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Duir

  • Photo du rédacteur: Anne
    Anne
  • 31 déc. 2018
  • 20 min de lecture

Dernière mise à jour : 20 avr.




Symbolisme :


Selon Robert Graves, auteur de Les Mythes celtes, La Déesse blanche (Éditions Faber and Faber, 1948 ; traduction française : Éditions du Rocher 1979 et 2007) :


"C'est dans l'Ogygie de Roderick O' Flaherty que j'ai trouvé mention, pour la première fois, de Beth-Luis-Nion, comme une authentique relique du Druidisme transmise oralement jusqu'à nous à travers les siècles. On s'en serait servi jusqu'à une époque récente, uniquement pour des usages divinatoires. Il consiste en cinq voyelles et treize consonnes. Chaque lettre tire son nom de l'arbre ou de l'arbuste dont elle est l'initiale.

Dans l'alphabet irlandais moderne les noms des lettres sont également des noms d'arbres et la plupart d'entre eux correspondent à la liste d'O' Flaherty excepté le T qui est devenu l'Ajonc, l'O le genêt et l'A l'orme.

[...]

D pour Duir


Le septième arbre est le chêne, l'arbre de Zeus, Jupiter, Hercule, le Dagda (chef des plus anciens dieux irlandais), Thot et tous les autres dieux-tonnerre, Jéhovah aussi longtemps qu'il fut « El » et Allah. La royauté du chêne ne se discute pas : la plupart des gens sont familiarisés avec l'argument du Rameau d'Or de Sir James Frazer concernant le sacrifice humain du roi du chêne Memi au solstice d'été. Le combustible du feu de la Saint-jean est toujours du chêne, le feu de Vesta, à Rome, était nourri de chêne et la braise est toujours de chêne. Quand Gwion écrit dans le Càd Goddeu « le solide gardien de la porte ; son nom sur chaque langue », il signifie par là que les portes sont habituellement faites en chêne, le bois le plus solide et le plus dur, et que Duir, le nom de Bu Beth-Luis-Nion pour « chêne » signifie « porte » en de nombreuses langues européennes y compris le vieux gaélique dorus, le latin foris, le grec thura et l'allemand Tür, tous dérivés du sancrit dwr et que Daleth, la lette hébraïque pour D, signifie « la Porte », un l ayant remplacé le r originel. C'est au solstice d'été que fleurit le chêne, l'arbre de l'endurance et du triomphe et, comme le frêne, on dit qu'il attire la foudre. On prétend que ses racines s'étendent aussi profondément sous terre que ses branches dans les airs (à en croire Virgile), ce qui en fait l'emblème d'un dieu dont les lois régissent à la fois les Cieux et les Enfers. Poséidon, le dieu du frêne, et Zeus, le dieu du Chêne, étaient autrefois tous les deux armés d'éclairs.

Mais quand les Achéens eurent soumis les Éoliens, les éclairs de Poséidon furent convertis en un trident de pêcheur et le droit de manier la foudre fut réservé à Zeus. On a suggéré que les oracles du chêne auraient été introduits en Grèce par les Acéens : à l'origine c'était le hêtre qu'ils auraient consulté, comme le feront les Francs mais, ne trouvant pas de hêtres en Grèce, ils auraient transféré leur allégeance au chêne à glands comestibles, son plus proche équivalent, auquel ils auraient donné le nom de phégos, ce qui, on l'aura remarqué, est le même mot que fagus, le latin pour « hêtre ». En tout cas, le chêne oraculaire de Dodone était un phégos et non un drus et le navire oraculaire Argo était, selon Apollonios de Rhodes, largement construit de ce bois. Mais il est plus vraisemblable que l'oracle de Dodone existait plusieurs siècles avant l'arrivée des Achéens et qu'Hérodote avait raison de se fonder sur l'autorité des prêtres égyptiens pour dire que les cultes de la colombe noire et du chêne oraculaire de Zeus à Ammon, dans le désert lybien, et de Zeus à Dodone étaient de la même ancienneté. Le Pr. Flinder Petrie suppose l'existence d'une ligue sacrée entre la Lybie et la Grèce continentale largement au milieu du IIIe millénaire av. J.-C. Le chêne d'Ammon était sous la protection de la tribu des Garamantes : les Grecs connaissaient son ancêtre Garamas comme « le premier des hommes ». Le Zeus d'Ammon était une sorte d'Héraclès à la tête de bélier, le dieu de la Thèbes égyptienne d'où Hérodote disait quee les colombes noires s'étaient envolées vers Ammon et Dodone.

