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  • Anne

L’Éléphant (suite)


Suite de l'article sur le symbolisme de l'éléphant commencé le 1er juin 2016.






Symbolisme :


Pour David Carson, auteur de Communiquer avec les animaux totems, puisez dans les qualités animales une aide et une inspiration au quotidien (Watkins Publishing, 2011 ; traduction française Éditions Véga, 2011),


L'éléphant appartient à la famille des Qualités intérieures, au même titre que le serpent, la taupe, la tortue, le faucon, le singe, le phénix, le jaguar, le chat, l'araignée, le loup, le lion, l'ours grizzly, le corbeau et la corneille, le gorille, le crocodile, le bison et le dragon.

Qualités intérieures :

Le rythme effréné du monde dans lequel nous vivons - exigences du travail, évolution technologique et pressions financières - nous fait aisément oublier notre parenté aux animaux. Il est encore plus facile de négliger notre esprit animal, personnel et intérieur, où nous pouvons puiser force, sagesse et conseils.

Il existe diverses façons de nous reconnecter à nos guides intérieurs. L'une d'elles est de fournir un effort conscient pour trouver l'animal qui compense les faiblesses que nous sentons en nous-mêmes - le lion peut par exemple nous aider à combattre notre timidité. Une autre approche consiste à identifier un ou plusieurs animaux avec lesquelles nous sentons une affinité particulière et à travailler en lien étroit avec eux sur une large gamme de problèmes et de peurs. Ce chapitre sonde les créatures susceptibles d'offrir un éclairage intérieur particulier sur notre caractère et notre psyché. [...]

L'altruisme est défini dans le dictionnaire comme le souci, la bonté et la considération généreuse pour le bonheur d'autrui. Par leur attitude envers le bien-être de leur famille, les éléphants illustrent ces merveilleuses qualités. Plus grands animaux terrestres de la planète, ils prennent pourtant soin de leurs petits et des aînés avec une grande tendresse.

Ces pachydermes exercent leur comportement social autour de groupes matriarcaux solidement constitués, composés de mères, filles, tantes, sœurs et de jeunes éléphants des deux sexes. Les mâles adultes mènent des vies beaucoup plus solitaires. Toutes les femelle participent à l'éducation des jeunes, offrant protection et conseils, mais il y a généralement une chef de famille plus âgée, qui décide des migrations de la horde pour la recherche d'eau et de nourriture.

Les éléphants nous rappellent nos propres dispositions à nous occuper des autres et notre pouvoir de les protéger et de les guider. Contrairement à beaucoup d’autres animaux, l'éléphant n'est ni un chasseur ni un prédateur naturel. Sa force vient de sa grande taille et de son altruisme. Le fait que ce pouvoir soit essentiellement féminin est significatif. L'éléphant nous parle de cette force féminine, celle inscrite dans l'attention aux autres, dans la protection des faibles et des petits et dans l'aide à ceux qui n'y arrivent pas seuls. L'éléphant est l'incarnation du doux géant.

Nous avons tous une force masculine et féminine en nous - yin et yang, ou ce que Carl Jung appelle anima et animus. Quand nous sommes en harmonie physique, émotionnelle et spirituelle, nos aspects mâle et femelle agissent en synergie. L'esprit éléphant nous invite à mettre en pratique nos puissantes qualités féminines. Si cet animal vous apparaît ou vous attire (que vous soyez homme ou femme), vous êtes peut-être appelé à vous occuper de votre clan ou d'un personne de votre cercle. On vous suggère peut-être d'être leur protecteur, avec affichage menaçant d'audace trompétante. Ces conseils vous viennent de l'éléphant qui vous rappelle à vos vieux instincts altruistes.


Mot-clé : Altruisme.

Ganesh, vainqueur d’obstacles, Dieu du succès

Ganesh est l'une des cinq divinités les plus importantes de la religion hindouiste. Il possède un corps humain et une surprenante tête d'éléphant complétée de grandes oreilles, d'une trompe et de défenses incurvées. Les grandes oreilles de Ganesh nous rappellent qu'il nous écoute lorsque nous faisons appel à ses pouvoirs. Sa tête représente l'âme, et son corps, les illusions de la vie. Sa trompe transmet le son primal "om", son antique d'ultime vérité cosmique. Arborant une large bedaine, Ganesh écrase le mal et détruit les obstacles.

