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  • Anne

La Polémoine




Autres noms : Polemonium caeruleum ; Bleu-or ; Échelle de Jacob ; Échelle du ciel ; Herbe de barrière ; Polémoine bleue ; Polémoine céruléenne ; Valériane grecque ;




Botanique :




Symbolisme :


Louise Cortambert et Louis-Aimé Martin, auteurs de Le langage des fleurs. (Société belge de librairie, 1842) nous livrent rapidement leur vision de cette plante :


POLEMOINE - RUPTURE.

Pline assure que plusieurs rois se sont disputé l'honneur d'avoir trouvé la Polémoine ; ce qui fit donner à cette plante le nom de Polémos, qui signifie Guerre.

 

Dans Les Fleurs naturelles : traité sur l'art de composer les couronnes, les parures, les bouquets, etc., de tous genres pour bals et soirées suivi du langage des fleurs (Auto-édition, Paris, 1847) Jules Lachaume établit les correspondances entre les fleurs et les sentiments humains :


Polémoine - Rupture.

Pline assure que plusieurs rois se sont disputé l’honneur d’avoir découvert cette plante, ce qui l’a fait appeler Polémoine, du grec Polémos, combat.

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Mythologie :


Dans le chapitre 28, versets 10-22 de la Genèse (version Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones), on peut lire l'épisode du songe de Jacob :


10 Jacob partit de Bershéba et se dirigea vers Harane.

11 Il atteignit le lieu où il allait passer la nuit car le soleil s’était couché. Il y prit une pierre pour la mettre sous sa tête, et dormit en ce lieu.

12 Il eut un songe : voici qu’une échelle était dressée sur la terre, son sommet touchait le ciel, et des anges de Dieu montaient et descendaient.

13 Le Seigneur se tenait près de lui. Il dit : « Je suis le Seigneur, le Dieu d’Abraham ton père, le Dieu d’Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je te la donne, à toi et à tes descendants.

14 Tes descendants seront nombreux comme la poussière du sol, vous vous répandrez à l’orient et à l’occident, au nord et au midi ; en toi et en ta descendance seront bénies toutes les familles de la terre.

15 Voici que je suis avec toi ; je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai sur cette terre ; car je ne t’abandonnerai pas avant d’avoir accompli ce que je t’ai dit. »

16 Jacob sortit de son sommeil et déclara : « En vérité, le Seigneur est en ce lieu ! Et moi, je ne le savais pas. »

17 Il fut saisi de crainte et il dit : « Que ce lieu est redoutable ! C’est vraiment la maison de Dieu, la porte du ciel ! »

18 Jacob se leva de bon matin, il prit la pierre qu’il avait mise sous sa tête, il la dressa pour en faire une stèle, et sur le sommet il versa de l’huile.

19 Jacob donna le nom de Béthel (c’est-à-dire : Maison de Dieu) à ce lieu qui auparavant s’appelait Louz.

20 Alors Jacob prononça ce vœu : « Si Dieu est avec moi, s’il me garde sur le chemin où je marche, s’il me donne du pain pour manger et des vêtements pour me couvrir,

21 et si je reviens sain et sauf à la maison de mon père, le Seigneur sera mon Dieu.

22 Cette pierre dont j’ai fait une stèle sera la maison de Dieu. De tout ce que tu me donneras, je prélèverai la dîme pour toi. »

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Adel Aloui auteur d'un article intitulé « Le « feu sage » invisible dans la relation acteur-organisation », (in Management & Avenir, vol. 29, no. 9, 2009, pp. 76-87) étudie les relations entre Polémos et Eros :


Eros et Polemos dans la mythologie grecque : un bref aperçu

Dans la mythologie grecque, Eros est le dieu de l’Amour. Depuis l’ère archaïque jusqu’à l’époque alexandrine et romaine, sa personnalité a beaucoup évolué pour prendre diverses figures. « Dans les plus vieilles théogonies, Eros était considérée comme un dieu né en même temps que la terre et sorti directement du chaos primitif » (Grimal, 1969). Plusieurs mythes furent imaginés lui donnant des généalogies différentes, mais Eros demeura toujours une force fondamentale du Monde assurant la continuité des espèces et la cohésion interne du Cosmos. Il s’agit là de la signification essentielle d’Eros malgré les légères différences de sa conception. « Le plus important n’est pas la manière, la forme : c’est le fond » (Aktouf, 1990).

Polemos, quant à lui, serait la fille d’Eris (discorde) source de conflit, de lutte et d’antagonisme. « Il est le père de toutes choses, le roi de toutes choses. Des uns il a fait des dieux, des autres il a fait des hommes. Il a rendu les uns libres, les autres esclaves » (Brun, 1965). Le concept de Polemos considère que justice et progrès sont le résultat de lutte et que « toutes choses naissent selon la lutte et la nécessité » (Brun, 1965). Il légitime la division en vainqueurs et vaincus et cautionne une vision offensive et agressive du monde. Polemos voit dans le confl it et dans la lutte une violence bienfaisante ; « tout ce qui est grand se dresse dans la tempête » et « dans la confrontation advient le monde ». Eros et Polemos forment un couple à la fois antagoniste et complémentaire ; Empédocle associait ce couple comme fondements du cosmos et principes, d’une part, de liaison donnant forme et vie au monde et, d’une autre part, de division par lequel l’inerte reprend ses droits. [...]


a) Des rapports d’opposition :

Dans les rapports qu’ils entretiennent, Eros et Polemos représentent, tout d’abord, un couple de contraires. Tandis qu’Eros est une force unificatrice qui donne forme et vie, Polemos est une agressivité positive, combat et lutte13. Ces deux concepts sont donc opposés et perçus, naturellement, comme antagonistes. Le premier est symbole d’une unité fédératrice autour des intérêts et des objectifs, le deuxième est symbole de divergence et de désaccord. [...]

b) Des rapports de causalité et d’oxymore :

Outre les rapports d’antagonisme qui les opposent, Eros et Polemos tiennent également des rapports de causalité et d’oxymore. Cette idée nous renvoie à la question philosophique : l’amour peut-il côtoyer la haine ? [...]


En termes de causalité, et toujours par rapport aux situations conflictuelles, l’intérêt porté aux vertus régulatrices des conflits n’est pas nouveau (Reynaud, 1979 ; 1988 ; 1999), (Groux, 1996 ; 1999). Lorsque les intérêts divergent et les volontés particulières ne trouvent pas de terrain d’entente, le conflit peut jouer un rôle de régulation. Selon Smelser, le conflit a une fonction de réduction des tensions qui portent sur des normes, des valeurs, des dysfonctionnements organisationnels ou des déficits institutionnels (Smelser, 1962). Une forme de causalité entre une situation polémique et une situation érotique (situation avec moins de tensions et plus de partage de visions) peut alors être imaginée. Là, il ne faut pas oublier, que d’après certaines vieilles théogonies, la naissance même d’Eros est faite à l’issue d’un chaos : « Eros est sorti directement du chaos primitif, et c’est comme tel qu’il était adoré, à Thespies, sous la forme d’une pierre brute » (Grimal, 1969).

Ce rapport de causalité peut exister dans les deux sens ; une situation érotique peut être l’origine d’une situation polémique. En amour par exemple, à la fois on aime un être et on peut lui en vouloir inconsciemment de nous contraindre à tant dépendre de lui. D’où le fait que l’on puisse essayer de faire souffrir l’être aimé.

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