Le mois qui tire son nom de Jupiter, le dieu du chêne, commence le 10 juin et finit le 7 juillet. Au milieu tombe la Saint-Jean, le 24 juin, le jour où le roi du chêne était sacrificiellement brûlé vif. L'année celtique était divisée en deux moitiés dont la seconde commençait en juillet, apparemment après une vacance ou des fêtes funéraires de sept jours en l'honneur du roi du chêne.

Sir James Frazer, comme Gwion, fait ressortir la ressemblance des mots en « door » dans toutes les langues indo-européennes et montre en Janus le « solide gardien de la por(te) » avec sa tête regardant dans les deux directions opposées. Comme d'habitude, cependant, il ne poursuit pas son argumentation assez loin. Duir, en tant que dieu du mois du chêne, regarde dans les deux directions parce que son poste est au tournant de l'année, ce qui l'identifie au dieu-chêne Héraclès qui devint le gardien de la porte après sa mort. Il faut probablement l'assimiler également au dieu britannique Llyr, ou Lludd ou Nudd, un dieu de la mer (c'est-à-dire un dieu d'un peuple marin de l'âge du bronze) qui fut le « père » de Creiddylad (Cordélia), un aspect de la Déesse Blanche. En effet, selon Geoffroy de Monmouth, le tombeau de Llyr, à Leicester, aurait été bâti en un caveau dédié à Janus. Geoffroy écrit :


« Cordélia ayant obtenu le gouvernement du royaume, ensevelit son père dans un certain caveau qu'elle ordonna d'agrandir pour lui sous le fleuve Sore dans Leicester (Leicestre) et qui avait été originellement construit sous terre en l'honneur du dieu Janus. C'est à partir de la solennité anniversaire de cet événement que tous les ouvriers de la cité avaient coutume de dater le commencement de leurs travaux annuels. »


Comme Llyr était un dieu préromain, cela équivaut à dire qu'il avait deux têtes comme Janus et qu'il était le patron de la nouvelle année. L'année celtique aurait donc commencé en été, pas en hiver. Geoffroy n'indique pas la date de la cérémonie funèbre, mais on peut présumer qu'elle devait originellement prendre place à la fin de juin.

Les anciennes « Veillées », foires des louages de la campagne anglaise, en vinrent à se tenir à des dates variées entre mars et octobre selon les dates des fêtes des saint locaux (« à la veillée de Bunbury, seigle et trèfle sont à couper. A la veillée de Wrenbury, pommes primeures sont mûres ») (Dictionnaire d'anglais dialectal). Mais, originellement elles durent toutes se tenir aux Lammas entre le ramassage des foins et la moisson du blé. Le fait que ces « veillées » consistassent en cérémonies funèbres pour le roi mort sera confirmé au chapitre XVII. La forme anglo-saxonne de Lughnass, « messe en l'honneur du dieu Lugh » ou Llew, était « hlafmass », « messe du pain », en référence à la moisson et au meurtre du roi-blé.

Ce que je prends pour une référence à Llyr en tant que Janus se trouve dans le paragraphe suivant de la prophétie de Merlin au roi païen Vortigern et à ses druides, rapportée par Geoffroy de Monmouth :


 « Après ceci, Janus n'aura plus jamais de prêtres. Sa porte sera fermée et demeurera dissimulée dans les recoins d'Ariadne. »


En d'autres mots : l'ancienne religion druidique, basée sur le culte du chêne, sera balayée par le Christianisme et la porte, le dieu Llyr, languira, oublié(e), dans le château d'Arianrhod, la corona borealis.

