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  • Anne

L'Acacia


Étymologie :

  • ACACIA, subst. masc.

Étymol. ET HIST. I.− 1. 2e moitié xive s. spina aegyptia, de la famille des mimosées ; « le fruit de la plante » (Bruno de Longobucco, Cyr., fol. 45 b ds Gdf. : encens, acacie, nois de cypres), attest. unique ; 2. xive s. « id. » la plante, terme bot. (Grant Herbier, 2 ds DG : acace, achace, achacie) ; 1542 « id. » (Du Pinet, trad. de Pline, XIII, 9 ds R. Hist. litt. Fr., 1, 183 : la fleur d'acacia est fort belle) ; 3. a) 1534 [1503] « id. » suc de la plante, terme pharm. (Le Guidon en françoys, 257 a, éd. 1534 ds Rom. Forsch. XXXII, 4 : unguent fait de acassia, aloe, thure et sarcocolla) ; 1752 acacia vera « id. » id. (Trév. s.v. acacia : terme de Pharmacie. C'est le nom d'un suc épaissi qu'on apporte du Levant dans des vessies (...). On le nomme Acacia du Levant, acacia vera en latin pour le distinguer du faux acacia, autre suc épaissi et extrait des prunelles) ; b) fin xvie s. p. anal. « suc de prunelle » terme pharm. (Joubert, Gr. Chir., 689 ds Gdf. : acacie, c'est le suc de prunelles vertes) ; 1752 acacia germanica (Trév. s.v. : Acacia (Germanica) d'Allemagne, est le suc tiré par expression du fruit du prunier sauvage (...) qu'on substitue à la place du vrai acacia) ; 1852 (Besch. : acacia nostras) « id. »; 1875, a et b désignés par suc d'acacia (Littré s.v.). II.− 1680 acacia robini ou robinier « acacia blanc, arbre d'agrément », terme bot. (Rich. s.v. : Acacia. Arbre qui vient assez haut, qui porte une fleur jolie qui sent comme la fleur d'oranges, et qui sert à embelir les alées des jardins, et à faire des avenues et des bosquets) ; 1690 « id. » (Fur. s.v. : On l'appelle Acacia Robini, parce qu'un nommé Robin, qui etoit Garde du Jardin du Roy, est le premier qui l'a mis en vogue en France il y a environ 40 ans). Empr. au lat. acacia « id. » désignant la plante dep. Pline, Nat. hist., XIII, 63 ds TLL s.v., 191, 16, d'où I 2, le fruit, la graine dep. Pline, ibid., XX, 233 et Celse, De Medic. 4, 25 ibid., 27-28, d'où 1, le suc dep. Celse, ibid. 6, 6, 1 et Pline, ibid. 27, 16, ibid. 23-24, d'où I 3 ; cf. avec 3 a : iv-ve s. Théodore Priscien, Logicus, 33 ibid. 25 : ungo... ex. acacia; avec 3 b xiie s. Job. Platearius, De simplici medicina, p. 4 a ds Mittellat. W. s.v., 72, 6 : est acatia succus prunellorum immaturorum. Forme lat. acacia (dep. 1542) supplante autres formes (André, Lex. bot. s.v.). À partir de l'introd. en France de l'acacia Robini L., originaire de l'Amérique du Nord (nom donné par Linné en l'honneur de Jean Robin qui en reçut la 1re semence en 1601, Rolland, Flore, IV, 109) I 1 est désigné en lang. commune par acacia, II par robinier mais aussi par acacia, ambiguïté ultérieurement levée par la désignation cour. de I 1 par mimosa, nom de l'espèce la plus connue en France et de II seulement par acacia. (Rolland, op. cit. IV, 109-110 et 251-252).


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.

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Botanique :


Robert Castellana et Sophie Jama, auteurs de "Floriculture et parfumerie : les origines de l’acclimatation végétale sur la cote d’azur." (Issued by The Phoenix Project, 2012) nous apprennent les vertus du cassier (Acacia Farnesiana) en lien avec la parfumerie :


Le cassier est un arbuste probablement originaire d'Amérique tropicale, qui s'est répandu dans la plupart des régions chaudes. Il atteint une hauteur de 8 à 10 m et produit des gousses noires et des fleurs jaunes dont on extrait une huile essentielle, à odeur de violette, appelée Cassie. Le cassier aurait été acclimaté en France au XVIème siècle et cultivée en Provence à partir du XVIIème siècle, d’abord pour ses gousses pour l’industrie grassoise des cuirs, puis pour la parfumerie au siècle suivant. On rapporte aussi que son nom de Farnesiana, ou mimosa de Farnèse, proviendrait de la Villa Farnèse à Rome d’où il aurait été introduit à Cannes par les moines de l'île de Lérins. Aujourd'hui quasiment disparu, le cassier occupa une place importante dans le paysage des régions littorales, à Vallauris, Mougins et le Cannet pour l'essentiel. On produisit ainsi jusqu’à quelques 30 tonnes de fleurs, avec deux variétés cultivées pour la parfumerie, le Cassier Ancien, dit aussi Cassier du Pays (Acacia Farnesiana), qui se reproduit par semis, et le Romain (Acacia caven), qui se reproduit par marcottage. Cette variété passe pour être originaire de la plantation de la Croix des Gardes à Cannes, où l'on aurait réussi à fixer un sujet à double floraison à la fin du XIX° siècle. L'essence qu'on en retire entrait dans les extraits de violette, les vinaigres, fards et poudres de riz. Les fleurs du cassier se récoltent d'août à septembre au moyen d’échelles, après la rosée du matin et parfois l'après-midi ou le soir. Un arbre produit entre 500 g et 1 kg de fleurs.

