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  • Anne

La Scille maritime





Étymologie :

  • SCILLE, subst. fém.

Étymol. et Hist. xiiie s. esquille (Simple medicines, fo 37 rods DG) ; xve s. squille (Le Grant Herbier, n° 461, J. Camus ds Gdf. Compl.) ; 1549 scille (L. Fousch, Commentaires de l'hystoire des plantes, 40b ds R. Ling. rom. t. 42, p. 452). Empr. au lat. scilla (empr. au gr. σ κ ι ́ λ λ α), qui a d'abord désigné la scille ou oignon marin, puis des plantes à bulbe (v. André Bot.).


Lire également la définition du nom scille afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Scilla maritima ; Drimia maritima ; Fausse-seille ; Jacinthe de mer ; Oignon marin ; Ornitogale de mer ; Ornithogle ; Scille de mer ; Scille officinale ; Squille ; Squigne ; Urgine de mer ; Urgine scille ; Urginée ; Urginée fausse-scille ; Urginée maritime ;

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Botanique :


Monographie sur la scille maritime, proposée par Meryem El Fennouni dans sa thèse intitulée Les plantes réputées abortives dans les pratiques traditionnelles d’avortement au Maroc. (Université Mohammed V, faculté de médecine et de pharmacie - Rabat, 2012).


Scille
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Usages traditionnels :


D'après les travaux de Victoria Hammiche, Rachida Merad, Mohamed Azzouz, et al. consignés dans Plantes toxiques à usage médicinal du pourtour méditerranéen. (Springer Paris, 2013) :


Usages traditionnels : En médecine traditionnelle maghrébine, la scille reste assez utilisée. La décoction du bulbe dans l'huile d'olive est utilisée pour ses propriétés anti-asthmatiques et expectorantes dans les affections respiratoires, car elle augmente toutes les secrétions, notamment les secrétions bronchiques.

En fumigations vaginales, Ie bulbe, broyé dans l'huile d'olive et mélangé à d'autres ingrédients, est prescrit pour traiter la stérilité et comme abortif.

Toujours en fumigations, il est utilise comme antiseptique intra-utérin pour soigner les affections gynécologiques et en post-partum ; Ie même mode d'administration est recommandé dans Ie traitement des crises hémorroïdaires.

Les squames, appliquées en pansement sur les plaies infectées, favorisent la guérison.

Elle est, parfois, employée comme abortif et aphrodisiaque. Le liquide, extrait du bulbe broyé, est utilisé pour traiter les tumeurs cutanées et les verrues.


Utilisations thérapeutiques : La scille est une drogue très ancienne, connue des Egyptiens, des Grecs et des Arabes. Dioscoride, Pline et Galien connaissaient ses effets cardiotoniques et diurétiques. Elle sort de l'oubli au XXe siècle grâce aux travaux de Stoll et Tissot qui lui ont permis d'être de nouveau prescrite dans les affections cardiaques, si Ie malade ne réagissait pas à la digitaline ou entre deux cures digitaliques.De nombreuses préparations, yin, vinaigre, teinture, papiers révulsifs et poudre, étaient très largement utilisées et la proscillaridine A, hétéroside cardiotonique utilisable par voie orale, a été commercialisée jusqu'aux années 1990.


Utilisations raticides : Les scilles qui renferment du scilliroside, généralement les scilles rouges, ont des propriétés raticides.

Jusque dans les années 1960, les écailles rouges desséchées ont été largement exportées par l'Algérie vers l'Europe et les Etats-Unis car Ie scilliroside est un raticide de choix ; en effet, il présente, sur les raticides classiques, deux avantages intéressants : d'abord, il agit sur Ie système nerveux central des rongeurs comme convulsivant et, comme il n'est pas émétisant pour Ie rongeur, Ie poison est conservé dans l'estomac et peut continuer son action ; ensuite, Ie rongeur intoxiqué ne se décompose pas, il est momifié (1), ce qui est un gros avantage dans la dératisation des silos.

Plusieurs préparations rodenticides sous forme de blocs et de granules, titrant 0,02 à 0,03 % de scilliroside, existent dans Ie commerce en Europe et dans Ie Nord de l'Afrique.


Note : 1) Le nom vernaculaire berbère « Faraoun », qui désigne Ie pharaon, ferait référence à cette momification.

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Symbolisme :


Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), la Scille maritime (Scilla maritima) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Masculin

Planète : Mars

Élément : Feu


Pouvoirs : Gains matériels.


Utilisation magique : La particularité de cette plante est un bulbe énorme, de la forme et de la dimension d'une grosse betterave, pesant parfois plusieurs kilos. On peut en faire la culture sur carafe, exactement comme on le fait avec la plupart des fleurs à bulbe. On met une pièce de monnaie dans l'eau de culture, on pose l'oignon sur le col de la carafe ou du vase, et on traite la « jacinthe de mer » comme les autres jacinthes, c'est-à-dire qu'on la laisse dans l'obscurité (cave ou placard) pendant six semaines à deux mois, pour ne la sortir que lorsque les feuilles sont bien apparentes et que les racines ont atteint dix à quinze centimètres. Cette phase d'enracinement terminée, on sort la Seille de son « cachot » et on la rentre dans la maison où elle est exposée cette fois en pleine lumière pour tout le temps que durera son épanouissement.

Une Seille cultivée de cette façon, avec une pièce de monnaie dans ses racines, est porte-chance.

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Mythes et légendes :

D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


SCILLA. — Oignon marin (Scilla maritima L.), consacré au dieu Typhon en Égypte. A Péluse, il y avait même un temple en son honneur ; les momies des femmes égyptiennes la tiennent souvent à la main, symbole probable de génération perpétuelle. On la plantait sur les tombeaux ; on la suspendait dans les maisons, pour en éloigner les mauvais esprits. En Arcadie, dans la fête du dieu Pan, on jetait l’oignon marin sur la statue du dieu.

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