Ceci nous aide à comprendre la relation qui existait à Rome entre Janus et la Déesse Blanche Cardéa mentionnée à la fin du chapitre IV en qualité de déesse des gonds de portes et qui vont d'Albe la Longue à Rome. Elle était la charnière sur laquelle pivotait l'année (l'ancienne année latine, pas l'étrusque) et somimportante comme telle est rappelée dans l'adjectif latin cardinalis qui a le sens français de cardinale dans « vertu cardinale » appliquable également aux quatre vents principaux car, jusqu'aux temps classiques, on considéra que les vents étaient sous l'unique dépendance de la Grande Déesse. En tant que Cardéa, elle gouvernait le gond céleste, au-delà du Vent du Nord, sur lequel pivote la meule de l'univers comme l'explique Varron dans son De Re Rusitca. C'est dans un mythe norrois, Edda, que cette conception apparaît de la façon la plus explicite : les géantes Fenja et Menja, qui font tourner Grotte, la meule monstrueuse, dans la nuit polaire, tiennent le rôle de la Déesse Blanche dans es oeuvres complémentaires de création et de destruction. En outre, dans la mythologie norroise, la déesse est démultipliée en neuf : les neuf géantes qui étaient toutes ensemble les mères du héros Rig, alias Heimdall, inveteur du système social norrois, faisaient tourner de même le moulin cosmique. Janus n'avait peut-être pas deux têtes à l'origine ; il peut avoir emprunté cette particularité à la déesse elle-même à qui, aux Carmentalies, fête de Carmenta au début de janvier, ses officiants s'adressaient comme « Postvorta et Antevorta » (« Celle qui regarde à la fois en arrière et en avant »). Cependant un Janus, avec de longs cheveux et des ailes, figure sur un statère de Mallos, colonie crétoise en Cilicie. Il y est assimilé au héros solaire Talus et une tête de taureau figure également sur la même monnaie. Sur des monnaies semblables de la fin du Ve siècle av. J.-C. il porte un disque à huit rayons dans sa main et une spirale d'immortalité sort, telle un germe, de sa double tête.

Ici au moins, je peux compléter mon argument au sujet du château d'Arianrhod et de la « roue qui tourbillonne entre trois éléments sans changer de place ». Le roi sacré du chêne était tué à la mi-été et transporté sur la Corona Boréalis, régentée par la Déesse Blanche et effleurant précisément alors l'horizon du nord. Mais, à partir du poème attribué à Orphée par Apollonios de Rhodes, nous savons que la reine de l'univer tournoyant, Eurynome, alias Cardéa, était identique à la Rhéa de Crète. En effet, Rhéa demeurait l'axe de la meule, tournant sur elle-même sans se déplacer, exactement comme la galaxie. Ceci laisserait supposer que, dans une tradition mythologique plus récente, le roi sacré dût venir la servir à la meule, mais non au château. En effet, c'est bien une meule que dut tourner Samson dans la demeure-prison de Dalida après qu'on lui eut ôté les forces et la vue.

Un autre nom de la déesse à la meule était Artémis Calliste ou Callisto (« Très-Belle ») à qui les Arcadiens avaient consacré l'ourse : lors de la fête d'Artémis Brauronis, à Athènes, une fillette de dix ans, et une autre de cinq, habillées de robes jaune safran en l'honneur de la Lune, jouaient les rôles des plantigrades sacrés. La Grande Ourse et la Petite Ourse sont encore les noms des deux constellations qui font tourner la meule. En grec, la Grande Ours Callisto était aussi appelée Hélicé, ce qui signifie à la fois « Celle qui tourne » et « Branche de Saule » et qui rappelle que le saule était consacré à la même déesse.

La démonstration se référant à Gwyn, à la fin du chapitre VI, et selon laquelle le culte du chêne arriva de la Baltique en Grande Bretagne entre 1600 et 1400 av. J.-C. conduit à supposer que la séquence du Beth-Luis-Nion dans laquelle Duir est l'arbre principal ne fut, en tout cas, pas élaborée avant 1600 alors que le sorbier, le saule, le hêtre et l'aune servaient peut-être déjà aux usages sacrés. Gwyn, « le Blanc », fils de Llyr ou Lludd, fut enterré dans un cercueil de chêne en forme de bateau en l'honneur de son père ; c'était une sorte d'Osiris (son rival « Victor, fils de Scorcher » étant une sorte de Seth que l'on en vint à assimiler au roi Arthur. C'est de son nom que vient le préfixe Win de nombreuses viilles britanniques anciennes."