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Selon Joël de Rosnay, auteur de La Symphonie du vivant, Comment l'épigénétique va changer votre vie (Éditions Les Liens qui libèrent, 2018),


"Les chercheurs ont aussi découvert que les racines des plantes contenaient des cellules très sensibles comparables à des neurones et capables de détecter des informations spécifiques dans leur proche environnement. Plus étonnant encore, des travaux révèlent que les végétaux peuvent modifier leur physiologie ou leur métabolisme en réaction à des événements produits par leur environnement. Par exemple, face à des agressions répétées d'herbivores dévorant leurs feuilles ou leurs branches basses, les arbres (notamment l'acacia) émettent des signaux d'alerte qui circulent entre eux. "Prévenus", les arbres vont alors déclencher une fonction qui réveillera certains de leurs gènes pour produire des toxines qui repousseront les prédateurs. En d'autres termes, les impulsions émanant de l'environnement provoquent la production de molécules qui vont réguler l'expression de certains gènes, c'est-à-dire les inhiber ou les activer. Délicieuses quelques heures plus tôt, les feuilles d'acacia vont rendre malades, voire empoisonner, les antilopes ou les girafes qui les agressent. Le message est clair : mieux vaut aller brouter ailleurs..."

 

Sandra Kynes, auteure de Murmures de la Forêt, Traditions et Magies des arbres (Édition originale, 2006 ; Éditions Danaé, 2020), précise que :


Les gousses d'acacia contiennent environ vingt graines, entourées par une pulpe sucrée utilisée dans la fabrication de la bière. Alors que les graines peuvent être mangées crues ou cuisinées, les gousses sont utilisées pour nourrir les animaux. Les acacias ont été plantés pour les haies et pour protéger du vent.

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Symbolisme :


Louise Cortambert et Louis-Aimé. Martin, auteurs de Le langage des fleurs. (Société belge de librairie, 1842) nous livrent leur vision de cet arbuste étrange :


Été - Juillet

ACACIA DES JARDINS - AMOUR PLATONIQUE.


Les sauvages de l'Amérique ont consacré l'acacia au génie des chastes amours ; leurs arcs sont faits du bois incorruptible de cet arbre, leurs flèches sont armées d'une de ses épines. Ces fiers enfants du désert, que rien ne peut soumettre, conçoivent un sentiment plein de délicatesse ; peut-être ne savent-ils pas l'exprimer par des paroles, mais ils en trouvent l'expression dans une branche d'acacia fleuri. La jeune sauvage, comme la coquette des cités, entend ce langage séducteur, et elle reçoit, en rougissant, l'hommage de celui qui a su la toucher par le respect et l'amour. Il n'y a guère plus d'un siècle que les forêts du Canada nous ont cédé ce bel arbre. Le botaniste Robin, qui nous l'apporta le premier, lui donna son nom. L'acacia, en déployant dans nos bocages son ombre légère, ses fleurs odorantes, et sa douce et fraîche verdure, semble y prolonger le printemps. Le rossignol aime à confier son nid à ce nouvel habitant de nos climats : l'aimable oiseau, comme rassuré par les longues et fortes épines qui protègent sa famille, descend quelquefois sur les dernières branches de l'arbre, pour faire entendre de plus près ses ravissants concerts.


ACACIA ROSE - ÉLÉGANCE.

L'art de la toilette n'a rien assorti de plus frais, de plus élégant que la parure de ce joli arbuste ; ses attitudes penchées, son vert gai, ses belles grappes couleur de rose, qui ressemblent à des flots de rubans, tout lui donne l'apparence d'une coquette en habit de bal.

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Dans Les Fleurs naturelles : traité sur l'art de composer les couronnes, les parures, les bouquets, etc., de tous genres pour bals et soirées suivi du langage des fleurs (Auto-édition, Paris, 1847) Jules Lachaume établit les correspondances entre les fleurs et les sentiments humains :


Acacia blanc - Amour platonique.

Les sauvages de l’Amérique ont consacré l’acacia au génie des chastes amours et en trouvent l’expression dans une branche fleurie.


Acacia rose - Élégance.

Rien n’est gracieux et coquet comme ses grappes de fleurs roses se détachant sur un feuillage d’un vert gai. On dirait une élégante en toilette de soirée.

 

Dans son Traité du langage symbolique, emblématique et religieux des Fleurs (Paris, 1855), l'abbé Casimir Magnat propose une version catholique des équivalences symboliques entre plantes et sentiments :


ACACIA BAIE A ONDES - ENNEMI.