Maintes histoires illustrent l'amour de Ganesh pour l'intelligence et le savoir - il est fortement associé à l'éducation, à la connaissance et à la sagesse, ainsi qu'à la prospérité. On dit que les obstacles sur le chemin de votre évolution spirituelle ou même matérielle sont aisément balayés lorsque vous invoquez Ganesh. Il est souvent représenté à dos de souris, ce qui symbolise peut-être l'idée que si nous travaillons dur sur de petites choses, nos grands problèmes se résoudront naturellement."

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Dans son jeu de carte L'Oracle du peuple animal (Guy Trédaniel Éditeur, 2016), Arnaud Riou regroupe les animaux par famille. L'éléphant appartient selon lui à la famille de l'action, avec le bélier, le colibri, l'ours, le renard, le cheval, le bison, le requin, le castor et le dragon.


"Au-delà de nos concepts, de nos belles théories, de nos idées et de nos valeurs, le passage à l'acte est une dimension fondamentale de notre humanité. Nous avons beau avoir le plus bel idéal, nous ne serons pas heureux tant que nous ne l'aurons pas réalisé. De la même façon, si nous passons à l'action en permanence sans prendre le temps de ressentir à quels besoins fondamentaux correspondent les actions que nous entreprenons, nous ne resterons que dans la dimension superficielle de notre être et notre vie manquera de sens. Notre santé s'appuie sur notre inspiration et notre expiration. Plus nous respirons profondément, plus nos perspectives s'élargissent.

L'inspiration correspond à l'intuition, la méditation, l'introspection, la sagesse. L'expiration correspond au passage à l'acte, à la décision, à l'action compatissante.

C'est alors tout un art de passer à l'action en s'appuyant sur une intention claire, sans pour autant y mettre trop de volonté. C'est tout un art de n'être ni dans la procrastination, l'art de remettre à demain ce qu'il serait juste d'entreprendre aujourd'hui. C'est tout un art aussi de travailler quotidiennement sans tomber dans la surchauffe, la dépression ou le découragement.

[N.B. La syntaxe fautive de cette fin de paragraphe n'est pas de mon fait (ni... ni ?) : je recopie scrupuleusement l'article afin que chacun puisse se faire sa propre opinion.]

La volonté égotique est dure et empêche la fluidité de nos actions. Lorsqu'il tire à l'arc, le samouraï est précis sur le centre de la cible qu'il vise. Toute sa concentration est posée sur la qualité de sa posture. Puis, il détend le pouce et l'index, et libère la flèche. Il ne met aucun volonté dans ce dernier mouvement. Poser une intention claire et passer à l'acte avec douceur et précision est tout un art. C'est à cet art que nous invite cette famille d'animaux. [...]

Notre puissance n'est pas notre aptitude à détruire,

Mais à transformer en lumière ce qui peut éclairer le monde.

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La carte représente un groupe d'éléphants en marche. Au premier plan, une grande femelle, une Éléphante d'Afrique aux défenses imposantes. Elle semble à l'affût. Ses oreilles sont larges et étendues. A ses côtés, deux Éléphanteaux marchent en se tenant la trompe. D'autres Éléphanteaux accompagnent le mouvement. Le paysage orangé nous rappelle les savanes en Afrique.

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L’Éléphant est un animal maître. Comme la baleine dans les océans, l’Éléphant incarne la sagesse sur la Terre. Sa lourdeur est proportionnelle à sa délicatesse et à sa conscience. L’Éléphant d'Asie et l’Éléphant d'Afrique sont les seuls survivants des quelque trois cents espèces de mammifères à trompe et à cornes qui ont peuplé la Terre autrefois. La vie de l’Éléphant est très sociale. Les structures sont matriarcales. Ce sont les femelles qui décident des mouvements de la troupe. Ce sont elles qui trouvent les sources d'eau. Car les Éléphants ont besoin de s'hydrater tous les jours et de consommer chaque jour deux cents kilos de fourrage. Ce qui les oblige à un mouvement et à un style de vie nomade. La structure matriarcale est très importante. Les mâles vivent seuls. L’Éléphant est un animal pacifiste. Malgré sa taille et sa puissance, c'est un herbivore qui aspire à la paix. Ce pachyderme est fidèle et solidaire. Les petits sont protégés par le troupeau. Lorsqu'une mère est abattue, l’Éléphanteau préfère généralement se laisser mourir auprès d'elle que de suivre le clan. De plus, L’Éléphanteau a une grande mémoire. On a vu des Éléphantes retrouver les os d'un petit disparu une année après sa mort et s'en sentir émues. La lenteur, la sagesse sont les qualités de l'Éléphant. L'Éléphant dispose de la patience du non-agir, du courage, de la puissance d'action et du discernement nécessaire. L’Éléphant n'agit que lorsque l'action peut être utile et maîtrisée. Le reste du temps, il parcourt les kilomètres pacifiquement et découvre son territoire. Son intuition et sa délicatesse sont telles qu'il semble capable d'entendre le déplacement des nuages.