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Laura Tuan, autrice d'un livret d'accompagnement intitulé Les Tarots celtiques (Éditions De Vecchi S.A., 1998) propose un article sur l'ogam Druir :


"Chêne -Druir


Période : 10 juin - 7 juillet.

Divinité : Dagda.


[...] Le chêne transmet toute sa solide et lumineuse beauté à ceux qui voient le jour sous son influence. Calmes et déterminés, ces natifs ne perdent jamais contenance et ne reviennent jamais non plus sur leurs décisions. Chefs idéaux et brillants points de repère, leur rigidité inspire cependant souvent plus de respect que d'amour. N'appréciant pas les changements, et encore moins l'imprévu qui les désoriente, ils donnent le meilleur d'eux-mêmes dans les situations stables et rassurantes.

Sensibles à la puissance de la foudre, comme la plante qui les gouverne, ils éprouvent des amours intenses et brûlants, mais distinguent toujours avec beaucoup de lucidité l'érotisme de l'affection conjugale. Ils vivent les coups de foudre auxquels ils sont sujets comme des parenthèses sans mportance, et défendent avec acharnement les liens affecifs durables.

[...]

Résistante et invincible, la reine des plantes celtiques, support du gui divin (cueilli rituellement avec une faucille d'or six jours après la nouvelle Lune), fournissait du matériau de construction pour les structures portantes des navires et des édifices. Arbre magique et protecteur du milieu de l'été, il confère à quiconque vient à son contact toute sa solide et lumineuse beauté. Ce n'est pas un hasard s'il constitue, dans l'ensemble des traditions, la demeure du dieu du ciel, exposée aux assauts de la foudre et exerçant et exerçant pour cette raison une fonction protectrice en la matière. Ses facultés défensives le rendent particulièrement précieux comme bois pour les portes ou les colonnettes des balustrades. De même que les guerriers s'en servaient autrefois pour se fa briquer des boucliers extrêmement robustes. Son fruit sacré, le gland, que les Druides affectionnent en tant que nourriture rituelle car ils le considèrent comme la graine de la science divine, symbolise le devenir potentiel. Sans compter qu'ils se couronnaient le front avec ses branches et ses feuilles lors des principales cérémonies.

En tant qu'emblème du solstice d'été, on choisit son bois pour la bûche de Noël dont le feu remplace le Soleil et qu'il convient d'allumer exclusivement avec le charbon de l'année précédente mis exprès de côté.

Le chêne se distingue par une étrange propriété : faisant office d'intermédiaire entre les forces du ciel et celles de la terre, il dégage plus d'énergie qu'il n'en reçoit du cosmos, de sorte qu'il compense par ses vibrations n'importe quelle carence énergétique. D'ailleurs la légendaire fontaine de l'éternelle jeunesse ne jaillit pas par hasard directement d'un chêne creux.


Divinité : Dagda.


Les cartes : Les feux toujours présents dans le fond évoquent le rôle du chêne, arbre divin servant d'intermédiaire entre le ciel et la terre : il capte les puissantes énergies cosmiques, dangereuses voire mortelles autrement pour l'homme, et les absorbe, les transforme en les rendant accessibles.

Tous les symboles qui apparaissent ça et là sur les cartes sont également solaires : sur l'instrument fabriqué avec son bois (version printanière), dont un harpiste enchanté tire de charmantes mélodies ; sur le front de l'esprit même du chêne (version estivale), ainsi que sur la jambe de la salamandre blottie à ses pieds, près de la faucille druidique utilisée pour couper le gui, et occupée à jouer avec un gland comme s'il s'agissait d'une balle ; sur les boucliers protecteurs confectionnés avec son bois (carte de l'automne), où la hache bigame reproduit le double motif symbolique de la lumière, celle du Soleil et celle de la Lune, que l'on retrouve dans le svastika et les quatre croissants de Lune, les quatre phases de notre satellite (montante, pleine, descendante et nouvelle) complétant le mois ; sur la barque à neuf rames gouvernées par l'ondine assise à côté (carte de l'hiver).

Tout cela renvoie au double symbolisme du chêne, plante de la double polarité, lunaire te solaire, masculine et féminine, nocturne et diurne, c'est-à-dire à la coïncidence parfaite des contraires : l'androgyne que tout initié aspire à réaliser en lui.