Aimez vos ennemis, faites-leur du bien et priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient afin que vous soyez les enfants de votre père céleste qui fait lever son soleil sur les bons comme sur les méchants.

Math. v 44, 45.


L'acacia baie à ondes appelé aussi vulgairement arbre de malédiction est un arbre que l'on rencontre très souvent dans les savanes. Son bois qui n'est propre qu'à faire des pieux d'entourages est très sec, cassant et très funeste pour ses piqûres ; bien souvent la blessure faite par ses épines a soudain causé la mort à la suite d'un tétanos, auquel souvent on n'a pas le temps de porter secours. Si le malade au contraire est rappelé à la vie, quelquefois il devient impotent d'une ou plusieurs parties de son corps. Cet arbre à tronc d'un rouge enflammé, sert de repaire à l'araignée crabe, aux énormes scolopendres, aux scorpions et à une espèce de tarentule.

Cette masse d'inconvénients exalta l'imagination de certains narrateurs qui prétendirent que le baie à ondes avait été clandestinement transporté d'Afrique et propagé à Saint-Domingue par un nègre infortuné qui se vengea de son esclavage en infectant toutes les Savanes de ces graines qui multiplient à l'infini.


RÉFLEXIONS :

Ce n'est point un paradoxe, mais une vérité certaine que nous n'avons point d'ennemi plus à craindre que nous-mêmes.

BOURDALOUE, Pensées diverses.

Si vous vous souvenez combien vous êtes redevable à Dieu, vous n'attendrez pas que votre ennemi vous demande pardon, mais vous le préviendrez et lui pardonnerez de bon cœur, afin que Dieu vous traite comme vous aurez traité votre ennemi.

SAINT CHRYSOSTOME, Homélies.

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Emma Faucon, dans Le Langage des fleurs (Théodore Lefèvre Éditeur, 1860) s'inspire de ses prédécesseurs pour proposer le symbolisme des plantes qu'elle étudie :


Acacia blanc - Amour platonique.

Cet arbre croit rapidement, son feuillage est agréable, ses fleurs blanches sont très odorantes et son bois possède une grande qualité, il ne se pourrit jamais. Différentes tribus des naturels de l'Amérique ont consacré la fleur de l'acacia blanc au génie des chastes amours, et en trouvent l'expression dans une branche fleurie.

 

Dans son Nouveau Langage des fruits et des fleurs (Benardin-Béchet, Libraire-Éditeur, 1872) Mademoiselle Clémentine Vatteau poursuit la tradition du Sélam :


ACACIA : arbre aux branches épineuses; originaire de l'Amérique du Sud, dont les fleurs sont blanches et parfumées ; symboles : Amour platonique ; inquiétude.

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D'après le Dictionnaire des symboles (Éditions Robert Laffont, 1969 ; édition revue et corrigée, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"L'arche d'alliance est faite de bois d'acacia plaqué d'or (Exode 37, 1-4). La couronne d'épines du Christ serait tressée d'épines d'acacia. Enfin, dans le rituel maçonnique, une branche d'acacia est placée sur le drap du récipiendaire, pour rappeler celle qui fut plantée sur la tombe d'Hiram. Ces quelques traditions montrent que, dans la pensée judéo-chrétienne, cet arbuste au bois dur, presque imputrescible, aux épines redoutables et aux fleurs de lait et de sang, est un symbole solaire de renaissance et d'immortalité. "Il faut savoir mourir pour naître à l'immortalité" résumait Gérard de Nerval dans le Voyage en Orient, évoquant le mythe de la mort d'Hiram. Et Guénon souligne que les rayons de la couronne d'épines sont ceux d'un soleil.

Le symbole de l'acacia rejoint donc l'idée d'initiation et de connaissance des choses secrètes. C'est aussi ce que l'on peut induire d'une légende bambara qui place l'acacia à l'origine du rhombe. Alors que le premier forgeron, encore enfant, taillait un masque, une esquille de bois d'acacia se détacha et sauta au loin en produisant un vrombissement semblable au rugissement du lion. L'enfant appela deux de ses camarades, prit le fragment de vois, perça un trou à l'une de ses extrémités, y passa une ficelle et le fit tournoyer.

Cette légende africaine rappelle une pratique védique encore en vigueur : un disque d'acacia est percé d'un trou ; avec un bâton en bois de figuier, rapidement tourné dans le trou, on produit sous l'effet de la friction le feu sacré qui servira au sacrifice. L'acacia représente ici le principe féminin, le bâton le principe masculin. Même analogie en Inde où la louche sacrificielle (sruk) attribuée à Brahma est en bois d'acacia.

On voit donc partout l'acacia lié à des valeurs religieuses, comme une sorte de support du divin, dans son aspect solaire et triomphant."

