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  • Anne

Les Nymphes




Étymologie :

  • NYMPHE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1. a) 2e moitié xiie s. «divinité des fleuves, des bois ou des montagnes, représentée sous les traits d'une jeune fille, dans la mythologie» (Narcisse, éd. M. Thiry-Stassin et M. Tyssens, 677) ; b) 1630 «fille galante» (A. d'Aubigné, Les Avantures du Baron de Faeneste, II, XVIII ds Œuvres, éd. Réaume et de Caussade, t. 2, p. 473) ; 2. 1599 anat. (Hornkens, Recueil de dict. françoys, espaignolz et latins) ; 3. 1682 «larve d'insecte» (Journal des Savants, p.208) ; 4. 1780 nymphe de Ternate «espèce de martin-pêcheur» (Buffon, Hist. nat. des oiseaux, t.7, p.197). Empr. au lat. nympha, lui-même empr. au gr. ν υ ́ μ φ η «divinité», «jeune fille ou jeune femme», en anat. «clitoris» et « chrysalide de l'insecte ».


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.




Symbolisme :


Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982),


Les Nymphes sont des "divinités des eaux claires, des sources, des fontaines : Néréides, Naïades, Océanides, sœurs de Thétis. Elles engendrent et élèvent des héros. Elles vivent aussi dans des cavernes, lieux humides : de là, un certain aspect chtonien, redoutable, toute naissance étant en relation avec la mort et réciproquement. Dans le développement de la personnalité, elles représentent une expression des aspects féminins de l'inconscient. Divinités de la naissance, et particulièrement de la naissance à l'héroïsme, elles ne vont pas sans susciter une vénération mêlée de peur. Elles volent les enfants, elles troublent l'esprit des hommes à qui elles se montrent. Le milieu du jour est le moment de l'épiphanie des nymphes. Celui qui les voit devient la proie d'un enthousiasme nympholeptique... C'est pourquoi, au milieu du jour, recommande-t-on de ne pas s'approcher des fontaines, des sources, des cours d'eau ou de l'ombre de certains arbres. Une superstition plus tardive parle de la folie qui saisit celui qui aperçoit une forme sortant de l'eau... sentiment ambivalent de peur et d'attirance... fascination des nymphes (qui) amène la folie, l'abolition de la personnalité. Elles symbolisent la tentation de la folie héroïque, qui veut se déployer dans des exploits guerriers, érotiques ou de n'importe quel ordre."

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Selon Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes (Édition Larousse Livre, 2000) :

"Dame Hollé est une sorte de nymphe des eaux qui préside au renouvellement de l'année ou tout au moins parcourt la terre germanique de Noël aux Rois ; quand il neige chez les hommes c'est elle qui secoue son lit de plumes. Elle donne aux femmes qui viennent la trouver la santé et la fécondité. Les enfants nouveau-nés proviennent de son étang. Elle punit les fileuses paresseuses, salit leurs quenouilles, brouille leurs fils ou met le feu à leur lin. Au contraire, elle envoie des fuseaux aux jeune filles qui filent avec ardeur et pendant la nuit avance leur travail ou l'achève. Elle attire volontiers les enfants dans son étang ; elle porte bonheur à ceux qui sont bons et laborieux et fait des misérables de ceux qui sont mauvais ou paresseux." (Pierre Saintyves, Les Contes de Perrault et leurs Récits parallèles, texte rédigé d'après Les Veillées normandes de Grimm, éditions Robert Laffont, 1987).

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Mythes et légendes :


Dans Arbres filles et garçons fleurs, Métamorphoses érotiques dans les mythes grecs (Éditions du Seuil, février 2017) de Françoise Frontisi-Ducroux, on peut lire que :


Les filles qui sont transformées en arbres "sont pour la plupart en relation avec les nymphes, qu'elles soient elles-mêmes, comme Daphné, fille d'un dieu fleuve, ou qu'elles soient leurs compagnes et leurs protégées. Ce sont parfois les nymphes qui les métamorphosent.