Mots clés : Pouvoir - Luminosité - Générosité - Force intérieure - Stabilité - Rigidité.


Printemps : A l'endroit : Progrès - Réussite - Image publique en nette hausse - Expansion - Coopération - Dialogue - Etudes et entretiens menés à bon terme - Aide offerte avec générosité - Stabilisation - Installation définitive après une série de transferts.


A l'envers : Conflits avec un supérieur - Menaces - Risque de licenciement ou de rétrogradation - Attitude rigide - Angoisse préjudiciable au rendement professionnel - Mutations pénibles.


Été : A l'endroit : Rencontre de l'âme sœur - Choix définitif - Sentiments solides et passionnés - Entente en voie de consolidation - Fiançailles - Mariage - Naissance dans la famille.


A l'envers : Rupture - Séparation définitive - Incompatibilité de caractère - Entente sexuelle insatisfaisante - Grossesse non désirée - Avarice du cœur - Sentiments tièdes ou difficiles à manifester - Égocentrisme - Arrogance - Orgueil.


Automne : A l'endroit : Situation économique florissante ou en voie de consolidation - Prêts reçus ou bien offerts avec générosité - Proposition fiable - Investissements immobiliers - Travaux de restructuration satisfaisants - Héritage à venir.


A l'envers : Dépenses généreuses mais futiles - Créances difficiles à recouvrer - Héritage parti en fumée - Ennuis juridiques liés à un achat immobilier.


Hiver : A l'endroit : Force intérieure - Assurance - Estime de soi - Bonne santé - Harmonie complète avec l'entourage - Émotions puissantes mais contrôlées.


A l'envers : Brusques maladies du cœur et de la colonne vertébrale - Troubles de la vue - Mauvais entretien du corps - Méfiance à l'égard du médecin et de la thérapie - Indifférence - Obstination - Prises de position irrationnelles causant de sérieux ennuis ; Conflit amoureux ou frustration professionnelle ayant des répercussions sur le plan physique - Dangers en vue.


Le temps : 10 juin - 7 juillet.


Le conseil : Vous devez rarement regretter votre générosité : plus vous aurez donné, plus vous recevrez en retour."

Selon Gwyddhyon, auteur de Ogham, Le Yi-King celtique des arbres (Éditions Chariot d'Or, 1999), le chêne est associé à diverses caractéristiques :


"Nom : Duir

Lettre : D

Monde végétal : Chêne (Quercus robur)

Signification : La justice - la recherche

Symbole : L'autorité du père - les deux rois

Couleur : Or et noir

Direction cardinale : Est


Triades celtiques : Les trois qualités de la puissance sont : l'amour - la motivation - la loi.


Monde de l'épreuve de l'Abred : La sagesse du corps passe par la discipline. Les Anciens ont légué de nombreux conseils de santé toujours valables en ces temps troublés, comment les ignorer ? La transformation de nos faiblesses physiques passe par l'audace de se remettre en question et celle encore plus rare d'éviter les sirènes de la facilité.


Monde des âmes de Kenmill : Pour les anciens Celtes, le Chêne est la porte héroïque des mystères. Il donne le courage d'affronter l'inconnu comme la Table Ronde de Chêne octroyait le courage de transformer le monde au roi Arthur et à ses chevaliers. Dès que l'action est coordonnée à la justice, pour quoi le courage ferait-il défaut ?


Monde ultime de Keugant : Les divinités du tonnerre étaient associées au Chêne dans les temps anciens. L'éclair n'est-il pas le symbole de l'éveil ? Le Chêne sacré donne le courage d'affronter sans trembler le monde de la réalité ultime, débarrassé des voiles de l'illusion.


Images : Le bosquet le plus haut.

Arbre de la planète Jupiter.

"Les soldats du chêne ébranlent le Ciel et la Terre.

Le valeureux Gardien de la Porte est connu de tous."

J'ai le pouvoir du magicien : celui de changer les formes."

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Dans Le Tarot Celte des arbres (Édition originale, 1998 ; Traduction française Le Courrier du Livre, 2001) Liz et Colin Murray associent Duir à :


Couleur : Noir et marron foncé.

