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  • Anne

Le Python




Étymologie :

  • PYTHON, subst. masc.

Étymol. et Hist. a) 1575 Pithon mythol. (Ronsard, Ode à Phœbus ds Œuvres, éd. P. Laumonier, t. 17, p. 58) ; b) 1803 python herpétol. (B. des Sc., p. 187). Empr. au gr. Π υ ́ θ ω ν nom du serpent fabuleux qui, d'après la légende, désolait la région de Delphes (gr. Π υ θ ω ́) et qui fut tué par Apollon ; au xvie s., on trouve également avoir l'esprit de Python comme terme biblique pour avoir l'esprit de divination (1560, Bible de l'impr. d'A. Rebul, Act. 16, 16, gr. ε ́ χ ο υ σ α π ν ε υ ̃ μ α Π υ ́ θ ω ν α) et Python « devin » (1561, J. de Maumont, Hist. de Zouare, p. 387, du lat. chrét., v. Blaise Lat. chrét.; v. aussi pythie et pythonisse).


Lire aussi la définition du nom python pour amorcer la réflexion symbolique.




Symbolisme :


Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982),


"Apollon, le Seigneur, fils de Zeus, tua de son arc puissant le dragon femelle, la bête énorme et géante, le monstre sauvage qui, sur la terre, faisait tant de mal aux hommes, tant de mal aussi à leurs moutons aux pattes fines : c'était un sanglant fléau (Hymne homérique à Déméter). Ce serpent divinité infernale, devait recevoir plus tard le nom de Python, sur les lieux mêmes, à Delphes, où se célébrerait le culte d'Apollon Pythien. Ce serpent, comme la Chimère, est un des monstres les plus représentés sur les monuments archaïques. Représentation chtonienne par excellence il est des porteurs de la gueule initiatique qui s'ouvre au ponant pour avaler le soleil et le recracher au levant. Le triomphe d'Apollon sur le python est celui de la raison sur l'instinct, du conscient sur l'inconscient. Ce combat symbolique de l'action et de la passion, de la pensée, diurne, et de l'inspiration, nocturne, n'a commencé à se résoudre en Occident qu'avec la querelle des classiques et des modernes qui, du romantisme à Freud, donnait enfin droit de cité à l'inconscient, après deux mille ans de peur."

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Sophie Ékoué, auteure de Sagesses africaines (Hachette, 2016), nous rapporte que :


"Le python royal [est un] ancêtre totémique et dieu d'une ville :

Si vous visitez un jour la ville de Ouidah au sud du Bénin, à 50 km de la capitale Cotonou, et si vous avez le cœur solide, allez visiter le temple des Pythons, symbole de la sacralité de l'animal vénéré par les familles dont c'est le totem.

La légende raconte qu'en 1717, à la suite d'une guerre fratricide opposant le royaume de Danxomé et celui des Houéda, le roi vaincu de Ouidah se réfugia dans la forêt pour échapper aux assaillants qui le poursuivaient. Ce sont les pythons qui attaquèrent les adversaires du royaume, et il put ainsi être sauvé. Pour remercier les serpents protecteurs, le roi fit bâtir à Ouidah trois cases dans la forêt et fit d'eux un totem. Ainsi, le serpent est désormais une vraie divinité de leur culte vaudou.

Les serpents de ce temple ne sont pas nourris par les hommes. On ne leur donne pas à manger mais une fois par semaine, en pleine nuit, on ouvre les portes du temple et celui qui a faim sort pour aller dans les maisons voisines. La légende raconte qu'ils se transforment en génies qui se réfugient dans la forêt pour trouver à manger et n'en reviennent qu'au petit matin. Si le python ne revient pas au bout de trois jours, on procède à des battues et il est quelquefois ramené par la population parce qu'il est considéré comme un dieu. Il n'est pas rare de voir des conducteurs arrêter leur véhicule au beau milieu de la chaussée pour laisser passer un python ou l'aider à traverser la route. Ces pythons ont droit à des obsèques proches de celles de hommes.

Le python rappelle aussi par ses mues la renaissance et la résurrection, et symbolise l'immortalité des ancêtres."

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