Blog

  • Anne

Le Coprin chevelu




Étymologie :

  • COPRIN, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1820 (Lav.). Empr. au gr. de basse époque κ ο ́ π ρ ι ν ο ς « qui vit dans les excréments (en parlant de vers) ».


Lire également la définition du nom coprin afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Coprinus comatus ; Goutte-d'encre ; Encrier ; Escumelle ; Lawyer's wig (Perruque d'avocat) ; Clochette à l'encre ; Grand éteignoir à l'encre ; Mamelles à l'encre ; Œuf rayé à l'encre : dung-stool (tabouret de fumier).

Pour le Coprin noir d'encre : Agaric encrier ; Œuf-à-l'encre ; Pisse-chien ; Piche-cas (Agen) ; Quinal d'azé.

*




Mycologie :


D'après Jean-Baptiste de Panafieu, auteur de Champignons (collection Terra curiosa, Éditions Plume de carottes, 2013), le Coprin chevelu est connu comme "L'encrier".


Réhabilitation : Il pousse un peu partout, dans les bois, les prés ou les jardins, jusqu'au centre des villes. Dès qu'il s'est épanoui, en quelques heures les lames puis le bord du chapeau commencent à s'assombrir puis se transforment en un liquide noirâtre fort pue appétissant. Pour cette raison, certains mycologues du XIXe siècle le considéraient comme "pernicieux" et "malfaisant". Il est aujourd'hui connu comme un comestible délicat. On sait le cultiver sur du compost, comme le champignon de Paris, mais il est difficile à commercialiser puisqu'il faut le consommer très peu de temps après la cueillette.

Malgré cela, il fait l'objet d'une culture industrielle en Asie, où plusieurs centaines de milliers de tonnes sont vendues chaque année, à l'état frais ou séché. On lui prête aussi des vertus médicinales. Il contient en effet des substances qui semblent actives contre les cancers de la prostate et du sein.


Un champignon pour l'aquarelle : Le liquide produit par la déliquescence du champignon est noirci par ses spores, qui sont riches en mélanine, un piment brun-noir présent également dans l'encre de seiche. Et comme cette dernière, c'est une encre de bonne qualité, utilisable pour le lavis. La famille des coprins avait d'ailleurs été surnommée "encriers", les diverses espèces recevant au passage quelques jolis noms, plus ou moins dérivés des appellations locales populaires, tels que la "clochette à l'encre", le "grand éteignoir à l'encre", les "mamelles à l'encre" ou "l’œuf rayé à l'encre".


Coprin anti-alcoolique : Le coprin noir d'encre ressemble au coprin chevelu, mais il se liquéfie encore plus vite. Il a aussi le défaut d'être toxique s'il est consommé avec de l'alcool, jusqu'à plusieurs jours après le repas. La coprine qu'il contient empêche en effet le foie de dégrader l'alcool en acide acétique, ce qui est sa voie d'élimination naturelle. Les réactions s'arrêtent au stade de l'acétaldéhyde, qui est toxique.Ce composé provoque une dilatation des vaisseaux sanguins, notamment dans la peau. Le visage devient rouge et la tension baisse, ce qui entraîne des vertiges et accélère les battements du cœur. La coprine agit presque de la même façon que le disulfirame, utilisé pour le sevrage alcoolique. Mais ses autres effets la rendent trop dangereuse pour être employée dans ce domaine.


Ketchup au coprin : Depuis le début du XVIIIe siècle, les Anglais préparent un ketchup à base de champignons, pour lequel le coprin était très apprécié (avec le mousseron et le rosé des prés). A l'origine, ce ketchup (ou catsup) était une imitation d'un condiment venu d'Indonésie, le ké-tsiap.


Fumier ! Coprin vient du grec koprinos "qui vit dans les excréments". C'est vrai pour certains membres de cette famille, mais pas pour tous ! On retrouve le même dégoût en anglais, puisque l'un des surnoms des coprins était autrefois dung-stool, "tabouret de fumier".

*

*




Symbolisme :