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  • Anne

Fouine et Martre


Lors de mon intronisation à la responsabilité bardique, la fouine très brune (ou la martre ?) que j'avais croisée le matin sur le bord de la route s'est invitée dans ma méditation sous la forme de la zibeline pour m'offrir mon nouveau nom d'initiée et enlever un "L" à Belline, en signe d'ancrage plus performant, pour me métamorphoser en Beline.

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Étymologie :

  • FOUINE (1), subst. fém.

Étymol. et Hist. 1174-78 foïne [ms. fin xiiie s.] (E. de Fougères, Manieres, éd. J. Kremer, 819) ; 1237 fouine (doc. ds Gdf. Compl.) ; 1260 faïne [ms. fin xiiie s.] (E. Boileau, Métiers, 326 ds T.-L.). L'a. fr. faïne est issu du lat. vulg. [mustela] *fagina proprement « martre des hêtres », dér. du class. fagus « hêtre » ; la forme foïne, fouine, d'apr. l'a. fr. fou, v. fouet.

  • FOUINE (2), subst. fém.

Étymol. et Hist. 1. xiiie s. foisne « fourche, trident servant aux pêcheurs » (Oustillement au villain, éd. V. Nyström, p. 57, 76) ; 2. 1374 fuyne « fourche pour charger les gerbes » (Arch. JJ 176, pièce 241 ds Gdf.). Du lat. class. fuscina « trident »; d'après les relevés du FEW (t. 3, p. 912b), l'acception 2 demeure en wallon, lorrain, champenois.

  • CHAFOUIN, INE, subst. et adj.

Étymol. et Hist. Fin xve s.-1508 subst. [terme d'injure] (Eloy d'Amerval, Le livre de la Deablerie, éd. Charles-Fred Ward, Iowa, 1923, p. 436 : [Satan à Lucifer] Taist toy ... Camus, chafouin, narinart !) ; attest., isolée av. la 2e moitié du xviie s. visage chaffouin (Tallemant des Réaux, Historiettes, Paris, éd. Monmerqué, 1840, t. 5, p. 183) ; 1680 mine chafouine (Mme de Sévigné ds Sommer Sévigné, t. 1, p. 134). Emploi fig. du terme dial. chafouin « fouine » relevé par Cotgr. (sous la forme chafouyn), encore attesté dans les dial. du Centre (Jaub., s.v. chat : chatfouin) et de l'Ouest (Verr.-On. : chat-fouin ; Rougé : chatfouin ; Puichaud Suppl., s.v. chat : chat fouin) lui-même composé de chat* et d'une forme masculine tirée de fouine* : fouin « mâle de la fouine », attestée dans ces mêmes régions (FEW t. 3, p. 368b).

  • MARTRE, MARTE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1. Ca 1100 martre zool. (Roland, éd. J. Bédier, 281) ; 1549 marte (Est.) ; 2. ca 1170 «fourrure de martre» (Marie de France, Lais, Milun, éd. J. Rychner, 104). De l'a. b. frq. *martar, cf. l'a. h. all. mardar, all. Marder «martre».


Lire également les définitions de ces termes pour amorcer la réflexion symbolique : fouine - chafouin - martre

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Zoologie :


Fiche sur la martre proposée par le site www.loire.fr/

Comment distinguer la fouine de la martre (ou vice-versa) ? Suivez les indications données sur le site du Parc national des Écrins.

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Symbolique :

LA FOUINE


Selon Sylvie Tribut (http://www.sylvie-tribut-astrologue.com/) :


"Fouiller… fureter… farfouiller… inspecter… chercher… rechercher… approfondir éplucher… creuser… fouir… remuer… retourner… explorer… sonder… perquisitionner… visiter… examiner… traquer… scruter… On n’en finit plus d’énumérer tous ces verbes qui illustrent à la fois les Gémeaux et les petits mustélidés.


Car que fait la fouine qu’on considère d’ailleurs comme « nuisible », sinon que d’explorer les greniers des maisons, s’attaquant au passage à l’isolation des maisons ou même aux circuits électriques des voitures dont elle ronge les gaines de caoutchouc qui les protègent. Et pourtant, dans la Rome antique, elle était domestiquée car elle capturait les souris et dératiser les habitations. On sait d’ailleurs qu’elle continue aujourd’hui encore à jouer un rôle de police sanitaire aux abords des villages et des maisons isolées.

La fouine, en latin Martes foina, est un petit mammifère carnivore d’Europe et d’Asie, au pelage gris-brun, courtes sur pattes, vivant la nuit. Friande d’œufs, elle s’attaque aux poules pour mieux explorer leur poulailler. C’est une martre faisant partie de la famille des Mustélidés, au même titre que la belette, le blaireau ou le putois, petits mammifères dont on pressent la présence à leur odeur forte.

Dans l’Ouest de la France et en particulier en Charente, on appelle fouin ou chafouin (chat fouin) le mâle de la fouine.

Quoiqu’il en soit, ces petits cousins Mustélidés se ressemblent ; leur petit museau et comme leur regard curieux ne sont pas sans évoquer les Mercuriens bon teint, qu’ils soient Gémeaux ou Vierge.

Selon Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani :


Voir une fouine traverser la route le matin quand on est à jeun est de mauvais augure à moins de prendre immédiatement une pierre ou un morceau de bois pour tracer une croix à l'endroit où m'animal est passé (le faire avec la main ou le pied est inefficace).

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LA MARTRE

Selon Hildegarde de Bingen, dans Physica, Le Livre des subtilités des créatures divines (traduction P. Monat, 2011) :


" La martre des forêts est chaude, elle a des mœurs tranquilles : c'est pourquoi elles habitent par groupes, comme si elles menaient une vie commune. Mais elle a dans sa chair une sueur mauvaise qui rend sa chair mauvaise pour l'homme ; cependant, cette sueur reste dans sa chair et ne passe pas dans sa peau, si bien que celle-ci est bonne et saine pour les habits de l'homme.

Si on a des scrofules sur le corps, on dépouillera une martre et on fera fondre la graisse qui est en elle ; puis, après avoir jeté la tête et les viscères, on fera cuire le reste du corps dans un peu d'eau ; on ajoutera la graisse ainsi recueillie à la précédente, on y ajoutera une quantité légèrement moindre de jaune d’œufs ; on mélangera le tout pour faire un onguent dont on frottera les scrofules avant qu'elles ne s'ouvrent : ainsi elles disparaîtront avant même de s'ouvrir, et si elles s'ouvrent, on frottera l'intérieur et on sera guéri."

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Littérature :

Dans Les Âmes grises (2003) de Philippe Claudel, on peut lire cette évocation rapide de la fouine :


"Des fouines s'étaient battues. Leurs pattes tout en griffes avaient laissé des calligraphies, des arabesques, de mots de fou sur le manteau de neige. Leur ventre aussi faisant comme des coulées, des sentes légères qui s'éloignaient, se croisaient, se fondaient l'une à l'autre pour diverger de nouveau et s'interrompre, comme si soudain, au bout des jeux, les deux bestioles en un clin d’œil s'étaient envolées dans le ciel."

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