Le statut des nymphes est ambigu. Plus exactement le mot "nymphe", polysémique, s'applique à des réalités différentes. Sur le plan religieux, les nymphes sont des divinités dites "secondaires", qui reçoivent un culte, des prières, des offrandes et des sacrifices, et qui possèdent des sanctuaires, grottes ou nymphées, près des sources et des rivages. C'est en reconnaissant la grotte des Nymphes, où il a été déposé pendant son sommeil par les Phéaciens, qu'Ulysse comprend qu'il est enfin de retour à Ithaque. et c'est à ces divinités bien-aimées qu'il adresse sa première prière : "Ô vous, filles de Zeus, ô Nymphes, ô Naïades, que j'ai cru ne jamais revoir, je vous salue..." Les archéologues sont convaincus d'avoir retrouvé ce sanctuaire, probablement ultérieur à l'Odyssée. Si leurs lieux de cultes sont souvent implantés en pleine nature, ou dans les zones marginales, les nymphes ont aussi droit de cité. Athènes les honore en plusieurs endroits, y compris en son centre, sur la pente sud de l'Acropole. on les dit soumises à la mort, quoique dotées d'une vie plus longue que les mortelles. et leur longévité s'accompagne d'une jeunesse prolongée. L'état de nymphe semble incompatible avec le vieillissement. de surcroît certaines possèdent en même temps que l'immortalité, un statut d'authentique déesse, telle Calypso, la "nymphe bouclé", qui tâche en vain de retenir Ulysse ; telle aussi la Néréide Thétis, la mère d'Achille, inconsolable d'avoir mis au monde un fils mortel. Ce sont là des nymphes de haut rang, des nymphes d'épopée. Leurs sœurs plus modestes remplissent pourtant des fonctions importantes auprès des humains, des femmes surtout. Elles sont associées à certains rituels prénuptiaux. Car le nom de nymphe désigne aussi la jeune fille, aux alentours périlleux du mariage. La nymphé humaine est la fiancée, aussi bien que la jeune mariée, dans tout l'éclat de sa séduction. Elle ne perd vraiment ce titre que lorsqu'elle enfante. C'est en devenant mère que l'on devient femme. Ici encore les héroïnes épiques font exception : Hélène, la bigame, après vingt ans de mariage, est interpellée sous le nom de nymphé. Pénélope aussi, mère d'un grand fils de vingt ans. Il est vrai qu'elle est assiégée par la meute des Prétendants qui aspirent à l'épouser, tandis qu'Ulysse ne rêve que de la retrouver. Quant à Hélène, ses attraits sans pareils ne sont pas soumis aux atteintes du temps. Qu'elles soient déesses, semi-divines, ou héroïnes mortelles, les nymphes sont avant tout des créatures féminines désirables et désirées. Certaines sont aussi désirantes. On les accuse d'enlever les garçons, de les rendre fous en les frappant de nympholepsie, et même de leur faire des enfants. Aphrodite conseille ainsi à Anchise, avec qui elle vient de faire l'amour, de dire que le bel enfant qu'elle lui fera bientôt livrer - le futur Énée - est le fils d'une nymphe "semblable à un bouton de rose". La déesse espère ainsi éviter le déshonneur d'avoir succombé à un mortel (Hymne homérique à Aphrodite, 281-285). Mais le plus souvent les nymphes des sources et des bois, quand elles ne font pas escorte aux déesses et aux dieux, passent leur temps à danser, secourant à l'occasion les filles en passe de perdre leur statut de... nymphé.

Les nymphes d'Ovide, créatures éminemment poétiques, et donc nécessairement polysémiques, semblent réunir un peu de chacune de ces valeurs. (Note : le mot "nymphe" désigne aussi la poupée que la jeune fiancée abandonne au moment de se marier, et, en anatomie, une partie du sexe féminin : le clitoris, selon Galien.)"

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