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  • Anne

L'imposant Blaireau


En rentrant de Haute-Jarrie cette après-midi, un blaireau, malheureusement endormi pour la vie...

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Étymologie :

  • BLAIREAU, subst. masc.

ÉTYMOL. ET HIST. − 1. 1312 peaux de blarel (d'apr. J. Richard, Comtesse Mahaut, 336 dans R. Hist. litt. Fr., 5eannée, 1898, p. 293) ; 1387-91 blariau (G. Phébus, Chasse, ms. p. 294 dans La Curne, t. 3) ; 2. 1751 « pinceau » (Encyclop. t. 2) ; Savary des Bruslons, Dict. Universel de comm., Paris, 1723, signale qu'on fait des pinceaux avec le poil du blaireau, mais n'indique pas que l'on donne le nom de blaireau à ces pinceaux. Dér. d'un rad. blar-, que l'on trouve sous l'accent dans l'a. fr. bler, adj. de couleur; suff. -eau*. Bler est attesté dans un texte du xiiies. où, avec bauçant, il qualifie la robe d'un cheval (Merveilles de Rigomer, 12284 dans Romania t. 44, p. 333 ) ; l'adj. bauçant est attesté lui-même dans une glose comme nom du blaireau (Alphita, éd. M. Mouvat d'apr. A. Thomas dans Romania, t. 35, p. 458) alors que blere est encore employé dans le patois de Boulogne pour qualifier une vache tachée de blanc (Haignere, Le Patois boulonnais, d'apr. A. Thomas, ibid., t. 36, p. 257), cf. aussi l'a .prov. blar (Donat prov. 43a, 13 dans Levy t. 1, : Blars glaucus [la glause se réfère sans doute au lat. class. glaucus « de couleur claire, gris pommelé (en parlant d'un cheval) » Virgile dans TLL s.v., 2040, 54]). Ces emplois incitent à un rapprochement avec le gaëlique d'Écosse blar « pâle » et le gall. blawr « gris, gris pâle (en parlant d'un cheval) » (Revue Celtique, Paris, Bouillon, t. 20, p. 346), qui semblent confirmer un étymon gaul. *blaros (FEW t. 1, p. 401a) celui-ci ayant désigné le blaireau, animal taché de blanc sur l'avant de la tête, sans doute par croisement avec le frq. *blari « avec une tache blanche sur le front » (Verdam) ; ce mot a éliminé le plus ancien taisson (xiies. dans T.-L.) cf. Tanière.


Voir aussi la définition du nom pour en savoir plus.




Zoologie :


Selon Matt Pagett, auteur de Le petit livre de merde (titre original What shat that ?, Quick Publishing, 2007 ; édition française Chiflet & Cie, 2008) :


"Le blaireau et nous autres humains, c'est une vieille histoire : on le chasse depuis la nuit des temps, tout simplement parce qu'on ne peut pas le "blairer". A travers les albums de notre enfance nous connaissons tous son museau rayé et nous savons qu'il vit la nuit. Mais ses crottes posent quelques problèmes.

Description : A chaque nourriture ses excréments. Ainsi, si nous observons une merde de blaireau, nous saurons ce qu'il a mangé : des vers de terre d'où l'aspect boueux, des scarabées lorsqu'on trouve des morceaux d'ailes, etc. Sa couleur est variée. Mais sa forme rappelle celle du chien : relativement mince et cylindrique (environ 4 cm). Son odeur est très discrète.


A découvert : Certains blaireaux aiment la solitude, d'autres préfèrent vivre en groupes et utilisent des toilettes communes peu profondes ; les crottes n'y sont pas recouvertes de terre. Des plantes comme le sureau et les orties prolifèrent, attirées par les produits azotés qui émanent de cette merde en décomposition. Ces latrines dissuadent les ennemis potentiels de toute invasion.


De vrais blaireaux ! La merde de blaireau est devenue l'ennemi public n°1 des fermiers anglais qui la soupçonnent d'être un vecteur de la tuberculose bovine. Cette maladie mortelle affecte les bovins qui auraient eu un contact avec les excréments de l'animal, ou avec son urine. Mais en Grande-Bretagne faire la chasse au blaireau choquerait les associations de défense des animaux car Outre-Manche c'est une espèce protégée. Les autorités ne savent toujours pas très bien comment dissuader le blaireau de faire sa crotte n'importe où.

A suivre...


Pleins gaz : Le ratel, une variété de blaireau, a les honneurs du Livre des Records 2004 car il serait, paraît-il, le moins peureux de tous les animaux, peut-être parce qu'il est protégé par sa terrible odeur : émise par ses glandes anales, elle a même le pouvoir d'anesthésier les abeilles ! Et ce genre de gaz est pire qu'une morsure."

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Symbolisme :


Selon Hildegarde de Bingen dans Physica, Le Livre des subtilités des créatures divines (XIIème siècle ; trad. P. Monat, 2011) :


"Le blaireau est chaud, il a des mœurs tranquilles ; il est mauvais, mais sans présomption ; il détient en lui des forces très puissantes, mais il ne fait pas grand cas de cette valeur qu'il a en lui, si ce n'est que, parfois, il la montre brusquement et s'arrête aussitôt : en effet, s'il la montrait sans arrêt, on pourrait la comparer aux forces du lion. Mais il n'a pas envie de montrer ses forces, et ce n'est que, de temps en temps, il les montre, dans la joie et l'exultation.

Prends un cœur de blaireau et fais-le cuire vivement dans de l'eau ; ajoutes-y de la graisse de ce même animal."

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Selon Ted Andrews, auteur de Le Langage secret des animaux, Pouvoirs magiques et spirituels des créatures des plus petites aux plus grandes (Édition originale, 1993 ; traduction française, Éditions Dervy, 2017), le Blaireau répond aux caractéristiques suivantes :


Points clés : Courage et indépendance - Gardien d'histoires.

Cycle de puissance : Fin du printemps.


Le blaireau est le géant de la famille des belettes (les mustélidés). Il faudra donc que ceux qui l'ont pour totem s'intéressent aussi à la belette. Le blaireau est tricolore - blanc, noir et chamois - avec une bande blanche courant du nez à l'arrière de la tête. C'est en soi très symbolique de l'ouverture de l'animal ; il est le gardien d'une grande partie de la lumière et de la connaissance des autres animaux et de la terre.

Le blaireau peut paraître gras, mais il est puissant et musclé. Sa peau est détendue, si bien qu'il est très rare qu'une morsure d'un autre animal le blesse vraiment. Ses propres mâchoires sont excessivement fortes. Les mâchoires sont les symboles d'une expression puissante. Cela relie le blaireau aux mystères de la "parole" et en particulier de l'art du raconteur d'histoire (storytelling).