Mots-clés : La puissance - L'honneur - La fidélité - La dignité - La mémoire - La persévérance - Les structures solides - les fondements - Le pouvoir - La réussite - Le discernement - Le bon sens.


Lorsque l’Éléphant vous apparaît dans le tirage, c'est pour vous interroger sur la structure de vos initiatives. L’Éléphant marche lentement, il fait un pas après l'autre. Se mouvoir demande de l'effort. C'est pourquoi il évite les mouvements inutiles, les allers-retours incessants. L’Éléphant dans le tirage vient vous proposer de mener à bout ce qui vous tient à cœur. L'être qui est accompagné par l’Éléphant est souvent un homme de pouvoir. L’Éléphant vous accompagnera à mener à bien des projets humanitaires, politiques, sociaux. Il a la puissance pour relever des défis d'envergure, pour vous aider à prendre une place centrale dans une négociation, dans une décision. Coopérer avec l'esprit de l’Éléphant, c'est prendre sa place sur la Terre, imposer des idées novatrices. L’Éléphant vous invite à défendre votre territoire, mais de façon non belliqueuse, totalement pacifiste. En Inde, l’Éléphant est associé à Ganesh qui est un dieu populaire. C'est le protecteur des récoltes. L’Éléphant est capable avec sa trompe de faire de la place sur un territoire, d'écraser avec son pas lourd les prédateurs qui s'approcheraient trop près. Avec l’Éléphant, vous prenez votre place, et développez celle-ci, mais de façon toujours respectueuse. L’Éléphant vous apporte la patience et l'inspiration pour développer votre puissance et votre courage.


Signification renversée : L’Éléphant renversé vient vous interroger sur vos appuis. Physiquement, c'est une imitation à surveiller vos articulations, les genoux, le chevilles. Énergétiquement, c'est une invitation à mesurer vos actions et l'énergie que vous y investissez. Posez-vous les actions justes ou perdez-vous trop d'énergie dans des projets futiles ? De quelle façon utilisez-vous votre force ? Lorsque l'énergie de l’Éléphant n'est pas canalisée, celui-ci est capable de faire des dégâts autour de lui, c'est l’Éléphant dans un magasin de porcelaine.


Le message de l’Éléphant : Je suis l'esprit de l’Éléphant. J'incarne la puissance, la stabilité, la constance. Avec moi, tu pourras entreprendre des projets d'envergure, tu peux te permettre d'avoir de l'ambition, de te lancer dans des défis qui vont aider le monde. Dans toute l'Asie, les monarques, les souverains aiment s'asseoir sur mon dos pour affirmer leur pouvoir. Ils me décorent, me maquillent de façon à honorer mon énergie puissante. Si je viens te visiter, c'est que tu es de la race des monarques. Je t'invite à monter sur mon dos. Je t'aiderai à retrouver ta confiance en toi, à assurer ton pouvoir. J'accompagne essentiellement les vieilles âmes, celles qui apportent à la terre la beauté de leur lumière. Si tu es prêt à laisser rayonner ta belle lumière, si tu as besoin de développer ton aura et ton charisme, alors, tu n'auras que ton intention à vérifier. Souhaites-tu réellement développer ta puissance pour éclairer le monde ? Prends le temps de répondre , car avec moi, ton rythme va changer ! Prends le temps de vérifier que c'est par l'amour de la lumière que tu souhaites de développer ta puissance. Alors, monte sur mon dos. Ma force deviendra ta force. Et le territoire qui s'ouvre devant toi sera le champ des possibles.


Le rituel de l’Éléphant : Je rends hommage à l’Éléphant. Je reconnais la puissance de l'ancêtre des animaux terrestres. Je me connecte au savoir de ta vieille âme. Je prends le temps de visualiser la rugosité de ta peau, la profondeur de ton regard et la lourdeur de ton pas. Je détaille chaque partie de ton corps dans mon esprit. Je ne vois aucune violence, aucune dureté, uniquement la puissance à l'état pur. Je prends le temps de laisser résonner la puissance de l’Éléphant dans mon propre cœur. En imagination, je me vois monter sur le dos de l’Éléphant. J'avance ainsi porté par le gardien du cœur. Je visualise ainsi tous les obstacles de mon quotidien être écartés par la puissance de l’Éléphant."

