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La Lobélie




Étymologie :

Étymol. et Hist. a) 1747 lobélia (James Méd.) ; b) 1778 lobélie (Lamarck Flore fr., 928). Empr. au lat. des botanistes lobelia, terme créé par Linné en l'honneur du botaniste flamand Matthias de Lobel [1538-1616]. Le mot est attesté en angl. dès 1739 (NED).


Lire également la définition du nom lobélie afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Lobelia urens ; Cardinale caustique ; Cardinale des marais ; Herbe à la haxe ; Lobélie âcre ; Lobélie velue ; Poison de Sologne.




Botanique :


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Propriétés :


D'après Robert Chênevert et Pierre Morin, auteurs de "Synthèse de la lobéline via désymétrisation enzymatique de la lobélanidine." paru dans APPLICATIONS DES LIPASES EN SYNTHESE ÉNANTIOSÉLECTIVE, (2010), p. 84 :


La lobeline est le principal alcaloïde de la lobélie gonflée (Lobelia inflata, le qualificatif «gonflée» ou « enflée » se réfère au fruit), une plante herbacée commune dans le Nord-est de l'Amérique du Nord que l'on retrouve au Québec dans les sols humides et les tourbières1 . Les autochtones s'en servaient comme plante médicinale et fumaient les feuilles séchées en remplacement du tabac, d'où son nom commun de tabac indien. Les colons américains ont adopté ces traditions et au 19e siècle, son usage était très répandu aux États-Unis et en Angleterre. On s'en servait comme stimulant respiratoire et expectorant (asthme, bronchite), vomitif et antispasmodique. Toutefois, les abus et les dosages imprécis se sont soldés par des empoisonnements et l'usage est tombé dans l'oubli.

De nombreuses études récentes ont permis d'élucider les multiples modes d'action de la lobéline . C'est un ligand des récepteurs neuronaux nicotiniques du neurotransmetteur acétylcholine, ce qui explique ses effets similaires à ceux de la nicotine du tabac. C'est aussi un antagoniste des récepteurs opiacés. La lobéline a une grande affinité pour les protéines assurant le transport et le stockage dans les vésicules synaptiques des neurotransmetteurs de type monoamine : sérotonine, dopamine, norépinephrine. Ces mécanismes d'action font de la lobéline un composé modèle (tête de série) pour le développement de médicaments pour traiter la dépendance aux psychostimulants (tabagisme, amphétamine, opiacés) " et plusieurs problèmes neurologiques tels que la dépression, la maladie de Parkinson ou la maladie d'Alzheimer1 " .

Les quelques synthèses énantiosélectives de la lobéline sont pour la plupart très récentes et résultent de l'intérêt de ce produit naturel en pharmacologie. Deux synthèses ont été développées en parallèle avec les travaux rapportés dans ce chapitre. Il est intéressant de constater que ces trois synthèses font appel à diverses désymétrisations de la lobélanidine.

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Symbolisme :


Dans Les Fleurs naturelles : traité sur l'art de composer les couronnes, les parures, les bouquets, etc., de tous genres pour bals et soirées suivi du langage des fleurs (Auto-édition, Paris, 1847) Jules Lachaume établit les correspondances entre les fleurs et les sentiments humains :


Lobélie du cardinal - Bonne pensée.

C’est le rouge écarlate de sa fleur qui lui vaut la moitié de son nom ; elle signifie bonne pensée, parce qu’un cardinal est censé n’avoir des pensées que de cette espèce.

 

Selon Pierre Zaccone, auteur de Nouveau langage des fleurs avec la nomenclature des sentiments dont chaque fleur est le symbole et leur emploi pour l'expression des pensées (Éditeur L. Hachette, 1856) :


LOBÉLIE DU CARDINAL - AMOUR DU PROCHAIN.

Plante campanulacée. Les racines de la lobélie ou cardinal bleu, originaire de la Virginie, sont employées en Amérique, contre certaines affections.

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Dans son Traité du langage symbolique, emblématique et religieux des Fleurs (Paris, 1855), l'abbé Casimir Magnat propose une version catholique des équivalences symboliques entre plantes et sentiments :


LOBÉLIE CARDINALE - AMOUR DU PROCHAIN.

Donnez et l'on vous donnera et on vous servira une bonne mesure, pressée, entassée, qui se répandra par dessus ; car on se servira pour vous de la mesure que vous aurez employée pour les autres.