« Je te demanderai de te souvenir d'une seule chose, dit le blaireau. Les histoires que les gens racontent sont une manière de prendre soin d'eux. Si les histoires viennent à vous, occupez-vous bien d'elles. Et apprenez à les restituer quand c'est nécessaire. Parfois, une personne a plus besoin d'une histoire que de nourriture pour rester en vie. C'est pour ça que nous introduisons les histoires dans la mémoire de nos prochains. C'est aussi comme ça que les gens s'occupent d'eux-mêmes. » (Extrait tiré de Barry Lopez, Crow and Weasel (La Corneille et la Belette), op. cit.

Le blaireau est un remarquable fouisseur. Vif et rapide, il peut facilement creuser sous la terre. Il peut même déloger la taupe ou le petit rongeur américain appelé gaufre ou géomys en se déplaçant très rapidement sous terre. Cela le relie à tous les esprits et tous les génies de la terre et autres gnomes de la tradition. Et il faut y lire une allusion à la capacité de voir sous la surface des choses et des personnes. Il vit sous terre dans un complexe de terrier appelés « tanières » [N. d. T. : Le mot « tanière » vient du gaulois taxo, qui signifiait précisément blaireau, avec le suffixe -aria pour « aire, espace d'abondance ». le mot est devenu en bas-latin taxonaria avant de donner « tanière ». Cette tanière désigne donc bien le logis du blaireau avant celui de n'importe que autre animal.] On y trouve plusieurs chambres à vivre, ainsi que des latrines et des espaces de stockage. Ces tanières attirent l'attention vers ce qui se passe sous la surface les niveaux souterrains, les lieux intérieurs, mais aussi les grandes demeures du monde extérieur.

Le blaireau est actif tant le jour que la nuit. Cet animal carnivore se nourrit surtout de rongeur comme le lapin, le géomys, les souris, les écureuils et d'autres résidents souterrains. Il mange de nombreux rongeurs qui, quant à eux, se nourrissent de céréales et autres végétaux. Souvent, il stocke les animaux entiers ou des parties de ceux-ci dans ses tanières. De ce fait, on peut le voir comme le gardien des histoires des autres animaux.

Il est fondamentalement un animal peu sociable. Il ne se « lie » pas bien avec les autres - même ceux de sa propre espèce. C'est peut-être pour cela que les histoires sont son mode traditionnel de communication. Il est plus facile pour ceux qui adoptent la médecine du blaireau d'établir une relation par l'intermédiaire des histoires plutôt que d'avoir à le faire directement.

Les jeunes blaireaux - deux ou trois en temps normal - naissent en mai ou juin. Et la famille se sépare toujours à l'automne, quand les jeunes et le père déménagent pour aller s'établir dans leurs propres tanières. Parfois, le père aide à l'éducation des jeunes, mais globalement, les blaireaux sont des solitaires. Ils ont beaucoup de confiance en eux et sont très indépendants. ils peuvent enseigner cela ou aider ceux qui les ont pour totem à transmettre cela à des tiers.

Les teckels (en anglais dachshund, c'est-à-dire « chien à blaireau », d'après l'allemand dachs, « blaireau » et hund « chien ») est une race de chien créée et élevée spécifiquement pour chasser et creuser derrière les blaireaux afin de les débusquer de leurs terriers. Les propriétaires de teckels possèdent probablement une part de la médecine du blaireau ou peuvent aisément se connecter à celle-ci.

Parce qu'il est un terrassier ou un fouisseur puissant, le blaireau et la connaissance des choses qui se trouvent sous la terre. Cela inclut les minéraux, les racines et d'autres plantes et herbes. Cela fait aussi du blaireau un guérisseur dynamique. Parfois, le « guérisseur blaireau » est trop agressif, mais sa technique est généralement efficace. Le blaireau peut enseigner la connaissance, oubliée depuis longtemps, des racines et de leurs pouvoirs mystiques et curatifs.

Cet animal courageux et féroce ne se rend jamais. Si un blaireau est entré dans votre vie, vous devriez vous livrer à quelques examens : Creusez-vous assez profondément ? Et ceux qui vous entourent le font-ils ? Cela peut indiquer un besoin de regarder sous la surface. Er cela peut également refléter une plus grande connexion à la terre et à ses esprits animaux. Peut-être vous est-il ici conseillé de reprendre les histoires qui vous intriguaient et vous accrochaient pendant l'enfance. Elles peuvent être symboliques de choses se déroulant dans votre vie présente ou sur le point de le faire. Quand un blaireau se montre, cela signifie qu'il y aura bientôt des occasions de montrer son courage et son indépendance. Et surtout il vous invite à commencer à raconter une nouvelle histoire sur vous-même et votre vie.

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Dans les Cartes médecine de Jamie Sams et David Carson (1999, traduction française 2010) le blaireau est associé au dynamisme :


"Le Blaireau est violent et il attaque avec virulence. Prompt à la colère, il bondit rapidement sur l’ennemi. La médecine du Blaireau, c’est son dynamisme et sa détermination à se battre jusqu’au bout pour obtenir ce qu’il veut.

À la seule pensée d’affronter le Blaireau, les autres animaux s’enfuient. Comme celle de la Mouffette, la réputation du Blaireau est bien connue à des lieues à la ronde. Quand il siffle à travers ses crocs, ses adversaires savent qu’il pourrait les déchirer en lambeaux.

Bien des Femmes-Médecine jouissent de la puissance du Blaireau puisque ce carnassier est aussi le gardien des racines médicinales. Du fond de son terrier, le Blaireau peut apercevoir les racines des herbes guérisseuses, sources efficaces de guérison. Ces racines peuvent faire échec à la maladie en permettant à l’énergie négative de s’échapper, et de se neutraliser jusque dans le sol. Les adeptes de la médecine du Blaireau agissent rapidement lors d’une crise et ils ne paniquent pas.

Si le Blaireau fait partie de votre médecine, vous exprimez tout de suite ce que vous ressentez sans trop vous préoccuper des conséquences. Les gens associés au Blaireau veulent à tout prix porter le ballon et marquer le toucher. Évidemment, cette attitude ne plaît guère à leurs coéquipiers.

La médecine du Blaireau parle aussi de l’efficacité du guérisseur et de la guérisseuse qui a le courage d’utiliser des méthodes peu conventionnelles pour parvenir à la guérison. Comme la mère prête à soigner l’enfant pendant des jours et des nuits, le Blaireau fait preuve de persévérance.

Les gens associés au Blaireau sont souvent avides de commérages ; aigris, ils ne peuvent digérer les succès des autres. C’est leur déséquilibre le plus fréquent. Par ailleurs, les adeptes de cette médecine atteignent souvent les échelons supérieurs de leur profession ou de leur métier, parce qu’ils ne lâchent jamais. Ce sont aussi les meilleurs guérisseurs puisqu’ils utiliseront n’importe quelle méthode pour amener une guérison et qu’ils n’abandonneront pas devant les maladies graves.

