Blog

  • Anne

Un Martinet s'invite


Ce matin, un martinet est entré dans l'appartement côté ouest par la chambre de Margot et a cherché à sortir côté est mais la fenêtre étant fermée, il s'est violemment cogné contre la vitre, a aussitôt fait demi-tour et s'est posé sur la table du hall, affolé. Son petit cœur battait si vite que je le voyais exploser dans sa poitrine. Je lui ai parlé calmement pour pouvoir l'approcher mais à peine remis de son choc, il a filé droit par où il était entré, son message délivré.

Voir aussi : un article intéressant sur les martinets et la science.

Étymologie :


  • MARTINET, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. Ca 1375 «martin-pêcheur» (Modus et Ratio, éd. G.Tilander, I, p. 155) ; 2. 1546 «oiseau du genre hirondelle» (R. Estienne, Dict. Latinogallicum, 99a cité par H. Vaganay ds Rom. Forsch. t. 32, p.103). Dér. à l'aide du suff. -et* du nom propre Martin, pour des raisons inconnues. EWFS2, p. 605a suppose un changement de suff. à partir de martelet*, le bec de l'oiseau, fort et puissant pouvant être comparé à un picot. Hyp. difficile à retenir : martinet 1* «oiseau» étant postérieur à martinet 2*, qui n'a pas le sens de «petit marteau» (v. FEW t. 6, p. 388a et Bl.-W.1-5).

http://www.cnrtl.fr/etymologie/martinet

Zoologie :

Fiche complète ici.

Symbolisme :


Paul Leutrat retrace pour nous l'histoire de La Sorcellerie lyonnaise (Éditions Robert Laffont, coll. Les portes de l'étrange, 1977). C'est l'occasion de rappeler nombre de légendes de cette région :


A Lyon et dans la région avoisinante, le sabbat s'appelle « le fait » et le diable c'est le Martinet. Il y a à cela une explication. Passant à Milan, saint Martin avait rencontré Satan et celui-ci avait alors déclaré : « Partout où tu iras, tu trouveras le diable pour ennemi. » Mais, arrivé à Lyon et séduit par le site, le Prince des Ténèbres oublia sa promesse au bénéfice de la cité et il s'installa ici en tant que compagnon de saint Martin, c'est-à-dire Martinet. D'où la présence d'oiseaux de cette espèce, nombreux, au-dessus de la ville.

*

*

Si l'on en croit L'Alphabet des Oiseaux de Roger-Régor Mougeot :


" Exceptionnel en vol à voile plané, le martinet surprend par sa rapidité. Ses étroites ailes en faucille fendent l’air à 160 km/h. Il est souvent confondu avec l’hirondelle, mais il a les ailes plus étroites et la queue plus courte. Il happe les insectes en vol et s’y accouple également ; il dort en vol, montant très haut et se laissant redescendre en un très long vol plané. Il ne vient à terre que pour nidifier. Ses cris sont stridents ou graves, plus aigus lorsqu’il vole en troupe, se livrant à des acrobaties, à des poursuites effrénées au ras des toits.


Martin : sonorité MRT, Mère terrestre comme nous avons vu, In, à l’intérieur. Mère (MAR) prenant la terre comme axe (TI) et déployant l’énergie (N) depuis cet axe (I). Aime (M) manifester (A) l’air (R) et la terre (T) prise comme axe (I) pour déployer l’énergie (N). Aime (M) manifester (A) les choses (R) terrestres (T) depuis l’intérieur (In).

Martinet : Mère (MAR) prenant la terre comme axe (TI)- déployant l’énergie (N) depuis cet axe sur les trois plans de l’être humain (E) terrestre (T). Faire son axe depuis le T (TI) n’est pas aller ver IT, en vérité la juste manifestation !

Le martinet est un apodidé : a privatif de pode ; il n’a pas d’idée dans ses pieds ! Pour les Grecs anciens, les pieds sont le siège de l’âme ; rappel est-il fait d’avoir les pieds sur terre ! Le martinet, comme le colibri, est un apodiforme*.

Méritez-vous le martinet ? Ce fouet dont les lanières de cuir fendent l’air comme les ailes de cet oiseau, est bien passé de mode !"

*

*



Littérature :


Martinet aux ailes trop larges, qui vire et crie sa joie autour de la maison. Tel est le cœur.

Il dessèche le tonnerre. Il sème dans le ciel serein. S'il touche au sol il se déchire.

Sa repartie est l'hirondelle. Il déteste la familière. Que vaut dentelle de la tour ?

Sa pause est au creux le plus sombre. Nul n'est plus à l'étroit que lui.

L'été de la longue clarté, il filera dans les ténèbres, par les persiennes de minuit.

Il n'est pas d'yeux pour le tenir. Il crie, C'est toute sa présence. Un mince fusil va l'abattre. Tel est le cœur.

René Char,"Le Martinet" in La Fontaine narrative, 1947.

*

*

Dans Un lieu incertain (Éditions Viviane Hamy, 2008), Fred Vargas poursuit le portrait du héros récurrent qu'elle a créé, à savoir le commissaire Adamsberg :


" Adamsberg n'était pas un homme émotif, effleurant les sentiments avec prudence, comme les martinets touchent les fenêtres ouvertes d'une caresse de l'aile, évitant de s'y engouffrer, tant le chemin pour sortir est ensuite difficile. Il avait souvent trouvé des oiseaux morts dans les maisons du village, imprudents et curieux visiteurs incapables de retrouver l'ouverture par laquelle ils étaient entrés. Adamsberg estimait que, en matière d'amour, l'homme n'est pas plus futé qu'un oiseau. Et qu'en toute autre matière, les oiseaux l'étaient beaucoup plus. Comme les papillons qui n''entraient pas au moulin."

*


420 vues