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  • Anne

La Garance




Étymologie :

  • GARANCE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1. [Fin du xie s. bot. warance (Raschi, Gl., éd. A. Darmesteter et D. S. Blondheim, t. 1, no1068)] ; ca 1185 garance « id. » (A. de Paris, Alexandre, III, 5152 ds Elliott Monographs, 37, p. 258) ; 2. ca 1165 warance « teinture rouge extraite de la racine de cette plante » ([Chr. de Troyes], G. d'Angleterre, éd. M. Wilmotte, 2244) ; 3. ca 1265 warance « couleur rouge » (Gloss. de Harl., 140 a ds T.-L.). De l'a. b. frq. wratja « garance » qu'on restitue d'apr. l'a. h. all. rezza « id. » (Graff), empr. au lat. bractea, brattea « feuille de métal, notamment d'or » qui a été confondu sémantiquement avec le lat. class. blatta, -ea « pourpre ». Le mot est attesté en Gaule sous forme latinisée dep. le viie s. dans des chartes, des glossaires, des capitulaires (v. Du Cange t. 4, p. 26), cf. DEAF, col. 136.


Lire la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Rubia peregrina => Garance voyageuse ; Garance sauvage ; Garance des teinturiers ; Petite garance ; Rapeguin ; Rebola ; Restellet ; Rouge des teinturiers.

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Botanique :


D'après Lionel Hignard et Alain Pontoppidan, auteurs de Les Plantes qui puent, qui pètent, qui piquent (Gulf Stream Éditeur, 2008) :

"La garance préfère les endroits secs et un peu ombragés. Ses fleurs très peu visibles de couleur vert clair donnent des baies qui noircissent à maturité.

De consistance rugueuse et coriace, elle rampe en se faufilant dans les broussailles grâce aux minuscules aiguillons crochus qu'elle porte sur ses feuilles et sur sa tige à quatre angles.


Pourquoi fait-elle ça ? Les crochets de la garance, très aigus et inclinés vers l'arrière, lui permettent de s'accrocher aux plantes voisines, et de prendre un peu d'altitude. Sans ses aiguillons recourbés vers l'arrière, la garance ne serait qu'une rampante, traînant au ras du sol sa tige molle et flexible. C'est pour ne pas être recouverte par les herbes au milieu desquelles elle pousse que la garance pose sur elles ses petits grappins. La mollassonne se fait porter, et se sert des voisines pour avoir sa place au soleil.


Le rouge des teinturiers : Depuis l'Antiquité, la garance des teinturiers, une espèce voisine de la garance voyageuse, est cultivée pour sa racine qui donne une teinture rouge très appréciée. C'était, par exemple, la couleur des pantalons des soldats français au début de la guerre de 1914-1918.


L'histoire des os rouges : Il y a plus d'un siècle, on a découvert que la garance des teinturiers colorait les os en rouge. Lors d'un repas, on servit du rôti de porc aux convives qui s'étonnèrent de trouver des os rouges dans leur assiette. Il s'agissait de cochons qui avaient brouté de la garance."

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Vertus médicinales :


Pierre-Joseph Buchoz, médecin de Monsieur et auteur de Etrennes du printemps, aux habitans de la campagne, et aux herboristes, ou pharmacie champêtre, végétale & indigène, à l'usage des pauvres & des habitans de la campagne (Lamy libraire, Paris, 1781) recense les vertus médicinales des plantes :


Racine de Garence. Les racines de cette plante, prises en décoction, sont apéritives ; elles conviennent dans les obstructions mais il faut les associer aux martiaux, surtout à l'Æthiops martial, lorsqu'on en veut faire usage avec succès dans la jaunisse.

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Symbolisme :


Louise Cortambert et Louis-Aimé. Martin, auteurs de Le langage des fleurs. (Société belge de librairie, 1842) évoquent rapidement le symbolisme de la garance :


GARANCE - CALOMNIE.

La Garance teint en rouge ; quand les agneaux ont brouté cette plante, leurs dents paraissent comme souillées du sang de quelque victime. Souvent la méchanceté profite habilement d'une apparence trompeuse pour calomnier l'innocence elle-même.