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Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), l'Acacia a les caractéristiques suivantes :


On connaît une grande variété d'Acacias. Détail ironique : celui qui à été acclimaté en Europe et aux Etats-Unis comme arbre d ornement n'en est pas un ; c'est le robinier ou faux acacia. Ce n'est pas lui qui nous intéresse. Nous ne citerons ici que les espèces tropicales et équatoriales les plus courantes, donc les plus utilisées. Les variétés employées dans les cérémonies rituelles sont justement celles qui font l'objet d'une demande industrielle et commerciale : une fois n'est pas coutume.

Acacia à trois épines (Gleditschia triacanthos), commun dans toutes les régions chaudes du globe. Févier ; Arbre à gousses ; Arbre à liqueur ; Arbre au miel ; Fèves de Saint-Ignace ; Mimosa féroce ; Véreck.

Acacia pudique (Acacia scleroxylon), ainsi nommé à cause de l'extrême irritabilité de son feuillage qui se rétracte et s'abaisse au moindre contact. Sensitive ; mimeuse.

Acacia de Sibérie (Caragana arborescens). Caragan ; Arbre aux pois.

Acacia du Sénégal (Acacia Senegal), qui donne la « gomme arabique ». Gommier blanc.

Acacia catechu (Butea frondosa), qui donne le cachou. Acacia frondeur ; Arbre à réglisse ; Acacia des tanneurs ; Catoche.

Les Indiens d'Amérique latine mangent les fruits de l'Acacia comestible, ou guaxe, et les gousses de l'Acacia grimpant. Les gousses de l'Acacia d'Arabie, cueillies avant leur maturité et portées à ébullition, donnent un extrait solide qui est le sucre d'acacia.


Genre : Masculin

Planète : Soleil

Élément : Air

Divinité : Râ ; Ishtar ; Astarté.


Utilisation rituelle : En Inde, le bois d'Acacia sert à alimenter les feux sacrés. Seuls les riches peuvent se faire incinérer sur un bûcher d'Acacia. Le bois est également recherché pour la construction des temples. La gousse du févier contient une pulpe sucrée qui, fermentée, donne une liqueur. En Birmanie, en Malaisie, cette liqueur était bue par les guerriers dans les fêtes rituelles.


Utilisation magique : Chez les tribus berbères du Moyen-Atlas, une branche d'Acacia, bien feuillue et bien verte, placée dans la chambre à coucher éloigne les djinns. Si en dépit de cette précaution les symptômes du « mauvais œil » continuent à se manifester, alors il faut avoir recours aux grands moyens et faire exorciser la maison : le Diable a manifestement dépêché un de ses proches lieutenants pour nuire au maître du logis à qui il cherche querelle personnellement.

Dans tout le Moyen-Orient, on glisse un morceau de bois d'Acacia dans les plis de son turban pour tenir à distance les influences négatives.

Les différentes gommes extraites de l'Acacia servent à fabriquer des encens dont il existe, on le sait, plusieurs centaines de formules. Celles qui renferment des résines d'Acacia, du bois pulvérisé et mélangé à du bois de santal - plus rarement à du cachou -, sont très appréciées. Utilisez-les chaque fois qu'une stimulation des pouvoirs psychiques est recherchée.

L'Acacia (bois, fruits, graines) est aussi recherché pour les charmes destinés aux affaires d'amour et de finance. Simplement, dans le premier cas, il ne s'agit que d'amour platonique.

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Dans Le livre des superstitions, mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont, 1995 ; réédition, 2019), Éloïse Mozzani nous propose la notice suivante :


Cet arbre, dont les épines ont composé la couronne du Christ et dont le bois servit pour l'arche d'alliance, symbolise la résurrection et l'immortalité. Dans la région de Metz, l'épine d'acacia protège du tonnerre et en Gironde l'arbre sert à une consultation amoureuse : il faut réciter à chaque foliole d'une de ses feuilles le fameux "il (elle) m'aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout". Au Canada, si l'on offre une branche de l'arbre avec toutes ses épines à sa bien-aimée, celle-ci restera fidèle et vertueuse. Cela est probablement à rapprocher de la signification d' "amour platonique" que représente l'acacia dans le langage des plantes.

Chez les Berbères du Moyen-Atlas, une branche d'acacia, verte et feuillue, déposée dans la chambre à coucher, a le pouvoir d'en chasser les djinns, tandis que dans tout le Moyen-Orient "on glisse un morceau de bois d'acacia dans les plis de son turban pour tenir à distance les influences négatives".

En Inde, son bois sert pour les feux sacrés et pour la construction des temples."

 

D'un point de vue symbolique et en vertu de l'interdépendance du vivant, l'acacia est en lien fort avec la girafe car il est un de ses aliments privilégiés.

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Sandra Kynes, auteure de Murmures de la Forêt, Traditions et Magies des arbres (Édition originale, 2006 ; Éditions Danaé, 2020), envisage les qualités symboliques des différents acacias :

[...] Il peut être difficile de travailler avec l'acacia, mais la persistance et l'honnêteté accompagnent grandement cet arbre. Rêver d'acacias signifie que le bonheur pourrait être éphémère. Rêver de cueillir des gousses d'acacia signifie que vous avez un bon ami loyal.


