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  • Anne

Le Héron cendré, héros du camouflage ?


Carcans : Je marche seule sur la plage, les roseaux naissants à ma droite, les pins qui me dominent à gauche... Délicatement déposée sur le sable, une magnifique plume gris cendrée, toute fraîche décollée s'offre à moi.


15 avril 2021 : aujourd'hui, lors de notre promenade au parc Paul Mistral (Grenoble) - restriction des 10 km autour du domicile oblige- nous avons pu jouir de la beauté d'un héron venu s'installer en ville ! Seul un corbeau noir l'a houspillé, sûrement inquiet pour son territoire... Merci de ce clin d'œil.



Étymologie :

  • HÉRON, subst. masc.

Étymol. et Hist. Ca 1150 hairon (Thèbes, éd. L. Constans, 444). De l'a. b. frq. *haigro « héron », cf. l'a. h. all. heigir, m. néerl. heiger « id. ». Hairo est attesté au XIe s. en lat. médiév. (Acta Sanctorum, août, t. 3, p. 619b : hairones), cf. Arch. rom. t. 6, 1922, pp. 305-306.

Pour en savoir davantage, lisez la définition du nom.


Substrat celtique : Jacques Lacroix conclue ainsi son article intitulé "Celtique craro- : quand l'abeille devient héron" paru en 2010 dans La Nouvelle Revue d'Onomastique n°52 :


"Faut-il en définitive traduire craro- par 'abeille' ou 'héron' ? Des indices concordants nous font préférer la seconde solution. Une série de mots celtiques construits sur la même base ancienne renvoient sans conteste au second animal. Le sens de 'héron' appliqué aux composés comportant craro- est plus satisfaisant pour la traduction. La présence de zones humides et d'oiseaux échassiers correspond bien aux lieux de découverte des différents théonymes et toponymes concernés. Enfin, les représentations artistiques (à quoi l'on pourrait ajouter les textes mythologiques) nous montrent que le héron a été très sacralisé par les Celtes, comme tous les oiseaux aquatiques. On pourrait objecter que la langue gauloise semble avoir déjà disposé, pour désigner le 'héron', d'un appellatif *curcio, qu'on trouverait à l'origine de noms de lieux en France. C'est une hypothèse qui a été émise avec vraisemblance par X. DELAMARRE (2003, p. 133). Si les deux appellatifs *craro et *curcio ont bien existé concurremment, ils pourraient cependant s'être faits à partir d'un seul radical à variante apophonique comportant une même base onomatopéique *ker-l*kor-l*kr-(du reste, X. DELAMARRE rapproche de *curcio le gallois crychydd, le vieux-cornique cherhit, le vieux-breton corcid, le breton kerc'heiz, le vieil-irlandais corr (même réf.), tous formés selon J. POKORNY sur cette racine) (IEW, p. 567-570). Il était fréquent dans les langues celtiques anciennes que des noms à formes voisines coexistent. Quand bien même les deux appellations seraient, en définitive, jugées sans rapports, la richesse des différentes espèces d'échassiers (aigrette garzette, grue, héron cendré ou bihoreau...) permettrait d'admettre la pluralité des appellations.

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Symbolisme :


Dans le Dictionnaire des symboles (1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheebrant, l'entrée "cigogne" est couplée avec celle du héron. On peut lire dans cette notice que :

"Bien que le Lévitique (11, 18-19) la qualifie d'immonde, la cigogne est très généralement un oiseau de bon augure. Elle est un symbole de piété filiale, car on prétend qu'elle nourrit son père vieillissant. On assure, en certaines régions, qu'elle apporte les enfants ; ce qui pourrait n'être pas sans rapport avec ses mœurs d'oiseau migrateur, son retour correspondant au réveil de la nature. Mais, dans la même perspective et pour la même raison, on lui prête le pouvoir, par son seul regard, d'être cause de la conception. On le dit semblablement, en Chine, du héron.

Le héron blanc est l'hiéroglyphe toltèque d'Atzlan, l'Atlantide, l'île primordiale. Le héron, la cigogne, l'ibis sont des oiseaux destructeurs de serpents. Ils sont donc les adversaires du mal, des animaux anti-sataniques, et en conséquence des symboles du Christ. Dans l’Égypte ancienne, l'ibis était un aspect de Thoth, personnification de la Sagesse, et le phénix, symbole du cycle solaire et de la résurrection, pourrait bien avoir été le héron pourpré. L'attitude de ces oiseaux, dressés immobiles et solitaires sur un seul pied, évoque naturellement la contemplation.

