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  • Anne

La Vallisnérie




Étymologie :

  • VALLISNÈRE, VALLISNAIRE, VAL(L)LISNÉRIE,(VALLISNÉRIE, VALLLISNÉRIE), subst. fém.

Étymol. et Hist. 1770 valisneria ([H. G. Duchesne et P. J. Macquer], Manuel du naturaliste, Paris, G. Desprez, p. 547 a) ; 1808 valisnière (Boiste) ; 1822 vallisnérie (Nouv. Dict. méd., Paris, Méquignon-Marvis d'apr. Lar. Lang. fr.) ; 1828 vallisnère (Mozin). Du nom du médecin et naturaliste ital. Antonio Vallisnieri [1661-1730], par l'intermédiaire d'un lat. sc. vallisneria (1729, P. A. Micheli, [Nova Plantarum genera, Florence] d'apr. Rob.).


Lire également la définition du nom vallisnère afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Vallisneria americana ; Herbe à la barbotte ; Vallisnérie américaine ; Vallisnérie d'Amérique ; Vallisnérie géante ;

Vallisneria natans ; Vallisnérie asiatique ; Vallisnérie d'Asie ;

Vallisneria spiralis ; Valisnère spirale ; Vallisnérie spiralée ;

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Botanique :


La vie d'un brin d'herbe (Paris, P. Brunet Libraire-Éditeur, 1869) de Jules Mace propose un panorama botanique de nombreuses plantes herbacées :


Le phénomène le plus remarquable de la fécondation est celui qui se manifeste chez la vallisneria spiralis, phénomène auquel on a donné le nom poétique de : Noces de la Vallisnérie. Cette plante que l'on rencontre dans les eaux stagnantes en Italie, en France et en Espagne est une plante dioïque et par conséquent, le végétal mâle et le végétal femelle sont séparés.

Le pédoncule de la plante mâle est très court et porte un grand nombre de fleurs dépourvues de gynécée et qui sont enveloppées par un spathe hermétiquement clos de toutes parts. La fleur de l'oignon femelle a, au contraire, un pédoncule très long, formé par plusieurs tours de spire enroulés sur eux-mêmes. On observe alors qu'à l'époque de la fécondation les pédoncules de la fleur femelle se déroulent de façon qu'elle arrive facilement à la surface de l'eau où elle reste flottante ; c'est à ce moment que le spathe se déchirant, le pédoncule de la fleur mâle se rompt, et celle-ci vient alors nager à la surface de l'eau sous forme d'une perle blanche et s'ouvre au contact de la fleur femelle. Alors la fécondation s'opère, aussitôt qu'elle a eu lieu, la fleur femelle enroule de nouveau son pédoncule et retourne au fond de l'eau.

N'y a-t-il pas dans ces noces de la vallisneria spiralis le sujet d'un poème admirable ? Ce phénomène n'est-il pas capable d'éveiller la curiosité des plus indifférents ?

 

Georges Lebouc, auteur d'un ouvrage intitulé 2500 noms propres devenus communs. (Éditions Primento, 2014) nous précise une spécificité de la valisnère :


La vallisnérie est une plante qui se caractérise surtout par son mode de fécondation : dès que les fleurs femelles sont fécondées, elles s'immergent aussitôt. Le développement de l'embryon et du fruit se fait donc sous l'eau. Cette plante doit son nom au botaniste italien Vallisneri (fin XVIIe siècle). Littré propose valisnérie ou valisnère, à côté de vallisnérie, qu'il préfère.

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Usages traditionnels :


François Couplan, auteur de Le Régal végétal : plantes sauvages comestibles (Éditions Sang de la Terre, 2009) nous apprend que la vallisnérie spiralée est comestible :


Les jeunes feuilles seraient parfois mangées en salade dans l'est de l'Asie, où la plante est également native.




Symbolisme :


Emma Faucon, dans Le Langage des fleurs (Théodore Lefèvre Éditeur, 1860) s'inspire de ses prédécesseurs pour proposer le symbolisme des plantes qu'elle étudie :


Valisnérie spirale - Amour coquet.

Cette singulière fleur, dont la tige est roulée en spirale, reste constamment sous l'eau jusqu'au moment où elle doit produire . Alors la spirale se déroule et la fleur arrive à la surface des eaux ; le phénomène de sa floraison est ainsi décrit :

Le Rhône impétueux, sous son onde écumante,

Durant six mois entiers nous dérobe une plante

Dont la tige s'allonge en la saison d'amour,

Monte au-dessus des flots et brille aux yeux du jour.

Les mâles, dans le fond jusqu'alors immobiles,

De leurs liens trop courts brisent les nœuds débiles,

Volent vers leur amante et, libres de leurs feux,

Lui forment sur le fleuve un cortège nombreux.

On dirait une fête où le dieu d'hyménée

Promène sur les flots sa pompe fortunée ;

Mais les temps de Vénus, une fois accomplis,

La tige se retire en rapprochant ses plis,

Et va mûrir sous l'eau sa semence féconde. CASTEL.

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Mythologie :


D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


AVAKA ou ÇiPALA, ou ÇAIVALA, noms sanscrits d'une plante indienne, identifiée avec la Blyxa octandra Rich. Dans les cérémonies funéraires indiennes décrites par Açvalayana (IV, 4), cette plante semble jouer un rôle essentiel. On la place dans un creux que l'on pratique au nord-est du Feu Ahavaniya, et on prétend que l'âme du trépassé passe par ce creux et monte avec la fumée au ciel. D'après l'Atharvaveda (IV, 37), les Gandharvàs mangent de cette plante ; rien d'ailleurs de plus naturel, puisque l'avakâ ou çîjidia estime plante aquatique, et il est bien connu que le domaine des gandharvâs (ceux qui marchent dans les parfums, dans l'onguent, cf. dans ma Mythologie des animaux le chapitre sur l'âne, où l'on parle de l'onokentauros) est l'eau. Dans le Rigveda (X, 68), il est dit que l'on chasse par la lumière l'obscurité de l'atmosphère, ainsi que le vent emporte le çîpâla sur les eaux. Sans doute, le çîpâla représente ici le sombre nuage ; ainsi que le vent chasse le nuage de l'océan céleste, de même il pousse sur les eaux l'herbe aquatique qui donne la nourriture aux gardiens des eaux, aux gandharvâs. Le mythe est transparent.

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