Pouvoirs / attributs : équilibre en amitié, amour platonique, persévérance, protection, amour secret, force. Élément : Terre ; Eau. Secteurs feng shui : Centre ; Est ; Sud-Ouest ; zones négatives. Déesses : Cerridwen ; Hécate ; Morrigan ; Sekhmet.

Zodiaque : Bélier. Pierre : Ambre. Vie sauvage : Bouvreuil ; Lapin ; Écureuil. Énergie : féminine. Autres associations : sabbats = Mabon / Équinoxe d'automne ; Samhain. Sortilèges et rituels : protection et force (invoquer l'acacia dans les rituels de lune noire) ; hochet pour les rituels d'automne (utiliser les gousses sèches) ; pour rechercher le calme et se centrer (utiliser les feuilles) ; rituels de protection (utiliser les épines).


Voir aussi : Févier d'Amérique ; Robinier faux-acacia ; Caroubier.

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Selon un article du site https://www.ledifice.net/7067-2.html daté du 12 novembre 2007 :


"L’Acacia est l’archétype du symbole porteur de Savoir, particulièrement des Connaissances liées aux Grands Mystères et à l’entendement des Maîtres. Tout ceux qui se sont rendus en Terre Sainte savent combien l’Acacia y est abondant. Sa floraison au cœur de la saison des pluies assure l’éclat lumineux des collines de Galilée et les grappes de ses fleurs jaunes sont la lumière du désert du Néguev où les rares parcelles de gazon lui font rapidement place. Alliant l’eau au feu, l'Acacia est la lumière du printemps après le souffle du vent « Sharav » comme le sont les « fleurs de Marie », ces petites boules d'herbe sèches qui produisent de magnifiques fleurs blanches quand elles sont plongées dans l'eau.

Dans les pays Méditerranéens, l'Acacia est symbole de vie, d'immortalité ; il est aussi symbole de l'amour mystique et platonique, du recueillement. Lorsqu'il est représenté avec des fleurs fanées, rouges ou blanches, c'est pour signifier la Mort et la Renaissance. Ses épines sont les cornes de la Lune croissante. Pour les chrétiens, il représente l'immortalité et la morale chrétienne. Selon une ancienne légende, la couronne d'épines était faite d'acacia dans le double objectif blasphématoire de se moquer du bois sacré avec lequel fut construite l'Arche d'Alliance et de rabaisser Jésus. Pour les anciens égyptiens, l'Acacia est la représentation du culte solaire, de la renaissance du jour, de l'immortalité. L'Acacia est la fleur de l'Initiation et de l'innocence, l'emblème de Nith que les anciens grecs associaient à Athéna. Pour les hébreux, le Shittah est le bois sacré du Tabernacle, à ce titre, il est le symbole de l'immortalité, mais peut aussi être associé au deuil.

Il est dit qu’Abraham en planta un bosquet ('e-shel ) à Beer-Sheba (Gen. 21 ; 33) et, à cette époque, il devait déjà avoir une grande signification car il est dit qu’en le plaçant à cet endroit, il invoqua le Nom de Dieu. Celui qui porte les branches de cet arbre est le porteur de la Lumière. Dans le Mythe d’Hiram, celui qui ôte la branche marquant l’emplacement du corps prononcera les mots indiquant que la moelle est dans l’os. Il sera celui qui assurera le lien entre la Connaissance et le Monde des Hommes par la « relèvation d’Hiram », c’est à dire à la permanence de la vie que l’on traduit généralement par « mort renaissance » et que le mythe transforme en « mot substitué ». Un mot est substitué à un autre, ainsi le Roi ne meurt pas… La Bible aussi bien que le Coran mentionnent ces arbres qui symbolisent l’éternité et sont associés à l’état paradisiaque. Un exemple est l’arbre de la vie de la Bible, qui est mentionné dans le jardin d’Eden ainsi que dans la vie éternelle de l’au-delà.

Dans le Coran : « Les gens de la droite, mais que sont les gens de la droite ? Ils seront parmi des jujubiers sans épines et des acacias alignés, sous d’amples ombrages, près d’une eau vive, avec une abondance de fruits, non encore cueillis mais non défendus. »

Sourate 56 : 27-33


Une légende Rabbinique précise que lorsque Jacob se rendit en Egypte, il porta avec lui des plans d’acacias, les mêmes types d’arbre que ceux qu’Abraham avaient planté à Beer-Sheba. Durant l’Exode, les enfants d’Israël transportèrent encore ces plants durant leur errance dans le désert. C’est du bois de ces arbres, Shittim, que fut construite l’Arche d’Alliance. Ainsi qu’il est dit : « Exode 35 : 24 Tous ceux qui présentèrent par élévation une offrande d'argent et d'airain apportèrent l'offrande à l'Éternel. Tous ceux qui avaient du bois d'acacia pour les ouvrages destinés au service, l'apportèrent. » Et ce bois revêt une importance particulière, si particulière qu’il est mentionné 28 (8 + 2 = 10) fois dans l’Exode. On l’utilisa pour construire le Tabernacle, qui devient ainsi le « beth hash-shit-taw' » (la maison de l'Acacia) et on lui confia les tables de la Loi (Exode 26 ; 15), on utilisera le même bois pour construire les barreaux nécessaires à le porter tout autant que les colonnes de l’entrée qui tendent le rideau de protection. Ces planches sont à l’identique des Hommes, elles sont debout et dressent un rempart de protection autour de l’Arche. « Tu feras des planches pour le tabernacle; elles seront de bois d'acacia, placées debout. Exode 26 : 15 »… Le mot hébreux utilisé ici revêt à la fois la signification de construire, mais aussi d’apprêter. On peut y voir une prédisposition des formes de construction utilisées par Hiram pour le Temple dans la mesure où l’assemblage du bois permet de ne pas entendre un seul bruit métallique durant la construction.


