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  • Anne

Résistance de la pâquerette



Étymologie :

  • PÂQUERETTE, subst. fem.

Étymol. et Hist. 1. 1553 Paquerettes (P. Belon, Observations, III, 52 ds R. Philol. fr. t. 43, p. 198) ; 2. 1932 arg. footb. aller aux pâquerettes «se dit du gardien de but qui ramasse le ballon au fond du filet» (L'Écho des Sports, loc. cit.) ; 1952 cueillir les pâquerettes «musarder» (ds Esn.) ; 1966 aller aux pâquerettes «sortir de la route» (Vie Lang., loc. cit.). Dér. de Pâques; suff. -ette*, ainsi nommée parce qu'elle fleurit à l'époque de Pâques.


Lire également la définition du nom pâquerette pour amorcer la réflexion symbolique.


Noms vernaculaires : Fleur de Pâques, Petite marguerite, Œil du jour, Magriette ; anglais : The Common Daisy



Botanique :

Fiche taxinomique de la pâquerette.

Pour en savoir davantage : une fiche réalisée à partir des pâquerettes de Belledonne.

Présentation :

Famille : composées Vous connaissez sans doute la ravissante petite Pâquerette, Marguerite miniature qui parsème les pelouses dès l’époque de la fête religieuse, d’où son nom. C’est une plante vivace à rhizomes, qui peut émettre des rejets. Une rosette de feuilles crénelées et velues, en forme de spatules, laisse échapper quelques hampes florales pouvant atteindre vingt centimètres de haut. Les fins pédoncules sont terminés par un unique capitule composé au pourtour de fleurs ligulées blanches, que l’on prend en général pour des pétales. Le cœur jaune central est une spirale de fleurs tubulées qui fleurissent de l’intérieur à l’extérieur. Par mauvais temps, elles se trouvent protégées par les fleurs périphériques qui se replient.

Habitat :

Commune un peu partout en Europe, la Pâquerette se développe sans problème dans les prairies, sur les bords des chemins de campagne, jusqu’à 2500 mètres d’altitude. Elle peut supporter des froids intenses, jusqu’à -17°C, et renaître, aussi belle, avec les premiers beaux jours. On a constaté que la pâquerette poussait sur les terrains manquant de chaux, et qu’elle leur en apportait.

Cueillette : Son nom latin est Bellis perennis, ce qui signifie “la belle qui dure longtemps”. On comprend à ce titre que l’on pourra rencontrer les fleurs de Pâquerette sur une longue période de l’année.

Cuisine : Certains consomment les jeunes feuilles en salade mêlées au pissenlit dont elles baissent l’amertume.

Si vous souhaitez goûter une salade printanière, essayez cette recette. Les feuilles cuites peuvent accompagner les viandes grasses.

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Phytothérapie :

• Propriétés : anti-inflammatoire, dépurative, diurétique, expectorante, sudorifique, tonique, vulnéraire • Constituants : huile essentielle, tanin, saponine • Fleurs et feuilles fraîches écrasées calmes les contusions et entorses.

En décoction (± 35 g. de fleurs et feuilles fraîches pour 1 l. d’eau, chauffer doucement, laisser bouillir 2 mn et infuser 10 mn.) pour lutter contre les affections des voies respiratoires, les rhumatismes, l’eczéma, les règles douloureuses ou abondantes (3 tasses/jour entre les repas) Les feuilles fraîches mâchées soignent les aphtes et ulcérations de bouches. Le vin de pâquerettes (2 poignées de plantes fraîches pour 1 l. de vin blanc), 1 verre tous les matins pour soigner l’hydropisie, les rhumatismes, les ecchymoses et contusions. A utiliser aussi après un fort coup à la tête.

Les Plantes de La Lorien

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Histoire :

Louis XI

Dans le calendrier républicain français, le 24e jour du mois de ventôse, est officiellement dénommé jour de la Pâquerette.

La Pâquerette a été massacrée en Allemagne au XVIIIe siècle, car accusée, à tort, d’être une plante abortive.

La pâquerette a été adoptée par la Belgique comme fleur commémorative de la Grande Guerre comme l'explique le blog Paysages en Bataille.