Chiffre : 7 qui renvoie au lunaire ; aux rêves nocturnes et à la fertilité.


Chaque maison a une porte de devant. Si vous voulez y entrer, il faut que vous vous approchiez de la porte, et que vous fassiez connaître votre présence. La porte peut alors être ouverte. Le mot anglais pour porte, door, vient du gaélique duir exprimant la solidité, la protection, et désignant le Chêne. Dans la forêt essentielle, le Chêne est le roi. Il se dresse, puissamment solide, avec de grandes branches, et soutenu par des racines encore plus grandes. Il est souvent frappé par l'éclair. La force du coup et de la chaleur fait sortir la sève du tronc, laissant celui-ci rabougri et flétri. Mais il parvient à survivre, au fil des ans, des décennies, des siècles. Sa croissance est lente mais sûre. Ses enfants deviennent de magnifiques répliques de lui-même, et il est un jalon, une pierre d'angle et un refuge dans la forêt.

La place du Chêne dans le calendrier lunaire celtique est au septième des treize mois. Il est central et se tient entre Huathe, l'Aubépine, à sa gauche, et Tinne, le Houx, à sa droite. Son mois est celui de la danse vernale de la fertilité, quand tout est fécondé pour les mois estivaux à venir.

Le Chêne a toujours protégé l'Angleterre, lui fournissant du bois pour la construction de ses navires, ceux qui, par exemple, vainquirent l'Armada. Les Chênes ont aussi été utilisés pour servir de limites entre deux terrains. Les anciens Ovates, Bardes et Druides, prêchaient sus sa forme puissante, obtenant de la force, de sa force. Edouard le Confesseur prêcha sous le Chêne de l’Évangile à Parliament Hill, à Hampstead, obtenant ainsi du pouvoir pour son royaume, et des siècles de puissance.

Le choix de cette carte signifie que vous serez sûr et fort dans la recherche de vos objectifs. La porte ouvrant sur la spiritualité sera ouverte pour vous et vous serez protégé pendant votre voyage, avec la chasteté et la détermination de l'Aubépine féminine, et la force combative et la vigueur du Houx masculin. Cet Ogham représente la force primordiale et la capacité à vaincre et à survivre - mais à l'envers, la carte signifie la protection essentielle pour les moins capables et les plus faibles qui ont besoin de sécurité pour renforcer leur caractère.


Mots-clefs : Protection solide ; Porte sur les mystères ; Force.

Septième mois : Mai.

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Selon Alain Gesbert, auteur de B. A. - BA Oghams divinatoires (Éditions Pardès, 2002), l'ogham Duir est associé à différents éléments, qu'il énumère ci-dessous :


Arbre : Chêne.


Mot clé : Protection.


Association complémentaire : La bonne étoile.


Lettre : D.


Couleur : Marron foncé et noir.


Période : 10 juin - 7 juillet.


Duir exprime une idée de porte et, par association, la solidité, la résolution ferme et la protection. Duir révèle une nouvelle compréhension (la porte qui s'ouvre). Il évoque la spiritualité intérieure.

Le défi de Duir est d'être fort et calme comme un Chêne, d'être éveillé à soi-même.

Vous pouvez être testé par les autres, mais si vous restez ferme dans vos convictions, vous aurez la force et l'endurance nécessaires pour réussir. N'oubliez pas votre bonne étoile.

Visualisez ou imaginez dans la forêt sacrée (Nemeton) le Chêne, qui est l'arbre préféré des Druides. Associez-y la beauté d'une nuit étoilée à la campagne, le sentiment d'être proche des forces cosmiques, du divin. Dans le désert et le silence de la nuit, certains ont été touchés par la grâce de ressentir la "musique des étoiles".

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D'après Julie Conton auteur d'un essai sur L'ogham celtique ou le symbolisme des arbres, l'oracle des druides (Éditions Mémoires du Monde, 2014) :


































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Dans La Voix des Arbres (Édition originale, 2019 ; Tana Éditions, 2023 pour la traduction française) Diana Beresford-Kroeger transmet à son tour sa vision de l'ogham des Celtes :


"Dair - Le Chêne


Le chêne est l’arbre chéri du monde celte. Comme je l’ai découvert enfant, les tourbières irlandaises en recrachent parfois des fragments conservés dans la saumure des âges. Le gros grain du bois de chêne fonce à cause des acides des marais et acquiert la dureté d’une pierre précieuse. Ce chêne noir, lourd, riche de l’odeur des siècles, peut devenir une œuvre admirable entre les mains d’un sculpteur.