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Sophie Ékoué, auteure de Sagesses africaines (Hachette, 2016), nous apprend que :


"Chez les Bambara, l'éléphant symbolise le grand savoir ; les chasseurs portent aux poignets la queue de l'éléphant pour se protéger des fauves."

Autre proverbe africain : "L'éléphant meurt, mais ses défenses demeurent."


Dans Le Dieu perdu dans l'herbe (Presses du Châtelet, 2015), le philosophe Gaston-Paul Effa rapporte son initiation auprès d'une guérisseuse pygmée, nommée Tala, qui lui délivre patiemment ses enseignements :


"Ecoute cette sagesse africaine : "C'est en apprenant à regarder que l'éléphant apprend à aimer." L'amour est précisément notre tâche, notre devoir, quand bien même il semblerait aussi frêle que ces gouttes d'eau d'après l'averse tombant dans l'herbe du jardin. Retiens que la nature n'a que faire de toi. Par l'amour, tu seras dépourvu de gestes et de mots, mais tu parviendras à entendre, debout dans la clairière, le rire de la pluie et ce qui se cache dans le chant des passereaux."

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Pour Melissa Alvarez, auteure de A la Rencontre de votre Animal énergétique (LLewellyn Publications, 2017 ; traduction française Éditions Véga, 2017), l’Éléphant est défini par les caractéristiques suivantes :


Traits : L'éléphant symbolise la force intérieure, un large éventail d'émotions et la capacité physique à triompher des obstacles. L'éléphant vit en hordes qui sont menées par les femelles les plus âgées. Il est fidèle aux autres membres de sa horde, et spécialement aux nouveau-nés : tous ont leur part dans l'enseignement, les soins et l'amour donnés aux petits. Chacun d'entre eux est capable de risquer sa vie pour protéger un autre membre de sa famille. L'éléphant a une mémoire incroyable, et, même à des années d'écart, il continuera à se souvenir d'un autre éléphant qu'il lui est arrivé de rencontrer. L'éléphant connaît la tristesse du deuil et il verse des larmes, tout comme nous.

Talents : Engagement ; Communication ; Confiance en soi ; Relié à l'ancienne sagesse ; Émotions profondes ; Gentillesse ; Force intérieure ; Intelligence ; Joyeux ; Sens aiguisés, Longévité ; Nature aimante ; Fidèle ; Patient ; Force physique ; Sociable ; Télépathe ; Aspect robuste ; Confiant.


Défis : Jaloux ; Trop sensible ; Rage ; Vengeance ; Entêté.


Élément : Terre ; Eau.


Couleurs primaires : Gris.


Apparitions : Lorsque l'éléphant apparaît, cela veut dire que vous avez besoin de communiquer davantage et de vous impliquer dans vos relations personnelles. Prenez le temps de vraiment écouter ce que les autres disent. Quels sentiments se cachent derrière leurs paroles ? Soyez naturellement doux, intelligent dans vos choix et désireux de vous consacrer vraiment à la personne. Dès que vous écoutez véritablement, vous développez une compréhension mutuelle profonde. Ne supposez pas que les gens qui comptent pour vous savent ce que vous ressentez. Dites-le-leur, montrez-le leur, et valorisez leur présence dans votre vie. L'éléphant signifie écarter les obstacles du chemin, ne laissez rien vous empêcher de faire ce que vous voulez accomplir. L'éléphant a tendance à ne regarder que ce qui est devant lui, ce qui est le signe que votre vision ne doit pas être étroite, mais doit prendre en compte ce qui est autour de vous et que vous devez avoir conscience de votre environnement. L'éléphant vous donne sa détermination - rien ne peut vous arrêter dans la réalisation de ce que vous désirez mener à bien. Vous dépassez en les poussant les obstacles qui arrêtent les autres sur leur chemin.