En Extrême-Orient, et notamment au Japon, la cigogne se confond aisément avec la grue, et apparaît comme un symbole d'immortalité.

Elle est tout au moins le symbole le plus courant de la longévité. On lui prête le pouvoir d'atteindre un âge fabuleux. Mais alors qu'elle arrive à six cents ans, elle ne mange plus, se contentant pour vivre de boire ; après deux mille ans, elle devient toute noire. Elle est, avec le lièvre et le corbeau, un animal cher aux alchimiste taoïstes.

L'opposition du héron au serpent comme du feu à l'eau se retrouve dans les croyances populaires du Cambodge : le héron amène la sécheresse ; perché sur la maison, il en présage l'incendie."

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Selon Ted Andrews, auteur de Le Langage secret des animaux, Pouvoirs magiques et spirituels des créatures des plus petites aux plus grandes (Édition originale, 1993 ; traduction française, Éditions Dervy, 2017), le Héron a les caractéristiques suivantes :

Points clés : Autodétermination et autonomie agressives.

Cycle de puissance : Printemps.


Il existe de nombreuses variantes de hérons, incluant les butors et les aigrettes. Les cigognes et les grues en devraient pas être confondues avec cette famille (celle des ardéidés). Les hérons font partie d'un groupe d'oiseaux appelés « échassiers » (en anglais, waders). Le héron est un oiseau des marais et des eaux peu profondes. Tous les échassiers ont des caractéristiques physiques semblables : des pattes longues et fines, de longs cous et de longs becs pointus. Ces traits physiques sont importants à comprendre pour ceux qui ont un héron pour totem.

Les pattes ou jambes permettent à l'animal de se déplacer sur la terre. Ce sont des symboles d'équilibre qui témoignent d'une capacité à progresser et à évoluer. Dans le cas du héron, plus ses pattes sont longues, plus les eaux dans lesquelles il se nourrit peuvent être profondes. Et plus la vie peut être explorée en profondeur. Les longues pattes fines du héron indiquent que vous n'avez pas besoin de grands piliers massifs pour vous soutenir et assurer la stabilité, mais que vous devez vous débrouiller sur vous-même. C'est particulièrement vrai et signifiant pour ceux qui ont le grand héron pour totem, car c'est un chasseur solitaire.

Quand il se nourrit, il se tient debout dans l'eau, ce qui traduit une connexion à la terre, tout en induisant l'exploration d'autres dimensions de la planète (en l'occurrence, l'élément aquatique). Il est important pour tous ceux qui ont le héron pour totem qu'ils explorent les différentes activités et dimensions de la vie sur terre. En surface, cela peut ressembler à une forme de « barbotage » ou de tâtonnement, mais ceux qui ont cet oiseau pour totem réussissent très bien dans le rôle du bon vieux « touche-à-tout ».

Cette aptitude leur permet de suivre leur propre voie. La plupart des gens ne seront jamais capables de vivre à la manière des hérons. Son fonctionnement n'est pas structuré, et, en apparence, il ne semble garantir ni stabilité ni sécurité. Mais ce n'est qu'une question de perspective. Il y a bien de la sécurité dans la médecine du héron, car elle donne la capacité à accomplir une grande variété de tâches. SI une voie ou une méthode ne fonctionne pas, une autre le fera. Les hommes « hérons » semblent le savoir de manière inhérente.

Le héron paraît ne pas avoir besoin de beaucoup de monde dans sa vie, ni vouloir être jaloux de son voisin ou rivaliser avec lui, pas plus qu'il ne se montrera traditionnel dans ses choix de vie. Le seul moment où les hérons vivent en colonies est la saison de la reproduction. Ils se distinguent par leur singularité et savent comment capter et profiter de choses et de circonstances dont l'individu moyen ne se soucierait pas.

Le grand héron est considéré comme le roi des marais, même si le hibou des marais a pu être connu pour lui disputer ce statut. Il est le plus grand des hérons et, quand il vole, son cou se replie et se love en S. Cette posture reflète la capacité innée à manœuvrer dans sa vie et à contrôler toutes les circonstances qui se présentent. Pour ceux qui l'ont comme totem, cela veut dire qu'ils vont suivre leurs instincts et faire preuve d'une autodétermination avisée. Vous savez ce qui est le mieux pour vous et c'est dans cette direction que vous allez, au lieu de céder aux pressions des autres.

En vol, le grand héron montre toute sa puissance. Ses pattes et sa tête sont alignées. En chasse, il adopte une allure lente. Et quand il débusque un poisson, il transperce sa proie de son long bec effilé avec une vitesse étonnante. De nouveau, cette vélocité traduit un mouvement agressif vis-à-vis des opportunités qui se présentent.