Le nom gaélique du chêne irlandais, dair, apparenté aux formes grecques et sans rites du mot, a échappé à l’oubli imposé par les Lois pénales. Les chênes eux-mêmes, Quercus robur, ont toutefois survécu de justesse, représentés en général par un unique spécimen sur les propriétés anglo-irlandaises. Beaucoup d’autres mots n’ont pas eu cette chance. Au cours des cinq cents ans de domination anglaise, la langue gaélique, avec sa prononciation implacable, ses règles de grammaire et ses nuances exquises de fierté et de poésie, a été systématiquement décimée. Comme les Anglais trouvaient dair facile à dire, le mot en a réchappé.


Le chêne irlandais, autrefois planté en bosquets impressionnants, est la véritable lus, ou plante médicinale, des druides-médecins. Un chêne vit jusqu’à près de mille ans, et parfois davantage dans le sol riche et le climat tempéré du jardin d’Irlande. À mesure que l’arbre se développe, son tronc produit des branches horizontales qui portent un houppier de feuilles. Celles-ci s’étoffent également avec l’âge. Dans les anciennes forêts de chênes, les ramures se touchent dans une course au soleil qui impose à l’arbre de prendre des décisions. Il choisit ainsi d’allonger ses branches et de les incliner vers le sol pour plus de soutien et afin de s’élever ensuite dans un espace ouvert pour recevoir la lumière du soleil. Quand les branches touchent terre, des racines s’y enfoncent pour créer un système d’alimentation secondaire.

Chez les vieux chênes, le périderme et le tissu cortical produisent une fine poussière de compost humide qui, sur les branches horizontales supérieures, accueille des espèces rares de fougères et de mousses, qui s’y développent dans des conditions idéales. Voilà qui prépare le terrain pour la visite de la grive draine, un passereau qui arrive avec son cortège de graines collantes. La plante parasite qu’est le gui, Viscum album, s’installe. C’est le drualus, l’herbe magique des druides.

Le chêne recèle un autre vieux remède. En vieillissant, il subit l’effet du vent dans sa ramure, qui ajoute à son poids et induit une certaine torsion du tronc. Au contact de l’eau, un tannin est libéré, qui la teint en noir : c’est la uisce dubh, l’eau noire des druides-médecins. Ce tannin gallique est une molécule puissante, un polymère encore utilisé aujourd’hui, notamment dans le traitement des grands brûlés.

Autrefois, le chêne nourrissait l’homme et les bêtes. Certaines des six cents espèces de cette famille donnent des glands comestibles. Pour d’autres, il faut d’abord débarrasser les glands de leur acide tannique avant de les griller ou de les réduire en farine. C’était la base des cultures qui consomment des glands dans le monde. On trouve encore de gros glands comestibles sur de nombreux marchés alimentaires arabes et asiatiques.

Le chêne est le roi du règne végétal. Chaque arbre est une métropole qui abrite insectes, papillons et pollinisateurs. Les peuples autochtones d’Amérique du Nord s’en servaient comme d’un thermomètre de la croissance des plantes. Sa longévité est remarquable, de même que son adaptation au soleil : il produit sa propre protection solaire ! Les feuilles tombées à terre poursuivent leur activité liée à la lumière et libèrent une hormone qui stimule la croissance des racines des glands, l’acide abscissique.

L’histoire d’amour entre les druides et le dair est légendaire. Dans le bois du chêne est gravée une chronologie des millénaires, un récit exact des temps. Le chêne est un arbre sacré, ou bile, et son nom est associé à la lettre D dans l’alphabet oghamique. Celle-ci est représentée par une ligne verticale hérissée de deux lignes horizontales sur le côté gauche.

Une légende druidique prétend que l’arbre est le cœur vivant de la planète, et que le jour viendra où les gens restaureront ces forêts sacrées de chênes, en commençant par le comté de Clare, en Irlande. D’après la légende, cette idée se répandra comme une traînée de poudre.