Un Blaireau, c’est souvent le « chef », celui que tous craignent. Ce meneur saura renflouer la compagnie. Le Blaireau va jusqu’au bout de sa tâche ; il est source de force.

Si le Blaireau a montré le bout de son nez dans vos cartes, il trouve peut-être que vous faites preuve de mollesse devant l’oeuvre à accomplir. Il se demande si vous attendrez encore bien longtemps le moment où l’on vous livrera le monde sur un plateau d’argent. Dans cette médecine, on s’attend à ce que vous soyez assez dynamique pour entreprendre quelque chose qui modifiera la situation actuelle.

Le Blaireau vous enseigne à utiliser votre agressivité de façon constructive et à dire : « J’en ai assez ! On ne m’y prendra plus ! » Vous devez donner suite à cette décision et ne pas perdre de vue votre but.

Célébrez le processus de guérison qui s’enclenche lorsque vous exprimez clairement ce que vous ressentez intérieurement. Soyez dynamique mais n’éreintez pas les autres – trop, c’est trop. Mettez votre dynamisme à profit et arrêtez de vous prélasser ; vous cesserez alors de broyer du noir et cela mettra fin à l’apathie.

La médecine du Blaireau a de puissants effets sur l’amélioration de soi. Rappelez-vous que le Blaireau peut indiquer un temps de grandes réalisations ; utilisez votre habileté de guérisseur pour y arriver. Prenez soin de vous en éliminant tous les obstacles. Débarrassez-vous du bois mort et, imitant le dynamisme du Blaireau, recherchez de nouvelles voies d’expression. Utilisez les racines médicinales du Blaireau pour rester ancré et centré tout au long du processus.


A l’envers :

Holà ! Voilà le Blaireau à l’envers et tout à fait furieux. Quelqu’un vous « engueule » ? Ou venez-vous d’exprimer votre colère de façon tout à fait indue ? Si cette leçon vous sied, rappelez-vous que toute colère provient de l’intérieur de soi. C’est la colère face à notre impuissance et à notre faiblesse que nous projetons sur les autres.

Si vous êtes fâché parce qu’un collègue a révélé à votre patron que vous cherchiez un autre emploi, vous vous en voulez de n’avoir pas su garder cela secret. Si vous êtes déçu parce que vos enfants désobéissent, votre colère provient probablement de la peur à l’égard de leur bien-être. Cette colère face à vous-même s’affiche aussi quand vous êtes victime « d’accidents stupides », chutes, coupures et éraflures, ou quand vous vous cognez sur un meuble.

Le Blaireau en sens contraire vous incite à réfléchir sur votre impuissance : face à quoi se manifeste-t-elle ? Comment s’exprime-telle? Manquez-vous d’initiative ? Craignez-vous de vous faire réprimander ou ridiculiser si vous présentez une idée nouvelle ? Ne serait-il pas temps d’entrer en contact avec votre propre jalousie, avec votre envie, face à ceux qui sont prêts à travailler fort pour réussir ?

En sens contraire, le Blaireau pointe du doigt les embûches qui découlent de la timidité et de l’insécurité ainsi que de l’agressivité mal utilisée. Entrez en contact avec vos sentiments – épanchez votre bile et défoulez-vous. Ça rétablira l’équilibre. La médecine du Blaireau est difficile à appliquer ; peu de gens parviennent à utiliser avec succès ce don précieux.

Dans un autre ordre d’idées, le Blaireau en sens contraire peut vous recommander d’utiliser des herbes et des racines médicinales pour vous guérir. Il peut aussi vous inviter à discerner les domaines qui nécessitent l’apport d’une autre créativité pour allumer votre propre désir de créer. Dans tous les cas, le Blaireau parle de la nécessité d’actions plus dynamiques dans votre vie. L’inactivité doit cesser, sinon vous en subirez les conséquences douloureuses."

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Le vendredi 22 avril 2005, lors de ma formation en psychologie transpersonnelle avec Nicole Roux et François Cusano, je découvre que mon chakra racine est associé symboliquement à la taupe mais également au blaireau. Nous apprenons à "faire parler" l'animal en état d'hypnose éricksonienne à partir de questions préalablement établie :


Bonjour, animal du premier chakra. Bienvenue à toi. Qui es-tu ?

Je suis le Blaireau noir et blanc, très velu, à la queue bien fournie. J'ai une arme redoutable qui attaque tous les odorats. Je creuse des terriers profonds dans lesquels on ne peut pas m'enfumer. Je suis en contact avec la terre noire, riche, meuble et ma médecine est puissante.


Merci. Peux-tu nous dire, s'il te plaît, quelle est la médecine de ton peuple ?

Nous connaissons la nature, les mélanges à faire ou ne pas faire. Nous savons manier les poisons, les végétaux et les minéraux. Nous savons où les trouver, sur la terre, sous la terre, dans les cratères. Nous pouvons guérir mais aussi tuer, c'est pourquoi nous ne dévoilons cette médecine qu'à certains initiés.


Merci. Et quelle est ta médecine plus particulière dans le cercle des animaux des chakras ?

Je suis le pilier central, la base. De moi émane une solidité, une force qui ancre les autres. Ils peuvent venir se ressourcer en moi quand ils en ont besoin simplement par les effluves que je transmets. Je suis noir et blanc, j'absorbe toutes leurs couleurs et je les renvoie. C'est ainsi que je leur communique ma science.


Merci. Comment instaures-tu un partenariat avec les autres animaux de ce cercle ?

Nous nous donnons la main d'une certaine manière, même sans nous toucher. L'écart entre nous est plus puissant que les autres. Chacun amène son grain de sable. Le mien est un grain de terre noire mais il est aussi en relation avec le grain de sable blanc du renard et du serpent. J'apprends que chacun doit donner son cœur, l'offrir aux autres sans retenue au niveau du cœur, de l'ouverture. Il faut donner ce qu'on a de plus précieux : notre âme.


Merci. Et comment les autres animaux te manifestent-ils le respect qu'ils te doivent, et que tu mérites en tant que souverain du premier chakra ?

Ils sont pleins de sollicitude envers moi et me protègent des quolibets. Je n'ai pas une bonne réputation auprès des hommes mais eux savent combien je suis riche et puissant. Ils ne tombent pas dans la facilité de se moquer avec les autres. Ils m'entourent de leur affection. C'est un respect très charnel. Ils me font exister d'une autre manière, plus harmonieuse, plus unie.


Merci. Cette forme te convient-elle pour accomplir ce que tu as à accomplir en tant qu'animal de ce chakra ?

Ma forme a été étudiée pour pénétrer dans les royaumes souterrains. Ce n'est pas moi qui l'ai choisie. Elle m'a choisi. Elle est tout à fait parfaite pour ce que j'ai à faire.


Merci. Et maintenant, voudrais-tu dire quelque chose aujourd'hui à Anne, en général ou en tant que responsable de ce chakra ?