Luc : VI, 3, 8,

Les lobélies sont des plantes très belles pour la plupart, mais que les botanistes anciens ont fort peu connus. Une espèce de ce genre bien remarquable c'est la lobélie cardinale qui croit naturellement aux lieux ombragés de la Virginie et qui a été envoyée du Canada en France d'où elle a été communiquée aux Anglais en 1529. Elle se propage ou de bouture ou par l'éclat des pieds en automne ou bien encore de graines. On lui a donné le nom de cardinale à cause du rouge éclatant de ses fleurs nombreuses qui parent les jardins d'Europe en août et septembre.

RÉFLEXION.

On peut définir la charité : un mouvement de l'âme qui la porte à jouir de Dieu.

(SAINT AUGUSTIN, Livre de la doctrine chrétienne.)

La charité est la plus grande de toutes les vertus ; elle fait approcher jusqu'au trône de Dieu ceux qui la pratiquent.

(SAINT CHRYSOSTOME, Homélies.)

Celui qui a une vraie et parfaite charité ne se recherche en rien ; mais il désire uniquement que tout tende à la gloire de Dieu.

(L'Imitation de J.-C . 1, 15.)

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Selon le site http://healthmedicinet.com/ :


Les Amérindiens fumaient la lobélie pour soulager les troubles des voies respiratoires et ils la consommaient pour provoquer le vomissement en cas d'empoisonnement. Les Thomsoniens, un groupe d'herboristes américains du XIXe siècle, tenaient la plante en grande estime, ce qui leur valut le surnom de Lobelia Doctors.

La médecine éclectique (une approche médicale parallèle à la médecine officielle, qui a eu cours en Amérique au XIXe siècle et au début du XXe siècle) favorisait un extrait à base de vinaigre pour cette plante. On trouvait alors un certain nombre de préparations commerciales renfermant de la lobélie mélangée à d'autres plantes, notamment au piment de Cayenne, à la pulmonaire, à l'éphédra et à la réglisse.

Plus récemment, des produits en vente libre destinés à aider les personnes qui désiraient se sevrer du tabac contenaient de la lobélie. En 1993, la FDA a retiré du marché tous ces produits en vente libre, quelle que soit leur composition, jugeant que les données cliniques sur leur efficacité étaient insuffisantes.

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Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), la Lobélie brûlante (Lobelia urens) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Féminin

Planète : Saturne

Élément : Eau

Pouvoirs : Charmes marins ; Passion-attachement.

Partie toxique : Le suc laiteux, surtout abondant dans la forte tige centrale ; il faut néanmoins s'abstenir de toucher aux feuilles, épaisses, poilues, qui causent des éruptions, des démangeaisons douloureuses et tenaces.


Utilisation rituelle : Un curieux charme marin des Indiens de la côte- Pacifique faisait appel à la variété américaine de Lobélie brûlante (Lobelia inflata) pour détourner les tempêtes, les ouragans. Un groupe intrépide partait en pirogue à la rencontre de la tornade ; lorsque celle-ci n'était plus qu'à cinq ou six kilomètres, un chaman lançait dans les rafales de vent des poignées d'une poudre magique faite avec des Lobélies séchées et broyées avec les écailles de certains poissons. La tornade, affirmaient ces Indiens, s'élançait à la poursuite de cette poudre et se détournait, de la côte.


Utilisation magique : Les sommités fleuries et le « lait » des hautes Lobélies vénéneuses (il existe des variétés ornementales très petites et inoffensives) entrent dans des charmes destinés à provoquer artificiellement l'amour-passion-attachement. Il s'agit de rites de magie noire nuisibles à la personne humaine, et qui finissent tôt ou tard par se retourner contre l'imprudent, ou l'inconscient, qui joue avec ces forces incontrôlables.

Les nécromanciens se sont beaucoup servis de cette plante

 

Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend, à l'entrée Lobélie brûlante, que :


Les sommités fleuries et le suc laiteux de cette plante exotique (dont le contact des feuilles provoque éruptions et démangeaisons douloureuses) sert aux charmes censés provoquer l'amour et la passion.

Les Indiens de la côte Pacifique recouraient à la variété américaine de Lobélie brûlante (Lobelia inflata) pour détourner tempêtes et ouragans : « Un groupe intrépide partait en pirogue à la rencontre de la tornade ; lorsque celle-ci n'était plus qu'à cinq ou six kilomètres, un chaman lançait dans les rafales de vent des poignées d'une poudre magique faite avec des lobélies séchées et broyées avec les écailles de certains poissons. La tornade, affirmaient ces Indiens, s'élançait à la poursuite de cette poudre et se détournait de la côte. »

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