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Langage des fleurs :

Symbole d'amour et d'affection, de joie d'aimer et de tendresse absolue, la pâquerette parle toujours d'amour : "je t'aime, un peu, à la folie ou pas du tout". C'est le bouquet préféré des enfants, la pâquerette séduit toutes les mamans.

Les émotions : tendresse, amour maternel, amour éternel, affection pure.

Les occasions : joie d'aimer, fête des mères.

Couleur blanche : "toute mon affection est pour vous" ; "ayez foi en ma constante tendresse" ; "vous m'inspirez les plus nobles et tendres pensées" ; "mon affection et mon attention se portent sur vous"

Couelur rose : " mes sentiments sont purs" ; "je veux être tout pour vous".

Langage de fleur

Mot-clef : aspiration

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Symbolisme :


Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Lorsque les bergers apportèrent des présents à Jésus, l'un d'eux, très pauvre, lui offrit une pâquerette blanche. Jésus baisa la fleur et c'est de ce baiser, dit-on en Côte-d'Or, que la pâquerette tient le ton rose qu'elle a au bord de ses pétales. Dans une variante de cette légende, la mère de Jésus voulut consoler son fils qui s'était piqué avec une épine en lui offrant une pâquerette. Un peu du sang de l'enfant coula sur la corolle : depuis les pétales sont teintés de rose.

Qui n'a jamais effeuillé une de ses fleurs en disant : "Il m'aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout" ? Cette coutume charmante était considérée comme un oracle par les jeunes filles du siècle dernier qui évaluaient au dernier pétale la teneur du sentiment de leur amoureux. En Normandie, on s'adresse à la pâquerette dans les termes suivants : "Il (elle) m'aime, un peu, beaucoup, par fantaisie, par jalousie, pas du tout" ou encore, pour connaître son avenir : "fille, femme, veuve, religieuse."

Une tradition anglo-saxonne préfère "Riche, pauvre, mendiant, voleur, médecin, avocat, commerçant, directeur", le dernier pétale indiquant la situation du futur conjoint, homme ou femme.

Pour savoir combien d'enfants vous aurez, lancez en l'air les étamines de la fleur et tentez de les rattraper sur le dos de votre main : le nombre de celles qui sont ainsi récupérées annonce le nombre d'enfants. Deux graines collées ensemble annoncent des jumeaux, trois graines des triplés, etc.

Manger la première pâquerette de l'année que l'on trouve guérit la fièvre. Une pâquerette trempée dans du vin blanc sert à augurer du sort d'un homme malade : s'il vomit après avoir bu la mixture, son décès est pour bientôt.

Lorsqu'on tient dans la main fermée une pâquerette dont on a tordu la tige et que la fleur ne tourne pas, c'est un mauvais présage.

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La pâquerette symbolise le renouveau : elle éclot à Pâques moment de la véritable entrée dans le Printemps ; c'est une reprise de la tradition païenne du "renouveau". On va donc la reconnaître parmi les herbes des pelouses du Jardin de Paradis où elle évoque, avec ce renouveau, la simplicité, la modestie et les saints peuvent la fouler de leurs pieds nus. Pâquerette n'a pas pour étymologie Pâques. Cette plante fleurit pendant plusieurs mois et c'est à "pasquis, pasquier", signifiant pâturage en vieux français, qu'il faut rattacher son nom.


Luc Thévenon, "La fleur et la bure symbolique d'un attribut sacré".

Selon Des Mots et des fleurs, Secrets du langage des fleurs de Zeineb Bauer (Éditions Flammarion, 2000) :


"Mot-clef : L'Innocence.

Savez-vous ? : Pâquerette vient du vieux français pasquier qui veut dire pâturage. Au XVIIIe siècle, les autorités allemandes considéraient la pâquerette comme une fleur dangereuse à cause de ses vertus abortives ; ils ordonnèrent par décret sa destruction sur tout le territoire allemand. La pâquerette porte également le nom de "fleur de Pâques". C'est 'lune des premières fleurs offertes aux mamans par les tout jeunes enfants. Ils la cueillent sur le gazon du jardin et en font un charmant bouquet.

Usages : La pâquerette était connue dans la campagne française pour être un remède contre l'hypertension et contre les maux de tête. Au Moyen Âge, elle était macérée dans du vin blanc et absorbée en tant que remède.