Comprendre que le noir et blanc sont absolument complémentaires. Et, dans complémentaire, il y a terre, éléments. Que toutes les couleurs sont là pour ne nous en faire contempler qu'une : c'est la transparence de la lumière. Toutes les couleurs, toutes les formes en reflètent une partie et en ce sens chacune a droit au respect et à l'amour, en tant que parcelle de la lumière. Il ne faut pas avoir de répulsion ni de peur vis-à-vis d'une forme particulière car elle a sa vérité, sa justesse, sa beauté propre. C'est l'œil qui n'arrive pas à la voir, ce n'est pas la forme qui est inadéquate.

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D'après Madonna Gauding, auteure de Animaux de pouvoir, Guides, protecteurs et guérisseurs (Octopus Publishing Group, 2006 ; traduction française : Éditions Véga, 2006) :


Guide d'interprétation

En tant que symbole onirique

Courage ; Agressivité ; Résistance ; Persévérance ; Guérison ; Vérité.


En tant que gardien ou protecteur

Protège votre dos ; Enseigne l'autodéfense.


En tant que guérisseur

Favorise la guérison organique profonde ; Élimine les blocages énergétiques.


En tant qu'oracle ou augure

Battez-vous pour ce que vous voulez ; Persévérez à l'achèvement des projets.

Mythes et contes

Pour les Amérindiens, le blaireau est l'animal de pouvoir des femmes chamans et le gardien des racines curatives. Dans le folklore européen, le blaireau représente la résistance et le courage face à l'attaque.


Si le blaireau est votre animal de pouvoir

Vous êtes très intéressé par la médecine douce, surtout par les remèdes minéraux, de racines et de plantes. Le visage que vous montrez au monde intimide beaucoup de gens. Votre nature agressive et capacité à travailler assidûment pour achever vos projets fait de vous un chef de file du domaine de votre choix. C'est impossible de garder des secrets autour de vous, car pour trouver des réponses vous allez loin. Vous exprimez librement vos émotions, votre énergie mentale est forte. Dans une crise, vous restez ancré et concentré, sans paniquer.


Demandez au blaireau de vous aider :

  • à surmonter toute peur en rapport avec votre travail ;

  • à apprendre à vous concentrer, à travailler dur et à persévérer pour atteindre vos buts ;

  • à vous exprimer directement et honnêtement, sans peur des conséquences ;

  • à bâtir ou à réparer la fondation de la maison.

Accéder au pouvoir du blaireau en :

  • visitant un site souterrain à trois parois, creusé dans le flanc d'une colline ;

  • visitant un magasin bio et explorant les remèdes naturels.

Pour les Amérindiens, ceux qui aimaient la chaleur du feu étaient des "gens blaireau". Le blaireau est aussi connu comme conteur, gardien de l'histoire, des légendes et des traditions. Rappelez-vous les contes que aimiez dans votre enfance, surtout ceux racontés autour d'un feu de camp.


Élément Terre.

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D'après Diana Cooper, auteure de Le Guide des archanges dans le monde animal (Doreen Virtue, 2007 ; Éditions Contre-dires, 2018),


Les Blaireaux nous proposent un message :


Le monde entier va bientôt retrouver son équilibre,

et nous jouons un rôle dans ce processus.

Si quelqu'un vous fait du mal, envoyez-lui de l'amour

et soyez assuré que cela soulagera son cœur.

Il ne blessera plus jamais aucun individu ni aucun animal.

L'amour est la meilleure façon d'appeler la guérison.


Les Blaireaux viennent de Sirius. Ils choisissent, au niveau de l'âme, d'avoir un pelage noir et blanc parce qu'ils veulent démontrer l'équilibre entre le masculin et le féminin, les couleurs yin yang, blanc pour le yin et noir pour le yang. [Ne serait-ce pas plutôt l'inverse ?] Donc, ils apprennent et dispensent des enseignements sur l'équilibre, ainsi que sur la vie de famille. Un groupe de six à dix blaireaux vivent ensemble dans un réseau souterrain complexe, un système de terriers creusés par leurs soins, même si certains existent depuis plusieurs siècles. Leurs terriers comportent plusieurs chambres. Certaines servent à dormir et d'autres à donner naissance aux jeunes blaireaux et à les élever.

Ils creusent des tunnels qui mènent à l'intérieur pour leur permettre d'entrer ou de se sauver rapidement.

Ces créatures évoluées sont incroyablement propres. Ils rafraîchissent l'endroit où ils dorment et ils transportent l'herbe souillée, le foi ou les fougères à l'extérieur pour éviter que les puces et les poux y prolifèrent. Ils n'apportent jamais de nourriture à l'intérieur de leurs terriers et ils créent des toilettes communes qui sont placées loin de leurs tanières, aux limites de leur territoire. Avec leur énergie à la fois masculine et féminine, ils s'occupent de leur progéniture avec le plus grand soin. La femelle blaireau élève ses petits avec amour et les allaite pendant environ trois mois, tandis que le mâle protège le territoire.

Les blaireaux choisissent de vivre sous terre, car une partie de leur mission consiste à attirer dans leurs systèmes énergétiques et de transformer ensuite la négativité contenue à l'intérieur de la Terre. Ils travaillent avec l'archange Sandalphon pour faire en sorte que les lignes de ley, les lignes énergétiques qui relient les sites entre eux, restent claires et équilibrées, et ils envoient de la lumière dans le chakra étoile de la Terre de la planète et des individus. Ils ont des centres du cœur bien développés, et l'ange Marie déverse l'amour de la Source pure dans la planète en passant par leurs cœurs. L'ange Marie essaie de les garder en paix et en harmonie malgré tout ce qui leur arrive. Pendant des siècles, ils ont absorbé et transmuté les fréquences inférieures au sein de la Terre et ont accompli cette tâche spirituelle avec brio. Cependant, depuis les quelques dernières centaines d'années, les humains avec leur fréquence basse ont tourmenté et tué ces créatures qui ne demandent qu'à aimer et à donner. Il n'est donc pas surprenant que ces animaux se montrent craintifs. Il est presque incroyable de constater que, même si elles atteignent leur objectif spirituel avec une grande compétence depuis des siècles, ces magnifiques créatures sont si mal traitées par les gens.

Si vous étiez tourmenté et harcelé, vous seriez certainement très effrayé. Pire encore, vous pourriez avoir l'impression d'être mauvais et de ne servir à rien. Les sensibles blaireaux ressentent les mêmes choses. Les persécutions qu'ont dû subir les blaireaux les ont rendus vulnérables à la tuberculose. La raison métaphysique de la tuberculose est un sentiment d'indignité.

L'archange Uriel essaie de les aider à renforcer leur confiance et à retrouver le sentiment de leur valeur et de leur importance pour la planète. Nous faisons tous partie du Tout. Lorsque les blaireaux élèveront leur fréquence une fois de plus et reconnaîtront ce qu'ils sont, l'humanité suivra le même chemin.