C’est aussi une image très forte du Nouveau Testament que de relier le Christ à cette forme de construction par le fait que Joseph soit charpentier (au fait, tant que j'y pense, Marie n'était-elle pas Veuve au moment de la Passion ?). Ainsi, pour l'Eglise, il fait aussi référence à la couronne du Christ, celui-ci étant ressuscité le troisième jour. On comprend facilement le lien entre sa couronne, c’est à dire le signe de la royauté fait en bois immortel, et son immortalité. Dans un certain sens, le message Biblique peut se condenser dans le symbolisme de quatre arbres. Le palmier, l'Olivier, le Cèdre et l'Acacia. Bien entendu, personne ne sait de quelle nature étaient les deux arbres plantés dans le jardin d'Eden (Genèse 3:22-24). On sait seulement qu'il s'agissait de l'arbre de la connaissance du bien et du mal et de celui de la Vie et de la Mort. Contrairement à ces deux essences, l'Acacia est aussi le "bois mauvais" puisqu'il servit à chaque fois à construire les autels lorsque les Hébreux se détournèrent de Dieu... pour le Veau d'or et pour Bââl... c'est la raison pour laquelle l’Éternel commanda qu'on en fit l'arche d'alliance contenant le décalogue, mais aussi qu'on ne puisse rien en faire sans le couper...

L'acacia est un symbole d'initiation solaire manifestant la continuité des cycles de mort et de renaissance. La franc-maçonnerie n’en ignore pas les secrets, à tel point que pour William Hutchinson (1732-1814), le nom « Acacians » signifie Franc-maçon. Celui qui tient un rameau d'acacia annonce soit le but qu'il poursuit, soit le niveau de conscience auquel il est parvenu. Au delà de la forme spécifique de sa feuille qui ressemble à la position des FF et SS en Loge, le long des colonnes et dont les travaux sont gouvernés par le Vénérable Maître, l’Acacia reste depuis la plus haute antiquité, un symbole solaire et, par voie de conséquences, d’immortalité. Cela s’explique par son bois dur et presque imputrescible, mais aussi par ses fleurs immaculées pour sa variété européenne et jaune lumineux pour celle du proche orient . Très présent dans la tradition judéo-chrétienne depuis les versets du pentateuque. C’est le bois d’Acacia recouvert d’or qui sert à construire l’Arche d’Alliance (il faut néanmoins être prudent sur l’analogie entre l’arche d’alliance et le tombeau d’Hiram car cela ne relève pas du grade de Maître) et que l’on retrouve dans la construction de la Tente du Tabernacle. Bien que le Tabernacle soit l’un des symboles étudiés au delà des trois premiers grades, on peut se pencher utilement sur l’ Exode Chapitres 25 – 26 – 27 – 30 – 37 à différents versets. Ces derniers sont manifestement de sources sacerdotales. Les chapitres 25 à 31 regroupent assurément des éléments plus anciens qui se trouvaient dans la tradition des bergers nomades déjà présents sur la terre d’Israël avant l’Exode. Parmi ces éléments sont l’arche et sa tente, remontent sûrement à cette période du syncrétisme attribué à Moïse. D’autres éléments provenant naturellement des cultes solaires dont certaines formes ont été conservées au cours de l’histoire d’Israël. En rapportant le tout à des directive données par l’Eternel, l’Exode affirme le caractère divin de ces pratique et les inscrit dans la continuité naturelle des institutions. De fait, ce sont les matériaux de la Tente et du tabernacle qui resteront ceux du futur Temple. « Dis aux Israélites de prélever pour moi une contribution. Vous prendrez la contribution de tous ceux que leur cœur incite ( Ex. 25 ; 2 )…. des peaux de Tahach teintes en rouge, du cuir fin et du bois d'acacia ( Ex 25 ; 5) ».