Aide : L'éléphant vous connecte à l'ancienne sagesse, ce qui peut vous aider dans l'avancée de votre développement spirituel. Si vous vous engagez sur un chemin d'illumination spirituelle, l'éléphant est l'animal parfait pour vous guider. Sa force physique peut vous aider à repousser les obstacles sur votre chemin et sa force intérieure peut vous accompagner dans les périodes difficiles. L'éléphant vous aide lorsque vous devez être silencieux dans votre approche. C'est un animal imposant, mais il marche avec des mouvements gracieux et en faisant peu de bruit. Si vous n'êtes pas sûr de la façon de partager vos émotions ou de vous exprimer, l'éléphant peut vous montrer la façon juste de vous présenter. Si vous vous êtes tourné vers de nouvelles études, l'éléphant peut vous aider à comprendre et mémoriser ces nouvelles informations grâce à sa grande intelligence. L'éléphant vous encourage à exhumer les souvenirs de votre passé, à les examiner avec un point de vue impartial et à les lâcher. S'accrocher à certains souvenirs peut vous retenir dans votre développement futur. Prenez le temps d'apprécier les activités aquatiques ; c'est essentiel à votre survie.


Fréquence : L'énergie de l'éléphant est sage et paisible. Elle donne la sensation de se tenir au bord d'un escarpement et de regarder à travers l'étendue de la toundra, avec l'assurance de savoir que tout est comme cela doit être. Cela ressemble à la joie d'une étreinte inattendue - chaude, intime et pleine d'amour. Cela fait le bruit de l'éléphant qui trompette : un bref appel à la tonalité haute qui invite à revenir chez soi.


Imaginez...

Vous voyagez dans un parc safari où toutes les espèces d'animaux sauvages natifs d'Afrique vivent dans un environnement ouvert et naturel. Tout en roulant dans le parc, vous voyez des animaux des deux côtés. Vous voyez plusieurs gros éléphants qui se dirigent vers la route. Vous vous arrêtez et attendez qu'ils traversent. Il y a des mères avec leurs petits, qui semblent danser dans leur façon d'essayer de marcher ensemble, avec leurs trompes qui se touchent et leurs têtes qu'ils secouent tout en se dépêchant d'avancer. Puis un éléphant extrêmement gros lance son barrissement. Il se met à marcher vers votre voiture et regarde par la vitre. Vous ne savez pas à quoi vous attendre, mais vous êtes très impressionné par votre proximité avec cet animal sauvage. Vous posez la paume de votre main à plat contre la vitre. L'éléphant touche la vitre de l'autre côté de votre main avec le bout de sa trompe, puis il fait demi-tour et s'éloigne en marchant pesamment.

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Symbolisme onirique :


Selon Georges Romey, auteur du Dictionnaire de la Symbolique, le vocabulaire fondamental des rêves, Tome 1 : couleurs, minéraux, métaux, végétaux, animaux (Albin Michel, 1995),


La masse imposante de l'éléphant, son œil rieur, sa peau grise et plissée, ses pattes qui évoquent quatre colonnes prêtes à soutenir le monde, ses impressionnantes défenses d'ivoire, ses gigantesques oreilles, sa trompe, enfin... autant de spécificités morphologiques susceptibles de participer à la formation d'une constellation symbolique. Quelles sont celles de ces particularités qui ont pris une part décisive dans la composition du symbolisme de l'éléphant ? Les tableaux psychologiques que j'ai dressés dans Le Test de l'Arche de Noé reposent pour une large part sur un étude de la place de chaque animal dans la littérature. En ce qui concerne l'éléphant, je constatais que la présence du pachyderme dans les écrits inspirés, dans la poésie, est relativement modeste. Cela m'avait conduit à privilégier les observations faites sur les résultats d'un est auquel plusieurs centaines de personnes avaient été soumises. La conclusion majeure proposait l'éléphant comme un indice de grande sensibilité, accompagnée d'un sentiment de limitation dans l'expression de cette sensibilité. Une telle interprétation du symbole, lorsqu'il survient dans le test me paraît toujours judicieuse.

Qu'en est-il de la place de l'éléphant dans le rêve ? Elle est considérable, puisque le pachyderme peut être relevé dans plus de 6% des séances, ce qui le place au dixième rang par fréquence d'apparition parmi tous les animaux. L'examen des corrélations montre que plus de la moitié d'entre elles se répartissent entre deux familles : celle des animaux et celle qui regroupe les parties du corps, humain ou animal. Dans cette deuxième famille, la trompe est, de très loin, l'association la plus forte.