De son côté, le héron vert a plutôt une couleur bleu ardoise et ses pattes orange sont un trait distinctif. Cette combinaison de couleurs exprime un équilibre inné pour vivre selon son propre style. Il vole silencieusement, et c'est la nuit et au crépuscule qu'on peut le plus souvent le voir. Comme tous les hérons, c'est un oiseau des marais.

Selon les saisons, certaines couleurs de cet oiseau peuvent changer symptomatiquement. L'iris de ses yeux, par exemple, vire du jaunâtre à l'orange vif, comme ses pattes. Méditer sur cette couleur vous livrera beaucoup d'éléments sur le rôle de cet oiseau dans votre vie.

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Selon Jamie Sams et David Carson dans les Cartes médecine, Découvrir son animal totem (édition revue 1999, traduction française 2010 :


"La médecine du Héron est le pouvoir de la connaissance de soi que confère la découverte de ses propres talents et l’affrontement de ses défis. C’est l’habileté d’accepter toutes les pensées et tous les sentiments sans en refouler aucun. Le Héron plane au-dessus de ceux qui ne savent pas qui ils sont et où se trouve leur place en ce monde. En laissant tomber une simple plume bleue sur eux, le Héron leur demande de suivre leur intuition et de se lancer dans l’aventure de la réalisation de soi.

Si le grand Héron bleu a atterri dans vos cartes aujourd’hui, il vous invite à plonger dans l’univers fluide de vos sentiments afin d’en découvrir la vérité. Le Héron vous enseigne à développer vos talents de réflexion personnelle afin que vous puissiez vous connaître de façon intime. Lorsque vous vous regardez à travers la lentille déformante de la suffisance, la perception embrouillée d’une faible estime de soi ou la vision myope de l’apitoiement, vous ne pouvez réaliser votre plein potentiel et apprécier les occasions qui s’offrent à vous.

Le Héron vous demande de vous regarder froidement et de voir ce que vous aimeriez améliorer ou changer. Si vous vous embourbez dans la procédure c’est peut-être que vous êtes trop dur ou trop critique envers vous-même. Choisir de blâmer les autres ou de pointer du doigt les différentes épreuves de la vie plutôt que de revendiquer la responsabilité de vos gestes démontre un manque de courage face à cet ennemi intérieur.

Ceux qui pratiquent la médecine du Héron sont prêts à se regarder en face et à accepter leurs intentions, actions, sentiments, rêves, buts, forces et faiblesses intérieures. En équilibrant ces vérités, la médecine du Héron vous montre comment affronter vos faiblesses et comment continuer à développer ces talents qui vous mèneront vers la force intérieure et la certitude de votre but.

Êtes-vous prêts à plonger dans les profondeurs fluides de vos propres sentiments et à découvrir le rôle de votre essence spirituelle ? Le Héron vous convie à descendre plus profondément, à vous découvrir et à croire en votre voie. Comme le Phénix qui renaît de ses cendres, le Héron émerge des mondes invisibles de l’esprit vers un nouvel équilibre intérieur afin de réaliser son plein potentiel.

La splendeur de l’esprit humain réside dans la joie de la découverte, si vous avez le courage de suivre le grand échassier dans l’aventure. Le Héron vous rappelle que chaque voyageur sur le sentier de la vie est un messager, et que chaque destination est le début d’un nouveau cycle de vie dans la Grande Roue de Médecine.


A l’envers :

Surprise ! Si le Héron apparaît en sens contraire, il est peut-être temps de remonter à la surface pour respirer. Trop de réflexion personnelle peut devenir obsessionnel ou induire un morbide sens de l’humour. Si, après l’introspection, vous vous critiquez, attention ! Il est imprudent de noyer le sentiment de joie qui accompagne l’aventure de la découverte de soi. Vous avez peut-être souscrit à l’idée que la perfection est souhaitable. C’est ce que les marchands de rêves voudraient bien vous vendre mais cette attitude laisse très peu de place à l’humain. Désolé, vous apprendrez les plus grandes leçons de vie grâce à vos erreurs. Ne serait-il pas ennuyant si chacun n’était que le clone d’un humain idéal ?

Le Héron en sens contraire vous indique également qu’il est préférable de faire preuve de discernement dans notre désir de changer. Il y a plusieurs niveaux de vérité et il est impossible d’atteindre la plénitude dès le premier plongeon. Vous tombez à plat lorsque vous devenez critique, rigide et unidimensionnel. Si vous plongez profondément dans vos sentiments, vous en ressortirez renouvelé. Mais si vous êtes trop critique et que vous faites la planche à la surface de l’eau, vous ne ferez que vous décourager. Le Héron vous rappelle de plonger profondément mais de ne pas retenir votre souffle dans l’attente de l’illumination totale et instantanée. Si vous ne refaites pas surface pour respirer, les sentiments de l’ensemble de l’humanité et l’infinie profondeur de l’éternité auront tôt fait de vous noyer.