La meilleure façon dont nous pouvons aider les blaireaux est de montrer qu'on les aime et qu'on les apprécie. Cela leur permettra de remplir leur mission avec joie. Quand leur aura serra forte, ils trouveront un moyen de résister à ceux qui les tyrannisent et, lorsque cela se produira, les humains ne les dérangeront plus. Je marchais le long d'une route quand j'ai rencontré un jeune homme tatoué qui s'est arrêté pour parler à Vénus. Il m'a dit qu'il avait un staffie, le chien le plus gentil et le plus affectueux. Apparemment, un soir, il avait emmené son vieux chien faire une promenade dans son quartier quand une camionnette s'était arrêtée et trois hommes avaient jeté le staffie sur la route avant de repartir. Le chien était grandement blessé et il portait des marques de griffes de blaireau sur la tête et sur le corps. Il avait emmené le pauvre chien chez le vétérinaire qui avait recousu ses plaies avait déclaré qu'il avait été utilisé pour attirer les blaireaux. Quand le jeune homme lui avait dit qu'il souhaitait garder l'animal et s'en occuper, le vétérinaire avait refusé de se faire payer. L'étranger m'a dit que c'était le meilleur chien qu'il n'avait jamais eu et qu'il était devenu le meilleur ami de sa petite fille de trois ans. Il a sorti son appareil photo et m'a montré des photos de staffie et de sa fille. Il y avait un lien d'amour évident entre eux.

Je sais que cette histoire concerne davantage un chien qu'un blaireau qui se défendait. Mais, après que les humains ont monté les animaux les uns contre les autres, ceux qui ont de l'amour dans leur cœur, comme ce jeune homme, peuvent commencer à redresser la situation. Les anges ont fait en sorte qu'il soit à proximité lorsque le staffie blessé a été jeté hors de la voiture.


VISUALISATION POUR AIDER LES BLAIREAUX

  1. Prenez un moment pour respirer confortablement et vous détendre.

  2. Imaginez que vous êtes dans un endroit boisé, à l'instant même où le crépuscule s'installe.

  3. Vous vous sentez en sécurité. L'archange Michael vous garde dans sa cape de protection de couleur bleu clair.

  4. Vous voyez un terrier de blaireaux devant vous, et une de ces belles créatures au pelage noir et blanc sort le museau.

  5. Il sent que vous êtes complètement inoffensif, donc il sort de son trou et se dirige vers vous.

  6. Envoyez un message télépathique au blaireau en lui rappelant qu'il est spécial et beau. Dites-lui qu'il fait un très bon travail pour nettoyer la planète et qu'il peut être très fier de lui. Remerciez-le pour répandre la lumière et l'équilibre partout où il passe.

  7. Appelez l'archange Fhelyai, l'ange des animaux, et voyez sa lumière jaune à travers les arbres. Envoyez un arc-en-ciel qui relie votre cœur au blaireau et demandez à l'archange Fhelyai de toucher et d'aider le royaume entier du blaireau.

  8. Voyez le blaireau entouré d'une énorme flamme jaune.

  9. Sentez le sourire de gratitude qu'il vous adresse.

  10. Retournez vers l'endroit où vous avez commencé, sachant que votre énergie a aidé ces belles créatures. *

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Selon Pierre Dubois et René Hausman qui ont écrit et illustré L'Elféméride, Le grand légendaire des saisons - Automne-Hiver (2013), "il est aussi d'usage de faire du blaireau un autre clairvoyant du temps [article qui suit celui sur la taupe] :

"Quand à la Chandeleur

Le blaireau sort de sa tanière

Et voit son ombre devant lui

Au terrier il retourne pour encore six semaines."

Les croyances populaires ont fait du blaireau un bandit, ce "chien de nuit" tout noir zébré de blanc à la redoutable mâchoire, parce qu'il ne rôde qu'au crépuscule en rampant, passe pour être cousiné au mystérieux Dahu. Comme lui, ses pattes sont plus longues d'un côté que de l'autre, ce qui l'oblige à longer les pentes, marcher dans les ornières, courir le long des sillons. C'est un voleur, on dit qu'il pille les ruches, tète la nuit les vaches et les chèvres... Et qu'il va en bande dans les jardins chaparder les récoltes de haricots et de petits pois nouveaux dont il est très friand. Pour ce faire, le plus grand se couche sur le dos, pendant que les autres empilent sur son ventre entre ses quatre pattes tenues droites en l'air des brassées de gousses fraîches. Une fois chargé à ras, la compagnie s'attelle à sa queue et le traîne jusqu'au terrier où le butin est engrangé.

Le blaireau se serait également acoquiné au sorcier qui peut le transformer en toutes sortes d'instruments culinaires : casserole, marmite, faitout, pour ensuite, déguisé en colporteur, le vendre aux fermes et riches maisons. Une fois dans la place, le blaireau reprend sa forme animale, chope tout ce qu'il peut d'objets de valeur, qu'il va ensuite partager avec son maître.

On dit aussi que souvent le blaireau vit avec le lapin, qu'il protège du renard.

Que si on frotte les souliers d'une jeune fille avec sa graisse, tous les chiens viennent pisser sur ses pieds.

Qu'il fréquente en été la marmotte, qui partage avec lui sa fonction de baromètre..."

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Selon Annie Pazzogna, auteure de Totem, Animaux, arbres et pierres, mes frères, Enseignement des Indiens des Plaines, (Le Mercure Dauphinois, 2008, 2012, 2015), dans le cercle des animaux, le Blaireau (Hoka) fait partie, au même titre que la Tortue, le Lézard, le Renard, la Taupe, la Fourmi et le Castor, des Animaux qui se situent à l'Ouest, symbolisé par le noir, la Mère Terre, l'élément terre et le physique.


Mots-clés :

"(en négatif) : Pouvoir - Violence - Colère

(en positif) : Courage - Rapidité - Ruse- Protection - Connaissance des racines pour la guérison des enfants.


Massif et trapu, sa fourrure est noire et blanche, ou brune en Amérique. Ce plantigrade peut creuser son terrier sur trois cents mètres de galeries étagées. Très propre, il possède des "toilettes" pour ses besoins naturels et son territoire comporte des aires de jeux. Son sommeil hivernal n'a lieu que dans le Nord ; dans les régions tempérées, il reste actif. Nocturne, il se nourrit de racines, de champignons, de miel, de mollusques ou de grenouilles, de petits mammifères....

Monsieur rencontre Madame en été, mais la nidification des embryons est différée jusqu'à la lune de la fin "février". Les petits naîtront moins de deux lunes plus tard et seront allaités de nombreuses semaines.

Rusé, fort, courageux, rapide, efficace, tenace, son pouvoir est guerrier et guérisseur.

Gardien des racines, Hoka connaît toutes les plantes, en principe pour les soins donnés aux enfants.

Rêver de Blaireau peur apporter la compréhension et la guérison de blessures enfantines.