 

Dans Les Fleurs naturelles : traité sur l'art de composer les couronnes, les parures, les bouquets, etc., de tous genres pour bals et soirées suivi du langage des fleurs (Auto-édition, Paris, 1847) Jules Lachaume établit les correspondances entre les fleurs et les sentiments humains :


Garance - Calomnie.

C’est que, lorsqu’un animal inoffensif, un mouton par exemple, mange de celte plante, ses dents paraissent teintes de sang, comme celles d’un loup qui vient de dévorer un agneau.

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Édouard Grimard, auteur de L'esprit des plantes, silhouettes végétales. (Éditions Mame, 1875) propose sa propre vision des plantes :


Le mot Garance ne signifie rien du tout ; mais il est accompagné dans les livres de botanique du nom latin Rubia, tiré du mot ruber, qui signifie rouge. C'est que toutes les vertus de la Garance, en effet, se résument dans le principe colorant que contiennent ses racines.

La Garance ne pose pour aucune espèce de grâce végétale. Toute hérissée de poils roides, presque d'aiguillons, maussade, sournoise, la rude travailleuse se soucie fort peu de plaire. Ses tiges sont noueuses, carrées, ses fleurs petites, d'un jaune verdâtre, ses baies noires ; nul éclat, aucun luxe, rien qu'une préoccupation, le travail, travail qui consiste à accumuler dans ses longues racines rampantes des quantités considérables de ce précieux suc qu’utilise l'industrie. Ce principe colorant, appelé alizarine, donne, par suite des préparations chimiques, de magnifiques teintes rouges et violettes remarquables par leur éclat et par leur fixité.

Les propriétés tinctoriales de la Garance furent connues et appréciées dès la plus haute antiquité. Au moyen âge, les Normands la cultivaient sur une vaste échelle, dans le pays de Caen ; mais, au XVIe siècle, la concurrence des Flamands fit disparaître les garancières de la basse Normandie. Vers le XVIIe siècle, un habitant de Haguenau introduisit notre Rubiacée en Alsace, en même temps qu'un Arménien d'Ispahan en apportait de la graine dans le comtat d'Avignon, et le dotait ainsi d'une industrie qui aujourd'hui produit plus de vingt millions de francs dans le seul département de Vaucluse. La France est loin d'avoir le monopole de cette précieuse culture ; on estime fort, dans le commerce, la Garance de Smyrne, de Chypre, d'Athènes, et la Hollande en exporte chaque année pour plusieurs millions en Angleterre.

Ce ne sont pas seulement les tissus que peuvent teindre les sucs colorants de la Garance ; ce sont aussi diverses sécrétions du corps des animaux, tels que leur lait, leur salive, leur sueur, bien plus, jusqu'à leurs os eux-mêmes, qui deviennent au bout de quelque temps d'un rouge magnifique ; aussi les physiologistes ont-ils profité de ce remarquable phénomène pour démontrer le mouvement vital qui renouvelle incessamment les corps, en remplaçant dans leurs tissus tous les matériaux vieillis par les éléments nouveaux que fournissent les aliments .

Les espèces de Garances sont nombreuses, et toutes, plus ou moins, possèdent les mêmes principes colorants que l'espèce principale ; mais passons, et sans nous arrêter à des plantes très voisines, les Gaillets ou Caille Lait, qui remplissent nos bois et nos haies [...].

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Symbolisme celte :


Dans L'Oracle druidique des plantes, Travailler avec la flore de nos ancêtres (Éditions Véga, 2008) de Philip et Stephanie Carr-Gomm, les mots clefs associés à cette plante sont :


en "position droite : Force - Majorité - La Déesse

en position inversée : Déplétion - Résistance - Colère.


La garance, dans ses variantes sauvage et cultivée, est originaire du Sud de la Grande-Bretagne et de l'Europe méridionale. Capable d'atteindre 2.5 mètres de hauteur, ses tiges sont si faibles que la plante rampe souvent sur le sol. Sa racine est épaisse, d'un brun rougeâtre, sa tige, épineuse, ses feuilles, en forme de lance. Ses petites fleurs n'apparaissent que dans sa deuxième ou troisième année de vie, se transformant au début de l'automne en petites baies noires.