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Selon Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes ( (Hachette Livre, 2000) :


"Il existe quatre espèces principales : le héron bihoreau, présent dans le monde entier, le héron crabier, que l'on trouve surtout dans le sud de l'Europe et en Afrique du Nord, le héron cendré, qui vit dans presque toute l'Europe, et le héron pourpré, dont la population couvre le sud-est de l'Europe, mais que l'on voit aussi dans le sud-ouest de la France et au Portugal. Ce sont surtout les hérons cendrés et pourprés que nous connaissons bien. Un peu plus grands qu'une cigogne, ils vivent essentiellement dans les marais et près des étangs. La femelle pond 3 ou 4 œufs chaque année, entre les mois de mars et de mai, mais le mâle contribue à la couvaison durant environ 28 jours. Les hérons trouvent leur nourriture parmi les poissons, les grenouilles, les reptiles, les mollusques et les insectes. Dès les premiers jours du mois d'octobre, ils s'envolent vers l'Afrique, d'où ils ne reviennent qu'au mois de mars suivant.

Une légende de la mythologie grecque se rattache au héron. Il s'agit de la légende de Scylla, fille de Nisos. Par amour pour Minos, le roi de Crète qui convoitait le royaume de Nisos, elle trahit son père. Minos fut donc vainqueur de Nisos et s'empara de sa patrie, grâce à Scylla. Toutefois, il ne tint pas promesse de l'épouser et, horrifié par sa trahison envers son père, il l'enchaîna à la proue de son navire de guerre. Les dieux de l'Olympe ayant pitié d'elle la sauvèrent de la noyade et la transformèrent en héron. Dès lors, elle put s'envoler librement vers le ciel. Depuis, le héron symbolise à la fois la passion aveugle, la trahison et la rédemption. Par ailleurs, en observant cet oiseau fouiller les marais de son long bec pour chercher sa nourriture, nos ancêtres en ont fait le symbole vivant de la curiosité, mais aussi de l'indiscrétion."

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D'après Madonna Gauding, auteure de Animaux de pouvoir, Guides, protecteurs et guérisseurs (Octopus Publishing Group 2006 ; traduction française : Éditions Véga, 2006) :


Guide d'interprétation

En tant que symbole onirique

Équilibre ; Grâce ; Agilité ; Solitude ; Intuition ; Dignité ; Confiance en soi.


En tant que gardien ou protecteur

Protège contre l'insécurité ; Met en garde contre l'insécurité.

En tant que guérisseur

Soigne l'équilibre physique ; Favorise la tranquillité et la quiétude.


En tant qu'oracle ou augure

Suivez votre propre voie ; Occasions professionnelles.


Mythes et contes

En Égypte, le héron était associé au dieu Osiris et identifié à l'oiseau Benou.


Si le héron est votre animal de pouvoir

Les autres vous surprennent seul, immobile, plongé dans vos pensées. Ils admirent votre indépendance et équilibre émotionnel. Quoi qu'il se passe autour de vous - demandes des amis, embouteillages - vous respectez toujours votre rythme personnel. Votre nature émotionnelle est forte. Au travail, vous combinez vos sentiments cachés et votre passion avec votre considérable ambition visant l'atteinte de vos buts. Bien qu'altruiste, vous savez profiter des situations. Solitaire et indépendant, vous appréciez votre propre compagnie. Vous évitez le travail régulier et préférez essayer toutes sortes d'emplois. Vous rayonnez le pouvoir silencieux et la grâce élégante et incarnez l'équilibre émotionnel et physique. Cet équilibre exquis est le cadeau que vous offrez au monde.


Demandez au héron de vous aider

  • à apprendre à vous concentrer et à méditer ;

  • à éliminer tout apitoiement sur vous-même ;

  • à saisir l'occasion qui se présente.

Accéder au pouvoir du héron en

  • pataugeant dans une mare ou un lac peu profond ;

  • faisant quelque chose d'inédit pour vous.

Le héron semble endormi, puis bouge comme l'éclair, attrapant sa proie dans son long bec. Êtes-vous préparé à réagir rapidement lorsqu'une occasion d'affaires apparaît ou un nouvel emploi que vous aimeriez est proposé.


Élément Air."

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Dans l'édition revue et augmentée de Les Ani