Hoka est aimable avec Renard qu'il laisse souvent faire la sieste dans une de ses chambres.

Pour certaines sociétés guerrières, Hoka était le protecteur par excellence.

Sa peau pour confectionner les sacs et ses ongles est une puissante médecine."

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Pour Melissa Alvarez, auteure de A la Rencontre de votre Animal énergétique (LLewellyn Publications, 2017 ; traduction française Éditions Véga, 2017), le Blaireau est défini par les caractéristiques suivantes :


Traits : Le Blaireau symbolise une nature téméraire, tenace, et féroce. Le Blaireau est indépendant, autonome, et n'hésite pas à agir s'il est confronté à quelque chose. Il n'est pas difficile sur la nourriture et peut manger tout ce qu'il trouve. Certains blaireaux aiment particulièrement le goût sucré du miel. Le Blaireau est un animal sociable qui vit en groupe et dans des terriers communautaires. Du fait de sa structure osseuse, il lui est impossible de se déboîter les mâchoires, ce qui fait de son mordant l'un des plus puissants au monde.

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Talents : Confiance en soi ; Courageux ; Empressé d'air ; Concentré ; Bon communicant ; Indépendant ; Défend et protège les autres ; Volonté aiguisée ; S'affirme soi et affirme ses convictions ; Bon stratège ; Volonté.


Défis : Agressif ; Antisocial ; Rancunier ; Indifférent aux opinions des autres ; Insensible ; Déplaisant ; Rude ; Mauvaise langue ; Irritable.


Élément : Terre.


Couleurs primaires : Noir ; Gris ; Blanc.


Apparitions : Le Blaireau signifie qu'il ne faut jamais abandonner. Décidez de ce que vous voulez et allez de l'avant sans attendre, poursuivez vote but jusqu'à ce qu'il soit accompli. Soyez persévérant et âpre dans votre façon d'avancer pour obtenir ce que vous voulez. Ce n'est pas le moment de vous montrer doux et complaisant, ou de laisser les autres mener la bataille pour vous. Soyez ferme, direct et fort : affirmez-vous en étant bien planté sur vos deux pieds. Le blaireau vous encourage à vous battre pour ce que vous désirez avec une détermination courageuse. Vous avez d'excellentes capacités de communication, aussi servez-vous de la parole : elle a un grand pouvoir. Cela ne s'applique pas seulement aux buts que vous vous êtes fixés, mais à défendre ce en quoi vous croyez et qui a pu être lésé, avec tous les idéaux et principes qui font partie de votre vérité. Soyez ferme dans votre communication avec les autres pour qu'il n'y ait aucun doute sur ce que vous voulez. Et, encore mieux, demandez-le ! Le blaireau vous met en garde contre le fait de manger trop de nourritures qui ne sont pas saines, en particulier des choses sucrées : il est temps à présent de prendre en main votre régime et de faire de l'exercice.


Aide : Vous avez besoin de bien vous exprimer pour communiquer vos pensées de manière claire et concise. A cause de ses excellentes capacités de communication, le blaireau peut vous aider lorsque vous travaillez sur un document écrit ou un projet lié au travail. Si vous essayez de faire connaître votre point de vue mais que vous n'y arrivez pas, alors demandez au blaireau de vous donner les mots qu'il faut pour toucher votre auditoire. Si vous êtes dans une situation où vous devez vous défendre, le blaireau peut vous donner la force et le courage de prendre votre propre défense en disant votre pensée. L'indépendance du blaireau et son attitude quelque peu hautaine vous permettent d'arrêter de vous soucier de ce que les autres pensent de vous. Vous vivez au rythme de votre propre tambour, de votre cœur, et le blaireau peut vous aider à voir que vous êtes tout aussi unique qu'il l'est lui-même. Soyez ce en quoi vous croyez et croyez en qui vous êtes.


Fréquence : La fréquence du blaireau est une tonalité profonde qui vibre à faible hauteur. Cela donne la sensation d'entrer dans un roulement de tonnerre qui vous entoure et vous traverse. C'est sauvage et incontrôlable, et pourtant concentré et direct.

Imaginez...

Vous êtes en train de conduire votre voiture lorsqu'un blaireau croise votre route. Vous ralentissez, mais il ne bouge pas. Vous craignez qu'il soit heurté par une autre voiture, alors vous sortez et vous vous approchez doucement de lui. Il se tourne et vous fait face, en grognant et claquant des mâchoires, puis il part en courant dans le champ en bordure de la route. A présent, il se comporte comme à son habitude et court sur vous, tête baissée vers le sol, en grognant, prêt à attaquer. Vous reculez et lui envoyez des pensées de paix ainsi que l'énergie positive de votre désir qu'il aille bien. Il arrête son mouvement d'attaque, vous considère, et se met à partir en courant en s'arrêtant souvent pour se retourner et vous regarder. Parfois, il revient en arrière et il se dresse en s'étirant sur ses pattes de derrière, ce qui le fait paraître plus grand qu'il n'est. Vous ressentez son énergie la tonalité basse qui vient jusqu'à vous dans un roulement, mais il n'essaie plus de vous attaquer. Une fois qu'il s'est éloigné à bonne distance, il continue à courir et ne regarde plus en arrière. Vous vous sentez énergisé, presque énervé. De retour dans votre voiture, vous jetez de nouveau un coup d’œil dans sa direction, mais à présent on ne voit plus qu'un point minuscule à l'horizon.

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Aigle Bleu dans Les Animaux totems dans la tradition amérindienne (Édition revue et augmentée Le Dauphin blanc, 2019) nous transmet la sagesse de ces ancêtres :


Le Blaireau porte la médecine de l'agressivité juste. Il est très important de comprendre aujourd'hui la médecine de cet animal.

Un Blaireau peut être assez vicieux. Quand il attaque, c'est de manière très puissante. Son cousin de la toundra, le Carcajou, est tellement féroce qu'il s'est mérité le nom de Kwi'kwa'ju, « l'esprit maléfique », par les Micmacs du Canada. Il se met facilement en colère et est capable de répondre à tous les dangers très rapidement. Il a un puissant sens de survie et de conservation.Ses pattes sont puissantes et ses griffes sont grosses et acérées. Même les Ours noirs le craignent et personne n'empiète sur son territoire.

Sa volonté de lutter pour son espace et sa famille est sa médecine Son agressivité, dans certaines circonstances, est une bonne médecine.

Le Blaireau obtient souvent ce qu'il veut, car sa réputation le précède, de sorte que l'on ne se met pas en travers de son chemin. Il est réputé pour être prêt à tout afin d'arriver à ses fins. Ainsi, il est bon de cultiver un aspect de cette volonté pour ne pas « se faire manger la laine sur le dos » ou « se faire piler sur les pieds ». Il est bon d'être bien enraciné en soi, de savoir quand et comment réagir avec agressivité lorsque c'est nécessaire.