L'éléphant imaginaire entraîne des associations très nombreuses avec les animaux et particulièrement avec les animaux exotiques. Cela pourrait être reçu comme la simple conséquence de son habitat naturel, mais l'expérience démontre que l'inconscient ne retient ce type d'influence que lorsqu'elle sert le sens profond du symbole. La racine grecque exos signifie « dehors » « étranger ». L'étude de plusieurs des animaux exotiques conduit à penser que ceux-là sont liés au plus cruel, au plus décisif des « exodes » : celui de l'enfant quittant sa mère. Le lecteur se rapportera utilement à ce propos à l'article consacré au perroquet.

Avant d'examiner ce qui ressort des rêves dans lesquels apparaît l'éléphant, nous souhaitons rappeler le fait le plus original que nous avions observé, dans la littérature, au sujet de cet animal. Des textes de Goethe, de Marcel Aymé et de Romain Gary mettent en scène l'éléphant dans des lieux, pièce, cachot, grotte, où il occupe tout l'espace. Ces productions imaginaires, d'une grande originalité, ne laissent aucun doute sur l'authenticité d'une inspiration qui place spontanément le pachyderme comme occupant la totalité d'un espace intérieur.

Cette constatation, à elle seule, ne permettait pas d'orienter avec certitude la traduction de la symbolique de l'éléphant dans le sens d'une relation à l'image de l'enfant dans le corps de sa mère. L'exploration des scénarios de rêve éveillé dans lesquels évolue l'éléphant apporte, sur cet axe de réflexion, des éléments de nature à consolider une conviction. Dans 95% de ces rêves, les patients ou les patients expriment des images ou des réflexions qui se rapportent à la maternité ! Des remarques les plus claires aux allusions les plus allégoriques, ce thème se retrouve plusieurs fois dans chaque scénario. La relation à la maternité peut s'y inscrire avec des sens très différents : cela peut traduire la frustration liée à l'absence de progéniture, le désir de revivre le séjour dans le corps de la mère, l'idée de la chaîne des descendances ou, et c'est peut-être le cas le plus fréquent, la désolation de l'enfant devant sa mère enceinte d'un concurrent qui accapare déjà l'essentiel de ses attentions !

Comme toujours, la complexité des réseaux neuroniques et l'interdépendance de ces supports du développement de la conscience, font que, dans chacun des rêves concernés, plusieurs des propositions que nous venons d'évoquer peuvent être enchevêtrées.

Deux extraits d'un très long rêve de Béatrice, l'un situé tout au début du scénario, l'autre près de la fin de celui-là, vont montrer la liaison entre plusieurs de ces thèmes. Dans la réalité, Béatrice, dont la mère est décédée quelques mois plus tôt, est consciemment jalouse de sa sœur qui attend un bébé : « … je fais un gros bouquet avec ces fleurs... je ne sais pas pourquoi, ça me fait penser aux maternités. Quand on circule dans les maternités, le soir, dans les couloirs, il y a plein de bouquets sur les chariots... on les sort des chambres parce que ça fait mal à la tête. Là, je me vois au lit... je sors le bouquet... c'est une attitude assez étrange.. ça me rappelle justement ce que j'ai vu chaque fois quand je suis allée voir quelqu'un dans une maternité et je me dis que moi, je sors le bouquet de fleurs et je suis dans mon lit, mais je n'ai pas de bébé ! Je suis bien contente de ne pas en avoir, à vrai dire !... […] Là, je suis depuis des mois dans un endroit où il n'y a que des animaux. Des animaux de toutes sortes. Ils me parlent, je leur parle mais c'est tout de même anormal de n'avoir de relation qu'avec des animaux ! J'espère qu'un prince charmant viendra me sortir de là !... Il y a un chêne qui pousse... c'est curieux, habituellement, les chênes, ça pousse lentement ! Là, on le voit grandir à vue d’œil ! Maintenant, il y a un éléphant aussi !... même, un couple d'éléphants... je commence à m'affoler en me disant que, s'ils font des bébés, on ne va pas être déçus du voyage ! Je me dis qu'une grossesse d'éléphant c'est long et que j'ai le temps de voir venir d'ici là, ma foi ! Je me pose des questions biologiques, parce qu'il y a un éléphant d'Asie et un éléphant d'Afrique... et je me demande s'ils peuvent faire un bébé ensemble ! Je n'en sais trop rien... Au bout de quelques années, il y a un bébé éléphant qui arrive... il est absolument ravissant... enfin ! aussi ravissant qu'un bébé éléphant peut l'être ! Il a les oreilles de son père et je ne sais pas quoi de sa mère... ma ménagerie s'est augmentée d'une famille d'éléphants ! Mais ils ravagent tout ! Le seul arbre qu'ils aient respecté, c'est le chêne qui pousse à toute allure... en plus, c'est pas tellement les parents qui font le plus de dégâts, c'est plutôt le bébé éléphant !... »