Légende : La légende raconte que le Christ fut très ému par un modeste bouquet de pâquerettes offert, en guise de présent, par un pauvre vieil homme. Reconnaissant, il posa ses lèvres sur le cœur des fleurs qui prient alors la couleur jaune que nous connaissons.

Message : Je vous aime un peu, beaucoup..."


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Légendes :

Guidés par une étoile, à Bethléem, un jour

Des mages d’Orient, inspirés par des anges,

Aux genoux d’un enfant enveloppé de langes,

Vinrent se prosterner, le cœur rempli d’Amour.

Des bergers, qui paissaient leurs troupeaux à l’entour,

Entendant, dans les airs, des murmures étranges

« Échos des chants sacrés des célestes phalanges »

Dans l’étable en ruine entrèrent à leur tour.

Les trois Mages avaient, l’Ecriture les nomme,

De l’encens pour le Dieu, de la myrrhe(1) pour l’homme,

Et, symbole divin, des trésors pour le Roi.

Les pâtres, pour présents, portaient des Pâquerettes,

Qui venaient d’entr’ouvrir leurs blanches collerettes.

Mais ils avaient au cœur l’Amour avec la foi.

Aux pieds du nouveau-né, l’un des Mages s’empresse

De brûler son encens aux suaves senteurs ;

Le Roi Gaspard répand la myrrhe avec largesse ;

Melchior fait briller l’or aux fauves lueurs.

Les bergers, à genoux, voyaient avec tristesse

Cette adoration, et l’œil mouillé de pleurs :

« Ces Rois » se disaient-ils « vont, avec leur richesse

« Nous faire oublier, nous, qui n’avons que des fleurs ! »

Comme s’il eût compris cette pensée amère,

L’enfant pousse du pied une superbe aiguière,(2)

Prends une fleur des champs, la baise, et puis s’endort.

C’est depuis ce jour-là, que l’humble Pâquerette,

Autrefois toute blanche, a, sur sa gorgerette,

Une Auréole rose et l’étamine d’Or.

Antonio Spinelli, Ce que disent les fleurs.

1) Myrrhe : Gomme de résine aromatisée, parfum aux multiples pouvoirs.

2) Aiguière : petit récipient avec un bec et une anse pour porter de l'eau, vase, pichet.

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Légende celte :


Les légendes celtiques du barde écossais du IIIe siècle Ossian, écrites et retranscrites au XVIIIe siècle par James Macpherson, donnent à la pâquerette une autre origine :


Malvina, fille d’Ossian, pleurant son amant Oscar tué au combat ainsi que son jeune fils, à côté du tombeau de Fingal, est réconfortée par les filles du roi Morven, qui racontent avoir vu l’enfant verser sur les champs une fraîche récolte de fleurs, parmi lesquelles s’en élevait une faite d’un disque d’or, entouré de rayons d’argent, surmonté d’une teinte délicate de pourpre. « Sèche tes larmes, ô Malvina, » criaient les jeunes filles, « la fleur de ton sein a donné une nouvelle fleur dans les collines de Cromla. » C’est de cette légende que vient l’idée selon laquelle les esprits des enfants morts en couche dispersent des pâquerettes sur la terre pour consoler leurs parents affligés. Notons aussi que l’expression idiomatique anglaise pushing up daisies signifie à peu près : « mort et enterré ».

Les Miscellanées du fils de Tolomaï

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Littérature :


Andersen, "La pâquerette".

Philéas Lebesgue : "Pâquerette"

Pâquerette, pâquerette,

Il y a des gouttes d’eau

Sur ta collerette

Et tu plies un peu le dos…

Pâquerette, pâquerette,

Le beau soleil printanier

Viendra-t-il les essuyer ?

Pâquerette, pâquerette,

Qui souris près du sentier,

Je te le souhaite…

Pâquerette, pâquerette,

Il y a sur ton cœur d’or

Un frelon en fête ;

Tant il est ivre qu’il dort !

Pâquerette, pâquerette,

L’aile du vent printanier

Va-t-elle le balayer ?

Pâquerette, pâquerette,

Qui rêves près du sentier,

Je te le souhaite.

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