Je me rappelle ma première rencontre avec le chêne de Brian Boru, en Irlande. Ce massif hommage aux dieux se dresse sur une colline glaciaire qui s’étend loin, comme un lion majestueux sur la plaine du Serengeti. Cet arbre exsude une confiance à la mesure de son élégance absolue, qui l’impose dans le paysage.

Il faut en faire le tour comme on ferait le tour de la terre. Sa splendeur se révèle quand on s’approche et qu’on lève les yeux. Partout, sa ramure génère une atmosphère particulière. Ce n’est que lorsqu’on le contemple depuis une colline voisine qu’on se rend compte qu’il s’agit d’un seul et même arbre au tronc massif, qui soutient facilement la comparaison avec un séquoia d’Amérique du Nord.

Le chêne de Brian Boru est gardé non par un chien mais par un énorme taureau noir au mufle percé d’un gros anneau métallique. Cette créature hante l’ombre de l’arbre comme une síog, une fée. Un pas vers le tronc réveille le tonnerre de ses sabots tandis qu’il baisse la tête et s’élance au galop. Le taureau et le chêne sont amis ; l’un pousse pendant que l’autre gronde.

Il s’agit du dernier grand arbre de la forêt primaire tempérée irlandaise. Un exemple des anciennes forêts européennes. Il s’agit aussi du seul arbre qui a résisté à mes efforts pour le cloner."

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Pandora Hearts, autrice, et Lydie Bossuet, illustratrice proposent un Oracle des arbres & des oghams (Éditions Secret d'étoiles, 2022) que je trouve particulièrement beau :


"Paroles de Duir : Je suis Duir, l'arbre de la Virilité et de la Longévité. Ma croissance lente mais solide symbolise mon énergie vitale, ma force, ma longévité et mon pouvoir. Mes branches portent les fruits de la virilité et du pouvoir masculin. Mon tronc puissant règne avec impartialité sur le destin des êtres. De toute mon âme, je veille sur les druides et élève les esprits jusqu'aux plus hauts secrets spirituels. Je suis Duir, l'arbre des Druides et de la Souveraineté.


Signification de la carte : Dans un tirage, Duir symbolise le masculin, la virilité, l'énergie vitale, la combativité et les capacités à gouverner. Il incarne la part masculine de votre être ou encore la dynastie d'hommes de votre lignée. Il exprime la fermeté paternelle et la puissance psychique. Duir vous conseille d'appliquer les valeurs paternelles et l'autorité. Il peut indiquer une capacité à diriger autrui pour le bien de tous ou encore à protéger les plus faibles.

Duir exprime que votre combativité et votre capacité à lutter vous permettent de vaincre les obstacles. Il vous conseille de faire preuve de détermination et de fermeté pour atteindre votre but. Il suggère que vous possédez les qualités d'un leader doté d'une grande force de caractère. Dans ce cas, il vous conseille de guider votre groupe, ou votre équipe, de manière équitable et impartiale.

Dans un tirage spirituel, Duir évoque le druidisme et un haut potentiel spirituel. Ainsi, il peut indiquer un guide spirituel d'une grande sagesse, ou encore, sur un plan matériel, une personne fiable en qui vous pouvez avoir confiance. Il peut exprimer une spiritualité intense ou vous inviter à vous relier à votre spiritualité.


Carte renversée : Lorsque la carte apparaît à l'envers, Duir peut renseigner sur un manque d'énergie vitale, un épuisement, un manque de caractère ou encore un état de faiblesse. Ainsi, il vous exhorte à vous affirmer et à prendre soin de vous. Au contraire, dans certains tirages il peut dénoncer un excès d'énergie ou de force, qui semble bloquer votre situation.

Duir dénonce un excès d'autorité ou une incapacité à se plier aux règles. Il peut mettre en garde contre des préjudices de tout ordre, ou encore des difficultés avec les autorités judiciaires. Dans un tirage spirituel, il informe d'un manque de spiritualité ou, au contraire, d'un excès qui entraîne des difficultés à gérer la vie courante et matérielle.


Mots clés : Homme - Virilité - Combativité - Concrétisation - Souveraineté - Justice - Fermeté - Druidisme - Spiritualité intense."

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