Si le lecteur se rapporte à l'article « Chêne », il y trouvera des développements qui soulignent la vocation de ce végétal à symboliser l'arbre généalogique. Dès lors, il devient clair que les images de Béatrice sont toutes associées au thème de la famille, de la maternité, de la chaîne de transmission de la vie. Il est une production imaginaire fréquente qui expose cette idée de chaîne de descendance, c'est celle de la caravane d'éléphants, chaque animal tenant parfois dans sa trompe la queue de celui qui le précède.

Henri, au cours d'un scénario dans lequel il multiplie les images exprimant la multicoloration, produit une vision de ce type : « … Je me promène à Hong Kong... il y a plein de Chinois et de Chinoises avec des ombrelles colorées... femmes souriantes, vêtues d'étoffes de toutes les couleurs... un peu plus loin, j'aperçois un défilé d'éléphants, avec des trompes enrubannées et le défilé est très curieux car, devant, il y a de tout petits éléphants, puis des éléphants de plus en plus grands, pour arriver, vers le douzième ou treizième rang, à des animaux adultes, véritables mastodontes, au pas pesant... »

Dans l'article consacré à la poupée, nous évoquons un rêve de Florence, d'une très grande intensité émotionnelle puisqu'il se termine dans l'Autre Monde où la jeune femme retrouve sa petite sœur morte lorsque la rêveuse avait quatre ans. Florence, à l'époque du rêve, savait depuis quelques mois qu'elle ne connaîtrait jamais la maternité et se trouvait très affectée par la grave frustration qui résultait de cette situation. La séance débute par ces mots : « Je suis à Ceylan... dans une grande forêt, très dense, avec beaucoup de palmiers... et... il y a une colonne d'éléphants qui s'avancent, avec la trompe de chacun qui tient la queue du précédent... et... sur chaque éléphant, il y a des hommes, installés dans une espèce de panier en osier tressé, carré... »

Le panier d'osier ou palanquin arrimé sur le dos de l'éléphant renvoie à la nacelle de la montgolfière. Or le ballon en général mais aussi la montgolfière figurent parmi les associations repérables dans les rêves pris en référence. Dans l'article « Montgolfière » plusieurs exemples témoignent de la relation étroite qui existe entre la montgolfière et la rupture du cordon ombilical psychologique, c'est-à-dire la prise d'indépendance vis-à-vis de l'image maternelle.

Quelques phrases du douzième scénario de Denis, sorti depuis peu d'une grave crise de prostration, vont montrer le réseau d'associations, qui lie naturellement, dans l'inconscient, la mère, le bébé, l'éléphant et la montgolfière !

« … J'ai vu un homme ailé, qui s'est envolé ! Maintenant, c'est une femme qui descend un escalier en poussant un landau avec un bébé dedans... une pioche, là, qui frappe le sol... et il y a de l'eau qui gicle, ou plutôt de la boue... là, un éléphant, sur une place. Il a un tapis sur le dos, une sorte de palanquin fait de rondins de bois... des gens montent sur l'éléphant qui est écrasé par ce poids... des engins à chenilles m'écrasent aussi sous leur poids... Maintenant, je vois un éléphant qui sort de la tente d'un cirque et vient vers moi pour m'écraser avec ses pattes...»

Chacun connaît l'expression vulgaire qui désignait naguère la femme enceinte par les mots « elle est en ballon » ! La masse arrondie de l'éléphant, sa peau plissée peuvent inspirer l'idée d'un ballon insuffisamment gonflé. La cigogne, incontestablement en rapport avec le bébé, s'associe à l'éléphant onirique dans la même proportion que celle qui relie celui-là au ballon.

