas récalcitrant envers tes talents, envers tes possibilités généreuses ; ne les repousse pas dans un mouvement de scepticisme envers toi-même qui te 'rabaisse'."

La petite Clémentine elle-même est rayonnante, fière, ronde et franche : celui qui a envie de ce fruit fera bien d'accentuer ce caractère en lui-même !

La Clémentine incite l'être humain à laisser s'épanouir en lui encore plus de talents qu'il n'avait fait jusqu'à présent, à se laisser enfin "élargir" pour remplir l'espace complet de l'être qu'il est : dans toute son envergure et dans toute sa splendeur ! L'homme croit en lui-même, ce qui permet à toutes ses capacités de se faire jour et accélère le processus d'intégration, de digestion et d'évacuation (tant physiques que psychiques).


Celui qui se tient de façon incertaine sur ses propres jambes, qui doute de sa grandeur et de sa force, s'attachera anxieusement à certaines choses - ou bien il les évitera ; la Clémentine exhorte l'homme à ne plus ressentir d'angoisses, à développer une foi sans faille en son contenu grandiose et à se mouvoir dans la vie d'une façon aisée, flexible et intrépide. Et surtout : à abandonner ce à quoi il se raccroche dans le monde extérieur Il doit apprendre à lâcher prise avec souplesse !

"Laisse venir, laisser couler les choses !" nous crie la petite Clémentine, sans crainte. L'être humain ne se fuit plus : il reste présent dans toute l'étendue de son être et il est fier de lui-même. Maintenant il ne transpire plus, il ne retient ni ne garde les choses plus longtemps que nécessaire..., il ne se contracte plus dans un mouvement de doute envers lui-même.

Il est possible que dans le passé cet être humain ait souffert de selles en alternance douces et dures, de sensations en alternance de froid et de chaleur ; la fièvre et les frissons ramènent l'homme dans son corps terrestre, parce qu'il était trop tendu, trop crispé dans la vie. Il était trop peu lui-même, laissait sa manière d'être encore trop dépendre de son entourage social, donnait trop de puissance aux autres, avait une relation d'amour trop faible avec son corps.

Le besoin de Clémentines indique à l'homme qu'il doit vivre tout CALMEMENT à partir de lui-même, sans se soucier du monde extérieur, sans faire dépendre des autres ni son sentiment de bien-être ni son style de vie. Il occupe à présent entièrement sa place et tait tout à son aise, sans se laisser pourchasser par les "attentes" des autres.


Celui qui a un très grand besoin de Clémentines se doit d'entendre le signal de la sonnette d'alarme qui l'enjoint à se défaire de son cramponnement à certaines choses et à certaines gens. Il est extrêmement urgent qu'il arrête de se mettre à la deuxième place : il se dirigera en tout premier lieu vers ses propres profondeurs et se mettra à vivre à partir de son noyau pur. Il cesse d'avoir besoin de l'approbation des autres en ce qui concerne sa manière d'Être, car il croit maintenant en la bonté et en la beauté de son être ! La Clémentine ne veut plus être le témoin des heurs et malheurs du monde, mais bien de son moi intime. L'être humain fera bien désormais de se sentir très chaleureusement concerné par lui-même. "Que tu te sentes bien et Sûr de Toi", lui souhaite ce fruit. "Unis-toi uniquement à toi-même, à ton corps, sens-toi chez toi dans la maison douillette qu'est ton corps. Faut pas te sentir mal à l'aise : sois toujours Toi-Même ! Sois fier de toi-même-en-union-avec-ton-corps ! Sens-toi à l'aise ; cela aura pour conséquence que personne ne pourra te désarçonner. l'amour de soi mène à l'invulnérabilité : la symbolique des "bleus" est ainsi résolue.


L'être humain prendra conscience qu'il ne DOIT pas participer à quelque chose dont il n'a pas du tout envie. Il occupe SA place et ne permet à personne d'autre - à aucun "parasite" - d'occuper cet espace. Ses frontières s'élargissent et les gens qui n'ont pas leur place dans sa "maison", dans son entourage, disparaissent d'eux-mêmes. A présent il a dissipé son Incertitude.

"Que tu te sentes LIBRE en toi-même : prends ta vie en mains et ne permets à personne de t'imposer quoi que ce soit. Ose être toi, te manifester tel que tu ES. Sois FIER de toi et ne t'accroche à rien ni personne.

Ne sois plus HÉSITANT dans la vie, chasse ces angoisses inconscientes en choisissant en faveur de toi-même, de la Ve, en ayant confiance en toi. Aime-toi de tout ton cœur, aime chaque élément de ton corps, et prends possession de tout ton espace !" Voilà ce que proclame la Clémentine avec force.

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Littérature :


Clémentine


Cette petite boule dorée sœur de la mandarine

comme la boule de neige fait la joie des humains

tout comme celles de noël qui décorent le sapin

elle réchauffe le cœur quand on la tient en main

Sa peau fine et fragile comme une terre d’argile

Vous laisse entre les doigts un parfum de soleil


Alain Hannecart

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