La carte montre une garance offrant ses fleurs à un papillon sphinx moineau, qui se délecte de leur nectar. Un morceau de tissu teinté en rouge avec de la garance, symbole de prière, est accroché à une branche du sureau voisin. Une déesse, inspirée par la "déesse du Pazardjik" découverte en Bulgarie, sorte d'offrande votive, repose sur des pierres au pied de l'arbre.


Sens en position droite. La garance est la plante du sang et de la Déesse. La teinture rouge vif qu'elle produit symbolise la vitalité du corps et la fertilité de la terre. Si vous avez choisi cette carte, vous êtes arrivé à une époque de grand changement dans votre vie - peut-être une étape particulière comme la puberté, la ménopause ou l'andropause, ou alors à un point donné de votre développement. En tout état de cause, cette carte annonce un événement notable, méritant d'être pris en compte. Vous pouvez marquer cette époque par un rite de passage ou un pèlerinage dans un lieu sacré, où vous accrocherez un symbole de prière à un arbre et ferez un vœu. Une autre interprétation de cette carte est plus large : la force est nécessaire en ce moment, force physique ou force de caractère, pour faire face à des circonstances difficiles, résister à des choix faciles, retarder la satisfaction ou la récompense dans l'intérêt de quelque choses de plus important.


Sens en position inversée. La couleur rouge sang de la garance symbolise la vie, mais aussi la vulnérabilité humaine et le pouvoir destructeur de la colère. Bien que par moments il soit important de pouvoir exprimer la colère, il est tout aussi essentiel de comprendre le potentiel blessant de celle-ci. tirer cette carte inversée signale que vous vous efforcerez de gérer votre colère ou celle d'une autre personne. Il se peut que vous ayez passé votre existence à penser que les exigences et les besoins d'autrui étaient plus importants que les vôtres et qu'au plus profond de vous se soient accumulés du ressentiment et de la colère envers les personnes qui vous sont les plus proches. Le moment est propice pour changer ce modèle et vous occuper de vos propres besoins. Tirer une autre carte vous donnera un aperçu du moyen de procéder efficacement à ce changement. Cette carte signale par ailleurs que vous devez prendre soin de votre force vitale et que votre vitalité doit être consolidée. Un herboriste suggérera un purifiant sanguin ou un tonique. Vous aurez peut-être envie d'explorer ce à quoi vous résistez.

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Le sang de la terre et le monde des plantes

Dans le monde pittoresque et riche des Celtes anciens et des druides, trois plantes tenaient la première place quant à la teinture de la laine, du cuir et des fibres de lin : la guède pour les nuances de bleu, le réséda des teinturiers (appelé aussi pastel des teinturiers), pour le jaune vif et la garance pour le rouge cramoisi. De vieux textes de loi promulgués peu après la christianisation de l'Irlande (alors que les traces des traditions druidiques étaient encore très présentes dans le pays, traitent des jardins de simples - appelés lubbgboirt - où poussaient la guède et la garance. Dans de l'eau froide la garance donne une teinture rouge cramoisie, dans de l'eau chaude, un brun vif, les nuances intermédiaires dépendant du mordant utilisé pour les fixer.

Les Égyptiens anciens se servaient de garance comme teinture - les bandelettes des momies en ont montré des traces. On l'a découverte dans les ateliers des teinturiers de Pompéi. Pline et Dioscoride la mentionnent.

A l'aube des temps, l'ocre rouge (oxyde de fer hydraté dérivé d'argile) signifiait la vie, et assurément aussi la Déesse. Les grottes de Paviland (péninsule de Gower, sud du Pays-de-Galles), site vieux de 30 000 ans, ont révélé l'enterrement cérémoniel le plus ancien connu de l'Europe occidentale : un squelette recouvert d'ocre rouge. L'association du rouge avec le sang, la vie et donc la santé, perdure : on accroche encore des symboles de prière aux branches d'arbres entourant les puits sacrés de Cornouailles et d'Irlande, morceaux de tissu le plus souvent rouges, jadis teints avec de la garance. Cette association est si universelle que des liens de prière rouges sont offerts dans les tentes de sudation amérindiennes, des tissus rouges ont des usages sacrés dans le bouddhisme tibétain, dans la kabbale et les coutumes populaires bulgares.

Les druides modernes se servent de garance pour teindre leurs robes ou les tissus offerts aux jeunes filles à leur cérémonie d'entrée dans l'âge adulte."

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