De tels réseaux d'associations autorisent-ils à voir dans l'éléphant une image maternelle ? Ce n'est pas certain. Au risque de reconnaître que le symbole conservera pour nous une part de son mystère, nous devons faire état de deux autres corrélations que l'on observe dans les rêves étudiés. Dans l'imagerie onirique, la trompe est souvent associée à ce qu'il faut bien appeler une sorte d'émission de liquide séminal. Sur ce point, l'éléphant du rêve se distingue de celui de la littérature ou ces images n'apparaissent que très rarement. Le quinzième rêve de Maryse offre une bonne illustration de ce genre de production : « … Je marche dans la forêt, j'ai pris un petit faon dans les bras. Je suis tombée sur du sable, il y avait quelque chose de coupant : j'ai les pieds qui saignent... j'entre dans une sorte de trou, comme une caverne... c'est plutôt comme en béton... c'est comme une trompe d'éléphant qui plonge dans les arbres... je la casse d'un coup de pied, de massue, de marteau... je voudrais tant casser ce béton ! A l'intérieur il y a une espèce de … qu'est-ce que c'est ? Une espèce de gros truc blanc... comme du velours blanc peut-être ? Je l'ai cassé avec le pied... il y a une espèce de liquide incolore dedans... ça éclate... y en a plusieurs maintenant... on dirait du lait dans certains... »

Ce liquide, le plus souvent blanc ou translucide, prend vite la tonalité d'une substance créatrice, nourricière, magique ou sacrée. Une patiente voit se répandre du yaourt, une autre « une sorte de pommade qui guérit », une troisième « un flot de liquide doré, entre pâte et liquide, mais c'est comme de l'or » !

Devant de telles images, venant après ce que nous avons développé au sujet de la relation de l'éléphant à la maternité, on se sent renvoyé au mythe asiatique qui veut que Bouddha soit né après que la reine Maya a été fécondée par un éléphanteau. Derrière l'image de l'éléphant se profilent de façon indécise les contours de la mère, du sexe masculin et de leur produit : l'enfant. C'est dans cette direction que devra en premier lieu se déployer la réflexion de l'analyste à l'écoute du rêve En connaissance de la constellation familiale du rêveur, il aura peu d'efforts à faire pour identifier, parmi les innombrables combinaisons possibles, celle qui inspire à ce moment les mouvements de la psyché de son patient.

Mais l’œil tranquillement moqueur du pachyderme laisse soupçonner que ce symbole a plus d'une corde à son mystère ! Comment résumer en quelques phrases ce qui constitue l'un des autres axes majeurs de la symbolique de l'éléphant ?

Peut-être en nous appuyant sur une brève séquence du trente-sixième rêve de Stéphane : « … des mains de femme et des mains d'enfant qui jouent sur un même piano... maintenant ce sont des mains d'homme... couvertes de plumes ! Des plumes accrochées sur la peau... le corps de l'homme est une peau de serpent ! L'homme, tout à coup, est devenu un éléphant, assis sur le tabouret devant le piano... homme ou femme, ce personnage a une peau de serpent ! Quelqu'un fait jaillir du yaourt... il y en a maintenant une grosse couche, qui dégouline... qui dégouline de l'utérus de ma mère ! Je vois la chambre de maman... et une photo d'un petit garçon... c'est mon frère !... »

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Le serpent à plumes ! Si l'on retrouve, dans ces lignes, la plupart des thèmes précédemment évoqués, le génie neuronique impose aussi, par un fulgurant raccourci, ce que l'islam a vu dans l'éléphant ; les racines du ciel ! Le serpent à plumes expose le rêve de l'homme avide de réaliser la synthèse entre le ciel et la terre, la pesanteur et la légèreté, le parcours terrestre et le destin d'immortalité. Les « racines du ciel », l'éléphant, c'est le poids de l'incarnation qui enchaîne l'âme au corps terrestre. L'incarnation et son mystère : par un chemin différent, l'éléphant nous reconduit vers le thème de la maternité ! Sur la relation de l'éléphant et de la pesanteur, le lecteur intéressé trouvera des développements importants dans Le Test de l'Arche de Noé. Pour conclure le présent article peut-on aller jusqu'à désigner le symbole comme une représentation maternelle ? Faut-il accepter sans réserve la trop facile image phallique de la trompe ? Doit-on retenir le pachyderme comme l'indice d'un positionnement inconfortable entre les aspirations spirituelles et les besoins temporels ? Est-on placé, comme le montrent de nombreux scénarios, devant une situation de concurrence affective par rapport à un collatéral ? Chacune de ces propositions a sa part dans la composition du symbolisme de l'éléphant. Ce qui – au terme de la recherche – me paraît sûr, c'est que ce dernier, lorsqu'il est présent dans un rêve, révèle une grande sensibilité enfermée dans une problématique dont le noyau s'appelle « maternité ».

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Littérature :






















Arts visuels :


Street Art, rue Mallifaud à Grenoble.