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  • Anne

L'Arbre à saucisses




Autres noms : Kigelia africana ; Nsodzoa, le phallus d’éléphant ; Saucissonnier




Bienfaits thérapeutiques :


A.-M. Vergiat dans "Plantes magiques et médicinales des Féticheurs de l'Oubangui (Région de Bangui) (3e partie)." (In : Journal d'agriculture tropicale et de botanique appliquée, vol. 16, n°9-10, Septembre-octobre 1969. pp. 418-456) précise les vertus d'une des variétés de saucissionnier :


Kigelia africana (Bth) var. elliptica (Sprague) Sill.

Awolongo (B), Dumbele (M), Zolombele (G), Ngoro boro (M), Molo mofiti (L). Nom générique « Saucissonnier ».

Arbre de forêt et de galerie, à bois dur, port divariqué des tiges à l'extrémité des branches. Floraison : fleurs rouges en octobre-novembre. Le fruit est court, une fois et demie plus long que large.

L'écorce, très épaisse, du tronc est employée dans le traitement de la blennorragie. Les cendres de l'écorce, mêlées à du sel indigène, sont appliquées sur les abcès.

Selon Komlan Batawila, Dodji Aménoudji, Kouami Kokou et al. auteurs d'un article intitulé "Quelques données ethnobotaniques sur la flore togolaise." (Acta Botanica Gallica, 2007, vol. 154, n°3, pp. 407-422) :


Des enquêtes ethnobotaniques menées sur trois principaux marchés de plantes médicinales à Lomé (Togo) ont permis de recenser 141 espèces utilisées dans le traitement de 174 affections dont les plus fréquentes sont : paludisme, anémie, ulcère gastrique, troubles de conception, hémorroïdes, toux, rhumatisme et constipation. 41 recettes ont pu être enregistrées. Les plantes sont employées isolement ou en association. Différents organes ou parties de plantes sont utilisés dans les différents remèdes. La plupart des revendeurs sont des femmes. La connaissance des vertus des plantes est transmise généralement de parents à enfants, oralement et par apprentissage.

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Infections gastriques : Décocté de feuilles de Anogeissus leiocarpus (Combretaceae) ou d'écorce de tronc de Vitellaria paradoxa (Sapotaceae) ou d'écorce de tronc de Kigelia africana (Bignoniaceae) ou de Erythrina senegalensis (Fabaceae) ou de racines de Lannea microcarpa (Anacardiaceae) ; boire un verre 2 à 3 fois /jour.

[...]

Stérilité féminine : Fruits de Kigelia africana (Bignoniaceae) et feuilles de Annona senegalensis (Annonaceae).

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Symbolisme :


A.-M. Vergiat dans "Plantes magiques et médicinales des Féticheurs de l'Oubangui (Région de Bangui) (3e partie)." (In : Journal d'agriculture tropicale et de botanique appliquée, vol. 16, n°9-10, Septembre-octobre 1969. pp. 418-456) précise l'emploi d'une des variétés de saucissonnier dans l'initiation des jeunes :


Kigelia africana (Bth) var. typica Sill.

Awolongo (B), Dumbele (M). Nom générique « Saucissonnier ».

Arbre de savane, a un peu le port du pommier.

Fructification : nombreux fruits allongés, de grande taille, légèrement aplatis, charnus, nombreuses graines à l'intérieur.

Ce sont des graines de ce fruit, ainsi que celles d'autres espèces, qui sont données à chaque sémali et qu'ils doivent avaler, lors de leur entrée dans le bada d'initiation au culte de Ngakola. Cette absorption cause un gonflement caractéristique du ventre à tous les néophytes et ils restent ainsi pendant toute la première lune de leur initiation, ensuite le chef de la société secrète leur donne à consommer le remède antidote : une décoction des racines de wakawaka, Euphorbiacée, Pycnocoma minor.

Parfois, dans les plantations de maïs des indigènes de race Mbwaka, on trouve des fruits de cet arbre attachés à un plant afin que la récolte soit bonne et les épis de maïs aussi gros que ce fruit (principe de similitude).

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Dans "Le symbolisme de la forêt et des arbres dans le folklore." (Perception des forêts. Unasylva, 2003, vol. 213, n°54, pp. 37-43), Judith Crews nous apprend que :

Il est banal de dire que l’arbre et la forêt jouent un rôle important dans le sacré et le mystère de nombreuses populations. Il est également difficile de se livrer à des généralisations hâtives dans un tel domaine car les valeurs sacrées et les croyances dépendent étroitement des valeurs de chaque groupe ethnique. Mais l’on peut dire que l’origine du sacré, du pouvoir mystique attribué à chaque espèce, provient toujours d’une intime observation de l’espèce, d’intimes interactions avec l’arbre ou le groupement végétal considéré. L’observation retiendra les caractéristiques de l’espèce et ses rapports avec les éléments de la nature, avec l’eau, les vents, les animaux, la nature de ses feuilles, l’apparence d’ensemble de son feuillage, des fleurs et des fruits. Les caractères qui sont déduits de la physionomie de l’arbre deviennent des facultés, des forces et des énergies qui sont pouvoir, inspiration, forces occultes aux effets catalytiques.

Par exemple, dans nombre de croyances de l’Afrique de l’Ouest sèche le Kigelia africana, un arbre particulièrement productif se remarque par ses gros fruits ligneux, ressemblant à de grosses bourses pendant au bout de longs pédoncules: c’est l’arbre type de la fertilité. Toute femme allaitante accroche à l’arbre un morceau de tissu pour en chercher protection et nombreuse progéniture. Retenant sa fertilité exubérante et l’apparence de ses fruits pareils à des organes mâles, le subconscient populaire traduit cela par des facultés surnaturelles pouvant être bénéfiques en matière de procréation.

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