Le Nouveau Testament insiste sur cette qualité initiation de résurrection par le fait que la couronne d’épines du Christ aurait été tressée de branches d’acacia, redondance symbolique de la divinité messianique qui indique que celui qui est désigné à mourir est aussi destiné à être « relevé »". La croix de Jésus, appelée « bois » est liée, quant à elle, au verset du Deutéronome 21:22-23: « Si l’on fait mourir un homme qui a commis un crime digne de mort, et que tu l’aies pendu à un bois, son cadavre ne passera point la nuit sur ce bois; mais tu l’enterreras le jour même; car celui qui est pendu est un objet de malédiction auprès de Dieu. « ‘Ets ». Un arbre dans son essence, des morceaux de bois ». Dans la doctrine chrétienne du salut, en assumant la malédiction, Jésus l’élimine de l’arbre du bien et du mal . Il ouvre la voie vers le dernier arbre : « l’arbre de la vie dans le paradis de Dieu »… dont les feuilles servaient à la guérison des nations. Il n’y aura plus d’anathèmes." ( Apocalypse 22: 1-3 ). Cet arbre est aussi associé à la légende du bâtisseur de Jérusalem dans la symbolique maçonnique avec une identité de signification. C’est l’emplacement de la branche qui indique la position du corps à relever.


Dans la Chine ancienne, l'acacia est l'arbre du nord et de l'hiver. En Inde, la louche sacrificielle attribuée à Brahmâ est faite à base de mimosa (le mimosa est l’acacia véritable, celui que l’on utilise en France est le robinier ou faux acacia). Enfin, en maçonnerie occidentale, l'acacia est un arbre de résurrection et d'immortalité. Le mimosa fleurit en hiver notre Acacia est signe de printemps... dans les deux cas il s'agit de vivre ou de revivre...


A l'origine des anciennes Loges, ce symbole était étranger à la Franc-Maçonnerie ; il est difficile de dire aujourd'hui comment il y fut introduit. On peut néanmoins supposer, sans trop de risque d’erreur, qu’il apparut avec le Grade de Maître autour de 1730. Il semble cependant certain que la dénomination primitive était "cassia" - vulgairement appelé acacia de Farnèse ( variété de mimosa ) ou " casse ". Ce n'est que plus tard que ce mot se transforma pour devenir acacia.

« Êtes-vous Maître Franc-Maçon ? Je le suis ; l'acacia m'est connu. »


Déjà le Compagnon affirmait avec assurance sa qualité de Maçon ; le Maître fait preuve, dans sa réponse, d'une très grande confiance en lui-même. Il pense que seuls les Frères du même grade sont qualifiés pour le juger ; et comme il a obtenu le grade suprême, la fermeté de sa réponse se trouve justifiée... Il oublie simplement que la reconnaissance de la qualité de franc-maçon ne s'exerce rituellement qu'au premier degré du rite.


"Frère Second Surveillant, êtes vous Franc-Maçon ? Mes Frères me reconnaissent pour tel Vénérable Maître..."


Mais afin de se distinguer de ses Frères Compagnons et Apprentis, le Maître donne d'emblée une preuve de ses connaissances plus étendues en affirmant que l'acacia lui est connu. Seuls les Maîtres en connaissent le symbolisme et par conséquent, sont initiés à la légende d'Hiram. Sans doute, celui qui donne correctement cette réponse se fera-t-il reconnaître Maître Franc-Maçon, du moins au point de vue formel; mais cela ne signifie pas que celui qui s'est justifié de la sorte soit effectivement un Maître de l'Art Royal. Or, au point de vue moral, c'est cela qui importe avant tout. Il ne suffit pas qu'un Maître possède les signes, paroles et attouchements et les autres moyens de se faire reconnaître; il faut que son esprit, que ses actes le fassent apparaître comme un Maître aux yeux des Apprentis, des Compagnons et des autres Maîtres; et grâce à ses connaissances et à son activité maçonnique, il gagnera leur estime et leur amour fraternel. Il doit se donner en exemple à tous par la haute notion qu'il a du devoir, afin que tous aussi puis dire de lui : En vérité, voici un Maître. Aucun ouvrage ancien de maçonnerie ne donne d'explication sur le choix de ce symbole. L'Acacia est pourtant un arbre intéressant puisqu'il ne peut devenir adulte qu'à condition d'être habité par des fourmis dont l’entretien permet sa croissance. Cette particularité de l’Arbre n’en demeure pas moins mystérieuse et peut-être justifie-t-elle aussi son emploi dans la symbolique de l’éternité, emploi dont le mystère n’est connu que des « Maîtres ». C'est le myrte des anciens initiés, le rameau d'or, le fragment d'éternité que les maçons croient découvrir au troisième degré dans la branche d'acacia. Mais une question demeure, les maçons affirment qu'ils connaissent l'acacia, mais ils ne savent pas qu'ils sont les fourmis de l'histoire ?

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Mythes et légendes :


D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


SAMI, ÇAMI (Acacia suma) ; d’après le dictionnaire de Saint-Pétersbourg, Prosopis spicigera Lin., ou Mimosa suma Roxb.). — Nom d’une espèce d’acacia, au bois très dur, que les anciens Indiens employaient pour produire le feu. Parmi ses noms propices indiens, on peut citer les suivants ;

Çivâ, Içana, Çañkara, Lakshmí, Mangalyâ (heureuse), Pâpanâçinî (qui tue le mal), Tapanatanayâ, (productrice du feu), Ishtâ, Çubhakarî (qui produit le beau, le splendide, c’est-à-dire le feu), Subhadrâ (très heureuse), Surabhi (bien parfumée), Medhyâ (sacrificale), etc. Une étymologie indienne, assez naïve et enfantine, jouant sur le suffixe sam, dit que l’acacia suma s’appelle ainsi parce qu’il renferme, il contient la chaleur.