Le Blaireau connaît bien les plantes racines, car elles pendent du toit de sa tanière. Ainsi, bien des femmes puissantes ont le totem du Blaireau sont persistantes et agressives dans leur volonté de faire tout ce qu'il faut pour opérer une guérison. Heureux ceux qui peuvent faire appel à de telles personnes lorsque le besoin s'en fait sentir.

Il est très rare que l'agressivité devienne nécessaire, mais lorsque cela advient, bien des gens ne savent pas l'utiliser. En effet, c'est un aspect du comportement qui a été déformé par la société, par les conditionnements et programmations du monde civilisé. C'est une capacité qui se trouve complètement éteinte chez de nombreuses personnes ou encore exacerbée ou exagérée chez d'autres. Or si nous mordons chaque personne autour de nous, les autres nous fuient. Mais si nous ne savons pas nous affirme pour notre territoire et notre espace vital, les autres pourront profiter de notre léthargie. Il est donc important de savoir doser l'agressivité. Il est important de savoir dire ce que l'on ressent, d'être prêt à faire ce qui est requis pour obtenir ce que l'on veut. Parfois, les gens sont tellement timorés qu'ils n'osent pas entreprendre les gestes nécessaires pour obtenir ce qu'ils souhaitent, alors ils restent dans un monde fade et insipide qui manque du piment de la vie.

La médecine du Blaireau caractérise souvent une mentalité de patron, de chef d'entreprise. Or si elle est équilibrée et non en excès, si elle est utilisée quand il est temps et de manière juste, une telle mentalité permettra au dirigeant qui la possède de garder sa compagnie à flot et en état de fonctionner.

Le Blaireau nous enseigne également comment utiliser la colère de façon constructive. Les grands maîtres, au cours de leur vie, connaissent un moment où la colère est nécessaire et l'expriment, tel Jésus chassant les marchands hors du Temple.

La médecine du Blaireau, c'est aussi savoir exprimer la colère et la frustration de manière non destructive. Il est la plupart du temps très malsain d'exprimer la colère au quotidien dans son milieu de travail ou dans sa famille. Par contre, si on éprouve ce sentiment et que l'on ne trouve pas de manière constructive de l'exprimer, elle peut se retourner contre soi. Il est bien de trouver comment l'exprimer correctement, sans quoi la colère peut revenir sur soi pervertie. De fait, le foie peut souvent souffrir d'un excès de colère non exprimé ou mal exprimé. Les gens qui ont de la colère dans la voix et qui parlent trop fort, bien souvent, n'ont pas su s'exprimer lorsque c'était nécessaire ; la colère contenue a ainsi touché leur foie, un déséquilibre s'est produit et un état pathologique comportemental, et souvent physiologique s'est développé.

Il faut ainsi savoir parler lorsque c'est le moment et de manière appropriée. La connaissance du cercle, décrite en détail dans Le Cercle de toutes nos relations, publié chez le même éditeur, peut être très importante ici, car elle donne un cadre favorable à l'expression de toutes les émotions, sans nuire ou diriger ces émotions contre une personne en particulier.

La justesse dans l'expression de l'agressivité, voilà la médecine du Blaireau. Faites appel à elle lorsque vous avez de la difficulté à exprimer de l'agressivité et à vos affirmer quand il le faut et de manière constructive. Ayez également recours à cette médecine pour travailler des problèmes de santé très importants qui menacent votre vie ou celle de vos proches. Faites appel à elle pour mieux comprendre l'importance des légumes-racines et des racines utilisées comme médecines.

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Symbolisme celte :


Pour Gilles Wurtz, dans Chamanisme celtique, Animaux de pouvoir sauvages et mythiques de nos terres, (Éditions Véga 2014) :


Le Blaireau aime la propreté : l entretient et nettoie soigneusement son terrier, dont l'intérieur est douillet. Le Blaireau vit en clan familial et plusieurs générations peuvent se succéder plusieurs dizaines d'années, voire des siècles si rien ne vient les déranger, dans un même terrier, chacune le réaménagement à sa guise. Le terrier d'une famille de blaireaux peut avoir des proportions insoupçonnées en surface : on a recensé des terriers avec une centaine d'entrées, ce qui représente un volume de terrassement proche des 40 tonnes de terre déplacées. Les galeries peuvent s'enfoncer jusqu'à 3 ou 4 mètres sous la terre et s'étager sur plusieurs niveaux. Elles mènent à différentes chambres aménagées pour les différents membres du clan et notamment pour les petits, qui peuvent y grandir en sécurité pendant plusieurs semaines avant de sortir à l'air libre. Ces chambres sont généralement tapissées de feuilles mortes, de mousse, d'herbes séchées, de fougères qu les adultes prennent soin de renouveler souvent. Et en hiver, il est avéré que le blaireau aère sa litière : il la sort puis la remet en place. De même, avant de quitter son terrier, le blaireau procède à une séance de nettoyage de sa fourrure.


Applications chamaniques celtiques de jadis

Pour les Celtes, le blaireau était l'exemple de la parfaite ménagère. C'était donc surtout les femmes qui faisaient appel à son esprit pour soigner et entretenir l'habitat familial et communautaire. Les maisons étaient bien soignées et leurs habitants avaient une hygiène corporelle très poussée (Pline l'Ancien attribue l'introduction du savon aux Celtes, et précise dans la foulée que les hommes s'en servent davantage que les femmes).

Le Blaireau était aussi un expert en terrassement que les hommes consultaient tout naturellement avant d'entreprendre des chantiers ou en cours du travail.

L'esprit du Blaireau était aussi sollicité à un niveau plus subtil : pour l'entretien de son chez-soi intérieur, de sa personne. Il montrait comment descendre en soi pour y faire le travail individuel que chacun est appelé à faire sur soi-même afin de se libérer de toutes sortes d'entraves, pour pouvoir aller de l'avant sur son propre chemin spirituel.

Il pouvait être de très bon conseil pour se libérer de peurs, de colères, de tristesses, d'états dépressifs, de blocages dans certaines situations, etc. Il était de ce fait un esprit très respecté, un guide très apprécié pour son aide au travail intérieur personnel.


Applications chamaniques celtiques de nos jours

Le Blaireau peut être invoqué de manière ludique comme modèle pour apprendre aux enfants à ranger à la maison ou à l'école. Il peut donner d le coup de pouce, l'encouragement nécessaire à l'adulte déjà surchargé d'autres tâches et que la perspective du ménage obligatoire rebute. Qu'il s'agisse du ménage quotidien du foyer ou du ménage après des travaux ponctuels, l'esprit du blaireau saura toujours nous donner l'élan pour nous mettre à la tâche.

Et comme au temps des Celtes, lors d'un travail chamanique sur soi, il est aujourd'hui très édifiant de faire appel à l'esprit du blaireau pour se faire conseiller pour faire véritablement le ménage en soi.