(Yaçcâbhyantarasambhritoshmavikritih proktah çamî sa drumo ; cf. Böhtlingk, Indische Sprüche, II, 4599.) Dans le Raghuvança, III, 9, il est dit que la çamî contient du feu (çamî abhyantara-1îna-pâvakâ ; cf. aussi Manu, VIII, 247). On l’appelle aussi agnigarbhâ, c’est-à-dire « dont le feu est l’enfant », « qui enfante le feu ». Dans l’Harivança, 13,931, 13,942, on appelle le feu « çamîgarbha », « enfant de la çamî ». Le nom de çamîgarbha est aussi donné à l’açvattha, parce que c’était avec un bâton d’açvattha considéré comme un mâle, comme un phallus, introduit dans le trou de la çamî, considérée comme femelle ou matrice, ou frotté contre elle, dure et résistante, qu’on produisait le feu dans les temps védiques. La légende dit que Pururavas, un Prométhée indien, produisit le feu en appliquant un bois contre l’autre, c’est-à-dire le pramantha, ou bâton agitateur d’açvattha, contre l’âranî d’acacia. La légende pouranique, identifiant çamî avec le principe femelle, représenté par la déesse Pârvatî, la femme de Çiva, lequel fonctionnait dans la génération comme principe mâle, raconte que la déesse Pârvatî, agitée un jour par la passion de l’amour, se frotta légèrement entre le bois de çamî, et, par ce simple frottement, en fit sortir du feu, le feu du sacrifice. Dans les noces indiennes, lorsqu’on accomplit le sacrifice, les deux époux prennent, dans les mains, du riz, symbole d’abondance ou de richesse, et des feuilles de çamî, symbole de génération ; alors, la jeune mariée dit : « Je viens de la famille de mon père dans la vôtre ; maintenant, ma vie et tout ce qui est de moi vous appartient. » Açvalâyana, dans son Ghrihyasûtra, nous apprend que, lorsqu’on bâtissait une maison dans l’Inde, comme souhait de prospérité, on bénissait l’endroit en l’arrosant avec une branche de çamî trempée dans l’eau sacrée. De même, on arrosait avec une branche de çamî l’endroit où l’on célébrait des funérailles. Dans le midi de l’Europe, on a arrosé de même les maisons, les étables, les temples, avec des branches bénites de palmier, d’olivier, de genévrier et d’autres arbres propices. Nous apprenons encore par Açvalâyana que, lorsqu’on coupe la première fois les cheveux à l’enfant de trois ans, on place à côté de lui une coupe avec des feuilles de çamî, sans doute pour que ses cheveux repoussent comme les feuilles de l’acacia. Cet usage peut aussi nous aider à nous rendre compte des noms de keçahantriphalâ, keçahritphalâ, keçatantriphalâ, keçamanthanî.

[...]

SIRISHA, nom sanscrit d’une espèce d’acacia (Acacia Sirissa Buch.). — Arbre sinistre, comme, en général, les arbres épineux. Dans la Vetalapancavinçatî, on lit qu’un démon occupait un cadavre suspendu à un çirisha et que le corps changeait de place, s’en allait, revenait, au gré de son démon.

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Littérature :

Des fleurs des acacias qui moussent...


Des fleurs des acacias qui moussent pendent au-dessus des trottoirs. Je n'aperçois que trois demoiselles pour vouloir en cueillir des grappes : elles n'y arriveront pas. J'estimerais assez naturel de leur venir en aide, mais qu'en penseraient-elles, et puis moi, dans le vacillement de la courte échelle ? J'attends donc qu'elles aient disparu avant de plonger les bras dans le lait frais bouillonnant de ces géants de la ligne de Ceinture. Les fleurs sentent le grenier à foin un été sous l'averse (je me souviens de l'été de 43), la cigarette Senior Service, le cou de jeune fille, la camomille - bref, elles sentent surtout l'acacia. Si candides, si fragiles, qu'à regret j'en remplis ma sacoche dont le ressort va sauter rue d'Alésia, s'embrouillant dans la chaîne, compliquant bien prosaïquement la suite de la journée, alors que j'avais prémédité de bouleverser ma vie en offrant ces fleurs - mais je divague, et surtout j'anticipe : je n'ai même pas encore atteint le coin de la rue de Patay, près du restaurant La Pente Douce ; je ne fais qu'amorcer la descente vers les derniers potagers suspendus de la rue Regnault, et là, dans les lointains brumeux d'une Afrique de rêve, d'horizons en photogravure d'atlas géographique, aberrant mais fatal, sans nom, sans raison, sans emploi, éclôt en fragment d'absolu le piton du zoo de Vincennes.


Jacques Réda, (sans titre) in Les Ruines de Paris, Gallimard, 1977.

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