Mots-clefs : La propreté ; L'entretien de son chez soi."

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Dans Animaux totems celtes, Un voyage chamanique à la rencontre de votre animal allié (2002, traduction française : Éditions Vega, 2015), John Matthews nous propose la fiche suivante :


"Blaireau = irlandais : brocc ; gallois : broch ; gaélique : broc ; langue de Cornouailles : brogh ; breton : broc'h.


Bien qu'il n'y ait plus beaucoup de légendes celtes où apparaisse le blaireau, cette créature vénérable a tout de même une place importante et ancienne dans cette tradition. Il lui est attribué une forme de sagesse terre à terre - peut-être du fait qu'il creuse son terrier, ce qui lui conférerait une relation privilégiée avec les mondes souterrains. Au VIIe siècle, le récit La Vie de Columba fait référence à de vieux sages Pictes (écossais) portant le nom de "Brocan", une variante du mot blaireau, ce qui laisse penser que cette association avec la sagesse remonte à avant les Celtes.

Dans la tradition irlandaise, il y a l'histoire ténébreuse des cinq fils du guerrier légendaire Conall, qui attaquèrent le butte sacrée de Cnoc Greine. La femme de Grian, le sidhe, que cela mit en colère, transforma les jeunes hommes en blaireaux, après quoi ils furent capturés, tués et mangés par Cormac Gaileng. Apprenant cela, Cornall se rendit à Cnoc Greine et offrit à Gailan de combattre. Elle lui demanda qui il était, et feignant d'être bonne, proposa de lui accorder une vision prophétique. Cependant, lorsque Conall s'approcha, elle jeta une poussière magique, ce qui lui fit oublier son but premier. Il mourut peu après à l'endroit qui encore aujourd'hui porte son nom - Corn Cornaill.

On trouve aune autre référence au Blaireau dans un récit tiré du Mabinogion, "La Cour de Pwyll à Rhiannon", dans lequel son ex-prétendant Gwawl réunit les pouvoirs immenses du blaireau et de l'ours ; il ne peut être vaincu qu'en étant enfermé dans le sac magique et profond de Rhiannon, où il fut roué de coups selon le jeu sinistre du "Blaireau-dans-le-Sac".

Le Blaireau est toujours associé avec la sagesse et la volonté, ce qui en fait un compagnon précieux pour les voyages dans l'Autre-Monde."


Préceptes du totem :

Éclaireur : Découvre ce qui te pousse à l'action.

Protecteur : Je déblaie le chemin.

Challenger : Vois-tu la vérité ?

Aide : Les rêves peuvent être une aide."

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Littérature :

Le Blaireau

Pour faire ma barbe Je veux un blaireau, Graine de rhubarbe, Graine de poireau. Par mes poils de barbe ! S’écrie le blaireau, Graine de rhubarbe, Graine de poireau, Tu feras ta barbe Avec un poireau, Graine de rhubarbe, T’auras pas ma peau.

Robert Desnos, "Le blaireau" in Chantefables et Chantefleurs, 1952.

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Sylvain Tesson évoque pour nous sa vision des blaireaux, animaux qu'il a appris à regarder, notamment grâce à Vincent Munier, dans un récit de voyage qu'il a intitulé La Panthère des neiges (Éditions Gallimard, 2019) :


Les oiseaux dans la charmille striaient l'air du soir. La vie explosait. Les oiseaux ne troublaient pas le génie des lieux. Appartenant à ce monde, ils n'en brisaient pas l'ordre. C'était la beauté. La rivière coulait à cent mètres. Des escadres de libellules volaient au-dessus de la surface, carnassières. Sur la rive ouest, un faucon hobereau menait des razzias. Vol hiératique, précis, mortel – un Stuka. Ce n'était pas le moment de se laisser distraire : deux adultes sortaient du terrier. Jusqu'à la nuit ce fut le mélange de la grâce, de la drôlerie et de l'autorité. Les deux blaireaux donnèrent-ils un signal ? Quatre têtes apparurent et des ombres fusèrent hors des galeries. Les jeux du crépuscule avaient commencé. Nous étions postés à dix mètres et les bêtes ne nous repérèrent pas. Les jeunes blaireaux se battaient, escaladaient la levée de terre, roulaient dans le fossé, se mordaient la nuque et recevaient la torgnole d'un adulte qui remettait de la tenue dans le crique du soir. Les fourrures noires rayées de trois lainières d'ivoire disparaissaient entre les feuillages, surgissaient plus loin. Les bêtes se préparaient à fureter par les champs et pas les berges. Elles s'échauffaient avant la nuit. Parfois, l'un de ces blaireaux approchait de notre position et allongeait son long profil qu'un mouvement de la tête recadrait de pleine face. Les bandes sombres où se logeaient les yeux dessinaient deux coulées mélancoliques. Il avançait encore, on distinguait les pattes plantigrades, puissantes, ramenées en dedans. Les griffes laissaient dans le sol de France ces empreintes de petits ours qu'une certaine race d'hommes assez malhabile dans le jugement d'elle-même identifiait comme traces de « nuisibles ».

[...]

« Tesson, je vais t'emmener voir des blaireaux dans la forêt », m'avait-il dit et j'avais accepté car personne ne refuse l'invitation d'un artiste en son atelier. Il ne savait pas que Tesson signifiait blaireau en vieux français. On employait encore l'expression dans les patois de l'ouest de la France et de la Picardie. « Tesson » était né de la déformation du taxos latin d'où provenaient les mots « taxinomie », science de la classification des animaux, et « taxidermie », art d'empailler les bêtes (l'homme affectionnant d'écorcher ce qu'il vient de nommer). Sur les cartes d'état-major de la France, on trouvait des « tessonnières », noms de lieux-dits champêtres qui portaient le souvenir d'holocaustes. Car la blaireau était haï dans les campagnes et irrépressiblement détruit. On l'accusait de fouir le sol, de percer les haies. On l'enfumait, on le crevait. Méritait-il l'acharnement des hommes ? C'était un être taciturne, une bête de la nuit et de la solitude. Il demandait une vie dissimulée, régnait sur l'ombre, ne souffrait pas les visites. Il savait que la paix se défend. Il sortait de ses retraites à la nuit pour rentrer à l'aube. Comment l'homme aurait-il pu supporté l'existence d'un totem de la discrétion érigeant la distance en vertu et se faisant un honneur du silence ? Les fiches zoologiques décrivaient le blaireau « monogame et sédentaire ». L'étymologie me liait à l'animal mais je ne m'étais pas conformé à sa nature.


La nuit tomba, les bêtes se distribuèrent dans les fourrés, il y eut des froissements. Munier devait s'être aperçu de ma joie. Je tenais ces heures pour l'une des plus belles soirées de ma vie. Je venais de rencontrer une troupe d'êtres vivants parfaitement souverains. Eux ne se débattaient pas pour échapper à leur condition. Nous revînmes à la route par la berge.

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